Le d'artillerie ( RA) (également appelé régiment d'artillerie à pied) est un régiment d'artillerie de l'Armée de terre française créé sous la Révolution à partir du régiment de Grenoble artillerie un régiment français d'Ancien Régime. dissout, il était l'un des cinq régiments d'artillerie français équipés de missiles nucléaires pré-stratégiques Pluton, alors qu'il était stationné à Laon-Couvron depuis au début des années 1990.

Création et différentes dénominations

1791 : d'artillerie 1794 : d'artillerie à pied 1815 : Licencié 1816 : régiment d'Auxonne 1820 : d'artillerie à pied 1829 : 1854 : d'artillerie à pied 1867 : d'artillerie montée 1872 : d'artillerie

Colonels et chefs de corps

: Isaac Jacques de Lard de Campagnol : N. Dujard 1799 : Pierre de Niger : Nicolas Ferveur : Jean-Baptiste Buchet : Charles-Étienne-François Ruty 1806 : Chrétien François Antoine Faure de Gière : Jean-Jacques Desvaux : Armand Joseph Henri Digeon : François Bernard de Mongenet : Joseph Ravicchio de Péresdorf Joseph Ravicchio de Péresdorf : Claude Joseph Antoine Gérin : Jean Dominique Scheille : Pierre Jean Louis Victor Farjon : François Louis Husson : Claude Antoine Charpentier : Claude-Nicolas Vaudrey : Augustin Charles Legendre Augustin Charles Legendre : François Fortuné Pérignon : Georges Rudler : Nicolas François Joseph Pariset : Adolphe de Malus ..... 20 mais 1891 - : colonel Hippolyte Langlois ; - : colonel Marie Joseph Chatelain ; - 1913 : colonel Robert Nivelle ; - : colonel Alphonse Nudant ; - : colonel Marchal ; 1917 - 1918 : lieutenant-colonel Pujo ; 1920 - 1921 : colonel Tricaud de la Goutte ; ..... 1980 -1982 : colonel Charlet ; 1982 - 1984 : colonel de Chergé ; 1984 - 1986 : colonel Lhuissier 1989 1990 : colonel Jacques Millo 1990 - 1992 : colonel Winter ; 1992 -1993 : colonel Gourbeault.

Historique des garnisons, combats et batailles du RA

Ancien Régime

Guerres de la Révolution et de l'Empire La Révolution supprime les dénominations de l'ancien régime, les régiments sont numérotés. Le est attribué en fonction de son ancienneté. Le régiment de Grenoble artillerie devenu d'artillerie à la réorganisation du corps effectuée le , il arrive à Valence et est rejoint par Napoléon Bonaparte devenu , qui est classé à la du capitaine de La Catonne, du . Le régiment comptait alors dans ses rangs une pléiade de jeunes officiers que l'émigration et plus tard le souvenir de Napoléon allait porter aux premiers rangs de l'artillerie : les lieutenants Villantroys, Pernety, d'Anthouard, Songis, Taviel, des deux frères Laurent et François Dedon, Faultrier, Savournin et VauboisLouis Susane : Histoire de l'artillerie Française.

En 1792, un détachement du régiment est envoyé dans le Vercors pour réprimer l’agitation des paysans. Les artilleurs fraternisent avec la garde nationale, qui elle-même soutenait les insurgésJean-Noël Couriol, Roger Mathieu, Montagnes drômoises, Valence/Beaufort-sur-Gervanne : FRAPNA/Histoire et patrimoine drômois, 1996, , 130..

Peu de temps après son arrivée à Valence, Bonaparte partit avec sa compagnie pour se rendre à Perpignan, et ce fut là qu'il reçut son brevet de capitaine, daté du . Il est alors classé comme capitaine en second à la compagnie La Pujade qui stationnait à Grenoble et qui a fait partie de l'armée des Alpes. Le capitaine Bonaparte, qui n'avait rien à faire à Grenoble et qui était dévoré du besoin d'agir, se fait détacher en Corse pour commander un bataillon de volontaires de son île natale. Après la trahison de Paoli, qui livra la Corse aux Anglais en , Bonaparte joignit sa compagnie qui se rendit bientôt devant Toulon. Nommé capitaine commandant le , chef de bataillon le , général de brigade le et général de division le .

Voici les emplacements des compagnies du au :

Le fait les campagnes de la Révolution sur les Alpes, les Pyrénées et en Corse. Quelques-unes de ses compagnies étaient au siège de Lyon, et la plupart se sont trouvées réunies devant Toulon, par suite de l'arrivée devant cette place des deux armées des Alpes et du Midi. Il est naturel que le général Bonaparte s'en soit souvenu. C'est devant Toulon et parmi les officiers du RA qu'il avait rencontré Vaubois, Dommartin, Duroc et Muiron, ses compagnons d'Italie et d'Égypte. Dommartin commandait la attachée au , Muiron était premier lieutenant dans cette compagnie et Duroc second lieutenant.

1793 : Armée d'Italie Soulèvement de Lyon, Insurrections fédéralistes, Siège de Lyon Siège de Toulon 1794 : Bataille de Saorge 1795 : Bataille de Loano 1796 : Campagne d'Italie (1796-1797) Bataille de Montenotte Bataille de Dego Bataille de Millesimo Bataille de Mondovi Bataille de Lodi Bataille de Lonato Bataille de Castiglione Bataille de Bassano Bataille de Saint-Georges Bataille d'Arcole 1797 Bataille de Rivoli Bataille du Tagliamento À la suite des premières victoires de l'armée d'Italie, le dépôt du est transporté à Milan. Ce dépôt est ensuite allé à Rennes, en , après avoir fourni à l'armée d'Orient une compagnie de son et le tout entier, et laissé à Toulon un dépôt spécial pour alimenter les 11 compagnies qui suivaient Bonaparte en Italie. En Orient, les compagnies combattent à Gaza À Gaza, la chambre de Napoléon existe toujours au Qasr al-Bacha et Jaffa. 1798 : Campagne d'Égypte Malte Bataille des Pyramides Siège d'El Arish Siège de Jaffa Bataille du Mont-Thabor Bataille d'Aboukir

La , embarquée pour l'expédition d'Irlande est faite prisonnière au combat naval de l'île de Toraigh le .

1799 Saint-Jean-d'Acre 1800 Bataille d'Héliopolis 1801 : Siège du Caire Siège d'Alexandrie

Le , la est au Havre, la à Cherbourg, les 7 autres à l'armée d'Italie. 1800 : Campagne d'Italie (1799-1800) Bataille de Montebello Bataille de Marengo

Le , le dépôt revient à Grenoble avec les drapeaux. C'est là que rentrèrent successivement les compagnies de l'armée d'Orient, la venant de Saint-Pierre-d'Arena, la de La Spezia, la venant de Tarente et un détachement qui était depuis longtemps en Corse. C'est de là aussi que partirent les et destinées à l'armée de Saint-Domingue et qui s'embarquèrent à Brest, la sur lArgonaute et la sur le Mont-Blanc. La se rendait dans le même temps à Toulon. Les et étaient à Calais, les et étaient à Gênes.

En , au moment où la Grande Armée allait fondre sur l'Autriche, le envoie 5 compagnies en Piémont, 1 compagnie en Corse et 4 compagnies en direction de Toulon. Le dépôt et 6 compagnies partent en de Grenoble pour aller à Alexandrie. Le colonel Ruty, appelé à l'armée d'Allemagne, est remplacé par le colonel Faure qui rejoint le dépôt à Vérone, où il s'était transporté.

1805 : Campagne d'Italie (1805) Bataille de Caldiero

1808-1814 : Armée d'Espagne et de Portugal, Campagne de Napoléon Ier en Espagne, Guerre d'indépendance espagnole 1808 : Siège de Roses 1809 : Siège de Gérone 1811 : Siège de Figuières

En le dépôt revient à Alexandrie, et il y reste jusqu'à la débâcle de 1814.

Pendant les années qui suivent, les compagnies du régiment sont partagées entre les armées d'Italie, d'Illyrie, de Catalogne et de Portugal.

La est faite prisonnière à la Martinique en 1809. 1809 : Campagne d'Allemagne et d'Autriche Bataille de Wagram

La est presque entièrement détruite en 1810 dans les batteries de San Féliù. Elles furent reconstituées à Alexandrie.

1812 : Campagne de Russie Bataille de la Moskova Bataille de Krasnoï Bataille de Maloïaroslavets Bataille de la Bérézina

1813 : Campagne d'Allemagne Bataille de Lützen Bataille de Bautzen Bataille de Dresde Bataille de la Katzbach Bataille de Kulm 16-19 octobre : Bataille de Leipzig Bataille de Hanau

Voici quelle était la position des compagnies à la date du :

1814 : Bataille du Mincio Campagne de France Bataille de Paris

Le régiment, ramené à Grenoble en , y est reconstitué le par le général Pernety, sur le pied de 21 compagnies. Il reçoit cette époque la et 4 compagnies du , d'origine hollandaise. À ce moment la était bloquée dans Saarlouis.

D'après le rapport du colonel Gérin, du , sur les événements, dont Grenoble fut le théâtre après le retour de Napoléon de l'île d'Elbe, la tenue du régiment aurait été militaire jusqu'à l'instant où les portes de la place furent ouvertes à l'Empereur par la population civile.

On avait appris le , à Grenoble, le débarquement du bataillon de l'île d'Elbe au golfe Juan, et le 6 la marche du corps impérial sur Grenoble. Le général Bouchu fait alors mettre en batterie sur les remparts. Tout le régiment fut occupé à cette besogne, et l'armement était achevé le 7 au matin. C'est à de l'après-midi de ce jour que le colonel de La Bédoyère enleva le régiment d'infanterie de ligne qu'il commandait et disparut avec lui par la porte de Bonne restée ouverte. Le commandant supérieur songea alors, mais trop tard, à fermer la place. Le soir, le général Marchand donne l'ordre à la garnison de se rendre au fort Barraux. Le d'artillerie sort de Grenoble à , au moment même où l'Empereur y entrait. Il faisait nuit noire, le colonel Claude Joseph Antoine Gérin et le major Etchegoyen arrivèrent seuls au fort Barraux.

Pendant les Cent-Jours, le gros du régiment a fait partie de l'armée des Alpes. 1815 : Armée des Alpes Campagne de Belgique Bataille de Waterloo

Après Waterloo, les compagnies qui avaient été attachées depuis 1812 à la Grande armée s'étaient retirées à Bourges ; la , débloquée à Saarlouis, était à Limoges où elle fut rejointe par le dépôt et par les compagnies de l'armée des Alpes. Le reste demeura dans les places où elles avaient été mises, la et la à Briançon, la à l'île d'Elbe, les et en Corse, la au fort Barraux et la à Mont-Lyon. C'est dans ces positions qu'elles furent successivement licenciées par le général Charbonnel, du au . Le conseil d'administration n'a été dissous à Limoges qu'en , le dépôt, envoyé à Auxonne, était arrivé le dans cette place, fort de 6 officiers, 33 sous-officiers et 34 caporaux et canonniers.

De 1815 à 1854 C'est donc à Auxonne que le régiment est reconstitué sous le titre de « régiment d'Auxonne », autour du dépôt de l'ancien et avec 2 compagnies et demie formées d'abord avec des hommes choisis qui avaient obtenu leur retour au corps. Celui-ci a été complété par le rappel des canonniers non libérables appartenant aux départements du Rhône, de la Côte-d'Or, du Doubs, de Saône-et-Loire et de l'Ain.

vignette|Représentation de la tentative de soulèvement du à Strasbourg par Louis-Napoléon Bonaparte en 1836.

De 1816 à 1854, le régiment a parcouru les garnisons de Metz en 1821, de La Fère en 1826, de Rennes en 1831, de Strasbourg en 1835, de Douai en 1836, de La Fère en 1842, de Vincennes en 1844, de Lyon en 1847, de Grenoble en 1848 et de Toulouse en 1853.

En 1820 le « régiment d'Auxonne » prend le nom de « ».

En 1829, il est reconstitué en régiment mixte, prenant le nom de « », et conserve, outre son état-major, 14 de ses compagnies, et reçoit la du et la du , et verse 3 compagnies au nouveau . Toujours en 1829, il participe au combat de la Pointe-à-Larrée L’expédition de Madagascar en 1829 et la politique coloniale de la restauration durant l'expédition de Madagascar.

En 1830, le « » participe à l'expédition d'Alger et est engagé dans la prise du fort de l'Empereur, la prise d'Alger.

En 1834, il fournit 1 batterie montée et 2 batteries à pied pour la formation du , et 1 montée à celle du .

En 1836, le RA alors caserné à Strasbourg participe à la tentative de soulèvement de Strasbourg de Louis-Napoléon Bonaparte le .

En Algérie, les éléments du régiment participent à l'expédition de Constantine en 1837, à la prise de Djidjelli en 1839, à la bataille d'Isly en 1844 et à l'expédition de Laghouat, dans le sud de l'Algérie en 1848.

Le régiment rejoint Douai en 1864, La Fère en 1842, Vincennes en 1844, Lyon en 1847, Grenoble en 1848 puis Toulouse en 1849.

Second Empire