Charles de Provence (sûrement 845– ), est le troisième fils de et de son épouse Ermengarde ; il fut roi de Bourgogne Cisjurane et duc de Provence de 855 à sa mort.

Biographie Hypothèses sur sa date de naissance Parmi les faits avérés, on sait que ses parents se marient en octobre 821, que sa mère décède en 851 et que Charles est le dernier fils de Lothaire. Avec si peu d'informations établies des historiens comme René Poupardin considèrent que la date de naissance de Charles est à peu près inconnue René Poupardin - Le royaume de Provence sous les Carolingiens (855-933) - ., en soulignant notamment la fragilité des autres sources ou indices disponibles.

D'autres historiens en revanche exploitent ces quelques sources complémentaires. Robert Parisot Robert Parisot - Le royaume de Lorraine - ., par une série de considérations ingénieuses, arrive à la conclusion que cette date serait postérieure à 838-840. D'autres remarquent que Charles est qualifié de puer en 855 et que dans ces conditions il serait né après 840-841 René Poupardin - Le royaume de Provence sous les Carolingiens (855-933) - , note 3.. Si donc on suit ces deux hypothèses, la date de naissance de Charles serait postérieure à 840.

Quant à la Foundation for Medieval Genealogy (FMG), elle indique la date de 845, en précisant que cette date est incertaine et qu'il n'a pas été trouvé de source fiable pour l'affirmer ici..

Une accession difficile thumb|left|Division de l'empire de après le traité de Prüm (855). En orange, les territoires de Charles. Peu avant la mort de son père, il hérite en 855, lors du traité de Prüm Il semble que ce soit entre le 23 et le 29 septembre 855, que partage ses États, selon l'antique coutume franque, entre ses trois fils., de la Provence et de la Bourgogne Cisjurane (régions toutes deux issues du démantèlement du royaume de Bourgogne, situées entre la vallée du Rhône et les Alpes), constituant un territoire appelé par la suite « royaume de Provence ».

Cette succession, contestée par ses frères, reçoit toutefois l'appui des seigneurs provençaux qui par leur résistance (856) obligent et à renoncer à leur projet d'usurpationRené Poupardin, Le royaume de Provence sous les Carolingiens (855-933), É. Bouillon, 1901, 108.. C'est ainsi qu'à Orbe, près du lac Léman, un jour resté inconnu de l’année 856 Louis De Mas-Latrie, Diplôme inédit de Charles, roi de Provence. 862, 495., les trois frères, après avoir failli en venir aux mains, font finalement la paixRené Poupardin, , 18 : « durant l'été .. de la même année, peut-être dès la fin d'août, les trois frères se rencontraient à Orbe, à quelques kilomètres au sud-ouest du lac de Neufchâtel. Là, les discussions recommencèrent, et peu s'en fallut qu'on n'en vînt aux mains. surtout convoitait la part de son jeune frère, et, pour s'en emparer, songeait à faire tondre Charles et à le laisser finir ses jours dans un monastère. Il eût mis son projet à exécution, si les fidèles du jeune prince, les seigneurs provençaux, qui vraisemblablement aimaient mieux avoir pour chef l'un d'entre eux, le marquis Girard, sous la souveraineté nominale de Charles, que de se soumettre à l'autorité effective de Lothaire, n'avaient arraché leur roi des mains de son frère et empêché celui-ci de venir à bout de son dessein. ».

Cet accord confirme à Charles la possession de la Provence et du duché de Lyon.

Un règne peu connu À son avènement, Charles est encore un enfant de santé fragile, souffrant en particulier d'épilepsie René Poupardin - Le royaume de Provence sous les Carolingiens (855-933?) - : «... l'autorité peu effective de l'épileptique Charles ».. Aussi l'administration de son domaine est confiée à son précepteur, Girart de Vienne, appelé parfois Girard de Roussillon. La cour réside à Vienne qui devient la capitale de ce Royaume au détriment d'Arles jusqu'au début du .

Événements vignette|gauche|Diplôme de Charles de Provence qui confirme les privilèges de l'abbaye de l'Île Barbe, 861, archives du Rhône.

D'une manière globale, le règne de Charles est peu connu en raison de la rareté des sourcesLouis De Mas-Latrie, , 491. Un diplôme original de Charles en faveur de l'abbaye de l'Ile Barbe est conservé aux archives départementales du Rhône..

En 859, un traité est conclu entre Charles et son frère , aux termes duquel Charles reconnaît ce dernier comme son héritier. Cette même année et l'année suivante, les Vikings, menés par Hasting., étant passés en Méditerranée, dévastent le territoire d'Arles à défaut de la cité. Ayant hiverné en Camargue lors de l'hiver très rigoureux de 859/860, ils remontent au printemps le Rhône avant d'être défaits par Girart de Roussillon probablement au niveau de Valence, et continuent ensuite leur raid vers l'Italie. Les Annales de Saint-Bertin précisentAnnées 869 et 860, voir ici. : « (en 859) Les pirates danois, ayant fait un long circuit en mer, car ils avaient navigué entre l'Espagne et l'Afrique, entrent dans le Rhône, ravagent plusieurs villes et monastères, et s'établissent dans l'île dite la Camargue... (en 860) Ceux de ces Danois qui s'étaient établis sur le Rhône parvinrent, toujours dévastant, jusqu'à la cité de Valence ; puis, après avoir ravagé toutes les parties circonvoisines, retournèrent à l’île où ils avaient pris leur demeure... Les Danois qui étaient sur le Rhône vont vers l'Italie, prennent et dévastent Pise et d'autres cités. »

Mais ces dangers sont loin d'être les seuls, car Charles vit toujours sous la menace de ses parents et voisins. En 861, prenant prétexte d’un appel d’une partie de l’aristocratie provençaleRené Poupardin, , 26., dont le « puissant comte d’Arles Fourrat »Pierre Riché, Les Carolingiens, une famille qui fit l’Europe, 1997, 209., Charles le Chauve, qui avait vécu jusque-là en bonne intelligence avec son neveu, tente d’annexer la Provence. Mais battu par Girard de RoussillonRené Poupardin, , 30. Charles le Chauve ne dépasse pas MâconPierre Riché, , 209.. Selon René Poupardin, ce serait à cette expédition manquée que la tradition rattacherait la bataille dite de Vaubeton René Poupardin - Le royaume de Provence sous les Carolingiens (855-933) - .Annales et chroniques ont conservé le souvenir d’un affrontement entre Charles le Chauve et le comte de Provence, mais on ne connaît ni la date précise (peut-être 861) ni le lieu exact de cette bataille (R. POUPARDIN, Le Royaume de Provence sous les Carolingiens, Paris, 1901, ). Une tradition reprise par Girard de Roussillon situe cette rencontre à Vaubeton que, depuis L. MIROT (Valbeton dans Girard de Roussillon, dans Romania, , 1892, ), l’on identifie avec Vaubouton, lieu-dit de Saint-Père-sous-Vézelay, aujourd'hui appelé Saint-Père (Yonne).. Cette tentative d'annexion de la Provence est également mentionnée dans les annales de Saint-Bertin Voir année 861 ici : « Charles ayant délégué son fils Louis à la garde de son royaume sous la protection d'Adalhard, oncle de la reine Ermentrude, s'avança en Bourgogne avec sa femme jusqu'à la cité de Maçon. Il était appelé par quelques-uns contre les Normands pour prendre la domination de la Provence, où Charles, fils du feu empereur Lothaire, portait inutilement et dommageablement le nom et les honneurs de la royauté; mais les choses lui étant peu prospères, après avoir fait sur les gens du pays beaucoup de déprédations, il revint à son palais de Pontion. ».

On sait également que Charles assiste à plusieurs conciles francs tels celui de Savonnières, près de Toul en juin 859 Charles Joseph Hefele - Histoire des conciles d'après les documents originaux - Paris, 1911 - , , ici « Le 14 juin 859 s'ouvrit, dans la villa de Savonnières, près de Toul, le grand concile national franc, qui dans sa lettre à Wenilo, archevêque de Sens, prend lui-même le titre de universale concilium. Outre les trois rois (Charles le Chauve de France, Lothaire de Lorraine et Charles de Provence, l'assemblée comptait les évêques de douze provinces ecclésiastiques, et en particulier les métropolitains Rémi de Lyon, Rodulf de Bourges, Giïnther de Cologne, Hincmar de Reims, Arduic de Besançon, Thietgaud de Trêves, Wenilo de Rouen et Hérard de Tours. » ou celui qui se tient le non loin de « Foui », à Tuzey, intégré depuis à la commune de Vaucouleurs dans le département de la Meuse Charles Joseph Hefele - Histoire des conciles d'après les documents originaux - Paris, 1911 - , ici « Le 22 octobre 860, un concile national franc se tint non loin de Foui, à Tuzey. Les trois rois. Charles le Chauve, de Lorraine, et Charles de Provence, les évêques de quatorze provinces ecclésiastiques y assistèrent. À leur tête se trouvaient les douze métropolitains : Arduic de Besançon, Wenilo de Sens, Hincmar de Reims, Ado de Vienne, Thieutgaud de Trêves, Gùnther de Cologne, Rodulf de Bourges, Hérard de Tours, Frotar de Bordeaux, Frédold de Narbonne, Rémi de Lyon et Wenilo de Rouen. Des évêques étaient venus des provinces ecclésiastiques d'Arles et de Mayence, mais non les métropolitains ; ».

Entourage Sur son entourage, en dehors de Girard de Vienne et de Fulcrad qui à cette époque peut être considéré comme marquis de ProvenceRené Poupardin - Le royaume de Provence sous les Carolingiens (855-933) - ., on est assez mal renseigné. Les souscriptions de l'assemblée de Sermorens, assemblée tenue vers 858-860, donnent toutefois quelques noms : Arnulf, Autran, Beier, Ucpold, Barnard, Ingebran, Gérung René Poupardin - Le royaume de Provence sous les Carolingiens (855-933) - .... On trouve également un comte appelé Aldrigus (ou Alderic) Louis de Mas Latrie - Bibliothèque de l'école des chartes, année 1840, volume 1, numéro 1, Diplôme inédit de Charles, roi de Provence. 862, ici., probablement le Aldric que l'historien René Poupardin pense avoir été comte d'Orange René Poupardin - Le royaume de Provence sous les Carolingiens (855-933) - , note 4.. Poupardin mentionne aussi un certain comte Wigeric, peut-être parent de Girard, connu pour ses démêlés avec Agilmar, l'archevêque de Vienne.

Quant aux ecclésiastiques, le seul paraissant avoir eu une influence significative est Rémi, l'archevêque de Lyon. Toutefois on connaît aussi son notaire Áurélien, que l'on croit avoir été abbé d'Ainay et son chancelier Bertraus, probablement diacre de l'église de Lyon et l'un des savants professeurs de théologie de cette école florissante au neuvième siècle. L'abbé Lebeuf suppose qu'il est un maître ou disciple du diacre Florus Louis de Mas Latrie - Bibliothèque de l'école des chartes, année 1840, volume 1, numéro 1, Diplôme inédit de Charles, roi de Provence. 862, ici..

Une succession convoitée À la mort de Charles le , probablement à LyonRené Poupardin, , 32., son royaume est ébranlé par des troubles, et , contrairement à l'accord de 859, ne peut imposer son autorité sur la totalité du royaume de Charles. Seuls les comtés de Lyon, Vienne et Vivarais, avec l'aide de Girart de Vienne, lui reviennent tandis que la Provence, c'est-à-dire les provinces ecclésiastiques d'Arles, d'Aix et d'Embrun, passe, quant à elle, sous l'autorité directe de son frère aîné , empereur d'Occident et roi d'ItaliePierre Riché, , 209 : ce compromis est signé au palais de Mantaille, près de Vienne..

Ascendance

Notes et références

Voir aussi Sources et bibliographie Louis de Mas Latrie - Bibliothèque de l'école des chartes, année 1840, volume 1, numéro 1, Diplôme inédit de Charles, roi de Provence. 862, ici. René Poupardin - Le Royaume de Provence sous les Carolingiens - É. Bouillon - Paris, 1901 ici et Marseille, 1974 (réédition 1901). L.Mirot, R.Louis - La Bataille de Vaubeton dans la légende épique et dans l'histoire - Extrait de la Romania - Paris, H. Champion, 1932. . . .

Articles connexes Provence Histoire d'Arles à l'époque haute-médiévale

Liens externes

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