Ghardaïa (en berbère: ⵜⴰⵖⵔⴷⴰⵢⵜ Taɣerdayt ; en ) est une commune de la wilaya de Ghardaïa en Algérie, dont elle est le chef-lieu, située à au sud d'Alger.

Ghardaïa est également le nom du principal ksar de la pentapole de la vallée du Mzab, fondé au par les mozabites ibadites.

Ghardaïa, ainsi que la vallée du Mzab, font partie du patrimoine mondial de l'UNESCO et sont considérées comme site touristique d'importance majeure en Algérie, du fait de leur architecture ksourienne préservée et de leur histoire.El watan..

La ville comprend une communauté mozabite importante. Son agglomération qui s'étend sur plusieurs communes, compte environ en 2008.

Géographie Localisation Le territoire de la commune de Ghardaïa est situé au Nord de la wilaya de Ghardaïa, au centre de l'Algérie dans le Nord du Sahara algérien, à au sud d'Alger, à au sud de LaghouatM. Cote, « Ghardaia », Encyclopédie berbère En ligne, document G41, , consulté le ., à d'El Menia et à à l'ouest de Ouargla.

Ghardaïa est la ville la plus importante de la pentapole (cinq villes) du Mzab.. Elle est située en amont de la vallée, et s'organise autour d'une collineLe ksar de GHARDAIA, sur le site d'opvm..

Transport La ville est située sur la RN 1 et constitue un relai sur le grand axe méridien Alger/Laghouat/Ghardaïa/Tamanrasset, et le centre de gravité du territoire nord saharien, au point de rencontre des deux grandes « boucles » sahariennes, celle de l'ouest vers Timimoun et la Saoura et celle de l'est par Ouargla et l'Oued Righ.

Ghardaïa dispose d'un aéroport situé à au sud-est de la ville. Des vols opérés par la compagnie Air Algérie relient Ghardaïa à la capitale algérienne, Alger, et aux villes du Sud algérien : Illizi, Djanet et Tamanrasset.

Localités secondaires

En 1984, la commune de Ghardaïa est constituée à partir des lieux-dits suivants. :

Ghardaïa ville ; Melika : haut (ksar) et bas ; Theniet El Mekhzene ; Hadj Messaoud ; Belghannem ; Baba Saâd ; La Palmeraie ; Mermed.

Le ksar de Melika était considéré comme ville sainte du Mzab, avant d'être remplacé par celui de Beni Isguen. Melika renferme notamment le mausolée du Cheikh Sidi Aïssa et de sa familleVallée du M'zab : Patrimoine mondial en quête d'attention, Info Soir, .Mohamed Brahim Salhi, « Société et religion en Algérie au : le réformisme ibadhite, entre modernisation et conservation », Insaniyat / إنسانيات [Online], 31 | 2006, Online since 31 January 2012, connection on 16 March 2020. URL : https://journals.openedition.org/insaniyat/9699 ; DOI : https://doi.org/10.4000/insaniyat.9699.

Climat Ghardaïa a un climat désertique chaud, avec des étés extrêmement chauds et des hivers doux. La région est marquée par de grandes différences de température entre le jour et la nuit, et l'été et l'hiver.

Toponymie

Selon la légende, Ghardaïa, signifie « Grotte de Daïa » (Ghar Daïa), on raconte qu'une jeune fille du nom de Daïa vivait seule dans une grotte. Le cheikh Sidi Bou Gdemma, passant par là, est séduit par sa beauté, ils se marient et fondent alors Ghardaïa..

Le nom amazighe de la ville est « Taɣerdayt », aussi orthographiable « Tagherdayt ». Le découpage administratif de 1985 standardise l'appellation en arabe Ghardâyya, perçue comme neutre puisque ne choisissant ni le nom tumzabt Taghardayt, ni le nom arabe Ghârdâyya.

Le nom berbère provient de ighir, tghrut (pluriel tighardin), , avec un diminutif taghardit, attesté dans les parlers de l'Aurès. Le mozabite, lui, connait taghrudt (pluriel tighrudin). Ghardaïa doit ce nom à la forme de son site, en forme d'omoplate..

vignette|upright=3.5|centré|Panorama de Ghardaïa.

Histoire

À partir du , après la chute du royaume Rostémide par les Fatimides, les réfugiés de Tahert s'établissent à Sedrata près d'Ouargla. Puis, ils atteignent la région de la Chebka du Mzab. Au , ils bâtissent la pentapole du Mzab : Ghardaïa, Melika, Beni Isguen, Bounoura et El AtteufC. Agabi, « Ibadites », Encyclopédie berbère [Online], document I06, Online since 01 June 2011, connection on 07 février 2020 ; URL.. Ghardaïa est fondée en 1048 ou 1053http://www.monographie.caci.dz/index.php?option=com_content&view=article&id=77 Chambre algérienne de commerce et d'industrie. sur la rive droite de l'Oued M'zab et en amont des quatre autres centres de la Pentapole.

Située sur l'axe du méridien d'Alger, qui est une pénétrante idéale vers le Sud, la ville devient rapidement la capitale commerciale du Mzab, et constitue un relai du commerce caravanier transsaharienMohamed Brahim Salhi, « Société et religion en Algérie au XXe siècle : le réformisme ibadhite, entre modernisation et conservation », Insaniyat / إنسانيات [Online], 31 | 2006, Online since 31 January 2012, connection on 07 March 2020. URL : https://journals.openedition.org/insaniyat/9699 ; DOI : https://doi.org/10.4000/insaniyat.9699.. Elle est l'une des principales cités à bénéficier dès le de cette manne et a acquis le statut de cité « opulente » de la pentapole. Ce trafic était encore prospère au .

Lors de la conquête coloniale française, le Mzab, qui avait en 1853 bénéficié d'une convention d'autonomie, est annexé en 1882. Toutefois, les particularités de gestion interne des cités mozabites sont respectées . En 1902, lors de la création des Territoires du Sud, Ghardaïa est incorporée au Territoire de Ghardaïa qui avait comme chef-lieu Laghouat.. Après la départementalisation du Sahara algérien en 1957, elle est intégrée à l'arrondissement de Laghouat dans le département des Oasis..

Après l'indépendance de l'Algérie, en 1984, elle a été érigée en chef-lieu de wilaya. Au début d', la ville a connu la plus grande inondation depuis 50 ans. Plusieurs dizaines de victimes, des blessés et des centaines de maisons détruites..

Démographie La commune de Ghardaïa compte selon le recensement de 2008, la population de l'agglomération qui s'étend sur la vallée du Mzab, est de en 2008, contre en 1966Imen Bensalah, Badreddine Yousfi, Nadjat Menaa et Zohir Bougattoucha, « Urbanisation de la vallée du M’zab et mitage de la palmeraie de Ghardaïa (Algérie) : un patrimoine oasien menacé », Belgeo En ligne, , 2018, , consulté le . DOI : https://doi.org/10.4000/belgeo.24469..

Historiquement, le ksar de Ghardaïa était le plus peuplé de la Pentapole, il concentrait en 1872 environ , suivi des ksour de Beni Isguen, d'El Atteuf, de Melika et de Bounoura..

Société vignette|La place du marché de Ghardaïa en . Ghardaïa est une ville composite qui comprend une communauté mozabite importanteIsabelle Mandraud, En Algérie, Ghardaïa enflammée par les violences communautaires, Le Monde, ., une population berbère, de confession ibadite, mais également une forte minorité arabe, de confession malékite.

La ville a toujours été associée à ces deux populations ; en 1955, le ksar rassemblait , dont et .. Il y avait une communauté juive au Mzab qui a pratiquement disparu quelques années après l'indépendance de l'AlgérieG. Camps, J. Gascou, A. Raymond et L. Golvin, « Cité », Encyclopédie berbère En ligne, document C74, , consulté le ..

Eu égard à la diversité ethno-confessionnelle de la région, des émeutes récurrentes ont eu lieu ces dernières décennies, qui opposent les deux principales communautés ibadite et malékites. Toutefois, ces évènements ne sauraient être réduits à un simple conflit communautaireLaurence Dufresne Aubertin, « Revendications morales et politiques d’une révolte. Les émeutes du Mzab en Algérie (2013-2015) », L'Année du Maghreb [En ligne], 16 | 2017, mis en ligne le , consulté le . URL : https://journals.openedition.org/anneemaghreb/3051 ; DOI : https://doi.org/10.4000/anneemaghreb.3051.. Les tensions entre communautés révèlent plutôt l'implication de quelques catégories sociales et économiques face à la rareté du foncier dans la vallée du Mzab et la régression du rôle de l'État algérien ; ce qui envenime les rapports sociaux dans la région.

D'autre part, des mécanismes différenciés d'intégration dans le jeu politique nationale, ainsi qu'aux périodes de sédentarisation différenciées des populations ont engendré des rivalités sociales et économiques entre des populations arabophones paupérisées et les Mozabites mieux organisés et plus autonomes par rapport à l'État. Les demandes s'articulent sur une distribution sociale « équitable » entre populations du Mzab et engendre des concurrences locales autour de la contribution des différentes communautés à la guerre d'indépendance algérienne.

Urbanisme vignette|Le ksar de Ghardaïa. Ghardaïa est bâtie en pyramide sur une butte dominant la vallée du Mzab.. La ville s'est développée à partir d'un noyau central, cœur de la cité, puis d'enceintes circulaires successives, le centre de la ville, Animas n ar’rem est le noyau le plus ancien. Sa configuration géométrique présente un plan concentrique dominé par la Grande mosquée.

Elle se distingue parmi les villes sahariennes du point de vue architectural, urbain et environnemental. L'urbanisation s'est établie par la reproduction du modèle du ksar avec la palmeraieImen Bensalah, Badreddine Yousfi, Nadjat Menaa et Zohir Bougattoucha, « Urbanisation de la vallée du M’zab et mitage de la palmeraie de Ghardaïa (Algérie) : un patrimoine oasien menacé », Belgeo En ligne, , 2018, , consulté le . DOI : https://doi.org/10.4000/belgeo.24469.. C'est également la ville la plus étendue du Mzab qui concentre les équipements et les infrastructures sociales, culturelles et économiques.

La ville s'est agrandie au fil des siècles et a occupé les parties basses de la butte. Au , cette croissance s'accélère et le modèle d'habitat oasien traditionnel est rompu. De nouvelles constructions sont ainsi établies à l'extérieur des remparts de ksar Ghardaïa et en direction de ksar Beni Isguen. Aujourd'hui, les extensions de la ville ont fini par rejoindre celles des autres cités de la Pentapole, l'urbanisation s'est étendue sur l'ensemble de la vallée au détriment des palmeraies, la Pentapole constitue désormais une vaste conurbation allongée sur 8 km. Et morphologiquement, la forme et l'architecture urbaines se diversifient. Seule El Atteuf, située à l'aval, reste un peu isolée.

vignette|gauche|La basse ville. En effet, à partir des années 1950, la vallée a commencé à connaître un étalement urbain dû à l'accroissement de la population d'une part et à une migration de populations d'autres régions. L'espace situé entre les ksours de Ghardaïa, Melika et Beni-Isguen a été urbanisé entre 1950 et 1980. Quand Ghardaïa a été élevée au rang de chef-lieu de wilaya en 1985, ceci a largement accéléré le mouvement migratoire, accentue par les investissements publics de l'État algérien en projets d'infrastructures publiques comme les cités d'habitation, d'équipements publics, la canalisation de l'oued et la construction d'ouvrages d'arts.

L'agglomération actuelle s'étend sur quatre communes : Dhayet Bendhahoua, Ghardaia, Bounoura et El Atteuf. Elle correspond spatialement à huit fois le périmètre bâti des cinq ksour originels de la pentapole sur un corridor urbanisé d'environ .

À partir des années 1990, la vallée est saturée, l'étalement urbain se poursuit désormais sur les plateaux, cela se traduit par le développement de lotissements privés, ainsi que la construction de la zone industrielle et de l'Université de Ghardaïa. Toutefois, ce nouvel étalement, soulève de nombreux problèmes d'aménagement et de gestion urbaine du fait de la contrainte topographique.

vignette|centré|400px|L’urbanisation de la vallée du Mzab.

Économie vignette|La gare routière. Ghardaïa est une ville commerciale et industrielle dynamique dans le Sahara algérien, elle consiste une plaque tournante des échanges aériens, et du tourisme, grâce à ses infrastructures : hôtels et aéroport. En 1970, une zone industrielle a été implémentée à Bounoura.. Mais c'est Ghardaïa qui offre la palette la plus large d'industries, dont l'essor a démarré au début des années 1980..