vignette|Relations diplomatiques de la République française (à l'exception du Bhoutan et Corée du Nord). La politique étrangère de la France, ou diplomatie française, est la politique menée par la France vis-à-vis des autres pays en vue de favoriser ses intérêts géostratégiques, politiques et économiques.
L'histoire de la France est marquée par la longue construction de l'État-nation : le royaume des Francs, au haut Moyen Âge, connaît plusieurs phases de division et d'affaiblissement. mais aussi une tentative de reconstitution de l'Empire romain sous Charlemagne. Au Moyen Âge, le roi de France doit disputer son autorité aux grands féodaux qui ont souvent leurs propres intérêts internationaux, ainsi le roi d'Angleterre qui est duc de Normandie puis duc d'Aquitaine ; en même temps, la France participe à des expéditions internationales comme les croisades. L'époque moderne voit le renforcement de la monarchie absolue et la France s'assure une place de premier plan dans l'équilibre européen mais sa politique étrangère est plusieurs fois déviée par des crises idéologiques comme pendant les guerres de Religion et la Révolution française. Après la tentative hégémonique de , elle reprend sa place dans un système d'équilibre tout en construisant un nouvel empire colonial. Belligérant de premier plan dans la Première Guerre mondiale, son relatif déclin démographique et économique se fait sentir dans le conflit suivant. Après 1945, elle doit gérer la décolonisation et la construction européenne tout en marquant sa différence avec son puissant allié, les États-Unis. Membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, elle maintient une présence diplomatique active sur les différents théâtres de la planète.
La période carolingienne (751-987) L'empire carolingien (751-843) Pépin le Bref, après avoir évincé le dernier Mérovingien Childéric III, cherche à asseoir sa légitimité en tant que roi de France et ainsi protéger ses futurs héritiers. Il se fait couronner avec le soutien du pape à qui, après sa victoire sur les Lombards en Italie, il a fait don (754-756) d'un territoire, origine des États pontificaux. À la mort de Pépin (768), son fils Charles (Charlemagne), pour asseoir la légitimité de sa nouvelle dynastie, se lance dans une série de guerres de conquête parfois accompagnées de christianisation forcée (Saxons). Gardien de l'orthodoxie religieuse, il reste en bonnes relations avec le pape qui lui offre de le couronner empereur d'Occident : c'est chose faite en 800. Charlemagne multiplie les contacts avec l'Empire byzantin, qui lui propose de réunifier l'Empire romain, et entretient de bonnes relations avec le calife abasside de Bagdad, Harun ar-Rachid.
Louis , fils et unique héritier de Charlemagne, se révèle vite incapable de gérer l'immense empire que lui a légué son père. Il subit notamment les querelles entre ses quatre fils qui essaient de gagner en influence afin de gagner une plus grosse part de l'empire à la mort de leur père. Des alliances, vacillant au gré de la situation, se nouent entre les fils, qui iront même jusqu'à destituer leur père afin de régner eux-mêmes. De façon générale, le règne de Louis est marqué par un état quasi-permanent de guerre civile, ce qui reste à relativiser car seule l'oligarchie participe aux conflits, tandis que les populations y sont généralement indifférentes. Louis meurt en 840 alors que la question du partage de l'Empire n'est toujours pas tranchée. Les trois fils (Pépin étant mort avant son père) se disputent l'immense territoire. Charles le Chauve fait alliance avec Louis le Germanique pour contrer l'aîné, Lothaire, dans ce que l'on appelle aujourd'hui les serments de Strasbourg : c'est le premier texte diplomatique conservé à employer la langue romane commune (ancien français) et la langue tudesque (vieux haut allemand). Finalement, un accord est trouvé et est entériné par la signature entre les trois frères du traité de Verdun. Charles hérite de la partie ouest de l'empire, ce qui deviendra le royaume de France, Lothaire de la partie centrale de l'Empire et Louis de la partie orientale, qui deviendra le royaume de Germanie et enfin l'Allemagne.
La nouvelle Francie occidentale (843-987) Après la mort de Lothaire et de ses fils, Charles le Chauve récupère la Lotharingie et établit sa tutelle sur les héritiers de Louis en Germanie, ce qui restaure pour peu de temps l'unité carolingienne. En 879, Boson, n'acceptant pas l'autorité de Louis III et Carloman II, se fait proclamer roi de Provence. Cependant, l'affaiblissement de l'État carolingien laisse le champ libre aux raids de pillage des Sarrasins, Vikings et Hongrois. La Francie Occidentale, issue du traité de Verdun, est aussi affaiblie par la montée en puissance de la noblesse qui, en 877 avec le capitulaire de Quierzy, gagne en influence. Ainsi en 888, ce n'est pas un Carolingien qui monte sur le trône mais Eudes, un puissant noble franc qui a repoussé les Vikings aux portes de Paris. En 911, les Vikings mènent une nouvelle tentative contre Paris et le carolingien Charles III le Simple, par le traité de Saint-Clair-sur-Epte, doit reconnaître à leur chef Rollon un grand fief à l'embouchure de la Seine, le comté de Normandie.
Également en 911, la lignée carolingienne de Francie orientale s'éteint. La couronne germanique passe à la dynastie saxonne des Ottoniens avec Henri puis Otton qui se fait couronner empereur en 962. Les derniers carolingiens de Francie occidentale n'ont plus qu'un pouvoir restreint et le dernier prétendant carolingien, Charles de Lorraine, est emprisonné par Hugues Capet, descendant d'Eudes, qui se fait élire roi en 987.
Sous les capétiens directs
Les premiers Capétiens : la lutte pour l'autorité sur le royaume (987-1145) La ligne de succession au trône de France est loin d'être officiellement établie si bien que la monarchie vacille au gré des alliances. Ainsi, Henri , héritier légitime du trône, associé au pouvoir par son père Robert II fera face à une coalition menée par sa mère, Constance d'Arles, voulant imposer sur le trône son frère cadet, Robert. Il faudra attendre le règne de Louis IX pour que la primogéniture mâle soit, de facto, la première règle de succession au trône de France.
À partir du règne d'Hugues Capet, les capétiens, avant de chercher à tenir un rôle international, essaient d'asseoir leur légitimité sur le trône de France et combattent ardemment contre l'hégémonie des grands nobles de l'époque. Les négociations entre le roi et les ducs et comte du royaume peuvent être considérés comme de véritables discussions diplomatiques. On peut donc affirmer que la tentative de contrôle de la royauté sur ses vassaux peut être considérée comme une réelle politique extérieure. L'exemple parfait en est la relation entre Henri , roi de France de 1031 à 1060, et son puissant vassal, Guillaume de Normandie. Non content d'avoir un vassal aussi puissant que lui, Henri fait tout pour affaiblir ce dernier. Néanmoins, Guillaume défait les armées royales par deux fois à Mortemer (1054) et à Varaville (1058) ce qui réduit à néant les espoirs de contrôle d'Henri sur son vassal. Son fils et successeur, Philippe , ne pourra qu'assister, impuissant, à la conquête de l'Angleterre par Guillaume le Conquérant, lors de la bataille de Hastings. Philippe usera, à la place de la guerre, de la diplomatie pour affaiblir le souverain anglais notamment en poussant son fils, Robert Courteheuse, à la révolte contre lui. Philippe essaie tant bien que mal de dissocier Normandie et Angleterre mais est contré par le fils de Guillaume le conquérant et frère de Robert Courteheuse, Guillaume le Roux, qui a entre-temps hérité du trône d'Angleterre. Ce dernier, las des attaques françaises projette d'envahir le royaume mais est repoussé par le fils du Roi, Louis, hors des frontières. Les nobles français profiteront de l'occasion de la première croisade pour prendre encore plus d'importance, étant donné que le Roi ne peut participer à la croisade, et conquièrent des fiefs hors du Royaume et à la fin du règne de Philippe , un noble a toujours plus de pouvoir et de prestige que le Roi de France. Louis VI de France est le réel instigateur d'une véritable autorité monarchique avec les conseils de son intègre conseiller, l'abbé Suger. Il bat ses vassaux et les soumet au fur et à mesure si bien qu'à la fin de son règne, le Roi de France n'a jamais eu autant de pouvoir sur son royaume jusqu'ici. En 1125, il est le premier à solliciter l'ost pour la défense du royaume face aux menaces étrangères, véritable symbole d'une idée de nation. L'armée qu'il réunit est alors immense, ce qui contraint ses adversaires à se retirer sans livrer bataille. Louis VI consolide le domaine royal notamment grâce à sa politique de mariages. En 1131, il marie son fils héritier de la couronne Louis à Aliénor d'Aquitaine qui apporte en dot un territoire s'étendant de la Guyenne à l'Anjou.
Au Moyen Âge, plusieurs féodaux sont détenteurs de patrimoines en dehors du royaume : Normands puis Angevins en Angleterre, Champenois en Navarre, Angevins en Italie, et avec les croisades de nombreux domaines de Terre sainte sont créés par des nobles français - impliquant de fait la France dans les relations internationales. Mais cette implication n'est effective qu'après la deuxième croisade, Philippe n'ayant pu participer à la première à cause d'une excommunication papale.
Les croisades et la lutte contre l'Angleterre (1145-1270)
Le règne de Louis VII de France, qui n'était pas prédestiné à être Roi n'étant pas le premier fils de Louis VI, est marqué par une politique extérieure désastreuse que ses descendants mettront plus d'un siècle à effacer. Le Roi accepte de prendre part à la deuxième croisade (Philippe n'avait pu participer à la première croisade car il était excommunié). Il part de France avec Aliénor d'Aquitaine, le . Cette croisade se révèle être un échec cinglant et attise la mésentente entre Louis VII et son épouse Aliénor d'Aquitaine : le divorce du couple entraîne la perte du duché d'Aquitaine quand la reine se remarie en 1152 avec Henri Plantagenêt, futur Roi d'Angleterre. Louis tente alors de contrarier les ambitions anglaises en soutenant le fils d'Henri : Henri le Jeune, soit la politique qu'avait auparavant faite Philippe avec Guillaume le conquérant et Robert Courteheuse.
Tous les successeurs de Louis VII lutteront contre la couronne anglaise et reprendront, au fil des batailles, les territoires anglais. Cette lutte est à son apogée sous le règne de Philippe Auguste, fils de Louis VII, qui livre bataille constamment contre les Anglais durant son règne et qui favorise les dissensions entre les possibles prétendants au trône d'Angleterre. En 1204, Jean sans Terre, devenu Roi d'Angleterre, se fait reprendre tous ses biens par Philippe Auguste. Le roi d'Angleterre s'allie alors avec l'empereur pour se venger mais les éclatantes victoires françaises à Bouvines et à la Roche-aux-Moines en 1214 disloquent l'alliance et marquent la fin de l'hégémonie anglaise dans l'ouest de la France. Au moment de Bouvines, la couronne d'Angleterre est dans une situation catastrophique, ce qui explique en partie les victoires françaises. En effet, Jean sans Terre refuse d'appliquer la Magna Carta, ce qui provoque un soulèvement des barons anglais qui offrent la couronne d'Angleterre à Louis VIII. Mais Jean sans Terre meurt peu après et les barons préfèrent un prince anglais à Louis qui est battu par deux fois et doit renoncer à la couronne anglaise au traité de Lambeth en 1217, contre une forte somme d'argent. Comme celle-ci n'est pas versée, Louis reprend les armes contre les Anglais et les chasse de leurs dernières possessions en France, Bordeaux et la Gascogne.