Cette page répertorie les différents sous-genres de la science-fiction.

La science-fiction n'est-elle pas un genre en soi ? C'est ce que suggère cette définition issue d'une ancienne encyclopédie « Focus » : « Genre où l'auteur donne libre cours à son imagination en s'appuyant sur les progrès de la science et sur ses possibilités de découvertes ».

Il existe un grand nombre de genres et de sous-genres de la science-fiction, qui se confondent et s'articulent entre des thématiques, des modes opératoires, des supports de diffusion et enfin des écoles par nationalité des auteursPanorama de la science-fiction, (les thèmes, les genres, les écoles, les auteurs) Jacques Van Herp éditeur Claude Lefrancq 1996.Histoire de la science-fiction moderne, (domaine anglo-saxon, domaine français) Jacques Sadoul éditeur Albin Michel 1973Daniel Walther (éd.), La science-fiction allemande. Étrangers à Utopolis, Presses Pocket, 1980La science-fiction italienne L'opéra de l'apocalypse Anthologie réunie et présentée par LINO ALDANI et JEAN-PIERRE FONTANA © Presses Pocket, 1981La Grande Anthologie de la science-fiction est une collection de recueils d'anthologies publiés par le Livre de poche dans les années 1970 sous la triple direction de Jacques Goimard, Demètre Ioakimidis et Gérard Klein.

Les modes opératoires Ce sont les manières de concevoir la science-fiction, ce qui touche plus la forme que le fond. L'on pourrait schématiquement définir un pôle technique voire scientifique, un pôle plus proche du roman d'aventure, un pôle philosophique et sociologique, un pôle proche du merveilleux qui marque la limite avec le fantastique et l'heroic fantasy, un pôle fait d'humour et de sarcasme appelé science-fiction humoristique pouvant aller jusqu'à la parodie (exemple : le film La Folle Histoire de l'espace de Mel Brooks).. À la fin du , une nouvelle manière d'écrire la science fiction est apparue, mélangeant une sensibilité politique aiguë, un sens du détail, voire du sordide, collés a des éléments tirés de dystopies ou d'utopies, des personnages ordinaires et des anti-héros perdus dans des univers qu'ils ne maîtrisent pas. Ce mode opératoire se voit affublé du suffixe -punk précédé de la thématique abordée..

La « hard science fiction »

La hard science-fiction (dite aussi hard SF, SF dure, ou hard science) est un genre de la science-fiction où les technologies décrites, l'état de la société, voire l'évolution historique, ne sont pas en contradiction avec l'état des connaissances scientifiques au moment de la publication. Il s'agit en quelque sorte du pendant littéraire des sciences spéculatives.

La hard SF est caractérisée par un intérêt pour les détails scientifiques et techniques. La plupart du temps, les auteurs de hard SF donnent la préférence à l'exploration de phénomènes astronomiques ou physiques plutôt qu'à la psychologie des personnages. Cependant, les découvertes récentes de la neurobiologie ont permis à des auteurs comme Greg Egan d'ouvrir la psychologie aux conjectures scientifiques. De la même manière, Donald Kingsbury, par exemple, se prête à des expérimentations dans le domaine des sciences sociales avec Parade nuptiale, et des auteurs tels que Kim Stanley Robinson et sa Trilogie de Mars, associent à la fois la prospective dans les domaines technologiques avec les spéculations sur l'évolution de la structure sociale et politique des sociétés humaines lorsqu'elles iront coloniser l'espace.

Ce genre est de fait très ancien ; dans la mythologie grecque, l'évasion d'Icare grâce à des ailes fabriquées par son père et ingénieur Dédale en représente le premier exemple. Certains romans d'Anticipation écrits au en sont des exemples plus aboutis ; Jules Verne est alors souvent cité comme le père de la « Hard SF »John Derbyshire, "Jules Verne: Father of Science Fiction?, " The New Atlantis, Number 12, Spring 2006, . Ses romans De la Terre à la Lune et Autour de la Lune ancrent définitivement le genre grâce à la minutie de l'auteur pour les détails techniques. Edwin Abbott, mathématicien du est un autre père fondateur du genre ; son livre Flatland, conçu au départ comme un essai de vulgarisation mathématique, devient dès 1884 un livre culte., régulièrement réédité depuis.

La « fiction spéculative » La fiction spéculative (Speculative fiction), appelée aussi roman d'hypothèse, s'occupe davantage de thèmes philosophiques, psychologiques, politiques ou sociétaux. L'aspect technique, les évolutions technologiques ne sont pas au centre de l'histoire et constituent plutôt un cadre pour l'action..

Durant l'Âge d'or de la science-fiction, les tensions sociétales internes (entre sous-groupes sociaux d'une même société, entre hommes et femmes, entre jeunes et vieux, entre personnes donnant à voir différentes teintes de peau, entre personnes d'origine immigrée ou native d'un territoire, entre communautarisme religieux et sectaire) et externes (entre pays pauvres et pays riches, entre capitalisme et communiste) s'exacerbent. La guerre froide et la décolonisation forment la partie émergée de l'iceberg, mais ces tensions prennent d'autres formes tels que le maccarthysme, le mouvement hippie, le mouvement antiségrégationniste, le mouvement féministe aux États-Unis, etc. La fiction spéculative permet d'aborder des thèmes très clivants socialement parlant, en y mettant la distance de l'espace et du temps. Le lecteur ne se rend même pas compte des sous-entendus en rapport avec les conflits sociétaux actuels et accède à un espace de possibles qu'il n'aurait sans doute pas accepté si les termes en avaient été posés ici et maintenant.. Le roman La servante écarlate (1985) de Margaret Atwood est un exemple de ce type de science-fiction.

Dans son Cycle des robots, Isaac Asimov dénonce la haine d'une partie de l'humanité envers les robots et y répond de manière universelle par la notion de conscience. N'est-ce pas la meilleure réponse à de nombreuses questions ? En introduisant par ailleurs les trois « lois de la robotique », il pose le débat du progrès scientifique et de l'éthique. Frank Herbert offre un exemple de la « soft SF » avec sa série Dune où son univers est technologiquement avancé, mais où la société est revenue à une structure féodale (techno-féodalisme) ; le rôle de la classe dominante, les questions de responsabilité et d'éthique sont une des facettes importantes de la série. Aldous Huxley dans Le Meilleur des mondes (, 1931), George Orwell dans 1984 (publié en 1949), John Brunner dans Tous à Zanzibar (Stand on Zanzibar, 1968), Andrew Niccol dans son film Bienvenue à Gattaca (Gattaca, 1997) : nombreux sont les auteurs et réalisateurs à poser des questions d'éthique et de société.

La fiction spéculative explore donc souvent les réactions des sociétés et des individus aux problèmes posés par un phénomène naturel ou des développements technologiques, mais la technologie n'y est pas une fin en soi, elle est seulement un moyen pour accéder à une fin possible. Le genre « punk » vignette|Le genre cyberpunk, s'associe à un esthétique futuriste ancrée dans une société à la publicité intrusive et à un aspect très peu clinquant. Le suffixe -punk est utilisé pour la première fois par Bruce Bethke dans une nouvelle intitulée Cyberpunk écrite en 1980 et publiée en 1983 dans le magazine de science-fiction américain Amazing Stories, au sujet d’un groupe de hackers adolescents qui passaient leurs journées à s’introduire par effraction dans des systèmes informatiques. Le genre cyberpunk se constitue avec la parution du roman Neuromancien de William Gibson, qui dépeint l'humanité plongée dans le chaos social à la suite d'un progrès technique et/ou politico-économique néfaste.. Le préfixe cyber- signifie « cybernétique » et renvoie à l'amélioration des performances humaines en remplaçant des organes par des appareils robotisés, et le suffixe -punk renvoie à une société violente et décadente. Le genre se complète rapidement avec le postcyberpunk et le biopunk. Dans la plupart de ces œuvres, on retrouve une ou plusieurs des trois hypothèses suivantes : * l'idée d'une société où les États n'ont plus de pouvoir et où la vie des gens n'est plus régie que par des multinationales qui fournissent emploi, sécurité sociale, protection et logement ; ce contexte est l'occasion d'affrontements (guerre économique, espionnage industriel, mais aussi attaques armées) entre multinationales, avec tentatives d'infiltration et d'exfiltration ; * l'idée d'une manipulation du vivant, plus particulièrement d'un croisement entre l'homme et la machine (clonage, greffe d'organes artificiels plus performants, puces implantées sous la peau ou dans le cerveau, etc.) ; * l'idée d'une extrapolation du « virtuel » : on peut se brancher le cerveau sur la « Matrice » (réseau mondial d'ordinateurs, équivalent d'Internet imaginé par les auteurs de cyberpunk dès les années 1980) au moyen d'une console Un des auteurs français les plus pertinents dans ce domaine est Jean-Marc Ligny avec sa série Cyberkiller Inner City. Les interrogations sur l'existence des mondes virtuels sont antérieurs à l'avènement du genre cyberpunk. Ce mouvement nait dès 1964 sous la plume de Daniel F. Galouye avec son roman Simulacron 3 d'où Rainer Werner Fassbinder tire un téléfilm en 1973 intitulé Le Monde sur le fil. L'auteur reprend en la rationalisant l’hypothèse que la réalité n'est pas réelle, comme dans Le Congrès de futurologie (roman) de Stanislas Lem ou Le Temps désarticulé de Philip K. Dick.

Le genre « punk » connait alors un développement considérable et anarchique, en explorant notamment les thématiques de l'uchronie et du rétrofuturisme. Plus personne ne sait très bien de quoi il retourne. Le suffixe -punk s'attache à de nombreuses thématiques en asseyant leur notoriété )...

Les thématiques

L'espace

Le vol spatial Sans doute le plus ancien genre de SF que l'on retrouve depuis la Grèce antique.. Le genre s'est modifié au cours du temps ; au Moyen Âge et à la Renaissance, il devient un mode critique permettant de mettre en avant les théories héliocentriques ; au siècle des Lumières, il était un prétexte à la critique sociale ; et lors de la révolution industrielle, il se transforme en une véritable ingénierie du voyage spatial , pour aboutir au au space opera et à la colonisation de l'espace. Le genre semble en déclin depuis la fin de la conquête spatiale.. La vie extra-terrestre Complémentaire du genre précédent, le genre s'est modifié au cours du temps. Longtemps fantaisiste, parfois poétique envisageant des modes de vie cristalline , gazeuse ou à l'intérieur même des étoiles, le genre est complètement revu après la découverte de l'ADN en 1953, envisageant depuis cette date des créatures souvent très proches de l'être humain. Le genre est illustré de manière remarquable dans la série télévisée X-Files. Le planet opera Ce registre de la science-fiction se focalise sur le contexte social, politique ou religieux d'un monde planétaire lointain. On présente souvent Jack Vance comme un spécialiste du genre. Le space opera Le space opera met en scène des aventures épiques dans l'espace intersidéral colonisé, dont les archétypes sont la saga Cycle du Fulgur d'Edward Elmer Smith, La Légion de l'espace de Jack Williamson ou encore le cycle cinématographique Star Wars. Évidemment, de nombreux Space Operas sont aussi des Planet Operas, comme le Cycle de Dune, où la planète éponyme est le théâtre principal d'un récit où interviennent les milliers d'autres mondes d'un empire galactique.