René Goblet, né le à Aire-sur-la-Lys et mort le à Paris (), est un journaliste et homme politique français.
Biographie Débuts en politique En 1850, René Goblet s’inscrivit comme avocat au barreau d’Amiens, il s’y tailla une solide réputation plaidant aussi bien au pénal qu'au civil. Ce n'est qu'à la fin des années 1860 qu'il s'engagea en politique. De conviction républicaine, il fut un opposant résolu au Second Empire. Il fonda en 1869, avec Frédéric Petit et Jules Lardière, le journal républicain radical, Le Progrès de la Somme.
Il fut nommé en 1870 procureur général à Amiens par le Gouvernement de la Défense nationale, puis devint député de la Somme en juillet 1871 et siégea à gauche. Il s’opposa avec détermination aux conservateurs lors de la crise du 16 mai 1877.
Responsabilités ministérielles Il fut sous-secrétaire d’État à la justice dans le Gouvernement Waddington en 1879.
À la suite des élections législatives de 1881, il tenta de former un groupe parlementaire unique des républicains afin de soutenir le nouveau gouvernement GambettaLa réunion plénière des gauches, Le Journal de Seine-et-Marne, 27 novembre 1881.. Cependant, l'initiative échoua avec la reconduction des groupes de la Gauche républicaine et de l'Union républicaine. Contrairement à René Goblet qui resta membre de l'Union républicaine, ses collègues radicaux décidèrent de former un groupe autonome qui contribua à la chute du gouvernement. Il fut alors nommé ministre de l’Intérieur dans le gouvernement de Freycinet () et fit voter la loi qui rendait aux conseils municipaux le droit d’élire leur maire.
Il rompit avec l'Union républicaine en Il faut choisir, Le Radical, 5 octobre 1882. et s’opposa ensuite à la politique des républicains opportunistes. Il rejoint alors le groupe de la Gauche radicale et devint l’un des chefs de file des radicaux à la Chambre des députés où il montra ses talents de débatteur.
En 1885, il devint ministre de l’Instruction publique dans un gouvernement de concentration républicaine. Par deux décrets (, ), il amorça la réforme de l’enseignement supérieur. Sous son ministère, l’État fit l’acquisition des collections du musée Guimet (1885) et la section des sciences religieuses fut créée à l’École pratique des hautes études (1886).
Il fit adopter par le Sénat après un long et intense débat parlementaire la loi qui porte son nom sur la laïcisation du personnel enseignant du primaire et du secondaire le . Il devint président du Conseil et ministre de l’Intérieur du au , ce fut le couronnement de sa carrière. Le général Boulanger était ministre de la Guerre dans son gouvernement et l'Amiénois Albert Dauphin était ministre des Financesgouvernement Goblet..
En 1888 il fut ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement Floquet, jusqu'en 1889.
Engagement radical-socialiste Battu aux élections législatives à Amiens en 1889, il fut élu sénateur puis député de la Seine en 1891 et 1893. Il dirigea La Petite République, organe de la gauche radicale et du socialisme indépendant de 1891 à 1893. La crise boulangiste l’amena à radicaliser ses positions en matière économique et sociale en proposant : démocratisation de l’administration locale, réforme de l’impôt en faveur des classes laborieuses, meilleure réglementation du travail des enfants et des femmes dans l’industrie, respect du droit syndical… En 1890, il proposa la nationalisation des secteurs bancaires et miniers. Il fut favorable à une révision constitutionnelle pour assurer la prééminence de la Chambre des députés sur le Sénat étant partisan du monocamérisme. Il œuvra dans les années 1890 au rapprochement des radicaux des socialistes.
René Goblet fut battu lors des législatives de 1898 et resta de ce fait à l’écart des responsabilités gouvernementales.. Son rôle politique se poursuivit néanmoins, il fut, en 1901, l’un des organisateurs du congrès sur la réforme et l’organisation du parti républicain, radical et radical-socialiste ; il en présida la séance d'ouverture, le .
Franc-maçon, il fut membre de la Loge « La Clémente Amitié » du Grand Orient de France. Il fut également membre de l'Académie des sciences, des lettres et des arts d'Amiens.
Décédé 78 rue de la Tour dans le le Son acte de décès (n°1394) dans les registres de décès du arrondissement de Paris pour l'année 1905.Jacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, Éditions de Minuit, septième édition, 1963, (« L-Z »), « Rue de la Tour », ., il fut inhumé au cimetière de La Madeleine à Amiens.
Mandats électifs de 1871 à 1876 : député de la Somme (battu en 1876) de 1876 à 1879 : maire d'Amiens de 1877 à 1889 : député de la Somme de 1891 à 1893 : sénateur de la Seine de 1893 à 1898 : député de la Seine
Fonctions gouvernementales 1879 : sous-secrétaire d'État à la Justice 1882 : ministre de l'Intérieur 1885-1886 : ministre de l'Instruction publique au : président du Conseil et ministre de l'Intérieur (voir gouvernement Goblet) du au : ministre des Affaires étrangères, dans le gouvernement Floquet.
Hommage posthume Une place du centre-ville d'Amiens porte le nom de René Goblet ; Un monument, situé boulevard de Belfort à Amiens, intitulé, La Conscience, œuvre de Jacques Perrin, est dédié à la mémoire de René Goblet. Il fut inauguré, le , par Georges Clemenceau, président du Conseil, ministre de l'Intérieur. Ce monument a été élevé par souscription publique à l'initiative de l'Académie d'Amiens et remis à la ville d'Amiens, le .
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie Louis Capéran, Histoire de la laïcité républicaine : La Laïcité en marche, Paris, Nouvelles Éditions latines, 1961. Renaud Quillet, « À la recherche de la République sociale : René Goblet et Jean Jaurès », dans Cahiers Jaurès, , 2004, . Renaud Quillet, La Gauche dans la Somme, 1848-1924, Amiens, 2009, Encrage Édition . . .
Articles connexes Liste des maires d'Amiens - Histoire d'Amiens - Liste des députés de la Somme Troisième République Liste des gouvernements de la France - Président du Conseil Gouvernement Goblet
Liens externes
Biographie de René Goblet sur le site des Archives du Pas-de-Calais. René Goblet Goblet (René) sur le site de l'edition électronique.
* Catégorie:Président du Conseil de la Troisième République Catégorie:Sénateur de la Troisième République française Catégorie:Ministre de la Troisième République Catégorie:Député de la Somme (Troisième République) Catégorie:Député de la Somme Catégorie:Député de la deuxième législature de la Troisième République Catégorie:Député de la troisième législature de la Troisième République Catégorie:Député de la quatrième législature de la Troisième République Catégorie:Député de la Seine (Troisième République) Catégorie:Député de la sixième législature de la Troisième République Catégorie:Maire d'Amiens Catégorie:Sénateur de la Seine Catégorie:Ministre français de l'Intérieur Catégorie:Ministre français des Cultes/Affaires ecclésiastiques Catégorie:Député à l'Assemblée nationale (1871) Catégorie:Sous-secrétaire d'État français Catégorie:Personnalité ayant donné son nom à une loi Catégorie:Membre de l'Académie des sciences, des lettres et des arts d'Amiens Catégorie:Ligue de l'enseignement Catégorie:Naissance en novembre 1828 Catégorie:Naissance à Aire-sur-la-Lys Catégorie:Décès en septembre 1905 Catégorie:Décès à 76 ans Catégorie:Décès dans le 16e arrondissement de Paris Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière de La Madeleine (Amiens)