La violence est l'utilisation de force ou de pouvoir, physique ou psychique, pour contraindre, dominer, tuer, détruire ou endommager. Elle implique des coups, des blessures, de la souffrance, ou encore la destruction de biens humains ou d'éléments naturels.

La violence est observable chez les humains comme chez les animaux en captivité ou semi-captivité, ce qui indique sa qualité évolutive et biologique en réaction à un environnement stressant. ou en reproduction d'un trauma antérieur.

Selon l'OMS., la violence est l'utilisation de la force physique, de menaces contre les autres ou soi-même, contre un groupe ou une communauté, qui entraîne ou risque fortement d'entraîner un traumatisme, des dommages psychologiques, des problèmes de développement ou un décès.

La violence caractérise une société inégalitaire et hiérarchisée qui assigne à chacun une valeur selon sa position. Elle est inhérente à tout système de domination et indispensable à sa pérennité.

Étymologie Le mot violence vient du latin vis, qui signifie la « force exercée contre quelqu'un ». Son pluriel vires désigne les moyens utilisés pour exercer la vis..

Histoire de la violence Origine de la violence Chez l'animal La violence ne se limite pas aux seules sociétés humaines, mais est également observable chez diverses autres espèces animales. La recherche sur la violence chez les animaux a débuté au début du sur les grands félins sauvages, dans les relations prédateurs-proies. Elle a ensuite été étudiée dans des circonstances environnementales spécifiques, notamment en captivité et en semi-captivité, dans des conditions de surpopulation ou de désorganisation sociale de la population de manière intraspécifique. Ces observations ont conduit à analyser la violence animale comme une réaction mal adaptée à l'environnement ou pathologique.

Les études montrent que la violence est un comportement se retrouvant chez les vertébrés et invertébrés, ce qui suggère une base évolutive sous-jacente très ancienne. L'étude de la violence chez l'animal et chez l'homme montre un fondement biologique commun à la violence. Une étude de 2010 a montré qu'il est possible d'utiliser le modèle animal pour étudier la violence humaine, sur la base de similitudes importantes dans la symptomatologie comportementale et physiologique sous-jacente, l'étiologie et les mécanismes neurobiologiques présumés.

Une forme de violence fait partie de la vie quotidienne de la plupart des animaux sociaux. La grande majorité sont des réactions à des conflits de faible intensité, mais peuvent exceptionnellement être très violents, notamment en période de reproduction. Une partie du large spectre des comportements agressifs observés chez les non-humains est conforme aux définitions les plus anthropocentriques de la violence..

Les chimpanzés, également grands singes, sont connus pour tuer les membres de groupes rivaux pour des ressources comme la nourriture.. vignette|Les pourcentages d'hommes tués à la guerre dans huit sociétés tribales. (Lawrence H. Keeley, archéologue, Guerre avant la civilisation)

Chez l'humain Certains chercheurs suggèrent que les humains pourraient avoir une prédisposition naturelle à la violence. Selon un article publié dans Nature en 2016, l'incidence de la violence mortelle chez les humains au moment de l'apparition de notre espèce était en moyenne environ six fois plus élevée que chez les autres mammifères, mais comparable à la violence observée chez les grands singes.. Ces observations indiqueraient une origine de la violence organisée avant l'apparition des sociétés modernes sédentaires.. Cependant, d'autres études suggèrent que la violence organisée, à grande échelle, militarisée ou régulière entre humains était absente pour la grande majorité de la chronologie humaine... et n'aurait commencée qu'il y a environ , à l'Holocène, une époque qui marque le début de la sédentarité et de l'agriculture, entraînant une forte augmentation de la densité de population.

D'après la neuro-psychiatre et psychologue Muriel Salmona, le psycho-trauma est à la fois cause et conséquence de la violence. La violence serait un choix, permettant à l'agresseur de ne pas ressentir la souffrance de ses trauma, d'occulter qu'il fut victime, et de fuir les violences qu'il a perpétrées par la suite.. Selon Pinker, lorsque nous regardons le corps et le cerveau humains, nous trouvons des signes plus directs de conception de l'agression, expliquant que les hommes en particulier portent les marques d'une histoire évolutive de compétition violente entre hommes. Une estimation de Pinker, largement citée, situe le taux de mortalité résultant de la violence mortelle dans les sociétés non étatiques, sur la base de preuves archéologiques, à un taux choquant de 15 % de la population. Le pédopsychiatre Maurice Berger, pour sa part, a pu identifier plusieurs facteurs à l'origine de la violence et de la délinquance chez les adolescents : exposition à des scènes de violence conjugale (69 % des adolescents très violents ont été exposés à des scènes de violence conjugale durant les premiers mois de leur vie). ; des troubles cognitifs aggravés par la difficulté à suivre une scolarité ; une incapacité à identifier et à situer correctement les parties du corps (indépendamment de la maîtrise du vocabulaire) ; une absence de culpabilité et d'empathie à l'égard de la victime en partie liée au facteur précédent ; une difficulté à rêver, à imaginer, à discerner le sens figuré des mots, une absence d'aire transitionnelle.

Débats sur la violence préhistorique L'idée d'une préhistoire pacifique et de sociétés tribales non violentes a gagné en popularité avec la perspective post-coloniale. Cette tendance, qui a débuté avec l'archéologie, s'est étendue à l'anthropologie, et atteint son apogée dans la seconde moitié du .. Cependant, certaines recherches plus récentes en archéologie et en bio-archéologie suggèrent que l'évolution de la violence au sein des groupes humains n'est pas homogène.. Selon le livre , la violence est un comportement qui se retrouve tout au long de l'histoire humaine Debra L. Martin, Ryan P. Harrod, Ventura R. Pérez, eds. 2012. The Bioarchaeology of Violence. Gainesville: University Press of Florida. .

Lawrence H. Keeley, de l'université d'Illinois, écrit dans War Before Civilization, que 87% des sociétés tribales étaient en guerre plus d'une fois par an, et que 65% d'entre elles se battaient continuellement. Il écrit également que le taux d'attrition de nombreux affrontements rapprochés, qui caractérisent la guerre endémique, produit des taux de pertes allant jusqu'à 60%, contre 1% des combattants comme c'est le cas dans la guerre moderne. Les « guerres primitives » de ces petits groupes ou tribus étaient motivées par des besoins fondamentaux de subsistance et de concurrence violente..

L'anthropologue social Douglas P. Fry réfute certains arguments de Keeley et notamment le fait que son analyse se concentrent à tort sur l'ethnographie des chasseurs et des cueilleurs actuels, dont la culture et les valeurs ont été influencées de l'extérieur par la civilisation moderne, plutôt que sur des preuves archéologiques réelles couvrant quelque les deux millions d'années d'existence des humains. Fry suggère que toutes les sociétés tribales actuelles étudiées sur le plan ethnographique, par le « fait même d'avoir été décrites et publiées par des anthropologues, ont été irrévocablement touchées par l'histoire et les États-nations coloniaux modernes » et que « beaucoup ont été touchées par d'autres sociétés étatisées pendant au moins »..

Phillip L. Walker a trouvé que des analyses archéologiques montraient que l'humanité présente une prévalence de la violence au cours de son histoire, en particulier chez les hommes..

L'anthropologue social Douglas P. Fry écrit que les chercheurs sont divisés sur les origines de ce degré plus élevé de violence des combats militarisés de grande échelle. :

Débats sur l'évolution de la violence jusqu'à nos jours Dans ses livres et , Jared Diamond affirme que l'apparition des guerres à grande échelle est le résultat des progrès de la technologie et des villes-États. Par exemple, l'essor de l'agriculture a permis d'augmenter considérablement le nombre d'individus qu'une région pouvait faire vivre par rapport aux sociétés de chasseurs-cueilleurs, ce qui a permis le développement de classes spécialisées comme les soldats ou les fabricants d'armes.

Une étude de 2015 de M. Carrier a montré que le poing de l'homme moderne constitue un moyen sûr de frapper quelqu'un avec force. Étant donné qu'aucun de nos cousins primates n'a la capacité de fabriquer un tel poing, Carrier et ses co-auteurs proposent que les proportions de nos mains aient évolué spécifiquement pour transformer nos mains en armes plus efficaces..

Selon Steven Pinker, professeur de psychologie à Harvard et auteur de l'ouvrage The Better Angels of Our Nature, la violence a néanmoins diminué récemment.. Les faits de violence ont tous diminués (homicides, tortures, esclavages, abus domestiques, guerres entre États, conflits familiaux ou entre voisinages ainsi que la cruauté envers les animaux)..

Cependant, les analyses de Pinker ont fait l'objet de nombreuses critiques, principalement en ce qui concerne la question statistique de savoir comment mesurer la violence et si elle est effectivement en baisse....

Dans son célèbre ouvrage La Civilisation des mœurs, le sociologue allemand Norbert Elias faisait l’hypothèse de l’existence d’un processus de civilisation traversant l’histoire des sociétés européennes depuis la fin du Moyen Âge et réduisant le niveau des violences physiques interpersonnelles..

Des travaux d'historiens plus récents, depuis les années 90, notamment chez les historiens des sensibilités, ont étudié les modifications des formes de violence, particulièrement significatives au cours du français. « Un certain nombre d'indices convergent pour confirmer un abaissement de la tolérance à la visibilité de la violence. Ce n'est donc pas l'intensité de la violence individuelle et collective qui diminue, mais bien plutôt ses modes d'exercice et de publicité qui se modifient »..

On peut souligner ainsi des changements dans les formes de violence durant le : diminution des massacres ritualisés, festifs., considérés alors par les commentateurs, comme des « îlots de massacre », anachroniques. ; modification des exécutions publiques, rendues moins visibles. et basées sur l'instantanéité de la mort et non plus sur la douleur. ; rejet de la visibilité du sang et de la souffrance animale avec l'essor de la philanthropie libérale pour des motifs d'hygiène et d'ordre social.. ; diminution des différentes violences collectives, surtout dans les campagnes. (violences inter-villageoises., charivaris ruraux, rixes entre compagnons du devoir, émeutes antifiscales., rébellions contre les gendarmes.) ; duels plus codifiés et moins mortels. ; violences coloniales, normalisées entre autres par le Code de l'indigénat et par la mission civilisatriceLes motifs de justification font encore l'objet de controverses. voir et le compte-rendu qu'en fait Isabelle Merle, sur Genèses, 14 septembre 2011. <geneses.hypotheses.org/114>. ; modification des perceptions de la dangerosité sociale de nouveaux groupes (classe ouvrière., figure des « bas-fonds ».).

Effets et conséquences