Banon est une commune française, située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Village perché aujourd’hui descendu dans la plaine, Banon possède une forte identité culturelle. Sa population connaît une forte baisse entre 1841 et 1962 due à l’exode rural, malgré les différentes cultures spéculatives (soie, truffes, lavande), mais a à nouveau dépassé la barre des mille habitants depuis le début des années 2000. , l’agriculture joue encore un rôle important, avec des productions labellisées comme le fromage de banon et la lavande (plus précisément le lavandin, qui est différent de la lavande.). L’activité économique est tirée par le tourisme, qui bénéficie d’une campagne déserte, d’un climat ensoleillé et de la proximité du Luberon et de la librairie le Bleuet, une des plus grandes de France (la plus grande en milieu rural).
Ses habitants sont appelés les Banonais..
Toponymie La localité apparaît pour la première fois dans les textes au (castrum Banonni).
Selon Charles Rostaing, le nom est formé sur la racine oronymique (désignant une hauteur) * BAN et signifiant corne, pointe. Selon cet auteur, ce toponyme est antérieur aux Gaulois.Charles Rostaing, « Toponymie d’origine pré-gauloise » in .. Il est suivi par le couple Fénié et Claude Martel, pour qui cette explication s’applique aussi au Grou de Bane. Selon Ernest Nègre, Banon vient d’un nom propre germanique, Bano.
Banon, en vivaro-alpin et en provençal se dit et s'écrit Banon dans la norme classique et Banoun dans la norme mistralienne.
Trois éléments principaux expliquent la toponymie de la commune : le relief, entre plateau d’Albion et montagne de Lure, sa situation dans l’aire linguistique occitane et, bien sur, l’aménagement humain du territoire. Le relief est donc très présent : le Pié d’Enroux est formé sur une évolution locale du latin podium, hauteur. Le pey de Peymian a la même origine, le nom de cette colline signifiant la montagne du milieu. Le nom du Puy de Salve est formé sur l’évolution la plus courante en France de podium, et on trouve aussi la Crête de Gamby. La Coueste Chaude (à l’ouest du village) est le versant d’une montagne, dérivé occitan du français côte ; d’autres toponymes sont formés à partir des termes adret (versant ensoleillé d’une montagne) et ubac (versant ombragé) : on a ainsi l’Adret et l’Ubac du Grou de Ban, et le hameau de l’Adrech au pied du Grou ; la ferme de l’Ubac au pied du Pié d’Enroux ; la Combe de Vaux est un doublet pléonastique pour désigner une vallée.
Le travail de l’érosion hydraulique sur les roches calcaires a créé des avens, dont au moins un reçoit un nom spécifique, l’Aven de Goutin. Amplifiée par la déforestation, la même érosion arrache des quantités importantes de pierres aux versants des montagnes, et les dépose sur les plaines, recouvrant parfois les terres cultivables : c’est l’origine du nom des Gravières, au sud du villageGuy Barruol, Claude Martel, Jean-Yves Royer, « Glossaire lié à la topographie et à la toponymie de Lure », in , 229..
Les zones en hauteur relativement planes et cultivables sont appelées plaines, même si elles sont sur une montagne : ce toponyme est utilisé aux Plaines (en limite nord de la commune) et pour le hameau des Plaines en limite sud, en ruines (avec au-dessus de ces Plaines, le toponyme le Nord des Plaines). Le Plan, quant à lui, est une petite plaine.
L’eau est présente aussi dans la toponymie : on a ainsi la source dite Font des Petits, et une zone marécageuse, la Palud. Un vallon porte le nom d’Aiguebelle (« belle eau »), la référence à l’eau est plutôt rare dans la toponymie de cette région sèche.
Le terme grange désigne dans la région une ferme isolée : ce toponyme est présent à la Grange (en limite nord de la commune), encore une fois à la Grange (aux abords du village) et pour les Granges de Dauban. La colline qui surplombe le village est appelée le Défens : il s’agit d’une zone, possédée par le seigneur ou la communauté, où les troupeaux étaient interdits. Le Clos de Gardon est une zone cultivable, dont le produit de l’épierrement a servi à clore les champs et les prés d’un mur de pierre sèche. Les Chastellas indique une fortification d’altitude (ce qui est confirmé par les fouilles, voir plus bas), et la Tuilerie un atelier de production de tuiles postérieur au (auparavant on utilisait le terme tuilière).
Géographie Le village est adossé au plateau d'Albion, entre la montagne de Lure et le Ventoux à 25 kilomètres au nord-ouest de Forcalquier et à d’altitude, sur un site perché dominant la vallée du Coulon.. Bien qu'implanté en hauteur, il est protégé du vent du nord par un versant de montagne..
Les communes limitrophes de Banon sont La Rochegiron, Saumane, Lardiers, L'Hospitalet, Ongles, Revest-des-Brousses, Vachères, Simiane-la-Rotonde, Montsalier et Redortiers.
Géologie Le calcaire, datant du Crétacé, est la principale roche présente sur la commune ; dans le vallon de la Riaille, il s’agit de calcaire du Barrémien. Il est utilisé pour bâtir, et plus spécialement les chaînages, encadrements et bas de murs ; il est aussi utilisé pour les fontaines. Les dépressions orientées SSO-NNE et SSE-NNO sont elles formées de marnes et de sables gréseux du Crétacé supérieur. Les roches calcaires, poreuses, laissent l’eau s’infiltrer jusqu’à un substrat de marnes néocomiennes ; ces infiltrations creusent la roche, provoquant la formation de gouffres (ou avens), dont l’aven de Belette. Les eaux y circulent à une vitesse de .
Relief center|thumb|La vallée, vue du haut de Banon. Sommets : Crou de Bane ou Grou de Banc () ; la crête de Gamby ().
Hydrographie Les rivières du Largue, du Calavon, et de la Riaille traversent la commune.
Deux sources y naissent : celle du Touronnet et celle de Font-Crémant.
Voies de communication et transports Voies routières
Services autocars Lignes régionales, réseau Zou ! 2 lignes Zou ! de PROXIMITÉ : + LigneTracé Banon ↔ Saint-Michel-l'Observatoire ↔ Manosque Apt ↔ Simiane-la-Rotonde ↔ Banon
Environnement
La commune compte de bois et forêts.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Provence, Languedoc-Roussillon, caractérisée par une pluviométrie faible en été, un très bon ensoleillement (), un été chaud (), un air très sec en été, sec en toutes saisons, des vents forts (fréquence de 40 à 50 % de vents > ) et peu de brouillards. Elle est en outre dans la zone H2d au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Saint-Christol à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Risques naturels et technologiques Aucune des 200 communes du département n'est en zone de risque sismique nul. Le canton de Banon est en zone 1a (risque très faible mais non négligeable) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques., et en zone 3 (risque modéré) selon la classification probabiliste EC8 de 2011. La commune de Banon est également exposée à trois autres risques naturels : feu de forêt, inondation, mouvement de terrain.
La commune de Banon n’est exposée à aucun des risques d’origine technologique recensés par la préfecture.
Aucun plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) n’existe pour la commune et le Dicrim n’existe pas non plus.
Transports Plusieurs lignes de bus relient Banon aux communes de la région. Les communes desservies sont Apt, Forcalquier, Digne-les-Bains, Avignon, Manosque. Un réseau de bus est également mis en place les jours de marché (le mardi), vers les communes limitrophes.
L'aéroport et la gare TGV les plus proches se trouvent à Avignon.
Banon est desservie par la RD 950, route reliant Saint-Trinit, dans le Vaucluse, à Forcalquier.
Lieux-dits et hameaux
Granges de Dauban Le Largue.
Histoire
Préhistoire et Antiquité La commune est fréquentée à l’époque préhistorique : les découvertes du Paléolithique sont assez nombreuses.
Deux oppidum se trouvent aux Mures et au Chastellard. À Font-Crémat, une villa gallo-romaine et une nécropole ont été découvertes. Un trésor de 700 deniers allant de Néron à Géta a été découvert dans un vase, en 1909, en dehors de nombreuses découvertes isolées. Pendant de la Pax Romana, des ateliers de transformation du fer s’implantent sur le territoire de la commune. Pendant tout cette période, le territoire de Banon fait partie de celui des Sogiontiques (Sogiontii), dont le territoire s’étend du sud des Baronnies à la Durance. Les Sogiontiques sont fédérés aux Voconces, et après la Conquête, ils sont rattachés avec eux à la province romaine de Narbonnaise. Au , ils sont détachés des Voconces et forment une civitas distincte, avec pour capitale Segustero (Sisteron).
La romanisation se lit dans des sites tels que les villas de Fouent-Créma : plusieurs villas et ateliers, ou un hameau gallo-romain étaient installés dans la plaine au nord-est de Banon, aux de notre ère. À l'époque de la crise de l'Empire romain au , l'ensemble est incendié (vers 240-275). Les habitants ne désertent pas la commune, puisque le site est occupé à nouveau au , avant un abandon à la fin du siècle, en même temps que le Chastelard de Lardiers, tout proche.. La zone a ensuite servi de nécropole, la localisation de l'habitat pour cette période n'étant pas déterminée, en plaine à proximité immédiate ou sur une hauteur.
Alors que le Sud-Est de la Gaule était une terre burgonde, le roi des Ostrogoths Théodoric le Grand fait la conquête de la région entre la Durance, le Rhône et l’Isère en 510. La commune dépend donc brièvement à nouveau de l’Italie, jusqu’en 526. En effet, pour se réconcilier avec le roi burgonde Gondemar III, la régente ostrogothe Amalasonthe lui rend ce territoire..
Moyen Âge Alors que le Chastelard est abandonné, il reste un repère visuel (dans le paysage) et symbolique (dans les mentalités) important : la frontière avec la communauté voisine de Lardiers est fixée sur le versant de l'oppidum, selon un processus qui semble courant.
Le village est fortifié au (c’est le castrum banonum des chartes de l’époque). Au Moyen Âge, l’église Notre-Dame dépendait de l’abbaye de Cruis, qui percevait les revenus attachés à cette église et ceux de la chapelle Saint-Hilaire (disparue) revenaient à l’abbaye de Sénanque..