vignette|Le pâturage est un mode d'exploitation et de gestion des prairies humides. vignette|Les variations de niveau d'eau, notamment liées à des barrages artificiels ou de castors provoquent une mortalité épisodique de la ceinture arborée ici au lac Kaindy, Kazakhstan. vignette|Zone humide arrière littorale (comté de Marshall, Indiana, États-Unis). vignette|Tourbière acide à sphaignes (Henstedt-Ulzburg, Allemagne). vignette|Marais de Floride, États-Unis. vignette|Sentier pédagogique (platelage) au milieu des cyprès des marais (Taxodium ascendens) de Floride, espèce qui joue un rôle comparable à celui des Cyprès chauve de Louisiane (musée de Tallahassee, États-Unis). vignette|Zone humide acide en zone circumpolaire (Aire de conservation de la Mer Bleue, ancien bras de la rivière des Outaouais, Canada). vignette|gauche|L'écotone mouvant eau-terre et ses zones de transition, riches en bois mort (Münster, Allemagne). vignette|Valorisation pédagogique (Everglades, Floride, États-Unis). vignette|Cape May, New Jersey, États-Unis. vignette|L'élan, présent jusqu'en Espagne et Italie à la Préhistoire, et encore dans une bonne moitié de l'Europe à la fin du Moyen Âge, capable de brouter (faucarder) sous l'eau et (comme le castor) considéré par certains La réintroduction de l’élan (Alces alces) dans les zones humides : Un projet dans le cadre du développement durable des zones humides défavorisées, , 1998. comme des auxiliaires nécessaires à la « gestion restauratoire » de zones humides (en zone froide et tempérée de l'hémisphère nord).

Une zone humide, ou milieu humide, dénomination dérivant du terme anglais , est une région où le principal facteur d'influence du biotope et de sa biocénose est l'eau.

Selon l'article premier de la convention de Ramsar (1971),

En France, selon l'article 2 de la loi du 3 janvier 1992 sur l'eau,

La flore des zones humides d'eau douce est dite hélophyte. Celle des zones d’eau salé (zone littorale) est dite halophyte.

Compléments Les zones humides jouent un rôle majeur en ce qui concerne le cycle de l'eau et le cycle du carbone. La valeur des services écosystémiques qu'elles fournissent dépasse largement celle des écosystèmes terrestres.La valeur économique des zones humides intérieures a été estimée cinq fois plus élevée que celle des forêts tropicales ; 1/ de la population mondiale en dépend et 40 % des espèces y vivent ou s'y reproduisent. En 2018, il reste de kilomètres carrés de zones humides. Selon l'IPBES, du à 2000, 87 % des zones humides ont disparu dans le mondeCommuniqué IPBES et selon RAMSAR le déclin s'est accéléré : -35 % de 1970 à 2015, soit une perte trois fois plus rapide que pour les forêts, et la situation empire depuis 2000Rapport "Perspectives mondiales des zones humides", Convention de Ramsar, 2018., pour des causes climatiques, consuméristes, démographiques et d'urbanisation, de drainage des deltas, de changement d'usage ou d'artificialisation des berges, littoraux et sols). Le drainage agricole, la conversion en terres agricoles mais aussi d'autres activités humaines comme l'établissement d'ouvrages hydrauliques , mines aussi sont souvent en cause. La perte estimée est de 50 % pour les États-Unis, et de 90 % pour la Nouvelle-Zélande. Les pertes à l'échelle mondiale seraient de 50 % Arnold G. van der Valk. The Biology of Freshwater Wetlands. OUP Oxford, ..

Plus d'un quart des espèces de zones humides sont en danger d’extinction et moins de 20 % des zones humides mondiales sont protégées. Selon le rapport de l'ONU sur la biodiversité (), 85 % des zones humides mondiales risquent de disparaitre..

Typologie Il existe une infinité de zones humides et de nombreuses classifications locales et internationales (ex : Ramsar, celle du Committee on Characterization of WetlandsCommittee on Characterization of Wetlands, Commission on Geosciences, Environment and Resources, Division on Earth and Life Studies, National Research Council. Wetlands: Characteristics and Boundaries. National Academies Press, 1995., celle de la FAO/UNESCO). Une première approche des zones humides se réfère à une classification locale.

Les zones humides sont caractérisées par leur approvisionnement en eau (hydrologie) et par leur situation géomorphologique ; par la présence continue ou temporaire, en surface ou à très faible profondeur, d'eau douce à salée (eau de mer ou eau saumâtre), par la prédominance d'une phytocénose hydrophile (aimant l'eau, soit des plantes aquatiques) et/ou hygrophile (ayant besoin ou tolérant de fortes quantités d’eau tout au long de leur développement, soit des hygrophytes) et par la permanence d'un substrat hydromorphe. Marquées par des changements progressifs de leur structure et leur composition en fonction d'un facteur hygrométrique, les zones humides présentent une grande diversité mésologique comprenant des systèmes lagunaires ( marais maritimes), fluviaux ou rivulaires (ripisylves), palustres (roselières, mares) et stagnustres (étangs).

La délimitation de celles-ci requiert une approche multi-capteurs, multi-échelles (images satellitaires, photographies aériennes, analyse de terrain) et multi-temporelles. Une approche satellitaire via SPOT multispectral par exemple permet de déterminer la présence d'eau libre, la teneur en eau de la végétation et l'hydromorphie des sols, mais ne permet de développer qu'une typologie simplifiée des zones humidesGramond Delphine, Savy Benoît, Graffouillère Matthieu, Bartout Pascal. Méthodologies de délimitation des zones humides : de l'image satellitale à l'analyse terrain (Methodology of wetlands delimitation : from sensed data to field works). In: Bulletin de l'Association de géographes français, année, 2005-2 (juin). Territoires ruraux centre-européens / Lacs, étangs et zones humides, sous la direction de Marie-Claude Maurel et Laurent Touchart. .lire en ligne..

Les zones humides continentales comprennent : eaux dormantes : étangs, gravières, lacs, lagunes, mares, mouillères, carrières inondées, retenues de seuils ou barrages ; eaux courantes : fleuves, rivières, ruisseaux et leurs sources, îles et îlots, méandres et bras morts encore en eau ; bayous ; zones inondables ou inondées : ripisylves, bois marécageux, forêts alluviales ou humides, landes humides, marais, marécages, prairies alluviales ou humides, plaines et vallées alluviales, vasières ; igapo ; zones hygromorphes végétales remarquables : aulnaies, rizières, mégaphorbiaies (cariçaies, roselières), saulaies, tourbières acides ou alcalines, minérotrophes ou ombrotrophes, landes paratourbeuses. Sur l'estran, les zones humides des domaines littoraux et océaniques comprennent : archipel, îles et îlots ; baies, criques, golfes, vasières et lagunes ; bancs, dunes littorales et plages de sable ; Bras-morts et bras de mer de faible profondeur ; deltas et estuaires et leurs bouchons vaseux ; falaises maritimes ; marais maritime, côtiers, salants, salés ou saumâtres, pannes dunaires ; fleuve marin côtier ; schorres, mangroves ; plages de galets ; récifs coralliens ou (rarement) constitués de bivalves.

Diverses classifications des zones humides permettent de les classer ou délimiter, dont celle du projet MAR« MAR », pour MARais (marsch en anglais). de 1960 qui visait à inventorier toutes les zones humides majeures de la planète.

Cowardin a affiné la typologie des zones humides en 1979, en les hiérarchisant selon leur salinité, le pH, végétation, profondeur, inondations (fréquence et durée), composition des sols… Cette classification a été précisée dans le cadre de Ramsar, puis reprise par l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) en 1992.

P. Mérot propose 3 catégories zones humidesCIZEL Olivier ; « Les différentes définitions des zones humides et leurs implications » (page 10). : zones humides « effectives » (qu’on observe réellement sur le terrain, définies par des critères hydrologiques, de végétation et de sol) ; zones humides « efficaces » (qui participent aux fonctions de stockage et épuration des eaux) ; zones humides « potentielles » (qui seraient effectives et efficaces en l’absence de drainage ou perturbation liées aux activités humaines en amont).

Plus largement, Turner, en 1992, définit la « zone humide » le continuum reliant l’environnement aquatique à l'environnement terrestreRapport du préfet « Bernard » précité, ..

L'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture reconnaît trois grands types de zones humides : gleysol, histosol et fluvisol.

Un patrimoine naturel incomparable Les zones humides sont des écotones (entre terres et eaux douces à salées, superficielles ou souterraines ou du compartiment sous-fluvial). Ces zones de transition ont beaucoup régressé dans le monde, mais remplissent des fonctions leur conférant des valeurs biologiques, hydrologiques, économiques et sociologiques remarquables : des fonctions biologiques, écopaysagères et climatiques : les zones humides sont des milieux de vie remarquables pour leur biodiversité, accueillant des espèces ou des habitats à forte valeur patrimoniale.. De nombreuses espèces végétales et animales y sont inféodées : en France métropolitaine, bien qu'elles ne couvrent que 3 % du territoire, elles hébergent un tiers des espèces végétales remarquables ou menacées, la moitié des espèces d'oiseaux et la totalité des espèces d'amphibiens et de poissons. Le cortège floristique qui peut varier suivant la nature du substrat, le degré d'humidité, participe au maintien des corridors biologiques, notamment lorsque les zones humides sont associées aux cours d'eau ; les réserves de biodiversité végétale et animale offrent des habitats variés servant pour la faune d'abri, de nourrissage, de zones de refuge, d'hivernage ou de reproduction (frai des batraciens, de certains poissons, reproduction d'oiseaux). Elles constituent des étapes migratoires et des sites de mue pour de nombreuses espèces d'oiseaux aquatiques.. Les tourbières ne recouvrent que 3 % de la superficie de la planète mais stockent deux fois plus de carbone que la forêt mondiale.. Ce sont des zones tampons à l'origine de micro-climats vitaux pour de nombreuses espèces ; des fonctions hydrologiques : elles participent au ralentissement des ruissellements et à la protection contre l'érosion des sols ; à la régulation du débit des cours d'eau (retardement ou étalement des crues, prévention des inondationsZones Humides Infos , 2014, Zones humides, submersions et inondations., recharge de nappes, soutien d'étiages), à la protection contre les marées (dissipation des forces érosives). Leur capacité de stocker et de restituer progressivement de grandes quantités d'eau, permet l'alimentation des nappes d'eau souterraines et superficielles ; des fonctions biogéochimiques participant à assurer une meilleure qualité des milieux (fonction d'épuration des eaux). En favorisant la dénitrification bactérienne et la phytoépuration grâce à leur riche biocœnoseZones Humides Infos , 2015, Zones humides et épuration des eaux., elles participent à la préservation de la qualité de l’eauZones Humides Infos , 2003, L'eau et les zones humides. ; des fonctions économiques : des zones humides dépendent de nombreuses activités économiques, telles l'élevageZones Humides Infos , 2012, L’élevage en zone humide., l'aquaculture de crustacés, de mollusques ou de poissonsZones Humides Infos , 2011, Poissons, mollusques et crustacés des zones humides., la pêcheZones Humides Infos , 2016, Zones humides, pêche et pisciculture d’eau douce. ou la production d'osier, de sel de mer ou de tourbeZones Humides Infos , 2004, Produits des zones humides. ;