Richard Bruce Cheney, dit Dick Cheney , né le à Lincoln (Nebraska) et mort le à McLean (Virginie), est un homme d'État américain. Membre du Parti républicain, il est le vice-président des États-Unis en fonction du au .

Au cours de sa carrière politique, il est successivement chef de cabinet de la Maison-Blanche de l'administration Ford de 1975 à 1977, secrétaire à la Défense des États-Unis de l'administration H. W. Bush de 1989 à 1993, représentant fédéral pour le Wyoming de 1979 à 1989, PDG de la multinationale pétrolière Halliburton, et enfin vice-président des États-Unis entre 2001 et 2009 dans l'administration du président George W. Bush.

Du fait de son expérience et ses méthodes, il aurait exercé une influence décisive et controversée sur les orientations politiques du cabinet durant la présidence de George W. Bush, surtout concernant la politique étrangère, au point d'être parfois décrit comme un marionnettiste manipulant Bush. Figure du néoconservatisme, il a notamment joué un rôle déterminant dans le déclenchement de la seconde guerre du Golfe, soutenant activement l'invasion de l'Irak, ainsi que les écoutes téléphoniques et l'usage de la torture.

Situation personnelle Naissance et famille Richard Bruce Cheney est le fils de Richard Herbert Cheney, fonctionnaire du département de l'Agriculture des États-Unis et de Marjorie Dickey Cheney. Selon les affirmations en 2007 de son épouse Lynne Cheney, Dick Cheney est un cousin éloigné du président démocrate Barack Obama : tous deux ont un ancêtre commun qui est Mareen Duvall, un protestant français né au ..

Il est issu d'une famille démocrate..

Dick Cheney grandit à Casper, dans le Wyoming.

Mariage et enfants

En 1964, Dick Cheney épouse Lynne Vincent, rencontrée au lycée.

Lynne Cheney est à la tête du National Endowment for the Humanities de 1986 à 1993 et membre du conseil d'administration de Lockheed Martin de 1994 à 2001, poste qu'elle quitte à l'investiture de son mari.

Lynne Cheney est un soutien actif et médiatique du Parti républicain et de ses élus.

Le couple a deux enfants : Elizabeth, née en 1966, et Mary Claire, née en 1969.

Problèmes de santé À partir de ses , Dick Cheney est victime de plusieurs crises cardiaques.

En 1988, il subit un quadruple pontage coronarien, et plus tard deux angioplasties afin de dégager des artères coronaires rétrécies.

À partir de 2001, il porte un stimulateur cardiaque.

En 2010, victime de sa cinquième crise cardiaque, il se fait implanter une pompe cardiaque.. En 2012, il annonce son rétablissement à la suite d'une transplantation cardiaque..

Début de vie active et études Dick Cheney entre rapidement dans la vie active en travaillant sur les lignes électriques de la compagnie locale d'électricité. Il intègre l'université Yale grâce à une bourse scolaire, et plus tard l'université du Wisconsin à Madison, mais c'est à l'université du Wyoming qu'il obtient sa maîtrise en science politique en 1966. Il est exempté de service militaire à cause de son statut d'étudiant et parce qu’il est père de deux enfants en bas âge.

À l'université, il est marqué par la contestation estudiantine de la guerre du Vietnam.

Parcours politique de 1969 à 2000 Débuts La carrière politique de Dick Cheney commence en 1969, dans l'administration de Richard Nixon, à la Maison-Blanche. Il est alors l'assistant de Donald Rumsfeld, son mentor en politique.

Chef de cabinet de la Maison-Blanche vignette|gauche|redresse|Dick Cheney (à gauche) en 1976. Sous la présidence de Gerald Ford, Dick Cheney est chef de cabinet adjoint de la Maison-Blanche de à , avant de devenir chef de cabinet à la suite de Donald Rumsfeld, nommé secrétaire à la Défense. À cette époque, les deux hommes s'opposent à la politique d'apaisement d'Henry Kissinger qu'ils jugent trop molle à l'égard de l'Union soviétique. Au cours de l'élection présidentielle de 1976, Cheney dirige aux côtés de James Baker la campagne de Gerald Ford, qui est battu par le démocrate Jimmy Carter.

Représentant du Wyoming En 1978, Dick Cheney est élu sous la bannière républicaine représentant pour l’État du Wyoming, poste auquel il est réélu jusqu'en 1989. De janvier à , il occupe en outre le poste de whip pour la minorité républicaine à la Chambre. gauche|vignette|230x230px|Portrait du représentant Dick Cheney, 1984. Il s'oppose à l’instauration d'un jour férié en l'honneur de la naissance de Martin Luther King, à la création du département fédéral de l'Éducation, à l'interdiction des armes à feu en plastique indétectables aux détecteurs de métaux, ainsi qu'à des lois portant sur la protection des espèces en danger, ou la qualité de l'eau.

Il participe également à l'abolition de la fairness doctrine, qui exigeait que les chaînes de radio et de télévision américaines présentent les questions controversées d'intérêt général d'une façon honnête, équitable et équilibrée, permettant ainsi l'éclosion de médias tels que Fox News.

Cheney s'oppose également à l'imposition de sanctions économiques contre l'Afrique du Sud et son régime d'apartheid, qualifiant Nelson Mandela et l'ANC de terroristes.

Le représentant Cheney défend les intérêts du secteur pétrolier et plus largement du monde des affaires.

Secrétaire à la Défense des États-Unis vignette|Portrait officiel comme secrétaire à la Défense des États-Unis (1989). Après son investiture, le président George H. W. Bush nomme le sénateur texan John Tower au poste de secrétaire à la Défense. Mais ce choix est rejeté par le Sénat..

Bush nomme alors Dick Cheney qui est approuvé (92-0) par le Sénat le ; Cheney prend officiellement ses fonctions le 20..

En tant que ministre de la Défense, Cheney supervise l'invasion du Panama et l' au Koweït en 1991, dans le cadre de la guerre du Golfe. Il reçoit la même année la médaille présidentielle de la Liberté pour avoir « assuré la défense de l'Amérique dans une période de grands bouleversements internationaux ».

Il fait massivement privatiser les tâches logistiques et d’arrière des opérations militaires, en faisant appel à la société militaire privée Blackwater..

Activisme néoconservateur et PDG d'Halliburton En 1993, Dick Cheney rejoint le (cercle de réflexion) néoconservateur American Enterprise Institute (« Institut de l'entreprise américain ») après la défaite de George Bush à l’élection présidentielle de 1992. De 1995 à 2000, il dirige la société d'ingénierie civile Halliburton, spécialisée dans l'industrie pétrolière.

En 1997, avec Donald Rumsfeld et d'autres, il fonde le think tank néoconservateur Project for the New American Century (PNAC - « Projet pour un nouveau siècle américain ») dont le but est de promouvoir le rôle prédominant des États-Unis dans le monde au .

Fin 2010, Halliburton accepte de payer 35 millions de dollars d'amendes et d'apporter son aide à la restitution au Nigeria de 130 millions de dollars détournés et placés en Suisse, en contrepartie de l'abandon de poursuites pour corruption contre Dick Cheney et d'autres dirigeants. Cheney, qui était le PDG d'Halliburton dans les années 1990, ainsi que neuf autres personnes, étaient accusés de complot et de « distribution de gratifications à des fonctionnaires » dans une affaire de longue date impliquant la société et sa filiale Kellogg, Brown and Root (KBR). Des responsables nigérians avaient accusé la société d'avoir versé des pots-de-vin pour obtenir 6 milliards de dollars de contrats pour un projet de gaz naturel liquéfié dans le delta du Niger. Les pots-de-vin se seraient élevés à 180 millions de dollars entre 1994 et 2004. KBR avait plaidé coupable des accusations de corruption transnationale aux États-Unis l'année précédente et payé une amende pénale de 402 millions de dollars (dont 382 millions payés par Halliburton). KBR et Halliburton avaient également versé 177 millions de dollars pour régler des plaintes civiles liées à la corruption. Cheney n'a pas été condamné. Selon l'un de ses avocats, « le ministère de la Justice et la Securities and Exchange Commission ont enquêté de manière approfondie sur cette coentreprise et conclu que rien ne laissait penser que Cheney ait commis d'irrégularité dans son rôle de PDG d'Halliburton » Halliburton settles Nigeria bribery claims for $35 million, cnn.com, 22 décembre 2010.

Élection à la vice-présidence en 2000 Malgré une santé fragilisée par plusieurs attaques cardiaques, Dick Cheney est choisi par George W. Bush pour devenir son colistier en tant que candidat républicain à la vice-présidence pour l'élection présidentielle de 2000. Il démissionne de ses fonctions à Halliburton et cède une grande partie de ses titres à des organismes caritatifs. La même année, il devient membre du conseil consultatif du JINSA (Jewish Institute for National Security Affairs)..

Selon le journaliste du Washington Post Barton Gellman, alors que George Bush lui avait demandé de se charger de la recherche d'un colistier, M. Cheney manœuvre pour écarter tous les autres prétendants, restant alors seul en lice.

Vice-présidence des États-Unis et influence controversée vignette|Dick Cheney, Dennis Hastert et George W. Bush, discours sur l'état de l'Union en 2003. Influence décisive sur la politique internationale Dick Cheney est investi vice-président des États-Unis le .

Fort de sa longue expérience, il se charge, dans les premiers mois, d'encadrer le nouveau président George W. Bush encore novice sur de nombreux sujets de politique interne et internationale.. Dès le début, Cheney, partisan affirmé de l'idéologie néoconservatrice, se révèle être le vice-président le plus influent et le plus puissant que le pays ait connu, exerçant une influence déterminante et controversée sur les orientations politiques du cabinet, notamment la politique étrangère.

Il prend également en main la direction du groupe chargé d’élaborer la politique énergétique, dans lequel il fait entrer des dirigeants du groupe Enron en dépit de la faillite retentissante de celui-ci.

Dick Cheney est en première ligne après les attentats du . Le président est alors en déplacement en Floride et Dick Cheney lui demande de ne pas revenir immédiatement à la Maison-Blanche.

Ses détracteurs l'accusent d'avoir poussé le président à déclencher la guerre et envahir l'Irak en plaidant notamment pour une opération militaire contre Saddam Hussein sans la saisine préalable de l'ONU, d'avoir affirmé que le dictateur possédait des armes chimiques et bactériologiques et qu'il avait remis en route son programme de fabrication d'une bombe atomique.

Le , il devient le second vice-président à exercer par intérim la fonction de président, pendant une hospitalisation du président Bush.

Dick Cheney est réélu vice-président au côté de George W. Bush à l'issue de l’élection présidentielle de 2004.

Affaire Plame-Wilson

En , Dick Cheney est accusé dans un article de The New York Times d'avoir révélé à son chef de cabinet, Lewis Libby, l'identité d'un agent secret de la CIA, Valerie Plame, ce qui déclenche l'affaire Plame-Wilson. Il serait indirectement à l'origine de la divulgation criminelle à la presse de l'identité de cet agent. De son côté, Lewis Libby dit avoir appris l'identité de Plame par des journalistes. Révéler l'identité d'un agent de la CIA est un crime fédéral aux États-Unis. Dick Cheney est considéré comme un adversaire historique de la Centrale de renseignement, dont il dénonce depuis la fin des années 1980 les échecs et les insuffisances. Il aurait ainsi tenté d'utiliser la CIA comme bouc émissaire en l’accusant d’avoir exagéré l'ampleur des programmes d'armes de destruction massive de Saddam Hussein et d'avoir fourni de faux renseignements au gouvernement sur l'achat d'uranium au Niger par l'Irak. Lewis Libby est inculpé le pour avoir révélé l'identité de Valerie Plame...

Incident de chasse vignette|gauche|Dick Cheney et le président lituanien Valdas Adamkus, en 2006.