RTL, sigle de Radio Télévision Luxembourg, initialement nommée « Radio Luxembourg », est une station de radio généraliste privée française de catégorie E dite « périphérique » et principalement financée par la publicité, créée le . Historiquement fondée et contrôlée par le groupe luxembourgeois Compagnie luxembourgeoise de télédiffusion (CLT) puis par le groupe appartenant à l'allemand Bertelsmann au milieu des années 2010, la station RTL appartient à 100 % au groupe M6 depuis le , groupe dont toutefois, le premier actionnaire reste l'allemand Bertelsmann.. En plus de cette radio, plusieurs stations dont le nom officiel comprend également le sigle RTL émettent en plusieurs langues dans différents pays, notamment (Luxembourg), Bel RTL (Belgique) et RTL Radio (Allemagne).

Le , Radio Luxembourg succède à la radio associative du même nom, créée par les frères Anen en 1925. Elle prend la forme d'une radio périphérique émettant depuis le Luxembourg pour échapper à la réglementation française. Elle diffuse en plusieurs langues dans une bonne partie de l'Europe sur une même fréquence en grandes ondes avant de préférer uniquement la langue française, dans les . La chaîne française à cette époque, Radio Luxembourg crée une déclinaison de sa station en langue néerlandaise, anglaise, allemande et luxembourgeoise, diffusées en ondes moyennes, ondes courtes et dans la bande FM, tandis que les grandes ondes sont uniquement réservées au service francophone.

En 1966, l'antenne francophone de Radio Luxembourg change de nom pour devenir RTL et adopte une nouvelle programmation, essentiellement basée sur l'information et le divertissement. Après avoir installé des studios provisoires en France au 22, rue Bayard dans le de Paris dès 1936, elle déménage définitivement du Luxembourg pour s'établir dans l'Hexagone à partir de l'année 1991.

En France, RTL diffuse principalement sur les ondes hertziennes (bande FM et DAB+) et par satellite, tout en retransmettant ses programmes sur Internet. Jusqu'en 2019, elle est fréquemment classée première radio de France en termes d'audience, avec en 2016, une moyenne de d'auditeurs quotidiens. En 2019, elle perd toutefois cette première place, au profit de France Inter sans être parvenue à la regagner de manière stable depuis lors.

alt=Cadran de poste de radio |vignette|Cadran d'un poste de radio indiquant la position de RTL (Ex Radio-Luxembourg) sur les grandes-ondes.

Le , RTL abandonne définitivement la diffusion en grandes ondes. ; ainsi, à du matin, l'émetteur de Beidweiler cesse de moduler la fréquence historique de la station.

Depuis mars 2025, la station est dirigée par Jonathan Curiel.

Histoire de la station Radio Luxembourg 1925-1930 : une radio associative convoitée Au début des années 1920, les frères François, Marcel et Aloyse Anen sont propriétaires d'un magasin de postes de TSF à Luxembourg. La vente de récepteurs est toutefois vouée à l’échec car aucune radio ne peut être captée dans le Grand-Duché de Luxembourg dans de bonnes conditions. À partir de 1923, passionné de radio, François se met à expérimenter en tant que radioamateur avec un émetteur d'une puissance de ... En 1925, François et Marcel créent l'Association Radio Luxembourg et commencent à diffuser de la musique.. Les programmes s'étoffent au fil des mois et sont présentés à la fois en luxembourgeois, français, allemand et anglais. En 1927, la radio associative diffuse deux à trois heures de programmes par semaine. Cette même année, elle reçoit sa première subvention du Luxembourg. En 1928, Radio Luxembourg commence à se faire un nom et la puissance de son émetteur passe à ....

La position idéale du Luxembourg au cœur de l'Europe et l'absence de réglementation du secteur attirent les sociétés privées de radiodiffusion étrangères.. Plusieurs groupes français veulent y installer une radio périphérique afin d'échapper à la réglementation française et aux autorisations de diffusion précaires accordées aux stations privées. Radio Luxembourg est alors courtisée. En 1929, elle reçoit une aide technique de la Radiophonie du Midi, propriétaire de Radio Toulouse, qui crée la Compagnie nationale de radiophonie luxembourgeoise (CNRL) le . Dans le même temps, François Anen s'associe avec deux français, l'éditeur Henry Étienne et l'ingénieur Jean Le Duc de la Compagnie des compteurs, pour créer la Société luxembourgeoise d'études radiophoniques (SLER) le . En réalité, la Compagnie générale de la télégraphie sans fil (CSF), propriétaire de Radio-Paris, se cache derrière cette société...

Finalement, le , le Grand-Duché de Luxembourg instaure un monopole d'État sur la radiodiffusion et se réserve le droit d'accorder une concession à une station privée. Le , Radio Luxembourg est sommée de cesser sa diffusion et s'exécute deux jours plus tard. Le , le projet de la SLER est choisi face à ceux de ses concurrents, notamment la CNRL. L'État luxembourgeois et la SLER signent un cahier des charges le , puis une convention exclusive d'une durée de le . Cette dernière prévoit une redevance à l'État de 30 % du bénéfice net ainsi que la création d'une commission des programmes et d'une commission technique permettant au gouvernement de contrôler la station privée..

1931-1939 : une radio périphérique privée La Compagnie luxembourgeoise de radiodiffusion (CLR), société de droit luxembourgeois (au capital majoritairement franco-belge), est constituée le et se substitue officiellement à la SLER le . Les frères Anen ne font alors plus partie de l'aventure.. Le , la CLR installe son siège à la Villa Louvigny dans le parc municipal de Luxembourg..

Le , Radio-Luxembourg Expérimental commence la diffusion de ses programmes réguliers sur une fréquence non autorisée par l'Union internationale de radiophonie (, ). Associée au plus puissant émetteur en grandes ondes d'Europe installé à Junglinster, la radio est captable sur une bonne partie de l'Europe, représentant un bassin de d'auditeurs potentiels. La station diffuse chaque soir de à des concerts, débats et informations en allemand, français et luxembourgeois. La radio possède même son propre orchestre. Le , Radio Luxembourg passe à de programmes quotidiens avec une première plage à la mi-journée et une seconde dans la soirée, puis une matinale est ajoutée à la fin de l'année. À partir du , la radio diffuse également en anglais. Radio Luxembourg se positionne alors comme une radio internationale et connaît un rapide succès.

Même si la radio est diffusée depuis le Luxembourg, bon nombre de programmes sont produits à Paris, dans un studio situé rue de Ponthieu, avant d'être acheminés par train jusqu'au Grand-Duché. En 1936, la station déménage au 22, rue Bayard à Paris, à quelques pas de l'avenue des Champs-Élysées. La légende affirme que ces nouveaux locaux soient ceux d'une ancienne maison close, le Panier fleuri (en fait situé au 8, boulevard de la Chapelle).. On y trouve l'administration française, un studio ainsi que la régie publicitaire et de l'information.

Le , Radio Luxembourg inaugure une nouvelle fréquence (, ) à la suite des accords de Lucerne sur les fréquences des radios européennes. Cette même année, elle diffuse pour la première fois le Tour de France en juillet et récupère les émissions religieuses supprimées de Radio-Paris en janvier. En , la radio change de nouveau de fréquence (, ).. Le , Radio Luxembourg est la première radio à émettre toute la journée sans interruption en France, ne s'interrompant que la nuit.. En 1939, elle émet par jour, avec une régularité dans ses heures d'émission et sa grille des programmes qui permet de fidéliser les auditeurs.

1939-1945 : la parenthèse de la guerre Après l'invasion de la Pologne par l'Allemagne nazie le , le gouvernement luxembourgeois décide de cesser la diffusion des programmes de Radio Luxembourg dès le lendemain pour faire respecter sa neutralité. La radio se contente de diffuser des communiqués officiels du Grand-Duché et de la musique. Finalement, le , la radio est totalement arrêtée. Une partie du matériel est alors exfiltrée vers Paris, hors de portée des Allemands, et est dès lors utilisée par Radio-Paris..

Lors de l'invasion du Luxembourg en mai 1940, les Allemands projettent de s'emparer des installations de Radio Luxembourg. En octobre, l'émetteur de Junglinster redevient fonctionnel et les Allemands l'exploitent pour diffuser leur radio de propagande, Großdeutscher Rundfunk, animée par William Joyce surnommé Lord Haw-Haw..

En , l'armée américaine libère le Grand-Duché. Le gouvernement luxembourgeois en exil passe un accord avec les États-Unis leur permettant d'utiliser l'émetteur de Radio Luxembourg. La division de la guerre psychologique du SHAEF diffuse du au des programmes destinés à démoraliser les Allemands sur une autre fréquence que celle utilisée par Radio Luxembourg. L'opération secrète est baptisée « Opération Annie », la radio porte un nom : (sa fréquence). Les émissions sont diffusées la nuit. Elles prennent fin le jour du suicide d'Adolf Hitler en . En , la radio passe provisoirement sous le contrôle du Bureau d'information de guerre des États-Unis.

1945-1966 : de l'âge d'or à l'arrivée de la concurrence; la conquête de nouveaux marchés Le , les Américains rendent la station à la Compagnie luxembourgeoise de radiodiffusion (CLR). Dès le lendemain, Radio Luxembourg reprend ses programmes avec la phrase : .. Cependant, les équipes travaillent dans des conditions précaires, avec peu de matériel et sans archives. La radio ne peut alors diffuser que de programmes par semaine. Au printemps 1946, la station est en mesure d'émettre de programmes musicaux et d'information par semaine en allemand, anglais et français. Radio Luxembourg obtient une fréquence en ondes moyennes en 1948, puis en ondes courtes en 1950 où elle diffuse un programme spécifique en néerlandais, allemand et anglais.

Les années 1950 sont un âge d'or pour la station, qui connaît un franc succès commercial et populaire face aux radios nationales jugées très culturelles et érudites. Les animateurs tels que Jean Nohain, Louis Merlin ou Zappy Max présentent des émissions emblématiques comme Quitte ou double, Reine d'un jour, Arrêtez la musique, La Famille Duraton ou encore Radio Circus. Pour devenir un média d'information de référence, la station met en place un début de rédaction et embauche des reporters, des techniciens et des correspondants en France et à l'étranger. Ainsi, en 1954, la radio est écoutée par près de d'auditeurs français et belges.

Le , l'Abbé Pierre y lance un appel à la solidarité auquel les Français répondent en masse, menant à la création de l'Association Emmaüs. En , la Compagnie luxembourgeoise de radiodiffusion (CLR), propriétaire de Radio Luxembourg, devient la Compagnie luxembourgeoise de télédiffusion (CLT) avec le lancement de Télé Luxembourg, inauguré le par la Grande-duchesse Charlotte de Luxembourg.

À partir de 1955, Radio Luxembourg doit faire face à la concurrence de plus en plus forte de la nouvelle Europe , dont la programmation plus moderne attire notamment les jeunes. Malgré les efforts de la station, les audiences ne cessent de chuter. Néanmoins, dans les et 1960, beaucoup d'adolescents européens (notamment britanniques, allemands, néerlandais et scandinaves) plébiscitent le programme nocturne anglophone de Radio Luxembourg, intitulé , en ondes courtes et ondes moyennes. Cette radio diffuse de la musique rock, pop et du blues. De futurs célèbres musiciens tels que Keith Richards et John Lennon sont à l'écoute. Le service prendra fin en 1992..