Cadenet est une commune française située dans le département de Vaucluse, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur, sur le versant sud du massif du Luberon et dans la vallée de la Durance.
Ses habitants sont appelés les Cadenétiens.
Cadenet est le lieu de naissance d'André Estienne (1777-1837), le tambour d'Arcole (1796), dont un monument rappelle le souvenir.
Géographie Situation et communes limitrophes Le village de Cadenet se trouve à au sud-est d’Avignon, au nord de Marseille et à vol d’oiseau au sud-est de Paris.
La commune est limitrophe du département des Bouches-du-Rhône.
Voies de communication Cadenet est relié à Lourmarin au nord par la route départementale .
La route départementale traverse le sud du village sur un axe est-ouest et le relie à l’ouest, à Lauris et à l’est, à Villelaure et Pertuis.
Les routes départementales , , et traversent aussi la commune.
Une voie ferrée traverse la commune sur un axe est-ouest dans la plaine située au sud du village. Il s'agit de la ligne de Cheval-Blanc à Pertuis, qui n'est plus ouverte aux voyageurs.
Relief et géologie Le village est situé sur une colline surplombant la vallée de la Durance, au sud du massif du Luberon, massif montagneux formé de terrains de l'ère secondaire (Crétacé inférieur).
Plusieurs collines se situent à l’est de celle-ci, notamment celle du Castellar.
Au sud du village, se trouve la plaine alluvionnaire de la Durance.
centré|600px|alt=Photographie découpée de Cadenet vu de l’est.
La commune fait partie du périmètre de la réserve naturelle géologique du Luberon, en raison de la proximité de .
Sismicité Les cantons de Bonnieux, Apt, Cadenet, Cavaillon et Pertuis sont classés en zone Ib (risque faible). Tous les autres cantons du département de Vaucluse sont classés en zone Ia (risque très faible). Ce zonage correspond à une sismicité ne se traduisant qu’exceptionnellement par la destruction de bâtimentsZonage sismique réglementaire de la France, classement des cantons (découpage fin 1989) de la région PACA, page 48.
Hydrographie et risques d'inondation La Durance, qui borde la commune au sud, constitue la limite entre les départements du Vaucluse et des Bouches-du-Rhône..
La Durance est une rivière à la fois alpine et méditerranéenne à la morphologie bien particulière. C'est une rivière dite « capricieuse », autrefois appelée « le troisième fléau de la Provence »Selon la tradition provençale, les deux premiers étaient le mistral et le Parlement d'Aix., redoutée pour ses crues, ) aussi bien que pour ses étiages,
Syntaxe : pas de verbe.
Idem.
De 1986 à 1994, la commune a subi six inondations et coulées de boue, ainsi qu'une grosse tempête, qui ont été reconnues catastrophes naturelles avec publication d'un arrêté de « reconnaissance de catastrophe naturelle » au Journal Officiel .. Type de catastrophe Début Fin Arrêté Parution au J.O. TempêteInondations, coulées de boue et glissement de terrainInondations et coulées de boueInondations et coulées de boueInondations et coulées de boueInondations et coulées de boueInondations et coulées de boueInondations et coulées de boue
Climat
En 2010, le climat de la commune est de type climat méditerranéen franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat méditerranéen et est dans la région climatique Provence, Languedoc-Roussillon, caractérisée par une pluviométrie faible en été, un très bon ensoleillement (), un été chaud (), un air très sec en été, sec en toutes saisons, des vents forts (fréquence de 40 à 50 % de vents > ) et peu de brouillards..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique installée sur la commune est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . ...
Les paramètres climatiques de la commune ont été estimés pour le milieu du siècle (2041-2070) selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.. Ils sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en ..
Urbanisme Typologie Au , Cadenet est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de CadenetUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie. , une agglomération intra-départementale regroupant cinq communes, dont elle est ville-centreDans une agglomération multicommunale, une commune est dite ville-centre lorsque sa population représente plus de 50 % de la population de l’agglomération ou de la population de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Cadenet comprend deux villes-centres (Cadenet et Lauris) et trois communes de banlieue... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Marseille - Aix-en-Provence, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de ou plus (hors Paris)...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (64,2 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (65,8 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (30,6 %), forêts (26,6 %), cultures permanentes (23,2 %), terres arables (10,3 %), zones urbanisées (7,1 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (1,1 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (1 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Morphologie urbaine La répartition des sols de la commune est la suivante . (donnée pour un total de) : Type d'occupation Pourcentage Superficie (en hectares) Zones urbaines 7,10 % 183,61 Zones agricoles 60,63 % Zones naturelles 31,68 % Total 100 % Les zones naturelles sont principalement formées par les forêts méditerranéennes couvrant le petit Luberon. Les zones agricoles sont formées de vergers de fruitiers (oliviers, amandiers, etc), des champs de lavandin et des vignes (AOC Côtes du Luberon).
Logement Dépôts de permis de construire sur dix mois de 2006 : 82 permis déposés et 98 déclarations de travauxUrbanisme Patrimoine sur le site officiel de la ville http://www.mairie-cadenet.fr/.
Ces chiffres montrent une urbanisation importante sur le secteur.
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous la forme Cadaneto ou Cadenato au , de Cataneto en 1037Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, Genève, Librairie Droz, 1998, , ..
Cadenet est issu de l'occitan Cadanet, toponyme formé sur le mot bas latin catanus « genévrier » , suivi du suffixe collectif -etum. D'où le sens général de « ensemble de genévriers ».
Le radical (cada « sorte de genévrier ») est probablement préceltique étant donné son aire de répartition et l'absence de cognat dans les langues celtiquesSite du CNRTL : étymologie de cade.. ce lieu était-il propice à la croissance de cet arbuste dont on tire une huile, appelée huile de cade.
Histoire Protohistoire et Antiquité Durant la Protohistoire, le territoire de la commune est le site de .
La présence d’un important oppidum sur la colline du Castellar, l'oppidum du Castellar, fait de Cadenet la première capitale du pays d'Aigues à .
Après l'arrivée des Romains, ce territoire fait partie de la province de Gaule narbonnaise.
Moyen Âge Au , des attaques sarrasines détruisent complètement la bourgade..
L’agglomération médiévale se forme autour d’un château construit sur une autre colline dans le courant du , par le seigneur Rostaing de Cadenet. Stratégiquement placé sur son promontoire rocheux dominant la vallée Durance, le château de Cadenet traversa du Moyen Âge à l’époque moderne de nombreuses vicissitudes. Bien que plusieurs fois reconstruit, il n’en reste aujourd’hui que des ruines de différentes périodes. Autour de ce lieu s’établit un embryon d’habitat troglodytique dans les falaisespage d’accueil du site de la mairie http://www.mairie-cadenet.fr/. Elle profite du lieu de passage sur la Durance, établi à Gontard (rive opposée) : un bac permettant de traverser la Durance est attesté en 1037Catherine Lonchambon, « D’une rive à l’autre de la Durance : d’étranges bateaux », in Guy Barruol, Denis Furestier, Catherine Lonchambon, Cécile Miramont, La Durance de long en large : bacs, barques et radeaux dans l’histoire d’une rivière capricieuse, Les Alpes de lumière 149, Forcalquier 2005, , 55..
De 1075 au , l’abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon y possède le prieuré Sancta Maria ad Veirunas (actuelle Notre-Dame-des-Anges, en ruines), qui appartenait auparavant à Saint-Victor de MarseilleGuy Barruol, Michèle Bois, Yann Codou, Marie-Pierre Estienne, Élizabeth Sauze, « Liste des établissements religieux relevant de l’abbaye Saint-André du au », in Guy Barruol, Roseline Bacon et Alain Gérard (directeurs de publication), L’abbaye de Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon, histoire, archéologie, rayonnement, Actes du colloque interrégional tenu en 1999 à l’occasion du millénaire de la fondation de l’abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon, Éd. Alpes de Lumières, Cahiers de Salagon no 4, Mane, 2001, 448 p. , , 216..
Cadenet relevait du comté de Forcalquier au . En 1165, les comtes de Provence-Toulouse et de Provence-Barcelone, alliés contre le comte de Forcalquier, assiégèrent et prirent la ville. Le fils du seigneur, âgé de cinq ans, est emmené en captivité à Toulouse, où il est élevé comme troubadour. Ce troubadour est connu sous le nom de Baguas ou comme Ellian Cadenet.. En 1173, l’abbaye Saint-Victor de Marseille établit un prieuré sur l’emplacement actuel de l’église Saint-Étienne et y annexa le prieuré Saint-Jean de Fanabrégol.
Lorsque le comté de Forcalquier perd son indépendance en 1209, à la mort de Guillaume II, un de ses neveux, Guillaume de Sabran tente de le relever. Après une lutte de dix ans, il passe un accord à Meyrargues le avec Raimond Bérenger IV, comte de Provence et lui aussi héritier du comté de Forcalquier. Par cet accord, la moitié sud du comté, dont Cadenet, lui est donnée, et en fait partie jusqu'à sa mort, vers 1250. C'est lui qui aurait érigé Cadenet en vicomté en 1225 en faveur de Bertrand de Cadenet, qu'il qualifie son cousinExpilly, Dict. des Gaules (1764), to 2 p 4 (Cadenet)..
En 1280, Louis Amat, seigneur de Puivert, du Puget et de La Roque d'Antheron, coseigneur de Lauris en Provence, habitant Cadenet, fonda dans l'église paroissiale de ce lieu la chapelle Saint-Étienne ; il fit son testament le et élut sa sépulture dans la chapelle qu'il avait fondée.