La maison de Montesquiou est une famille subsistante de la noblesse française, d'extraction féodale, originaire de Gascogne. Elle a formé de nombreuses branches, dont la branche de Marsan, titrée duc en 1821 et éteinte en 1913. Seule subsiste aujourd'hui la branche d'Artagnan, titrée comte de l'Empire en 1810.
Cette famille est illustrée par trois maréchaux de France (dont deux dans la famille de Lasseran de Massencome de Montluc, dont le rattachement est contesté par certains auteursBorel d'Hauterive, Revue historique de la noblesse, volume 2, 1841, p.173), un amiral, un cardinal, deux évêques, plusieurs officiers généraux, un ministre, des députés et sénateurs, et deux membres de l'Académie française.
Origine La maison de Montesquiou dont la filiation suivie remonte selon les auteurs à 1050Régis Valette, Catalogue de la noblesse française, Robert Laffont, 2007, page 142. ou 1148 ou 1190Almanach de Gotha, Justus Perthes, 1905, page 335., se fit reconnaitre en 1777 comme issue des anciens comtes de FezensacBulletin héraldique de France, 1879, page 150., par Raymond-Aymeric, premier baron de Montesquiou au (son décès date de 1070), présenté comme le fils cadet d’Aymeric, comte de Fezensac. Bernard Chérin indique que cette filiation est établie à partir d'une notice d'une écriture du insérée à la fin du Cartulaire noir de l'église Sainte Marie d'AuchBernard Chérin, Abbé Jean Thècle de Vergès, Généalogie de la maison de Montesquiou-Fezensac, suivie de ses preuves, 1784, page 2.Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, revue d'érudition, 1901, page 276..
Raoul de Warren dans le Grand Armorial de France (1948) écrit que la maison de Montesquiou « est vraisemblablement issue des anciens comtes de Fézensac ».
Après avoir fait examiner les titres par lesquels les Montesquiou revendiquaient leur filiation, le Grand Conseil a reconnu cette ascendance en 1777, et le roi Louis XVI permit ainsi à tous les membres de la maison de Montesquiou de joindre à leur nom celui de Fezensac et à l'aîné de se faire appeler le comte de Fezensac. Un arrêt du parlement de Paris de 1783 confirma la reconnaissance de cette adjonction..
En 1784 Anne-Pierre de Montesquiou, dit le marquis de MontesquiouLouis Pierre d'Hozier, Armorial général, ou Registres de la noblesse de France, 1867, page 650.Albert Révérend, Titres, anoblissements et pairies de la restauration 1814-1830, Volume 6, 1906, page 120., fit rédiger la généalogie de sa famille par Bernard Chérin et l'abbé Jean Thècle de Vergès, puis la fit imprimer en un volumeBulletin de la Société héraldique et généalogique de France, volume 1, 1879, p.150.
La maison de Montesquiou tient son nom de la terre de Montesquiou, dans le Gers. Ce nom, attesté sous la forme Montesquivo au , Monteschivum (1162), de l'ancien occitan esquiu, signifie sauvage, hostile, d'où « mont sauvage »Albert Dauzat, Dictionnaire étymologique des noms de lieux de France, Paris, éd. Guénégaud. Esquieu ou Esquiou est aussi un sobriquet devenu un nom de famille bien attesté, qui a pu désigner le possesseur primitif de ce lieu : « mont d'Esquiou »Bulletin de la Société archéologique, historique, littéraire & scientifique du Gers, volume 72, Impr. Th. Bouquet, 1971, p.692.
Branches La famille de Montesquiou a formé plusieurs branchesAnselme de Sainte-Marie, Histoire généalogique et chronologique de la maison royale de France, des pairs, grands officiers de la couronne, tome 7, 1773, p.262 à 294. "Généalogie de la maison de Montesquiou" : la branche des barons de Montesquiou et d'Anglès (éteinte au ). la famille de Lasseran de Massencome ; les Mon(t)luc sont peut-être une de leurs branches, dite de Lasseran Massencôme de Monluc, éteinte en 1646, mais ce rattachement est contesté, et si on doit le rejeter, les Lasseran Massencomme s'éteignent alors dès la moitié du , de Marsac (éteinte au ). de Devèze (éteinte au ).. de Préchac (éteinte en 1715). de Pouylebon (éteinte au ). de Sainte-Colombe (éteinte au ). du Faget (éteinte au ). de Xaintrailles (1575, éteinte en 1696). de la Serres et de Marsan (éteinte en 1913). de Salles et d'Artagnan (subsistante)Histoire de la maison de Montesquiou-Fezensac, par M. le duc de Fezensac, 1847, Jean Castarède, Histoire de la Guyenne et de la Gascogne, 1997, .
Histoire Les premiers barons de Montesquiou, du , sont des vassaux des comtes de Fezensac puis d'Armagnac. Ils participent aux divers conflits féodaux de Gascogne, et se joignent à la croisade de Philippe Auguste et à la croisade des Albigeois.
Lors de la destruction des Armagnacs par Louis XI, la branche aînée est du côté du roi de France, les cadets du côté du roi de Navarre. Cette division persiste à travers les guerres de Religion, l'aîné étant capitaine des gardes du corps du duc d'Anjou, futur , lors de la bataille de Jarnac (où il assassine , protestant), tandis que la plupart des branches cadettes soutiennent Henri de Navarre, le futur , bien que la branche de Sainte-Colombe se trouve exterminée par les troupes protestantes.
La famille de Lasseran de Massencome de Montluc, donnée comme issue de la famille de Montesquiou, s'illustra lors des guerres d'Italie puis lors des guerres de Religions avec Blaise de Montluc, serviteur de cinq rois, élevé à la dignité de maréchal de France par Henri III en 1574 et dont les mémoires étaient décrites comme "la bible du soldat" par Henri IV, pourtant longtemps son ennemi. Son frère, l'archevêque de Montluc, prince de Chabannais, s'illustra comme émissaire auprès de Soliman le Magnifique et son fils légitimé, le maréchal de Balagny, prince de Cambrai, bénéficia des faveurs d'Henri IV et de Gabrielle d'Estrées, dont il avait épousé la sœur aînée, Diane. Le dernier représentant, l'écrivain Adrien de Montesquiou-Montluc, fut emprisonné par Richelieu et cette branche s'éteignit par les mâles au .
Une branche cadette, les Montesquiou d’Artagnan, montent à Paris au service du roi. Dix d'entre eux serviront comme mousquetaires puis militaires sous Louis XIII et ses descendants, dont le maréchal d'Artagnan, Joseph de Montesquiou d'Artagnan et Anne-Pierre de Montesquiou-Fézensac et ses fils, jusqu'à la dissolution des régiments de mousquetaires lors de la Révolution française. Cette branche rallia ensuite , le Pierre de Montesquiou-Fezensac obtenant notamment la charge de Grand Chambellan de l'Empire en remplacement de Talleyrand.
À travers ses différentes branches, la famille de Montesquiou fut reçue 10 fois aux Honneurs de la Cour de 1758 à 1790E. de Séréville & F. de Saint-Simon, Dictionnaire de la Noblesse française, 1975, p.730. Lors de la Révolution, elle est présente dans les trois ordres des États généraux de 1789, l’abbé de Montesquiou siégeant sur les bancs du clergé, tandis que le marquis de Montesquiou, député de la noblesse, ralliait le tiers état lors de la nuit du 4 août. Il présidera plusieurs fois l'Assemblée constituante et, en tant que général, annexa la Savoie à la France.
La branche de Marsan fut illustrée sous la Restauration avec l'abbé François-Xavier-Marc-Antoine de Montesquiou-Fézensac, ministre de l'Intérieur, titré de duc de Fezensac et pair de France en 1821. Cette branche s’éteignit en 1913 avec Philippe André de Montesquiou, troisième et dernier duc de Fezensac.
Il ne subsiste plus aujourd'hui que la branche d'ArtagnanHervé Drévillon, L'Impôt du sang : Le métier des armes sous Louis XIV, 2005, p.64, issue de Manaud de Montesquiou, vivant en 1492, seigneur de Salles en Lauragais, dont le fils Paulon de Montesquiou, écuyer du roi de Navarre, épousa en 1524 Jeanne d'Estaing, dame et héritière de la seigneurie d'Artagnan en Bigorre, qu'elle lui légua en 1541 avant son décès. Il n'eut pas d'enfant de son épouse, se remaria en 1545 à Claude de Tersac et fut l'auteur de la branche subsistante.
La famille délaissa progressivement le nom d'Artagnan au début du , au profit de celui de Fezensac, jugé plus prestigieux puisque issu des anciens comte de Gascogne, qui furent longtemps considérés comme d'ascendance mérovingienne du fait de la fausse charte d'Alaon. Henri de Montesquiou-Fézensac fut le dernier à porter le titre de courtoisie de comte d'Artagnan. Son décès en 1844 coïncide avec la publication du roman des Trois Mousquetaires d'Alexandre Dumas qui rendit soudain le nom célèbre, à la colère de la famille Montesquiou.
Par décret du , Aymeri de Montesquiou-Fezensac, Jean-Louis de Montesquiou-Fezensac et leurs enfants ont été autorisés à ajouter le nom « d'Artagnan » à leur patronyme devenant « de Montesquiou-Fezensac d'Artagnan. » Des membres d'une famille de Batz, revendiquant une parenté avec le célèbre d'Artagnan, s'opposèrent sans succès à cette demande de changement de nomhttp://www.legifrance.gouv.fr/affichJuriAdmin.do?oldAction=rechJuriAdmin&idTexte=CETATEXT000027377282&fastReqId=1060873153&fastPos=1 Arrêt 359472 du Conseil d'État du 29 avril 2013. En effet, le mousquetaire célèbre ne s'appelait pas « d'Artagnan » mais Charles de Batz de Castelmore. Il avait emprunté ce nom à la famille de sa mère, Françoise de Montesquiou d’Artagnan, lorsqu'il vint à la cour pour se mettre au service du roi, et c'est lui qui l'a rendu célèbreHistoire de la maison de Montesquiou-Fezensac par M. le duc de Fezensac. Imprimerie de Guiraud, Paris, 1847, p.157 et 158.
La famille de Montesquiou Fezensac est adhérente de l'Association d'entraide de la noblesse française, depuis 1959Page « La table des familles - M », sur le site de l'Association d'entraide de la noblesse française (lire en ligne)..
Personnalités Raymond-Aymeri de Montesquiou (+ 1070), premier baron de Montesquiou, d’Angles et de Sainte-Arailles. Bernard III de Montesquiou (+ 1175), évêque de Tarbes. Raymond-Aymeri III de Montesquiou (+ 1190), baron de Montesquiou, participa aux Croisades en Terre Sainte. Arnaud de Montesquiou (1228), de Flaran Pierre de Montesquiou (+ 1262), évêque d'Albi. Peytavin de Montesquiou (+ 1355/6), évêque d'Albi (1338) puis cardinal (1350). Aysinus de Montesquiou, baron de Montesquiou et d'Angles, chambellan du roi en 1438. Joseph-François de Montesquiou, capitaine des gardes du duc d'Anjou, assassin de à la bataille de Jarnac en 1569.
Branche de Poyloubon Henri-Jacques de Montesquiou (, Balignac - , Sarlat), évêque de Sarlat.
Famille de Montluc Blaise de Monluc (1500-1577), maréchal de France, mémorialiste ; Jean de Monluc (1505-1579), évêque, diplomate, émissaire auprès de Soliman le Magnifique ; (1539-1566), fils de Blaise, navigateur et pirate, responsable du sac de Funchal en 1566 ; Jean de Monluc (vers 1548 † 1581), homme de guerre et évêque de Condom ; Jean de Montluc de Balagny (1560-1603), maréchal de France, prince de Cambrai ; Adrien de Monluc (1568-1646), baron de Montesquiou et de Saint-Félix, prince de Chabanais et comte de Cramaille du chef de sa femme Jeanne de Foix, comtesse de Caraman.
Branche de Marsan Barthélémy de Montesquiou (1405-1482), premier à être seigneur de Marsan, de Lussan, de Salles en Lauragais, chevalier de la compagnie de Jean Bonnay sénéchal de Toulouse (1427-1437), commandant d'une compagnie de 9 écuyers (en 1426). Marié en 1446 à Anne de Galard, fille de Jean, seigneur de L'Isle-Bouzon Bertrand de Montesquiou, seigneur de Serres, marié en 1625 avec Charlotte de Savère, dame de Marsan, terre qu'elle tenait de sa grand-mère Jeanne de Montesquiou et qu'elle rapporte dans la famille. Philippe de Montesquiou-Fézensac (1753-1833), général, commandant le sud de Saint-Domingue. François-Xavier-Marc-Antoine de Montesquiou-Fézensac (1757-1832), descendant du précédent, homme d'église et homme politique français, agent général du clergé (1785), député du clergé de Paris aux États généraux de 1789, deux fois président de l'Assemblée nationale (en 1790), ministre de l'Intérieur (1814-1815), ministre d'État, pair de France (1815), membre de l'Académie française (1816), créé comte de Montesquiou (1817) puis de Fezensac en 1821.