thumb|Carte de localisation des îles Andaman-et-Nicobar.
Les Andamanais, ou Mincopies« On désigne habituellement les insulaires des îles Andaman sous le nom de Mincopies, qu'on a cru être celui qu'ils se donnent eux-mêmes, mais le mot n'existe pas dans leur langue, d'après Man, qui a appris leurs différents dialectes ». L'Homme, Larousse, page 53, sont les habitants autochtones des îles Andaman. La plupart des autres habitants (aujourd'hui très majoritaires) sont des Bengalis hindouistes venus du Bengale oriental lorsque celui-ci est devenu le Pakistan oriental (aujourd'hui le Bangladesh). Les îles Andaman sont un territoire de l'Union indienne situé à environ au sud-est de l'Inde dans le golfe du Bengale, au large des côtes birmanes.
thumb|Peuplement originel. thumb|Deux Andamanais en 1875 thumb|Femmes Grand Andamanaises - . Les cinq groupes ethniques andamanais On distingue cinq groupes ethniques parmi les Andamanais. Ces groupes, parmi les plus petits en nombre sur la planète, ont disparu ou sont menacés de disparition : les Grand-Andamanais les , les Jarawa, les Onge, les Sentinelles.
Les Grands Andamanais Les Grands Andamanais, au nombre de à l’arrivée des Britanniques il y a 150 ans, n’étaient plus que 41 en 2008. On les considère donc comme le plus petit peuple au monde pour ce qui est de la population. Leur population a cependant recommencé à croître.
Leur langue était l’aka-bo, considéré comme éteint depuis , avec la disparition de la dernière locutrice. Ils s’expriment désormais en bengaliCourrier international « Une tribu des îles Andaman disparaît ».
Au et dans le premier tiers du , des centaines de Grands Andamanais furent tués par les maladies apportées par les colons britanniques. .
En 1970, les autorités indiennes transférèrent la vingtaine de survivants sur l’îlot de Strait Island où ils dépendent depuis entièrement du gouvernement pour leur nourriture, leur habillement et leur habitat. L’abus d’alcool, souvent fourni par les fonctionnaires, se répand parmi les derniers Grand-Andamanais.
Les Jangil Les Jangil ont totalement disparu. Cela ne signifie pas forcément qu’ils sont tous morts sans descendance, massacrés ou atteints par des épidémies, mais qu’ils ont disparu en tant qu’ethnie, acculturés et métissés.
Les Jarawa
Les Jarawa sont, eux aussi, restés volontairement isolés des colons qui se sont installés sur leurs îles au cours des 150 dernières années, faisant preuve d’une hostilité constante envers les envahisseurs qui empiétaient sur leurs terres et chassaient leur gibier. Leur nombre est passé de avant la colonisation britannique à moins de 300 aujourd'hui. C'étaient des chasseurs-cueilleurs, chassant les porcs sauvages et les varans, pêchant à l’arc et à la flèche, récoltant des graines, des baies et du miel. Ils étaient nomades, vivant en groupes de 40 à 50 personnes. Jusqu’en 1988, ils ont refusé tout contact avec le monde extérieur. Certains ont accepté de se laisser filmer dans les années 1990 alors qu’ils menaient encore leur vie traditionnelle : ces documentaires représentent un témoignage unique sur un mode d’existence disparuVoir Patrick Bernard, Jarawa : la rencontre interdite, 52 min, 2003. À la suite d'une pétition lancée par « Survival International », l’État indien a dû abandonner un projet de transfert de cette populationSituation des Jarawa sur le site de survivalfrance..
En 2013, le sort des derniers 240 Jarawa est en danger, une route en cours d’élargissement traversant leur territoire et contribuant à leur acculturation (le gibier diminuant à cause des braconniers et de l’extension des cultures, les Jarawa en viennent à mendier le long de cette route où les voyagistes véhiculent les touristes). Une campagne internationale orchestrée par « Icra International »Sauvons les Jarawa des Iles Andaman: Article tiré du site d'ICRA International. est en cours pour faire pression sur le gouvernement indien afin qu'il assure la protection des Jarawa et de leur territoire.
En juin 2007, « Survival International », sur son site internet, rappelait que selon les autorités des îles Andaman, les visites touristiques organisées chez les Jarawa enfreignent une décision de la Cour suprême indienne protégeant les populations les plus vulnérablesUne vidéo de «zoo humain» fait scandale en Inde dans Le Figaro du 11 janvier 2012.. « Cet avertissement vise les hôteliers, les voyagistes, les chauffeurs de taxis et tous ceux qui organisent de telles rencontres en dépit de l’interdiction formelle des autorités locales ».
Les Onge
Les Onge ont également été décimés à la suite du contact avec les Britanniques et les Indiens. De 670 en 1900, la population Onge est tombée à moins de cent individus depuis 2010. Le gouvernement indien a tenté en vain de forcer les Onge à travailler dans une plantation sur leur île de Little Andaman.
À l’instar des Grands Andamanais, les Onge sont dépendants de l’aide gouvernementale. Des colons indiens se sont maintenant établis sur Little Andaman et une grande partie de l’île a été déboisée. La chasse aux porcs était une activité importante dans la vie des Onge, un homme ne pouvant se marier qu’après en avoir tué un. Les Onge se plaignent aujourd’hui des colons qui chassent tous leurs cochons, entraînant une baisse de leur taux de natalité déjà très bas. « Survival » mène campagne pour que le territoire des Onge soit protégé des personnes venant de l’extérieur.
Les Sentinelles
Les Sentinelles seraient entre 50 et 200 individus. Ils vivent sur la petite île de North Sentinel, d’une superficie de ², et s’attaquent en général à ceux qui s’en approchent. Les informations à leur propos sont donc très fragmentaires. Ils sont les seuls habitants originaux à avoir globalement réussi à se préserver des nuisances extérieures et à être économiquement indépendants, continuant à pêcher, chasser et exploiter les ressources végétales de leur île. Ils n’ont aucun contact amical avec le monde extérieur, et sont considérés comme un des peuples les plus isolés du monde. Ils vivent dans de longues huttes communautaires comportant plusieurs foyers et, comme les Onge, naviguent sur la mer autour de leur île à l’aide de canoës à balanciers.
Le gouvernement indien a vainement tenté, à plusieurs reprises, d’entrer en contact amical avec eux. Selon « Survival », contacter les Sentinelles aurait très certainement des conséquences désastreuses, leur isolement les rendant très vulnérables aux maladies contre lesquelles ils n’ont aucune immunité. Alors que les eaux côtières de la réserve des Jarawa sont abondamment exploitées par les braconniers, les pêcheurs clandestins se tournent désormais vers les eaux entourant l’île de North Sentinel... au risque de recevoir une flèche.
Découverte Dans son livre, Marco Polo dit des habitants des îles Andaman qu'ils « sont comme des bêtes sauvages ... sont des gens très cruels, qui mangent tous ceux qu'ils peuvent prendre, dès lors qu'ils ne sont pas de leur peupleCh. 167. ». Quoique Dan McDougall écrive que « leur cannibalisme n'a jamais été prouvé », il était attesté en Asie et le manuscrit arabe Relation de la Chine et de l'Inde disait la même chose : « Les indigènes mangent les hommes vivants. Ils ont le teint noir, les cheveux crépus, le visage et les yeux horribles. Ils vont nus et n'ont pas de pirogues ».
Mode de vie et culture Les Andamanais sont une population au mode de vie comparable à l'âge de pierre qui chassent les cochons sauvages et pêchent à l'aide de flèches.
Mathématiques Les Andamanais n'ont pas de mot pour décrire un nombre supérieur à deux.
Arc alt=Tribu des Andamanais pêchant à l'arc.|vignette|Andamanais pêchant à l'arc. « Leur arc, beaucoup plus grand que les chasseurs, a une forme toute particulière. Les moitiés latérales sont aplaties, larges au milieu, rétrécies aux extrémités qui, lorsque l'arc est détendu, sont courbées en sens contraire; l'arme a alors la forme d'un S très allongé. »Le LAROUSSE, Collection Histoire Naturelle Illustrée - L'HOMME - 1931..
Métallurgie « Il est vrai que, depuis longtemps, les Andamanais utilisaient, pour faire les pointes de leurs flèches, le fer qu'ils retiraient des embarcations qui venaient se perdre sur leurs côtes et qu'ils martelaient à froid au moyen d'une pierre. Actuellement [en 1931], ils s'en procurent facilement par voie d'échanges avec les Anglais. »
Feu Les Andamanais ne maîtrisent pas les techniques pour faire du feu à volonté.
Cependant, « ils ne mangent jamais crue la chair du gibier ou du poisson; ils la cuisent dans des vases en terre, qui, simplement séchés au soleil, vont cependant au feu, et, chose curieuse, ils ignoraient totalement le moyen de se procurer du feu avant l'arrivée des Anglais; aussi conservaient-ils toujours avec grand soin quelques tisons allumés. ». Ce fait est également rapporté par E.H. Man dans son ouvrage The Andman Islanders de 1883.
Considérations anthropologiques et génétiques Les anthropologues pensent généralement que ces peuples sont issus, tout comme les autres populations australoïdes, des premiers humains modernes ayant quitté l’Afrique et ayant peuplé précocement l'Asie du Sud et l'Océanie. La génétique semble confirmer cette idée.
On inclut les habitants des Andaman dans un ensemble appelé Négritos, qui désigne un ensemble de petites populations dispersées et isolées d’Asie du Sud-Est, qui étaient présentes bien avant l’arrivée de leurs voisins, comme les peuples de langues austronésiennes et de langues môn-khmer dont elles se distinguent. Certains anthropologues comptent les Négritos parmi un ensemble plus large encore, les populations dites « veddoïdes », du fait de certaines similitudes avec les Indiens du sud (Dravidiens) et notamment les Veddas du Sri Lanka.
Sur le plan du phénotype, les habitants des Andaman ont la petite taille, les cheveux crépus et la peau foncée des populations Négritos d’Asie du Sud-Est et de Nouvelle-Guinée.
D'après les études sur l'ADN, les Andamanais semblent être la population humaine, résiduelle, la plus isolée génétiquement de toutes les autres vivant actuellement, et possiblement issue d'une vague de migration antérieure à celle des autres populations de Négritos. Néanmoins, des études récentes de l'ADN mitochondrial donnent à penser que les Andamanais sont un peu plus liés à d'autres populations asiatiques qu'aux africains modernes.