thumb|Un uniforme scolaire.|alt=

L’uniforme scolaire est un uniforme porté dans les établissements d'enseignement primaire et secondaire dans de nombreux pays, en particulier pour la pratique sportive. Il existe aussi des tenues professionnelles uniformes portées par les élèves d'établissements professionnels, par exemple médicaux, lors de travaux pratiques. Leur caractère est purement utilitaire.

Les uniformes de garçons sont généralement composés d'un pantalon sombre, ou souvent d'une culotte courte ou de bermudas, associés à une chemise claire et à une cravate, auxquels on ajoute une veste par temps froid.

Les uniformes de filles peuvent être composés d'une cravate, d'une jupe ou un kilt, et un chemisier. Le fait qu'il y ait des tenues différentes pour les filles et les garçons est parfois sujet à débat, et certains établissements permettent aux filles de choisir entre jupe et pantalon. Dans certains pays, un blazer ou une veste de costume peut faire partie des uniformes. La gestion des règlements liés aux uniformes est une tâche importante.

L'uniforme est plus souvent exigé dans les établissements qui sont des internats, en particulier les établissements publics. Des établissements privés peuvent exiger le port de l'uniforme ou au moins de respecter un code vestimentaire strict. Au Royaume-Uni et en Irlande, les écoles privées (private schools) imposent un uniforme tandis que les écoles libres en imposent de moins en moins. C'est au Japon et en Corée du Sud que l'uniforme est le plus présent puisque presque toutes les écoles en imposent un.

Historique

L'origine de l'uniforme scolaire remonte au en Angleterre, où il apparaît d'abord dans les écoles charitables pour enfants défavorisés avant de se répandre dans les établissements d'élite, puis en France en 1802, sous le Consulat et à l'initiative de Napoléon Bonaparte, avec l'instauration du lycée et de la discipline militaire.

Origine anglaise

L’uniforme scolaire tel qu'il est connu aujourd'hui naît au en Angleterre, d’abord dans les « charity schools » visant à instruire les enfants pauvres, avec notamment la Christ’s Hospital School et son manteau bleu.

Ce symbole d'appartenance et d'égalité sociale s'impose ensuite dans la plupart des écoles publiques anglaises dès le , puis devient un marqueur de prestige dans les écoles privées.

Arrivée et évolution en France

En France, c’est Napoléon Bonaparte qui étend le port de l'uniforme en 1802 lors de la création des lycées pour imposer l'ordre et la discipline, avec une inspiration militaire affirmée.

L'uniforme est obligatoire jusqu’au début du dans certains lycées, puis progressivement abandonné dans l'enseignement public. Après Mai 1968, il ne subsiste que dans quelques écoles privées.

Depuis 2003, le port de l'uniforme revient dans le débat politique. Xavier Darcos, ancien ministre de l'Éducation Nationale, François Fillon et Marine Le Pen, candidats à l'élection présidentielle de 2017, puis Jean-Michel Blanquer lors d'une interview sur Paris Match, se disent favorables à l'uniforme scolaire.

Uniforme ou code vestimentaire ?

Un code vestimentaire indique ce que les élèves ne doivent pas porter, comme des chemises fines ou laissant le ventre découvert, des vêtements faisant la promotion du tabac, de l'alcool ou de drogues, ou des pantalons à taille basse. Un règlement d'uniforme indique ce que les élèves doivent porter, par exemple des polos aux couleurs de l'école dans certaines écoles publiques américaines.

Les vêtements des équipes de sports font partie de la logique des uniformes scolaires des collèges anglais (et plus largement anglo-saxons) dont ils sont issus, comme la plupart des règles de jeux de ces sports collectifs.

Le débat sur l'uniforme scolaire

right|thumb|Plusieurs centaines de lycéens en uniforme, lors d'une assemblée à l’ à Singapour. Arguments pour l'uniforme Les arguments régulièrement cités en faveur de l'uniforme scolaire s'organisent autour de différents grands axes.

Les arguments en faveur de la laïcité mettent en avant le fait que le port d'un uniforme permet de masquer les signes vestimentaires d'appartenance religieuseLe sénateur Jacques Grosperrin cité dans La Croix.

Le second type d'argument avance que le port de l'uniforme à l'école impliquerait une meilleure intégration des élèves, ceux-ci ne pouvant plus se définir en fonction des vêtements qu'ils portent, à partir des marques vestimentaires, etc. Cela permettrait également d'éviter que les élèves n'ayant pas les moyens de posséder ces marques ou ne respectant pas les codes vestimentaires de la mode soient exclusPhilippe Boïketé et Laurent Divers dans « Pour ou contre l'uniforme à l'école » dans Le Drenche.

Le troisième type d'argument est que le port d'un uniforme permet de porter les couleurs d'un établissement scolaire, faisant d'eux des ambassadeurs de l'établissement à l'extérieur, et renforçant ainsi l'unité des élèves en créant un sentiment d'appartenance.

Enfin, le dernier type d'argument affirme que le fait de porter un uniforme aurait une influence directe sur le comportement des enfants ; le port d'un uniforme strict permettrait ainsi d'obtenir un meilleur comportement, du fait de l'image que l'uniforme renvoie des enfants vis-à-vis des autres.

Arguments contre l'uniforme Les arguments régulièrement cités contre l'uniforme scolaire s'articulent autour de plusieurs grands thèmes :

L'uniforme est accusé de rapprocher l'école du fonctionnement d'un corps militaire. Certains n'hésitent pas à parler d'« embrigadement de la jeunesse ». En Allemagne par exemple, l'uniforme scolaire est souvent vilipendé comme une réminiscence de la jeunesse hitlérienne. Imposant une tenue vestimentaire aux jeunes, il restreint l'expression de la personnalité. De plus, en habituant les jeunes à accepter un moule, l'uniforme devient un puissant vecteur du conformisme social.

Un argument souvent cité dénonce le fait que l'uniforme scolaire ne prépare pas les enfants à la vie dans le monde « extérieur », où l'uniforme n'existe plus. Notamment, cela ne préparerait pas les enfants à l'acceptation de la différence. Selon le sociologue Alain TouraineAlain Touraine, cité dans Projet Educatif Local brestois : L’école tournée vers l’école n’est tournée ni vers l’enfant, ni vers la Nation ; elle devient un monde ayant de moins en moins de repères par rapport au monde extérieur. Tout ce qui en fait un monde isolé, séparé, protégé me semble néfaste. La grande affaire aujourd’hui, c’est au contraire d’intégrer les enfants venus du dehors sans rompre leur histoire personnelle. Au lieu de leur imposer un uniforme, je voudrais qu’on leur apprenne, ainsi qu’aux enseignants, l’importance et la beauté du multiculturalisme, de la communication entre les cultures.

Il est reproché à l'uniforme de coûter plus cher, et à son coût de se rajouter à celui des vêtements de ville portés dès la sortie de l'école..

L'uniforme est également souvent dénoncé comme incommode (les jupes en hiver, même s'il est parfois autorisé de les porter avec des chaussettes hautes ou des collants) et inconfortable, et pas toujours très seyant. Un autre argument est que souvent l'uniforme n'est pas le même pour les garçons et les filles, ce qui contribue à la séparation des sexes dans la société.

Enfin, les arguments avancés en faveur de l'uniforme scolaire sont souvent dénoncés, ses opposants trouvant l'uniforme inefficace dans la lutte contre les inégalités, pour l'intégration, etc..

Utilisation des uniformes scolaires par pays thumb|upright=1.3|Utilisation d'uniformes scolaires par pays

Allemagne Il n'y a pas de tradition d'uniforme scolaire en Allemagne. Dans la Seconde Guerre mondiale les membres de la jeunesse hitlérienne portaient leurs uniformes en cours, et les enfants uniformés ont été directement associés à l'enrôlement militaire nazi. Récemment, certaines écoles ont adopté les uniformes scolaires pour leurs effets supposés sur la discipline et pour contrer la « guerre des marques » entre élèves. Cependant, ces uniformes seraient considérés comme marginaux dans d'autres pays, car ils ne sont généralement composés que d'une chemise ou d'un pull spécifique à l'école.

Australie left|thumb|Un pull d'élève australienne de dernière année en 2005.right|thumb|Le dos du même pull. Dans tous les États d'Australie, la plupart des écoles privées et publiques impose le port de l'uniforme. Pour les garçons, il s'agit généralement d'un pantalon ou d'un short, d'un pull et d'une chemise boutonnée ou d'un tee-shirt. Pour les filles, une jupe ou une robe, un pull, un chemisier et/ou un tee-shirt ; parfois, elles peuvent aussi porter des pantalons ou des shorts. Pour les filles et les garçons, l'uniforme peut inclure un blazer, une cravate et un chapeau. Une tenue spécifique est utilisée pour les activités sportives.

Les établissements privés ont généralement des uniformes plus élégants et un code plus strict que les établissements publics. Leurs élèves ne doivent généralement pas sortir de l'école en tenue de sport ; ils peuvent également être punis si un de leurs professeurs ou un prefectUn prefect, dans les pays anglo-saxons, est un élève de dernière année aidant à maintenir la discipline. les surprend portant un uniforme incorrect en dehors de l'école (ce qui inclut les transports ou les centres commerciaux).

La tradition veut que dans les lycées australiens, les élèves en dernière année (parfois aussi en avant-dernière année) portent des pulls différents appelés senior jumpers (ou senior jerseys), seniors' jumpers ou leavers' jumpers, qui font partie de l'uniforme officiel mais uniquement pour l'année concernée. Il est de plus en plus fréquent que les élèves en dernière année d'école primaire (la sixième ou la septième année selon les États) fassent de même.

Belgique

Seuls quelques établissements scolaires en Belgique imposent un uniforme ou un code vestimentaire, il s'agit pour la plupart d'écoles catholiques (par exemple, le Collège Sacré-Cœur de Jette ou l'Institut de la Vierge Fidèle), d'écoles privées (Ecole Internationale Montgomery - International school) ou encore d'écoles hôtelières (par exemple, l'école hôtelière Ter Duinen à Coxyde, ou l'école hôtelière provinciale de Namur). Quelques écoles du réseau officiel en ont aussi imposé un comme le lycée Guy Cudell à Saint-Josse-ten-NoodeRTBF, Saint-Josse: retour de l'uniforme au Lycée Guy Cudell, le .

Cambodge Le port de l'uniforme, dont l'achat est à la charge des familles, est obligatoire dans l'enseignement primaire et secondaire.

L’uniforme se compose d'un chemisier blanc et d'une jupe bleu marine pour les filles, d'une chemise blanche et d'un pantalon bleu pour les garçons.

Canada Au Canada, ce sont souvent les écoles privées qui exigent l'uniforme. De nombreuses régions du Canada possèdent des écoles financées par les fonds publics, la plupart d'entre elles n'ont pas d'uniforme. Récemment, certaines écoles ont supprimé la jupe de leurs uniformes au profit de pantalons ou de jupes-culottes. Des cyclistes peuvent également être portés sous la jupe. Le haut est généralement constitué d'un chemisier ou d'une chemise de golf, auxquels s'ajoutent des pulls ou des sweats. Garçons et filles peuvent porter des pantalons de couleur.

Le choix d'imposer un uniforme dépend de chaque école. Dans un contexte de concurrence avec l'enseignement privé, les écoles publiques avec uniforme obligatoire sont en 2016 en voie de devenir la norme au Québec..

Chine En Chine, les uniformes scolaires sont de rigueur pour toutes les écoles publiques et pour la majeure partie des écoles privées..