Zénobe Gramme est l'inventeur belge de la "dynamo Gramme", un générateur électrique à courant continu, aussi appelé machine de Gramme. Il est né le à Jehay-Bodegnée, près de Huy (Belgique), et mort le à Bois-Colombes (France)

Biographie

Jeunes années

Zénobe Gramme est le sixième de douze enfants de ses parents. Son père, Mathieu-Joseph, receveur délégué à l'administration des Charbonnages d'Antheit, veille à ce que ses enfants reçoivent une bonne instruction intellectuelle, mais le jeune Zénobe est un étudiant médiocre qui préfère le travail manuel.

Il devient apprenti menuisier dans un atelier à Hannut et, en 1848, lorsque ses parents déménagent, suit les cours du soir de menuiserie à l'école industrielle de Huy -.

L'année suivante, à 23 ans, il part pour Liège où il poursuit sa formation en menuiserie tout en travaillant comme tourneur d'art sur bois.

À partir de 1855, ses études terminées, il part gagner sa vie à Bruxelles puis à Marseille, puis, l'année suivante, à Paris, où il s'installe après avoir trouvé un emploi dans un atelier de menuiserie..

Esprit inventif

En 1860, il est engagé à la société de construction électrique L'Alliance où il fabrique certaines pièces en bois pour les machines magnétoélectriques produites par l'entreprise ainsi que des modèles en bois pour l'orfèvrerie Charles Christofle & Cie qui est une grande utilisatrice de la galvanoplastie. Son travail et son apprentissage à L'Alliance éveillent son esprit inventif ; c'est là qu'il imagine un régulateur de tension pour les lampes à arc voltaïque et dépose son premier brevet qui porte sur l'usure des électrodes en charbon dans les lampes à arc.

Las de voir rejetées par la direction toutes ses demandes de modifications des outils ou procédés de fabrication, il quitte L'Alliance en 1863. Il travaille, jusqu'en 1866, pour Heinrich Daniel Ruhmkorff, constructeur d'appareils électriques et inventeur de la bobine d'induction qui porte son nom. C'est pendant cette période qu'il fait la connaissance de l'ingénieur Ernest Bazin et du photographe André Disdéri.

Le , il prend un brevet pour plusieurs dispositifs destinés à perfectionner les machines à courant alternatif et, en 1868, améliore la dynamo à courant continu inventée par le physicien italien Antonio Pacinotti, point de départ de l'industrie électrique moderne.

De retour à Paris, qu'il avait fui pendant la guerre franco-prussienne de 1870, il présente son invention le à l'Académie des sciences. et au physicien Jules Jamin, dépose le brevet et cherche un commanditaire. Il le trouve rapidement en la personne du comte d'Ivernois, et la même année, ils fondent la Société des machines magnétoélectriques Gramme. Le comte d'Ivernois fait entrer, comme directeur de la nouvelle société, l'industriel Hippolyte Fontaine.

L'alliance entre l'inventeur de génie et l'industriel avisé sera très féconde. En 1873, Fontaine montre la réversibilité de la dynamo ; elle peut fournir de l'énergie mécanique à partir d'énergie électrique et donc servir de moteur. Cette réversibilité constitue son principal intérêt et fonde sa popularité. La machine Gramme devient le premier moteur électrique puissant ayant connu une grande utilisation dans l'industrie. Avant cette invention, les moteurs électriques fournissaient de faibles puissances et étaient principalement utilisés comme des jouets ou des curiosités de laboratoire.

C'est aussi en 1873 que la jeune société, en la personne d'Hippolyte Fontaine, présente deux machines à l'Exposition universelle de 1873 à Vienne : l'une produisant de l'électricité et l'autre, à l'inverse, utilisée comme moteur électrique. La présence à cette exposition va littéralement remplir le carnet de commande de l'entreprise et la lancer sur la scène du commerce international. Un de leurs premiers clients sera Paul Christofle qui a pris la succession de son père Charles à la tête de la maison Christofle.

Les « machines Gramme » rencontrent un nouveau succès à l'exposition universelle de 1878 à Paris. Gramme et Fontaine y octroient leurs premiers contrats de licences. Un de ceux-ci est accordé à l'électricien Joseph Jaspar de Liège.

Reconnaissance et honneurs

Il est fait officier de l'Ordre national de la Légion d'honneur en 1877.

Si, en 1880, le gouvernement français lui alloue un prix exceptionnel de , c'est en 1888 que son esprit inventif est reconnu par tous, le dernier prix VoltaStéphanie Deprouw, Un héritage des Bonaparte : le prix du galvanisme (1802-1815) et le prix Volta (1852-1888), thèse présentée en 2008 à la Sorbonne (1852 à 1888) d'un montant de lui est décerné par l'Académie des sciences.

En 1898, il est fait commandeur de l'Ordre de Léopold.

Vie privée En 1857, il épouse une couturière d'origine liégeoise, Hortense Nysten qui est veuve et mère d'une fille prénommée Héloïse. Hortense meurt en 1890. En 1891, Zénobe Gramme se remarie avec Antonie Schentur qui est sa cadette de 36 ans. Il n'a aucun descendant direct.

Pendant le siège de Paris entre 1870 et 1871, il se réfugie à Arlon.

Atteint d'une cirrhose virale, il meurt le dans sa maison du de la rue Nollet (actuellement rue Mertens) à Bois-Colombes. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise où sa tombe est surmontée d'une statue imposante.

Citations On décrit souvent Gramme comme un personnage silencieux et méditatif. Sa fameuse réplique ( en wallon liégeois) faite à sa femme qui lui reprochait sa distraction est restée célèbre. Au Congrès international des électriciens de 1881, se réveillant à l'issue d'une conférence très technique, émaillée de calculs, d' sur sa machine, Gramme voit le tableau couvert de calculs et demande de quoi il s'agit. On le lui dit et il répond Cité par Maurice Ponte, .

Mémoire et hommages Le prix Zénobe organisé par la Région wallonne récompense l'innovation technologique ; le A958 Zénobe Gramme, voilier utilisé pour l'instruction par la Composante marine des forces armées belges ; l'astéroïde (2666) Gramme ; à Arlon : la rue Zénobe Gramme ; à Charleroi : le centre universitaire Zénobe Gramme la rue Zénobe Gramme à Liège : l'école d'ingénieurs HELMo Gramme (précédemment Institut Gramme), le pont Gramme, square Gramme et monument, par Thomas Vinçotte, entre les ponts de Fragnée et de Fétinne (inauguration le )Université de Liège, le monument Zénobe Gramme , buste à l'athénée Maurice Destenay (devant l'entrée de l'ancienne École industrielle où étudia Zénobe Gramme) sur le boulevard Saucy, le prototype original de la dynamo de 1871 (celle présentée à Jules Jamin) à la Maison de la métallurgie et de l'industrieLe prototype de la dynamo de Gramme dans la « salle de l'électricité » du musée , la rue Gramme à Bressoux ; à Herstal : le boulevard Zénobe Gramme ; à Huy : la place Zénobe Gramme ; à Schaerbeek, Tubize et Wavre : l'avenue Zénobe Gramme ; à La Louvière: une rue Zénobe Gramme dans le quartier de Bouvy à Paris : statue par Mathurin Moreau sur le parvis du musée des arts et métiers, la rue Gramme dans le , plaque commémorative sur le de l'avenue des Ternes, dans le , où il inventa la dynamo, sa tombe au cimetière du Père-Lachaise (, , F, 26) surmontée d'une sculpture de Mathurin Moreau ; à Jehay-Bodegnée, Hannut, Arlon, Bois-Colombes, Béziers, Seneffe et Charleroi : la rue Zénobe Gramme ainsi qu'une fontaine à Jehay-Bodegnée et une école primaire à Bois-Colombes ; un café de Hannut, La Capsulerie, lui rend hommage avec un portrait détourné façon "Einstein tirant la langue", apposé sur sa façade ; à Wavre : L'Avenue Zénobe Gramme (Zoning Nord) à Anvers : à 2000 Anvers : la Zénobe Grammestraat, à 2660 Hoboken : la Grammestraat ; à Bois-Colombes : la rue Gramme ; à Boston : Gramme a son nom gravé sur le frontispice du Massachusetts Institute of Technology.

Galerie média Vidéos Dynamo Gramme (modèle de 1878) Un autre modèle de dynamo Gramme Incroyables Expériences - Une dynamo USB Photographies

Notes et références

Pour approfondir Bibliographie

Louis Chauvois, Histoire Merveilleuse De Zénobe Gramme, inventeur de la dynamo, Albert Blanchard à Paris, 1963. C. Rasir et L. Maraite, Zénobe Gramme, à contre-courant, Luc Pire à Bruxelles, 2001. Gérard Borvon, Histoire de l'électricité, de l'ambre à l'électron, Vuibert, 2009. .

Articles connexes Antonio Pacinotti, qui réalisa le prototype d'une dynamo, avant Z. Gramme Hippolyte Fontaine, industriel qui travailla avec Z. Gramme

Liens externes

Biographie dans La Science illustrée, 1889 Musée des arts et métiers : le carnet consacré à Zénobe Gramme Maison de la science : la dynamo de Gramme Institut Don Bosco de Tournai : la dynamo de Gramme Hyperpaysage de Jehay : Zénobe Gramme, un enfant du pays

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