Provenchères-sur-Fave est une ancienne commune française située dans le département des Vosges, en région Grand Est, devenue, le , une commune déléguée de la commune nouvelle de Provenchères-et-Colroy.

Ses habitants sont appelés les Provenchérois.

Il y a homonymie partielle avec la commune de Provenchères-lès-Darney du même département.

Par arrêté préfectoral du , la commune nouvelle de Provenchères-et-Colroy est créée par la fusion de Provenchères-sur-Fave avec Colroy-la-Grande, conformément aux délibérations des conseils municipaux, respectivement, du . Son siège est fixé à la mairie de Provenchères-sur-Fave.

Géographie Comme son nom actuel l'indique, la commune est située à gauche de la rivière de la Fave, un affluent droit de la Meurthe qui localement se grossit des ruisseaux de Saint-Catherine, de la Petite-Fosse et de la Goutte.

Situation Les sommets voisins sont relativement éloignés et leurs buttes sommitales de grès triasiques, couvertes de résineux, se détachent particulièrement bien à l'horizon : la montagne d'Ormont culmine plus à l'ouest à d'altitude au Sapin Sec mais laisse une pointe avancée, le Spitzemberg à qui a autrefois porté un château d'observation, contrôlant la vallée, la même bande de terrains gréseux a laissé plus loin la borne isolée du Voyemont à et le petit plateau surélevé du Climont à vers le nord-est. Toutefois le territoire communal qui s'étend entre des collines prolongeant le Spitzemberg et la vallée de la Fave ne culmine qu'à d'altitude, au-dessus du hameau des Truches près du vieux chemin rejoignant le vieux pèlerinage de la Grande Fosse.

Traversée par la RN 420, le village de Provenchères est distant de de Saint-Dié-des-Vosges et de de Strasbourg par le col de Saales. Le canton est inclus en totalité dans le parc régional des BallonsListe des 188 communes adhérentes au parc naturel régional des ballons des Vosges, Charte 2012 - 2024.

La population se répartit entre le village de Provenchères et les hameaux dont Brafosse.

Toponymie Provenchères est attesté sous les formes De Provincheriis (XIe siècle) ; Provencheres (1171) ; Bannum de Provoncheres (1172) ; Hodebaldus de Provuncheres (1180) ; Provencheres (1220) ; Hugo, miles, dictus de Provenchieres (1254) ; De Provencheriis (1295) ; Provenchiers (1301) ; Provencheires (1327) ; Pieresson de Prevenchierez (1359) ; By Profenzier (1396) ; Prouvenchieres (1438) ; Provenchiere (1485) ; Provanchiere (1518) ; Provenchieres (1594) ; Provenchere (1751) ; Provencheres-en-Vôge (1779) ; Provincheres (an II). ; Provenchères-en-Vosges ().

Avec le suffixe -ère, de l’ancien français provanche (« provision, pourvoyance ») avec le sens de « terre prébendière, qui fournit une provende ». Peut-être de l'adjectif neutre du latin, au pluriel, propinquiora « les environs immédiats », traité comme propincarias (terras).. Une hypothèse gauloise propose une localisation par rapport à un système d'irrigation, permettant l'aménagement de prairies humides. c'est-à-dire des parcelles de prairies humides, signalant un ensemble de canaux et de vannes, de barrages (passes barrées) et de « mères-royes » (rigoles maîtresses), permettant de gérer l'écoulement de l'eau d'irrigation ou d'inondation vers les « hières » ou parcelles de prairies humides selon les saisons. Les paysans de la vallée de la Fave mentionnaient souvent le vaste aménagement de la Fave, commençant au barrage du pont noir à Provenchères et se terminant entre Remomeix et Sainte-Marguerite.

Provenchères-sur-Fave, peut être identifiée au « Pervincaria » dans le latin des grimoires du siècle. Les anciens toponymes prévancher, prévanchères, pervencher, pervanchère(s), provenchère(s)... qualifiant un bois ou un champ, un habitat groupé ou isolé, un village ou un lieu-dit, fréquents dans la France du Nord et de l'Est, seraient issus de ce terme complexe, signalant l'aménagement d'un système d'irrigation en aval, en conséquence défendu à la divagation des troupeaux et aux hommes étrangers à son fonctionnement. Toutefois, dans un cadre gallo-romain, une dénomination comme pervinca pourrait signaler un rétrécissement, une passe plus ou moins étroite, à travers laquelle l'air souffle, l'eau coule ou le voyageur passe. Il est évident que l'aménagement de prairies d'irrigation ne peut se faire dans une vallée trop étroite, par ailleurs bien adaptée à l'installation de barrage avec prises d'eaux, permettant des amenées vers la vallée plus large en contrebas.

Avec lattraction de loil pervenche, l'étymologie du village de Provenchères pourrait être issu du latin pervinca qui signifie le « lieu où croissent des pervenches ».

La Fave est une rivière du Grand Est qui coule dans le département des Vosges.

Histoire Le lieu est assurément connu comme un centre d'une grande paroisse au . Au début du , le seigneur Drouin, homme fort du ban de Provenchères, a rassemblé en une seule entité paroissiale les multiples communautés ou seigneuries qui existaient sur les territoires actuels du Beulay, de Provenchères, de La Petite-Fosse et de La Grande-Fosse, mais aussi apparemment Colroy, Lusse, Lesseux et Combrimont.

Temps anciens À cette époque, il est évident que l'entité paroissiale en gestation dépend du Val de Saint-Dié. Pourtant au , les flancs au nord de l'Ormont, du Spitzemberg et des collines qui les prolongent à l'orient appartiennent au ban de Gondelbert, centré à La Grande Fosse. Les bénédictins de Senones, installés tardivement au , n'ont apparemment jamais pris le contrôle de la totalité du ban saint Gondelbert qu'ils revendiquent par écrit, mais qui s'était profondément morcelé au tournant du millénaire en un grand nombre de bans, formations politiques de taille modeste. Ainsi Saâles, Spitzemberg, Provenchères, Ban-de-Sapt, Senones... promus centres de ban veulent jouer un rôle politique. L'émiettement du pouvoir politique local a favorisé des mainmises et échanges répétés du duc de Lorraine, avoués de Moyenmoutier et Saint-Dié ainsi que des tractations prévaricantes d'officiers ducaux, véritables fonctionnaires rapaces.

Une partie des terres de Provenchères, assurément mises au valeur dès les premiers siècles de l'ère chrétienne, ont été dès le rattachées au domaine du monastère de Saint-Dié, alors simple succursale de Moyenmoutier. C'est ainsi, que par intérêt ducal ou local, le cœur du ban primitif de Gondelbert a été intégré au , sous la seigneurie spirituelle du grand ban de Saint-Dié. Même l'abbaye de Beaupré, puis celle de Bongard, chargées successivement de gérer le domaine de La Grande Fosse et peut-être de restaurer une grandeur perdue au ban primitif de Gondelbert a accepté d'emblée la suprématie du monastère de Saint-Dié, lui-même contrôlé par le prestigieux monastère bénédictin de Moyenmoutier.

Attestant, semble-t-il, un bon rendement du terroir agricole sur la paroisse de Provenchères, les revenus en bleds prennent une place de premier choix dans les importants comptes de la collégiale saint Dié. Les terres capitulaires de Provenchères semblent faire jeu égal avec celles de Mandray. Les chanoines de Saint-Dié y sont apparemment les principaux seigneurs au . Aussi n'est-ce pas étonnant que la légende rapporte que le village s'est construit sur des terrains défrichés par les moines de Saint-Dié au . Devenus les seigneurs principaux au , les puissants chanoines, seigneurs et financiers, ont survalorisé l'héroïque tâche de prédécesseurs imaginaires, qui ne peuvent que leur avoir légué légitimement ce riche patrimoine. Après la rapide dépression des années 1350-1390, la population croît lentement jusqu'au , elle peut être estimée à ua moins entre 400 et 500 habitants.

Temps modernes Les guerres du milieu du et les invasions des Suédois, alliés aux Français pendant la guerre de Trente Ans, amenèrent la famine et la peste : il y eut beaucoup de morts et de départs, peu de naissances pendant plusieurs décennies. Vers 1660, les six gros hameaux de la paroisse de Provenchères comptent plus de soixante grandes familles, la plupart fort appauvries. En 1700, la paroisse de Provenchères avait environ 180 feux ou foyers fiscaux. Elle a probablement compté entre 800 et 900 habitants dans les années 1760.

Le premier seigneur de Provenchères appartenant à la famille Dolmaire fut noble Paul Dolmaire (1623-1709), aussi seigneur de La Tressonnerie et d’Anould en partieCf. Comte Arthur de Bizemont in Bulletin de la Société philomatique vosgienne (, 1903-1904), Saint-Dié : C. Cuny, 1904., juge civil et criminel ès sièges bailliager et prévôtal de Saint-Dié dès 1656, maître-échevin en cette ville lors de son mariage, lieutenant particulier en ce bailliage jusqu'à sa mort, qui fit enregistrer « d’argent, à une teste d’ours au naturel, écartelé, fascé et contrefascé d’or et d’azur de huit pièces » en l’Armorial général de Lorraine, dressé en conséquence de l’arrêt du Conseil d’État rendu le Armorial peint, .. Il avait épousé en 1656 à Saint-Dié damoiselle Marguerite Tabouret de Maxéville, veuve de François L’Escarmoussier (1617-...), adjudant-général de l’armée du duc Charles IV, et fille de Charles Tabouret († avant le ), seigneur de Maxéville en partie, châtelain et gruyer de Blâmont, et de sa femme dame Élisabeth Fournier (1596-après 1661).

Par arrêté préfectoral du , la commune nouvelle de Provenchères-et-Colroy est créée par la fusion de Provenchères-sur-Fave avec Colroy-la-Grande, conformément aux délibérations des conseils municipaux respectifs du . Son siège est fixé à la mairie de Provenchères-sur-Fave..

Démographie historique de la commune En 1839 et 1840, le maire et l'adjoint se nomment respectivement Cendre et Fade. En 1846 et 1848, Saint-Dizier et Joly. En 1859, Saint-Dizier et Fade.

Promue chef-lieu de canton après l'annexion d'Alsace-Lorraine Avant la guerre de 1870, Provenchères-en-Vosges n'est qu'une commune du canton de Saales. L'annexion de l'Alsace-Lorraine dissèque le canton de Saales arbitrairement de part en part de la ligne de crête, la commune séparée de son chef-lieu est promue à la tête du canton résiduel. Elle a pris le nom actuel de Provenchères-sur-Fave par un décret de 1881.

En 1877, Provenchères compte , à la grande joie du maire Gaire et de son adjoint Gérard. Un receveur des douanes Gressot, aidé de son commis Watelet surveille la nouvelle frontière.

Provenchères-sur-Fave fut très éprouvée durant les deux conflits mondiaux et a été décorée des Croix de Guerre 14-18Communes décorées de la Croix de guerre 1914-1918 et 39-45. La commune a été décorée, le , de la Croix de guerre 1939-1945Communes décorées de la Croix de guerre 1939 - 1945. thumb|L'église Sainte-Catherine

Politique et administration Budget et fiscalité 2015 thumb|right|La mairie En 2015, le budget de la commune était constitué ainsiLes comptes de la commune : total des produits de fonctionnement : , soit par habitant ; total des charges de fonctionnement : , soit par habitant ; total des ressources d’investissement : , soit par habitant ; total des emplois d’investissement : , soit par habitant. endettement : , soit par habitant.

Avec les taux de fiscalité suivants : taxe d’habitation : 21,20 % ; taxe foncière sur les propriétés bâties : 13,14 % ; taxe foncière sur les propriétés non bâties : 19,53 % ; taxe additionnelle à la taxe foncière sur les propriétés non bâties : 38,75 % ; cotisation foncière des entreprises : 16,49 %.

Liste des maires

Le canton de Provenchères-sur-Fave compte 7 communes pour un total de : Le Beulay, Colroy-la-Grande, La Grande-Fosse, Lubine, Lusse, La Petite-Fosse et Provenchères-sur-Fave. Il coïncide avec la Communauté de communes de la Fave.

Démographie

Économie