Casablanca est un film américain réalisé par Michael Curtiz, sorti en 1942. L'action se déroule pendant la Seconde Guerre mondiale, dans la ville de Casablanca au Maroc, alors contrôlée par le gouvernement de Vichy.
Le sujet majeur du film est le conflit de Rick Blaine entre l'amour et la vertu : il doit choisir entre ses sentiments pour Ilsa Lund et son besoin de faire ce qui est juste pour aider le mari de celle-ci, le héros de la Résistance, Victor Laszlo, qui doit fuir Casablanca pour continuer son combat contre les nazis.
Le film a connu un succès immédiat qui ne s'est pas démenti depuis. La plupart des critiques ont vanté les performances charismatiques de Bogart et Bergman, l'alchimie entre ces deux vedettes, la profondeur des personnages de fiction, ainsi que l'impact émotionnel du film dans sa globalité.
Lauréat de l'Oscar du meilleur film en 1944Liste des films ayant obtenu un ou des Oscars, Casablanca est considéré depuis 2007 comme le troisième plus grand film américain, derrière Citizen Kane et Le Parrain, par l'American Film Institute..
Synopsis vignette|left|Rick Blaine (joué par Humphrey Bogart, à droite) avec le señor Ferrari, son rival des nuits de Casablanca. Rick Blaine est un Américain amer et cynique, expatrié à Casablanca au Maroc où il est propriétaire du . Ce huppé attire une clientèle variée telle que des fonctionnaires français et nazis, des réfugiés ou même des voleurs.
Ugarte, un délinquant de petite envergure, arrive au club de Rick avec des « lettres de transit » qu'il a obtenues après l'assassinat de deux soldats allemands. Ces précieux documents permettent à la personne qui les possède de voyager librement vers le Portugal, où il est ensuite possible de partir vers l'Amérique et la liberté. Le but d'Ugarte est de vendre ces billets à très bon prix à des personnes à qui il a donné rendez-vous au club plus tard dans la soirée. Toutefois, avant que la transaction ne puisse avoir lieu, Ugarte est arrêté par la police locale qui est sous le commandement du capitaine Louis Renault. Avant son arrestation, à l'insu de Renault et des nazis, Ugarte réussit malgré tout à confier les lettres à Rick. Il trouve finalement la mort lors d'une prétendue tentative de fuite.
Au même moment, l'ancien amour de Rick (raison de son amertume permanente), Ilsa Lund, arrive avec son mari, Victor Laszlo, un chef de la résistance tchèque activement recherché par les nazis et leur chef, le major Strasser. Les époux se trouvent être les personnes qui devaient acheter les sauf-conduits à Ugarte pour ainsi pouvoir quitter Casablanca pour l'Amérique afin de continuer leur lutte.
Victor Laszlo fait la connaissance du señor Ferrari, une figure importante du milieu criminel à Casablanca et accessoirement propriétaire du concurrent de celui de Rick. Ferrari fait part à Laszlo de ses soupçons envers Rick, qu'il pense être en possession des documents. Laszlo discute alors en privé avec Rick, mais celui-ci refuse de se séparer des documents. Laszlo, au courant de l'action militante de Rick dans le passé en faveur des opprimés, tel que l'envoi d'armes au négus lors de la Seconde guerre italo-éthiopienne ou sa participation à la Guerre d'Espagne du côté républicain, s'étonne de ce refus. Ils sont alors interrompus par un groupe d'officiers nazis qui se mettent à chanter , un hymne patriotique allemand. Ne supportant pas cet affront, Victor Laszlo somme l'orchestre de jouer La Marseillaise avec la permission de Rick. Il se met à chanter, d'abord seul, puis rejoint par toute l'assemblée gagnée par sa ferveur patriotique, couvrant ainsi le chant des Allemands. Vexé, le major Strasser ordonne à Renault de fermer le club.
vignette|Ilsa menaçant Rick afin qu'il lui remette les « lettres de transit ». Cette même nuit, Ilsa a une conversation avec Rick dans le café déserté. Quand il refuse de lui donner les lettres, elle le menace avec un revolver, mais incapable de tirer, elle finit par lui avouer qu'elle l'aime toujours. Ilsa explique à Rick que lorsqu'ils se sont rencontrés et aimés à Paris, elle croyait que son mari avait été tué en tentant de s'échapper d'un camp de concentration nazi. Elle n'a appris qu'il était toujours vivant que peu de temps après que la capitale française eut été déclarée ville ouverte face aux Allemands. C'est pourquoi, alors qu'elle devait fuir Paris avec Rick, elle avait alors choisi de rejoindre son mari sans le prévenir.
À la lumière de ces révélations, Rick devient plus conciliant et accepte d'apporter son aide à Victor Laszlo. Ilsa lui déclare qu'elle restera avec lui à Casablanca. Laszlo arrive au club après avoir échappé de justesse à une descente de police lors d'une réunion de résistants. Rick fait raccompagner secrètement Ilsa à son hôtel par un de ses hommes puis engage la conversation avec Laszlo. Ce dernier lui révèle qu'il est parfaitement conscient de l'amour de Rick pour Ilsa et tente de convaincre Rick d'utiliser les lettres pour la mettre en sécurité. La police fait irruption et arrête Laszlo sur de fausses accusations. Rick s'entretient alors avec le capitaine Renault afin d'obtenir la libération de Victor Lazslo. En échange, il lui propose de venir le lendemain soir chez lui alors que Laszlo viendra lui acheter les lettres de transit afin de l'arrêter. Pour dissiper les soupçons que Renault peut avoir sur lui, Rick explique qu'il va partir pour l'Amérique avec Ilsa. Et d'ailleurs, dans la journée, Rick vend son club à Ferrari.
Lorsque Renault tente d'arrêter Laszlo, Rick double le policier en l'obligeant, sous la menace d'une arme, à laisser partir le couple. Il convainc également Ilsa de prendre l'avion pour Lisbonne avec son mari, malgré sa promesse. À l'aéroport, le major Strasser tente d'intervenir en empêchant l'avion de décoller, mais Rick lui tire dessus. Lorsque les renforts arrivent, Renault couvre Rick en prétendant ignorer qui est le meurtrier et en leur demandant d' « arrêter les suspects habituels ». Renault propose à Rick de quitter, l'un et l'autre, Casablanca pour rejoindre les Forces françaises libres à Brazzaville. Il marque symboliquement son ralliement en jetant dans une corbeille une bouteille d'eau de Vichy.
Fiche technique 300px|right|Casablanca : image de titre
Titre original : Casablanca Titre français : Casablanca Réalisation : Michael Curtiz Scénario : Julius J. Epstein, Philip G. Epstein, Howard Koch et Casey Robinson (non crédité)Scott Benson, You Must Remember This : Hommage à Casablanca, disponible sur le second disque de l'édition collector DVD.op. cit., 175., d'après la pièce de Murray Burnett et Joan Alison Photographie : Arthur Edeson Montage : Owen Marks Musique : Max Steiner Direction artistique : Carl Jules Weyl Costumes : Orry-Kelly Décors : George James Hopkins Producteurs : Hal B. Wallis ; Jack Warner (producteur délégué) Sociétés de production : Warner Bros. Pictures et First National Pictures Société de distribution : Warner Bros. Pictures Budget : The Casablanca Man: The Cinema of Michael Curtiz, 79. Pays de production : Tournage : du au Langue : Anglais, Français, Allemand, Italien Format Fiche et spécifications technique du film sur IMDb (pages consultées le 28 septembre 2009). : Noir et blanc - - 1,37:1 - Son monophonique (RCA Sound System) Genre : Film dramatique, Film de guerre, Film d'amour, mélodrameFiche du film sur Allociné (page consultée le 28 septembre 2009). Durée : () Fiche du film sur IMDb (page consultée le 28 septembre 2009). Dates de sortie Dates de sortie du film sur IMDb (page consultée le 28 septembre 2009). : États-Unis : (première mondiale à New York), (sortie nationale) Belgique : France : Affiches : Bill Gold (États-Unis), Macario Gómez Quibus (Espagne), Pierre Pigeot (France)
Distribution
Légende : (1947) / (1980) Acteurs crédités au générique Humphrey Bogart (VF : Claude Péran / Jacques Thébault) : Rick Blaine Ingrid Bergman (VF : Vivette Galy / Évelyne Séléna) : Ilsa Lund Paul Henreid (VF : Michel Gudin / Dominique Paturel) : Victor Laszlo Claude Rains (VF : Camille Guérini / Jean-Louis Maury) : Capitaine Louis Renault Conrad Veidt (VF : Raymond Loyer / Jean-François Laley) : Major Heinrich Strasser Sydney Greenstreet (VF : Antoine Balpêtré / Claude Bertrand) : Señor Ferrari Peter Lorre (VF : Francis Lax) : Ugarte S. Z. Sakall (VF : Jacques Dynam) : Carl Madeleine Lebeau : Yvonne Dooley Wilson (VF : Georges Atlas) : Sam, le pianiste Joy Page (VF : Monique Thierry) : Annina Brandel John Qualen (VF : Roger Crouzet) : Berger, le vendeur de bijoux et contact de Laszlo Leonid Kinskey (VF : Jacques Balutin) : Sascha Curt Bois (VF : Jacques Chevalier) : le pickpocket
Acteurs non crédités Liste établie à partir de la liste artistique du film d'IMDb, cette section ne mentionne que les comédiens ayant un rôle parfaitement identifiéVoir sur imdb.com (page consultée le 28 septembre 2009).
Production Sauf mention contraire ou complémentaire, cette section est issue du documentaire : Hommage à Casablanca. Genèse Dans les années 1940, Casablanca était une ville paisible sur l'Atlantique jusqu'au jour où Hal B. Wallis, producteur de la Warner Bros., tombe sur la pièce écrite en 1938 par Murray Burnett et Joan Alison. C'est Irene Lee Diamond, qui a pour mission de trouver de nouvelles idées de scénarios pour le studio, qui découvre la pièce lors d'un voyage à New York. Cette pièce, qui n'a pas été produite, est inspirée des voyages en Europe dans les années 1930 de Murray Burnett. Sa femme ayant de la famille un peu partout sur le Vieux Continent, il peut assister à Vienne à la vie des réfugiés face au nazisme. Lors de ce même voyage, en France, Burnett se rend avec des amis dans une boîte de nuit de Cap Ferrat où il découvre un pianiste noirop. cit., 53-54.. Il dit alors à sa femme : « Quel cadre idéal pour une pièce ! ».
, acheté par la Warnerop. cit., 18., est la pièce inédite la plus chère que Jack Warner ait eu à acheter et, fidèle à la tradition hollywoodienne, il en change le titre. Casablanca est alors choisi selon la volonté de Hal B. Wallis et d'autres dirigeants qui pensent que le titre doit évoquer des lieux romantiques et exotiques, comme le titre d'un succès de 1938, Casbah ( en version originale)op. cit., 30.. Le titre Casablanca est d'autant mieux choisi que la ville est contrôlée par Vichy à cette période.
Scénario vignette|gauche|Costumes portés par Humphrey Bogart et Ingrid Bergman. Ce sont Julius J. et Philip G. Epstein qui sont engagés par Wallis pour adapter la pièce au grand écran. Réputés pour leur esprit ironique, les deux frères introduisent plusieurs personnages secondaires hauts en couleur ainsi que des dialogues donnant un ton fascinant et à l'humour sobre aux conversations entre les protagonistes du film. Malgré leur empreinte sur le film, les Epstein quittent rapidement le projet pour se consacrer à la série de films de propagande commandés par le Gouvernement américain et réalisés pour la plupart par Frank Capra, Pourquoi nous combattons (). À ce moment de la production, le scénario en est arrêté au flashback, ce qui représente à peu près la moitié du film, et ne possède pas de fil narratif évidentLa Fabuleuse Histoire de la Warner Bros., 238..