Les (), de l'allemand Fallschirm (parachute) et Jäger (chasseur faisant référence à l'infanterie légère de l'armée prussienne), sont des troupes parachutistes allemandes. Les Fallschirmjäger sont les premiers à être déployés pour des opérations aéroportées de grande envergure pendant la Seconde Guerre mondiale. Ils sont aussi connus sous l’appellation de « diables verts » par les forces alliées contre qui ils ont luttéGreen Devils: German Paratroopers 1939-1945, Jean-Yves Nasse, W. Muhlberger, G. Schubert, Jean-Pierre Villaume.. Durant la totalité de la Seconde Guerre mondiale, le commandant des Fallschirmjäger a été le Generaloberst Kurt Student.
Histoire vignette|gauche|redresse|Rassemblement de Fallschirmjäger devant un Junkers Ju 52/3m avant d’embarquer pour la bataille de Leros. vignette|Un Fallschirmjäger avec sa mitrailleuse MG 42 combattant en Union soviétique, 1943. vignette|redresse|Des Fallschirmjäger servant la bouche d’un mortier Granatwerfer 34.
1920 Pendant les deux guerres mondiales, le développement rapide de l'aviation et de la technologie aéronautique a attiré l'attention et l'imagination des planificateurs militaires. L'idée d'insérer un corps de troupes conséquent à l'intérieur du territoire ennemi a d'abord été proposé en France au cours de la Première Guerre mondiale par le commandant de l’US Air Corps, le général de brigade Billy MitchellAilsby, Christopher: Hitler's Sky Warriors: German Paratroopers in Action, 1939-1945, page 12. Spellmount Limited, 2000.. Toutefois, le Haut Commandement allié a été forcé d'abandonner cette idée car il n’était pas préparé pour une telle entreprise, à la fois sur les plans logistique et matériel. Les premières nations à reconnaître le potentiel des forces aéroportées ont été l'Italie et l'Union soviétiqueAilsby, 16.. L'éventualité de mettre en place une opération aéroportée massive fut réalisable avec le développement du parachute en Italie dans les années 1920, l’une des principales innovations consiste à relier le parachute à l’appareil permettant une ouverture automatique lors du saut. Cette technique a permis de produire des sauts à plus basse altitude, limitant l'exposition au feu ennemi, en un saut rapide permettant au parachutiste d’atterrir sur une zone de saut plus compacte qu’il n'était jusqu'alors possible avec une ouverture manuelle.
1930 Les Soviétiques ont été les premiers à démontrer les possibilités militaires de l'infanterie aéroportée dans les années 1930 avec une série de manœuvres tenue en 1935 et 1936. Bien que n’ayant pas tout le matériel adéquat (les parachutistes soviétiques ont dû quitter leur lent appareil de transport Tupolev TB-3 par une trappe fixée au toit, puis se sont positionnés le long des ailes pour pouvoir ainsi sauter ensemble), l'exercice a réussi à poster dans la zone de saut, suivis d'une autre vague de en plus de l'équipement lourd livré par largage. Les forces ainsi rassemblées ont ensuite procédé à des attaques d'infanterie classiques, avec soutien de mitrailleuses lourdes et éclairage d’artillerieAilsby, 18.. Parmi les observateurs étrangers était présent Hermann Göring.
Impressionné, l’ambitieux Göring s'est personnellement engagé dans la création des troupes aéroportées de la Luftwaffe (l’Armée de l’air) dans les années 1930Ailsby, 21.. En qualité de ministre de l'Intérieur, il a ordonné la formation d'une unité de police spécialisée en 1933, la « z.b.V. Wecke », consacrée à la protection des responsables du parti Nazi. L'organisation de cette unité a été confiée au Polizeimajor Walther Wecke des Forces de police prussienne, qui avait réuni un détachement spécial de et en son sein en deux jours. Le , le détachement a été officiellement renommé « Landespolizeigruppe Wecke z.b.V. », et a été le premier Landespolizeigruppe en AllemagneAilsby, 22.. Le , l'unité a été rebaptisée à nouveau, devenant ainsi le « Landespolizeigruppe General Göring ». L'unité a exercé des fonctions de police classique durant deux années, sous le commandement de l’adjudant ministériel de Göring, Jakoby Friedrich, mais Göring avait finalement l'intention de produire une unité qui corresponde à la Reichswehr.
Au printemps de 1935 (mars-avril), Göring a transformé la « Landespolizei General Göring » en unité parachutiste, la consacrant ainsi en tant que premier régiment aéroporté d’Allemagne et lui donne la désignation militaire de « Regiment General Göring » (RGG). Le régiment est incorporé dans la Luftwaffe nouvellement formée le (après qu’Adolf Hitler introduit la conscription du ). Le de la même année, la formation parachutiste commence à Altengrabow et Göring fait appel à un groupe de volontaires pour la formation parachutiste. Ces volontaires forment alors le noyau du « Fallschirmschützen Bataillon » (bataillon de soldats parachutistes) et un cadre pour l'avenir des « Fallschirmtruppe » (troupes aéroportées). En , et officiers forment le Jäger/ RGG, commandé par Bruno Bräuer, et le 15, des ingénieurs du RGG sont transférés au secteur d'entraînement Döberitz pour aller en formation alors que le reste du régiment est envoyé à AltengrabowAilsby, 23..
La création des troupes aéroportées de l'Allemagne a été officiellement inaugurée le Ailsby, 26. avec comme ordre du jour l'appel de recrues volontaires pour l'entraînement parachutiste à l'école de parachutisme de Stendal, située à l'ouest de Berlin. L’école des troupes aéroportées de Stendal était réputée comme l'entraînement militaire le plus dur qui soit et une forte camaraderie unissait ces hommes. L'école a été active plusieurs mois après que les premières unités parachutistes furent créées en et est restée ouverte et active pour le personnel de réserve de la Luftwaffe. Officiers, sous-officiers et soldats de la Luftwaffe devaient non seulement mener à bien six sautsFallschirmjäger in Action, page 11, Squadron/Signal Publications., mais devaient également être capables de combattre seuls ou en petit groupe et faire preuve d'une très grande ténacité afin de recevoir le prestigieux brevet parachutiste allemand (institué le ). Précisons enfin que l’infanterie aéroportée d’élite des Fallschirmjäger ne doit pas être confondue avec les soldats d'infanterie des « divisions de campagne de la Luftwaffe » formées au début de la guerre d'excédent de personnel de la Luftwaffe et qui n'étaient pas parachutistes.
Seconde Guerre mondiale vignette|upright=1.8|Fallschirmjäger prêts à embarquer pour le « saut de l'ange » des parachutistes allemands. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, l'Armée de l'air allemande (Luftwaffe) a formé des unités d’infanterie aéroportée d’élite (Fallschirmjäger). Contrairement aux diverses forces aéroportées organisées dans les autres nations, les parachutistes allemands faisaient partie de la Luftwaffe (Armée de l'air) plutôt que de la Heer (Armée de terre) car la Luftwaffe avait présenté un projet élitiste plus ambitieux. À partir d'un petit nombre de bataillons de Fallschirmjäger au début de la guerre, la Luftwaffe a mis en place une division constituée de trois régiments de Fallschirmjäger avec armes de soutien et moyens aériens, connu sous le nom de 7. Flieger-Division ( aérienne).
Le , lors de l’attaque du Danemark, les unités de Fallschirmjäger ont effectué la première opération aéroportée de l’histoire. Dans les premières heures du matin de l’opération Weserübung, ils ont attaqué et pris le contrôle de la base aérienne d'Aalborg qui a joué un rôle-clé pour sa qualité de station de ravitaillement pour la Luftwaffe lors de l'invasion subséquente de la Norvège. Dans le même assaut, les ponts autour d’Aalborg ont été pris. D'autres attaques aériennes au cours de la bataille du Danemark ont également été menées, dont une sur un fort de l'île de Masnedø.
La première confrontation s'est produite au cours de la campagne de Norvège, lors de l'invasion initiale, lorsque les Fallschirmjäger ont capturé la base aérienne de Sola, près de Stavanger. Les Fallschirmjäger ont aussi connu leur première défaite, largués sur le village en jonction du chemin de fer de Dombås le , ils durent combattre seuls et en terrain inconnu les Forces armées norvégiennes quatre fois plus nombreuses dans ce secteur pendant une bataille qui dura cinq joursBjørn Jervaas: The Fallschirmjäger Battle at Dombaas .. Plus tard, les Fallschirmjäger de la aérienne ont été réorganisés et utilisés comme base de nouvelles divisions parachutistes d’infanterie d’élite de la Luftwaffe, numérotées dans une série en commençant par Première Division Fallschirmjäger. Ces formations ont été organisées et équipées comme divisions d’infanterie motorisée, et ont souvent joué le rôle d’une brigade de « pompiers du Reich » (une manière imagée de dire : ceux qui interviennent pour faire taire le feu ennemi, là où ça chauffe très fort) sur le front occidental. Ils sont souvent rencontrés sur le champ de bataille comme groupes de combat (Kampfgruppen) détachés d'une division ou organisés en nombre d'actifs disponibles. Conformément à la pratique allemande devenue standard, les brigades parachutistes ont été appelées par le nom de leur commandant ( « groupe Erdmann » en France, et la « Fallschirmjäger-Brigade Ramcke » en Afrique du Nord).
Pendant la seconde moitié de la Seconde Guerre mondiale, les Fallschirmjäger n’étaient plus véritablement engagés dans des opérations aéroportées car ils étaient davantage utilisés dans le seul rôle d’infanterie d’élite en raison de la réalité de la situation stratégique, ils conservaient cependant à titre honorifique leur spécificité de troupes aéroportées. Vers la fin de la guerre, les divisions de Fallschirmjäger étaient environ plus d'une douzaine, comprenant un nombre important de nouvelles recrues entraînant une diminution de la qualité des unités. À compter de , ils reçurent des uniformes camouflés de type Leibermuster. Parmi ces divisions, la parachutiste, qui était la dernière division de parachutistes à être levée en Allemagne au cours de la Seconde Guerre mondiale. La division a été détruite aux dernières heures de la guerre au cours de la bataille de Berlin en .
Les Fallschirmjäger ont reçu un total de entre les années 1940-1945. Vingt-quatre croix de chevalier de la croix de fer ont été attribuées à l'ouest et vingt-sept ont été attribuées après la Crète. Sur les , quinze étaient avec feuilles de chêne, cinq avec feuilles de chêne et épées, les autres avec feuilles de chêne, glaives et brillants.
Opérations vignette|Fallschirmjäger atterrissant en Crète. vignette|Un Fallschirmjäger lourdement armé, porte un Panzerfaust et la très caractéristique « blouse de saut » camouflée Splittermuster 41 « éclat ». vignette|Section des Fallschirmjäger en Crète.
Les Fallschirmjäger ont participé à de nombreuses batailles célèbres de la Seconde Guerre mondiale et sont intervenus dans de nombreux théâtres d’opération. En leur qualité de troupe d'élite, ils ont souvent été déployés dans des attaques de première ligne pour provoquer une brèche décisive dans la ligne adverse (par exemple lors de l’attaque du fort d’Ében-Émael en Belgique), mais ont également été utilisés en défense pour devenir un véritable rempart, stoppant net l’adversaire (par exemple : la bataille du Monte Cassino en Italie). Ils ont vu l'action sur tous les fronts, durant les campagnes de Norvège et au Danemark, en Belgique, aux Pays-Bas et en France en 1940, mais aussi les principales opérations de la campagne des Balkans, Crète, Afrique du Nord, Italie, ainsi que sur le Front de l'Est et plus tard, le Front de l'Ouest. Les Fallschirmjäger ont été très respectés par les Alliés, non seulement pour leur haute qualité combative mais aussi pour leur noblesse au combat, comme l'attestent de nombreux témoignages vantant leur moralitéGerman Airborne Troops 1939-45 par Bruce Quarrie, page 18, Osprey Publishing Ltd..
Sélection de batailles importantes