Les Charentes constituent un toponyme régional désignant les deux départements de la Charente et de la Charente-Maritime, plus que le nom du fleuve lui-même, dans le Sud-Ouest de la France, plus précisément en Nouvelle-Aquitaine, et dont l'utilisation est largement répandueGuide Vert Michelin, Côte de l'Atlantique : « Angoumois, Aunis, Saintonge : Ces provinces couvrent les départements de Charente et Charente-Maritime qui sont à l'origine du terme général « les Charentes » par lequel on désigne souvent cette région. ».
Les habitants sont les Charentais et Charentaises.
Origine et histoire brève du toponyme Les Charentes
Un toponyme en lien avec le chemin de fer Il s'agit d'une appellation contemporaine, plus ancienne qu'il n'y paraît, puisque le vocable géographique "les Charentes" remonte dans le courant de la seconde moitié du XIXè siècle avec la réalisation du chemin de fer entre Angoulême et Rochefort où est créé à Saintes, en 1862, le siège de la Compagnie des chemins de fer des Charentes, plus communément connue sous l'appellation Compagnie des Charentes.
L'idée est largement maintenue dans les années d'après-guerre où cette appellation géographique se généralise dès les années 1950 avec la création de la région Poitou-Charentes en 1956.
Ainsi, à partir de la seconde moitié du XIXè siècle, vers la fin du Second Empire, la désignation "les Charentes" fait son apparition assez naturellement grâce au chemin de fer. Cependant, le nom que la Compagnie ferroviaire choisit fut un raccourci commode pour désigner les deux départements charentais qui s'étaient cloisonnés derrière leurs limites départementales pendant la première moitié du XIXè siècle. La création de la voie ferrée en 1867 le long du fleuve Charente a permis de rapprocher les anciennes provinces de l'Angoumois, de la Saintonge et de l'Aunis.
D'ailleurs, le nom a été externalisé au-delà des deux départements charentais par la Gare de Limoges-Montjovis qui s'appelait anciennement Gare des Charentes et dont le vocable est toujours utilisé pour désigner la place de la Gare SNCF de Limoges, la Place des Charentes.
Ce projet de réalisation d'une voie ferrée le long du fleuve s'est appuyé sur des recherches géologiques à la demande des deux départements charentais: L'exploration géologique des Charentes (partie septentrionale du Bassin aquitain) ; Christian MOREAU et Jean GAUDANT; Comite Français d'Histoire de la Géologie (COFRHIGEO) (séance du 11 mars 2015). Des explorations géologiques ont donc accompagné les différents travaux ferroviaires pour affiner les connaissances de terrain. Ces études du soubassement sédimentaire ont mis en évidence une certaine unité naturelle où "les Charentes sont le pays du calcaire"Daniel Faucher, "La France - Géographie - Tourisme", Tome 1 : le Bassin Aquitain, éditions Larousse, 1952; p. 436.. Ces assises géologiques ont été confortées plus tard par des observations géographiques dans le tournant des années 1950 dont les travaux du géographe Daniel Faucher dans "La France - Géographie - Tourisme" aux éditions Larousse en 1952= Daniel Faucher dans "La France - Géographie - Tourisme", éditions Larousse,1952.
Un vocable qui s'affirme dès les années 1950
Le vocable géographique fut conservé par la suite et trouva un véritable écho à partir des années 1950.
Ainsi l'expression "les Charentes" a contribué à la formation de l'ancienne région de programme Poitou Charentes, créée artificiellement en 1956, pour différencier l'appellation du Poitou, au nord, des anciennes provinces d'Angoumois, Aunis et Saintonge, au sud. Ces trois dernières provinces, unies par une histoire commune liée en grande partie au fleuve et regroupées en deux départements articulés autour du fleuve Charente= Les origines de la vallée de la Charente, ont alors reçu l'appellation générique des Charentes, confirmant un concept géographique déjà existant, certes simplifié, mais très éloquent.
Le géographe Louis Papy a appuyé ce concept régional dans son étude géographique Le Midi Atlantique réalisée en 1982. L'appellation s'est également généralisée dans toutes les revues touristiques à l'instar des éditions de voyage Michelin comme le célèbre Guide Vert Poitou Vendée Charentes, ou plus recemment, le Guide Vert Les Charentes.. Le tourisme qui occupe une importance croissante dans la vie économique des deux départements charentais a même vu la concrétisation de l'union des deux offices de tourisme départementaux au sein d'un office interdépartemental dénommé Charentes Tourisme= Charentes Tourisme= Logotype de Charentes Tourisme.
De ce concept en ont découlé naturellement des appellations d'origine, provenant des riches terroirs agricoles des pays charentais, dont deux en particulier se sont illustrés, le beurre et le pineau des Charentes. Ainsi, suite au vaste mouvement régional de la coopération laitière, né à Surgères, le célèbre beurre des Charentes, plus communément connu sous l'appellation beurre Charentes-Poitou, a contribué au renom des Charentes. Il en est de même dans le domaine du vignoble charentais qui, en dehors de la célèbre eau-de-vie de Cognac, a élaboré le pineau des Charentes dont la renommée s'est étendue bien au-delà de la région des pays charentais.
Par ailleurs et un peu à titre anecdotique, dans les bulletins météorologiques, l'appellation "les Charentes" est largement utilisée. S'il s'agit d'établir une ligne de séparation entre le nord et le sud, c'est le fleuve, la Charente, qui sert de limite. Cependant il arrive de temps à autre, que le vocable est erronément employé lorsqu'il est désigné abusivement sous l'expression "les Charentes-Maritimes" par des présentateurs météorologiques= La Charente et les Charentes.
Histoire Les deux départements charentais ont été formés en 1790 sur la base des anciennes provinces d'Aunis, de Saintonge et d'Angoumois, ainsi que de quelques territoires ôtés au Poitou (Ruffecois, Pays d'Aulnay), à la Marche (Confolentais) et au Périgord.
Administrativement, les Charentes ont fait partie de la région Poitou-Charentes de 1956 à 2016 et en formaient la moitié sud. Depuis 2016, elles sont en Nouvelle-Aquitaine.
Duché d'Aquitaine
Jacquerie des Pitauds
Révolte des Croquants
Géographie vignette|220px|Paysage caractéristique du vignoble charentais à Birac.|gauche Géologiquement et climatiquement, les Charentes font partie du Bassin aquitain et sont traversées par le fleuve Charente qui sert de trait d'union entre des terroirs très semblables, à l'exception des bordures orientales et méridionales. Elles sont séparées du Poitou au nord par le seuil du Poitou, qui fait communiquer le Bassin aquitain avec le Bassin parisien.
Plusieurs régions naturelles structurent les Charentes sans véritablement les différencier. Celles-ci ont été définies par le géographe Frédéric Zégierman. D'ouest en est : l'Aunis, le Rochefortais, Marennes-Oléron, le Royannais, la Saintonge romane, la Haute Saintonge, le Petit Angoumois, le Cognaçais, le Ruffécois, l'Angoumois, le Montmorélien, le Pays d'Horthe et Tardoire et le Confolentais.
Ces micro-régions présentent généralement une certaine uniformité entre elles, notamment dans l'occupation de leurs terroirs agricoles où la vigne à cognac, notamment, singularise fortement les Charentes.
De plus, le caractère rural de cette région y est largement prédominant avec un habitat dispersé, des fermes isolées ou de petits hameaux. Parmi eux s'individualisent de belles maisons en pierre de taille, avec plusieurs étages, surmontées de toits mansardés en ardoises, et entourées le plus souvent de hauts murs. Ce type d'architecture est également présent dans les centres anciens des petites et moyennes villes et dans celui des bourgs plus ou moins importants, rappelant pour la majorité d'entre eux leur riche passé viticole, sinon leurs anciennes industries jadis prospères, conférant à la région un caractère assez original.
Fleuve Charente
vignette|Bassin de la Charente dans le Bassin Adour-Garonne. Le bassin versant de la Charente couvre la majeure partie des deux départements charentais et se rattache au vaste bassin hydrographique Adour-Garonne, dont ce dernier couvre à peu près l'ensemble du bassin Aquitain.
Le bassin hydrographique de la Charente occupe la majeure partie des Charentes où le fleuve y joue encore un rôle de liaison. Ce grand bassin fluvial côtoie d'autres bassins qui ont une emprise sur la région des pays charentais, comme celui du cours moyen de la Vienne à l'est, dans les premiers contreforts du Limousin occidental, et qui arrose Confolens, petite cité en pays charentais, ou servent de délimitation géographique comme ceux de la Sèvre niortaise et de son affluent de rive gauche, le Mignon, au nord-ouest, marquant une nette séparation avec la Vendée, portion de l'ancienne province du Poitou, du vaste estuaire de la Gironde au sud-ouest ou encore de la Dronne et de son affluent, la Lizonne, les différenciant nettement du Périgord au sud et au sud-est.
Le fleuve Charente, d'une longueur totale de , prend sa source à Chéronnac dans le département de la Haute-Vienne. Après une incursion vers le nord-ouest, puis le sud, le fleuve traverse la région des Charentes d'Est en Ouest avant de se jeter dans l'Océan Atlantique, face au Pertuis d'Antioche.
Le fleuve a joué un rôle majeur dans l'histoire des pays charentais fixant notamment les principales villes et quelques autres dont, d'amont en aval, se trouvent Ruffec, Angoulême, Châteauneuf-sur-Charente, Jarnac, Cognac, Saintes, Saint-Savinien, Tonnay-Charente, Rochefort et Fouras à l'entrée de son embouchure, sur sa rive droite.
Les principaux affluents du fleuve ont également permis le développement de petites villes et irriguent des territoires assez individualisés.
Sur la rive droite, deux affluents se distinguent de par leur longueur et leur débit : l'Antenne qui, après avoir drainé Matha, conflue sur le cours moyen de la Charente juste en aval de Cognac, et la Boutonne, qui est son principal affluent, arrose Saint-Jean-d'Angély et mêle ses eaux avec la Charente quelques kilomètres en amont de Tonnay-Charente où commence véritablement l'estuaire du fleuve.
Sur la rive gauche de la Charente, les affluents sont beaucoup plus nombreux mais de plus modestes dimensions; cependant, les principaux parmi eux sont des tributaires assez importants au fleuve. D'amont en aval affluent la Bonnieure qui rejoint le fleuve à Mansle, celle-ci reçoit sur sa rive gauche la Tardoire, rivière qui draine La Rochefoucauld-en-Angoumois; puis en amont d'Angoulême, la Touvre, qui arrose Ruelle-sur-Touvre et Gond-Pontouvre et qui est la deuxième résurgence de France; le Né, qui arrose Barbezieux-Saint-Hilaire et qui sert de limite administrative entre les deux départements charentais dans son cours aval, et, enfin, la Seugne, qui passe à Jonzac et à Pons, rejoint le fleuve par un delta en amont de Saintes.
Vignoble charentais vignette|Zones de production du cognac
Le cœur des Charentes est son vignoble, cultivé pour produire le cognac et le pineau des Charentes, ainsi que les vins Charentais et Atlantique. Cette région viticole est quelquefois incluse dans la plus vaste région des Vignobles et vins du Sud-Ouest.
Les Charentes : une région relativement peuplée en Nouvelle-Aquitaine
Situées dans la partie septentrionale de la Nouvelle Aquitaine, les Charentes sont une région relativement peuplée puisque les deux départements charentais qui les composent rassemblent près de en 2023 et ont une densité moyenne de 80 hab/km². Ces données démographiques font des Charentes le deuxième espace géographique par sa population en Nouvelle-Aquitaine se situant après le départementvde la Gironde mais devancant nettement les Pyrénées-Atlantiques.