Esther Lekain, de son vrai nom Ernestine Nikel, est une chanteuse française, née le à ParisArchives en ligne de Paris , année 1870, acte de naissance , cote V4E 1429, vue 29/31 (avec mention marginale de décès) et morte le à Nice.
Biographie Il a longtemps existé une incertitude sur le vrai patronyme d'Esther Lekain, sur son lieu de naissance et sur l'origine de son pseudonyme.
Son acte de naissance, où figurent en marge la date et le lieu de son décès, indique qu'elle est née Rue Sedaine dans le . Elle aurait passé sa jeunesse à Saint-Nicolas-de-Port près de Nancy.
Selon Brunschwig, Calvet et KleinChantal Brunchwig, Louis-Jean-Calvet, Jean-Claude Klein, Cent ans de chansons françaises, p.241., Esther Lekain fait ses débuts en 1885 à l'Alcazar de Marseille. Elle « monte » à Paris où elle s'impose rapidement. Elle se produit dans toutes les grandes salles parisiennes : à La Cigale (1895)La Grisette, revue populaire illustrée (Gallica) 30, 27 juillet 1895, p.3., au Concert parisien rue de l'Échiquier (devenu plus tard le Concert Mayol), à l'Alcazar d'été, à l'Alhambra, à la Scala, au Parisiana boulevard Poissonnière, aux Ambassadeurs, aux Folies BergèrePhilippe Chauveau, Dictionnaire historique des cafés-concerts et des music-halls de Paris cité in André Sallée et Philippe Chauveau (dir.), Music-hall et café-concert, Bordas, 1985, pp.113-189. Cet ouvrage propose un index des noms de personne fort utile pour retrouver les participations des artistes dans les salles..
Yvette Guilbert la surnomme « la reine des diseusesCentre national du patrimoine de la chanson, des variétés et des musiques actuelles ». Vêtue sobrement, elle souligne par des jeux de physionomie chaque couplet de ses chansons, mais sans extravagance. Quittant brutalement la scène pour se marier, elle y revient après plusieurs années et retrouve au Parisiana son fidèle public.
Elle fit ses adieux officiels à la scène au Palace, en 1936, âgée de soixante-six ans. Deux ans plus tard, elle ouvre une école de la chanson. Elle fêtera ses soixante-dix ans de carrière.
En 1954, elle est faite chevalier de la Légion d'honneurDossier de titulaire de l'Ordre de la Légion d'Honneur d'Ernestine Niekiel.
Georges Millandy dit d'elle : Georges Millandy, Lorsque tout est fini : souvenirs d'un chansonnier du Quartier latin, éd. A. Messein, 1933.. On pouvait lire dans la Revue musicale : Henry Prunières, La Revue musicale, éd. Richard-Masse, 1935..
Elle a influencé notamment Damia et Tino Rossi. Jean Lumière fut son filleul de spectacle : Esther Lekain choisit son pseudonyme de Lumière : « Votre voix est claire, vous êtes du Midi, vous vous appellerez Jean Lumière. »
Elle est inhumée au cimetière de Caucade de NiceCimetières de France et d'ailleurs.
Enregistrements Esther Lekain a enregistré sur tous les supports musicaux au fil de leur évolution : cylindre à la fin du , disque à saphir en 1906, disque à aiguille (procédé acoustique), disque à aiguille (procédé électrique) dans les années 1930, disque 33 tours vinyl.
Esther Lekain accompagnée par Marc Berthomieu (1954, Pathé AT1043) En 1954, à 84 ans, elle enregistre avec le pianiste Marc Berthomieu († 1991) huit chansonsNotice BNF..
Ré-édition numérique Une partie de ses chansons a été rééditée sur CD dans des anthologies. Depuis l'arrivée du numérique, plusieurs titres de Lekain figurent sur des anthologies ; en 1993, un CD lui est consacré.
Esther Lekain, succès et raretés (1993, Chansophone 134-DK003) La notice de 6 pages précise les marques, les matrices et les dates des enregistrements originaux (conception : Jacques Primack et Gilles Pétard, restauration sonore Emmanuel Ramade et Lionel Risler)
Anthologies Les titres du CD (parfois en versions différentes) sont également publiées dans des anthologies. Signalons le titre C'est un petit béguin (3:49), paroles de Gabriel Timmory († 1965) et musique de Henri Christiné († 1941) (dans « Les 125 chansons les plus populaires du siècle dernier », Marianne Mélodie, 2010).
Théâtre 1937 : Le Crime du boulevard Haussmann de Georges Vaxelaire, mise en scène Fernand Mailly, Théâtre des Capucines
Cinéma 1928 : La Faute de Monique de Maurice Gleize : Dermond ; adaptation du roman-éponyme de Thérèse Trilby (Flammarion, 1928)Réédité en 1951 sous le titre Monique, poupée française (notice BNF). aux côtés de Rudolf Klein-Rogge, un des acteurs favoris de Fritz Lang. 2004 : Un long dimanche de fiançailles de Jean-Pierre Jeunet : en fond sonore (Tout ça ne vaut pas l'amour) dans une cabine téléphonique parisienne, alors que Mathilde (Audrey Tautou) adresse un coup de fil au curé du village de Cet Homme (Urbain Cancelier), lequel s'exclame en entendant la chanson : '' Dites donc, ce n'est pas une ode à la Sainte-Vierge que j'entends derrière vous ! ''
Notes et références
Voir aussi Sources et bibliographie Paris qui chante, revue hebdomadaire illustrée, (), (16 pages, numéro spécial « Esther Lekain », photos, article et entretien avec Esther Lekain ; quatre chansons : La Garde qui passe, C'est qu'un béguin, Farandole blanche, La Pavane, Pour toi polka-marche pour piano. Chantal Brunschwig, Louis-Jean Calvet, Jean-Claude Klein, Cent ans de chanson française, coll. Points actuels, Seuil, Paris, 1981 ( éd. reliée) Serge Dillaz, La chanson sous la république (1870-1940), Tallandier, 1991 Guy Erisman, Histoire de la chanson, éd. Hermès (Connaissances), 1967 François Caradec, Alain Weill, Le Café-concert (1848-1914), Fayard, Paris, 2007 Claude Fléouter (préface Eddy Mitchell, illustrations Gabriel Gay), Le Siècle de la chanson française, éd. Scala, 2008 André Sallé et Philippe Chauveau (dir.), Music-hall et Café-concert, Bordas, Paris, 1985 France Vernillat, Jacques Charpentreau, Dictionnaire de la chanson française, éd. Larousse, 1968
Iconographie Affiche de l'Alcazar d'été sur Gallica. Affiche signée Fernel.
Liens externes
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