Rosheim (prononcé ; Rose en alsacien) est une commune française située dans la circonscription administrative du Bas-Rhin et, depuis le , dans le territoire de la Collectivité européenne d'Alsace, en région Grand Est.

Cette commune se trouve dans la région historique et culturelle d'Alsace.

Ses habitants sont les Rosheimois.

Chef-lieu de canton de 1790 à 2014, centre viticole sur la route des vins d'Alsace, la petite ville est riche d'un passé et d'un patrimoine exceptionnels qui lui ont valu le surnom de « cité romane », ou « ville à la rose » en référence à son emblème héraldique.

Géographie

Localisation La commune se situe à une altitude de , et se trouve à de Paris ; à de Strasbourg ; à d'Obernai ; et à de Molsheim.

Communes limitrophes

Topographie et relief L'agglomération de Rosheim occupe un large vallon orienté ouest/sud-ouest - est/nord-est faisant partie de l'ensemble géomorphologique des collines sous-vosgiennes. Limité au nord par les reliefs du Westerberg (vignoble, alt. 300 m), à l'ouest par le contrefort vosgien de l'Eichwald (forêt alt. ), au sud par le Bischenberg (vergers, vignoble, forêt, alt. ) qui est l'une des rares collines sous-vosgiennes à n'être pas reliée aux Vosges, ce vallon s'ouvre vers la plaine à l'est et se prolonge jusqu'à Innenheim. Le talweg est occupé par le Rosenmeer, ruisseau en partie canalisé augmenté du tiers des eaux de la Magel depuis le au moins, affluent de l'Ehn à Innenheim. Le versant nord du vallon, sur lequel l'établissement médiéval du centre-ville a provoqué plusieurs modifications topographiques importantes (remblaiements, terrassements), monte globalement en pente douce jusqu'au vignoble et se raidit légèrement au-delà. Le versant sud, flanc nord du Bischenberg, est quant à lui plus abrupt. La commune s'étend au-delà de l'Eichwald jusqu'à Grendelbruch, disposant ainsi d'une grande surface forestière. Le ban de la commune comprend ainsi les trois types de paysages alsaciens : la plaine, les collines sous-vosgiennes, la forêt vosgienne.

Hydrographie Réseau hydrographique vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de RosheimLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.. La commune est dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par le ruisseau la Magel, le ruisseau le Rosenmeer, le ruisseau de Boersch, le ruisseau Grand Ruchthal et le ruisseau Lauterbach..

La Magel, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Ottrott et se jette dans la Bruche à Heiligenberg, après avoir traversé .

Le Rosenmeer, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Rosenwiller et se jette dans l'Ehn à Innenheim, après avoir traversé .

Gestion et qualité des eaux Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Ill Nappe Rhin ». Ce document de planification concerne la nappe phréatique rhénane, les cours d'eau de la plaine d'Alsace et du piémont oriental du Sundgau, les canaux situés entre l'Ill et le Rhin et les zones humides de la plaine d'Alsace. Le périmètre s’étend sur . Il a été approuvé le . La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est la région Grand Est..

La qualité des cours d’eau peut être consultée sur un site géré par les agences de l’eau et l’Agence française pour la biodiversité..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental. et est dans la région climatique Vosges, caractérisée par une pluviométrie très élevée ( à ) en toutes saisons et un hiver rude (moins de ).. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune d'Entzheim à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Rosheim est catégorisée ceinture urbaine, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de RosheimUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie. , une agglomération intra-départementale regroupant deux communes, dont elle est ville-centreDans une agglomération multicommunale, une commune est dite ville-centre lorsque sa population représente plus de 50 % de la population de l’agglomération ou de la population de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Rosheim comprend une ville-centre et une commune de banlieue... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Strasbourg (partie française), dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de ou plus (hors Paris)...

Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (57,2 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (57,2 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (57,2 %), cultures permanentes (13,9 %), terres arables (12 %), zones urbanisées (6,6 %), prairies (3,6 %), zones agricoles hétérogènes (3,4 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (3,3 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)..

Morphologie urbaine Aperçu général L'automobiliste traversant ou s'arrêtant peu de temps à Rosheim aura à première vue l'impression d'une ville-rue. La D 35 (avenues de la Gare et Leclerc, rue Charles-de-Gaulle, route de Grendelbruch) constitue en effet l'axe structurant majeur de la cité. Cependant l'observation et la découverte de la morphologie urbaine de Rosheim atténuent cette impression. Jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, un ruisseau canalisé, indiqué simplement d'Bach (« le ruisseau ») ou vu comme une déviation du Rosenmeer, longeait à ciel ouvert presque l'intégralité de la rue principale dans sa traversée de la vieille ville ; il est aujourd'hui souterrain. Rosheim est constituée du centre historique intra muros dont l'urbanisation extérieure ne débuta vraiment qu'avec l'industrialisation dans la seconde moitié du , de faubourgs du début du , de quartiers résidentiels (lotissements) et de quatre zones à vocation économique.

Centre historique Traversée en une grossière diagonale par la rue Principale, la ville ancienne, bâtie légèrement à l'amont nord du talweg, est historiquement divisée en trois secteurs : un noyau central circulaire, fortifié et percé de deux portes toujours existantes (Zittgloeckel et porte de l'École), qualifié de Mittelstadt ; la ville basse à l'est de ce noyau, appelée Niderstadt ; la ville haute à l'ouest, Oberstadt, secteur le plus important en surfaces viaire et bâtie, qui était subdivisé au Moyen Âge en deux quartiers, l'un au nord, l'autre au sud de la rue Principale. L'enceinte extérieure, englobant ces trois secteurs et épousant leurs limites, avait une forme grossièrement rectangulaire, percée de trois portes dont deux existent toujours (porte basse dite « de la Vierge » ou « de Strasbourg », porte du Lion vers le vignoble et Rosenwiller) ; il subsiste les côtés est et sud de ce rempart. La structuration du réseau viaire s'articule par rapport à la rue Principale, aux anciennes propriétés colongères et aux limites imposées par les deux enceintes et leur ancien fossé.

Mittelstadt

vignette|250px|gauche| Église, photographie de Henri Le Secq prise en 1851.

Le noyau central, qui marque les anciennes possessions de Hohenburg puis des Hohenstaufen et dont l'habitat était jadis bien plus dense, constituait dès le Moyen Âge le centre administratif de la ville. Il abrite :

l'église romane Saints-Pierre-et-Paul, le Meyerhof, ancienne dépendance de Hohenbourg aujourd'hui détruite. Situé à quelques mètres de l’église Saints-Pierre-et-Paul, il occupe 1/10 de l’espace urbanisé de la Mittelstadt. Considéré par certains comme le lieu d’un palais construit par l’empereur Frédéric Barberousse lui-même, il était de façon certaine une cour colongère de l’abbaye du Mont Sainte-Odile depuis le . l’occupation de ce terrain remonte au d’après une étude archéologique réalisée en 1995. De la période primitive, il restait un ensemble de bâtiments bien conservés, à ce titre le Meyerhof était le plus grand ensemble civil roman d’Alsace et l’équivalent des ensembles visibles à Cluny, à Metz ou à Trêves. Il a été détruit en 2018. l'hôtel de ville et l'ancienne prison, le puits à six seaux, la Laube (anciennes boucheries et maison de justice, aujourd'hui Maison cantonale du tourisme), les Halles, l'école Hohenbourg (ancien bâtiment du préteur royal de Rosheim, 1708), l'ancienne grange dîmière (rue de la Dîme), le Trésor public. La place du 26-Novembre était jadis occupée par plusieurs bâtiments ; son débouché, la rue Braun, sinue dans le noyau central pour en constituer la troisième et dernière issue et aboutir à la porte du Lion ; le reste du noyau central est composé d'impasses dont l'entrée était jadis souvent surmontée de porches dont il subsiste parfois la trace (rue de la Dîme, rue des Anges). Une anomalie topographique, véritable jardin suspendu, au fond des rues des Anges et des Boulangers laisse penser qu'une construction assez importante, peut-être fortifiée, a pu occuper l'angle nord-ouest du noyau central. De même, la « grotte de Lourdes » jouxtant le chevet de l'église romane s'appuie sur les vestiges d'une construction médiévale qui pourrait également avoir été fortifiée. La Mittelstadt est ceinte par les rues du Lion et de la Marne, correspondant au tour de l'ancien fossé (l'enceinte est toujours visible en plusieurs endroits, notamment dans la rue de la Marne).

Niederstadt vignette| Rosheim - vue de la Niederstadt vers la porte du Milieu.