vignette|Un C-160D allemand du Lufttransportgeschwader 63 (LTG 63) faisant un posé d'assaut durant la compétition multinationale d'avions de transport tactique Volant Rodeo ´85 à la base de Pope en Caroline du Nord (États-Unis) le 3 juin 1985. Cette formation, la dernière à utiliser le Transall en Allemagne est dissoute le 31 décembre 2021. vignette|Comparaison de taille, de haut en bas : C-160 Transall, C-130J, C-130J-30, A400M et C-17. Le C-160 Transall est un avion de transport militaire produit à partir de 1963 jusqu'en 1981 par un consortium franco-allemand. Le dernier Transall de la Luftwaffe allemande est retiré fin 2021.. En les derniers Transall de l'Armée de l'air française sont retirés. Le Transall reste en service en Turquie et en Australie.
Historique En janvier 1957, l'Allemagne de l'Ouest, l'Italie et la France sont intéressées par un appareil de transport militaire à moyen rayon d'action, sur la base d'un projet présenté par Nord-Aviation comme appareil de patrouille aéro-maritime. La firme française Nord-Aviation n'ayant pas les moyens de produire seule un projet d'une telle ampleur, il fut décidé en de créer le consortium Transport Allianz, dans le cadre d'une collaboration franco-germano-italienne, pour remplacer les avions de transport alors en service, dont la conception remontait à la Seconde Guerre mondiale dont le Douglas C-47 Skytrain, ou de l'immédiate après-guerre tel le Breguet Deux-Ponts.
L'Italie s'étant retirée du projet, la conception du Transall fut assurée par des entreprises françaises et ouest-allemandes seules, avec l'aide de la firme Rolls-Royce pour les groupes motopropulseurs. Pour la France, la firme Nord-Aviation s'impliqua à Bourges, alors que pour l'Allemagne de l'Ouest la firme Weser Flugzeugbau (WFB) construisit à Brême et Hamburger Flugzeugbau (HFB) s'investit à Hambourg.
Aux mains du chef-pilote de Nord-Aviation Jean Lanvario., cet appareil de transport militaire vole pour la première fois le à Melun-Villaroche. Construit à 50 exemplaires pour la France et à 110 pour l'Allemagne de l'Ouest, cet avion totalisera , car les Allemands en exporteront 20 en Turquie et 9 en Afrique du Sud. L'armée de l'Air française a reçu ses appareils entre juin 1965 et novembre 1984..
Le premier C-160 Transall « F1 » de série entre en service dans l'armée française le au sein de l'escadron de transport 1/61 Touraine où il remplace le Noratlas.
Une seconde série fut lancée à la fin des années 1970 : le C-160 NG (Nouvelle Génération), doté d'une avionique modernisée, de deux réservoirs de carburant supplémentaires et d'un système de ravitaillement en vol. La fabrication était cette fois assurée par Aérospatiale pour la France, Messerschmitt-Bölkow-Blohm et Vereinigte Flugtechnische Werke pour l'Allemagne. L'assemblage final s'est alors fait sur les chaînes d'Aérospatiale à Toulouse, et le C-160 NG a volé pour la première fois le . furent fabriqués uniquement pour la France, dont quatre C-160H destinés à servir de relais de transmission et deux C-160G d'écoute électronique.
A l'instar de ce qui avait été réalisé en sur le porte-avions USS Forrestal (CV-59) avec une campagne d'essais d'appontages et de décollages du C-130 « Hercules », le gouvernement français et l'OTAN étudièrent la possibilité de poser et de faire redécoller le C-160 depuis des porte-avions de l'US Navy dont les ponts d'envol étaient plus adaptés en dimensions que ceux des porte-avions de la Marine Nationale. Ces essais, programmés pour en Mediterranée, devaient engager deux C-160 non modifiés et le porte-avions américain USS America (CV-66) sur une durée de trois jours avec des posés-décollés, des posés courts et des redécollages. Une équipe française, composée d'ingénieurs et de militaires devant se trouver à bord du porte-avions de l'US Navy pour la durée des essais. Essais qui, malheureusement, furent reportés, puis annulés quelques semaines avant leurs débuts en raison de la mobilisation de l'USS America et de son groupe aéronaval au large du Liban.
De 1994 à 1999, tous les C-160 français ont été rénovés via une amélioration de leur avionique et l'addition d'un système de contre-mesures antimissiles. Les C-160F ainsi rénovés ont été renommés (« Rénové »). Les appareils de la Luftwaffe ont suivi un programme similaire d'extension de vie chez BAE Systems, mais tous les appareils français et allemands ont commencé à atteindre leur limite de fin de vie en 2005. En 2013, alors que les vingt derniers Transall français devaient tenir jusqu'en 2018, il est désormais prévu de ne mettre ces derniers à la retraite qu'en 2023 au plus tôt.. Leur nombre est en baisse rapide, passant de fin 2012 à 33 fin 2013. Ils ont alors un âge moyen de et leur entretien aura coûté d'euros.
L'armée de l'Air française décide la transformation de (version ravitailleur-ravitaillable) pour les équiper d'une carène servant aux missions ISR (intelligence surveillance & reconnaissance). En , commencent les essais du premier appareil. Le premier appareil concerné, est, comme les cinq suivants, un Transall. Cette carène était destinée à l'origine à accueillir la tuyauterie se déroulant vers l'aéronef ravitaillé, qui sera remplacée par une boule optronique MX20 et une vis sans fin servant à la sortir. Une carène spécifique devra être produite sur mesure pour chaque appareil.
L'intérêt de cette transformation consiste à effectuer les missions ISR en vol pressurisé, alors que jusqu'à présent les forces spéciales de l'escadron de transport d'opérations spéciales (ETOS) 3/61 Poitou devaient les effectuer portière ouverte.. alt=Un Transall ravitaille l'Île Tromelin en 2013|vignette|Un Transall des Forces armées de la zone sud de l'océan Indien ravitaille l'Île Tromelin en 2013. En 2016, l'ensemble des C-160 français est basé sur la base aérienne 105 Évreux-Fauville. Au , 18 appareils de transport et 2 Gabriel de recueil de renseignement électromagnétique sont en ligne..
Le dernier Transall de la Luftwaffe est retiré fin 2021. Le retrait officiel du Transall dans l'armée de l'Air française est célébré le à Évreux, après une tournée de vols d'adieux . Tous les appareils de la force aérienne sud-africaine ont déjà été retirés du service en 1998, tandis que l'armée de l'Air turque maintient en service obtenus d'Allemagne (C-160T).
Caractéristiques vignette|Embarquement d'un ERC-90 dans un Transall. vignette|C-160G Gabriel de l'EE54. vignette|C-160 Transall de l'Armée de l'air turque. Variantes Prototypes : C160V : + d'essais.
Série initiale : C-160D : pour la Luftwaffe, dont 3 de présérie, et desquels il faut retirer les 20 revendus à la Turquie (cf. ci-dessous) ; C-160F : pour l'armée de l'Air française, dont 3 de présérie ; C-160T : pour la Force aérienne turque ; C-160Z : pour la South African Air Force.
Seconde série (version améliorée) : C-160NG : pour l'armée de l'Air française ; Parmi ces : tous sont ravitaillables par une perche avant ; Seuls les disposent des équipements fixes permettant le ravitaillement (gestion des réservoirs, tuyauterie jusqu'à la carène gauche du train d'atterrissage principal, poste opérateur de ravitaillement.). Seuls de ravitaillement sont achetés : Chaque prêt-à-monter comprend : son enveloppe, sous forme de carène gauche de train d'atterrissage modifiée et prolongée, qui contient le treuil hydraulique permettant de déployer la tuyauterie souple et le panier réceptacle pour l'avion ravitaillé, un débitmètre et une cartouche de cisaillement pyrotechnique pour larguer le tuyau souple en cas de problème majeur. Ce prêt-à-monter est amovible et peut être monté sur l'un des NG ; Chaque équipé du prêt-à-monter de ravitaillement est dénommé familièrement « longue carène ». Des marquages (bandes rouges) et lampes spécifiques à cette carène gauche aident l'avion ravitaillé à se positionner à l'arrière du ravitailleur. Le tuyau souple de ravitaillement fait de long et permet à l'avion ravitaillé de se positionner en dehors du sillage des turbulences générées par les hélices du ravitailleur ; Le dispositif de ravitaillement arrière du « longue carène » peut aussi être utilisé au sol pour approvisionner un hélicoptère ou un avion, sur un terrain dépourvu de station kérosène. C-160NG : pour la compagnie indonésienne Pelita Air Service.
Les versions suivantes ont été réalisées par conversion d'appareils existants par la France : C-160G Gabriel de recueil de renseignement électromagnétique : modifiés et modernisés en 2009Projet de loi de finances 2009 du ministère de la Défense français (26 septembre 2008) . qui servaient à l'escadron électronique aéroporté 1/54 Dunkerque (retirés en 2022). Ils ne seront remplacés par trois Falcon 8X Archange qu'à partir de 2028, privant la France d'une capacité ROEM aérienne lourde durant cette période; C-160H Astarté (Avion STAtion Relais de Transmissions Exceptionnelles) : transformés en relais de communication aéromaritimes. En service de 1988 en 2001 au sein de l'escadron avion 1/59 Bigorre. Les épaves des appareils demeurent sur la base aérienne 279 Châteaudun. ; : ce sont des C-160 « F » ou « NG » avec avionique rénovée et système d'autoprotection. Depuis 1999, tous les C-160 « F » et « NG » sont devenus « R » ; C-160P : C-160F utilisés par l'Aéropostale française entre 1973 et 1985 comme avions postaux, puis reversés à l'armée de l'Air. Ils ont été retirés du service, et utilisés pour l'entrainement aux procédures de secours (évacuation d'urgence, pompiers).
Les versions suivantes ont été étudiées par la France, mais non réalisées : C-160 AAA : détection lointaine et identifications ; C-160 ASF : plateforme de tir Exocet AM39 ; C-160 S : surveillance maritime ; C-160 SE : surveillance électronique.
Les versions suivantes ont été étudiées par la Turquie, mais non réalisées : AC-160 CAS : appui aérien rapproché, non réalisé Projet Gören-1 : désignation de cible, poste de commandement. 3 C-130T transformés. En , la seule version en service actif du Transallhttps://www.scramble.nl/military-news/transall-crash-in-tuerkiye.
Spécifications techniques vignette|Soute d'un C-160 français. Le Transall est équipé de deux portes latérales arrières, escamotables, pour le largage de parachutistes équipés de SOA (sangles d'ouverture automatique) et d'un ensemble porte et rampe axiale à l'arrière, permettant le chargement du fret et le largage de matériel. Les chuteurs libres peuvent aussi utiliser cette ouverture pour sauter.
La soute du Transall peut être configurée de plusieurs manières, mélangeables entre elles : En configuration « lisse », sans aucun équipement, pour le transport de véhicules ou d'objets divers arrimés aux points d'ancrage dans le sol ; En configuration « passagers », avec des sièges en toile. La capacité de transport de passagers est de ou en place assise ; néanmoins, dans le cas de parachutistes équipés pour le combat cette capacité chute à 60 ; En configuration « Evasan » (évacuation sanitaire) avec superposées ; En configuration dite « DADA » (dispositif d'arrimage et de désarrimage automatique), avec deux rails de guidage et quatre bandes de rouleaux pour le chargement de ; En configuration bombardier d'eau, ils sont équipés d'une plateforme mobile conçue par Messerschmitt-Bölkow-Blohm, d'une masse à vide d'un peu plus de deux tonnes, mesurait de long, de haut et de large. Elle pouvait contenir jusqu'à d'eau ou de retardant évacués par gravité par la rampe arrière ouverte. Testé à partir de 1979, deux Transall ouest-allemands sont opérationnels à partir de 1983 peu de temps. Deux autres soutes mobiles sont utilisées par l'Indonésie de 1986 a 1997..