L'équipe d'Italie de football (AzzurriVoir l'usage sur FIGC.it) est la sélection de joueurs italiens représentant le pays lors des compétitions internationales de football masculin, sous l'égide de la Fédération italienne de football.
L'Italie est l'une des équipes nationales les plus titrées dans les compétitions internationales : elle a remporté quatre Coupes du monde, derrière l'équipe du Brésil (5), et à égalité avec l'Allemagne (1934, 1938, 1982, 2006), s'est qualifiée pour deux autres finales (1970, 1994) et a terminé troisième en 1990 et quatrième en 1978. L'Italie a également remporté deux Championnats d'Europe (1968, 2021) et s'est qualifiée pour deux autres finales de la compétition (2000, 2012). La sélection italienne a également terminé deuxième de la Coupe des champions CONMEBOL–UEFA en 2022, et troisième à la Coupe des confédérations en 2013 ainsi qu’à la Ligue des nations de l'UEFA en 2021 et 2023. L'Italie détenait le record de la plus longue série d'invincibilité en matchs internationaux masculins officiels (37), réalisée entre le et le ., avant que ce record ne soit battu par l'Espagne en 2026https://global.espn.com/football/story/_/id/49386139/spain-world-cup-win-unbeaten-record-argentina-lamine-yamal.
Dans le classement mondial de la FIFA, en vigueur depuis , l'Italie a occupé la première place à plusieurs reprises, notamment en et tout au long de l'année 2007 (février, avril-juin, septembre), son plus mauvais classement ayant été enregistré en , où elle occupait la place. Elle manque cinq éditions de la Coupe du monde : en 1930 (invitation déclinée), 1958, puis trois fois consécutivement, en 2018, 2022 et 2026.
L'équipe d'Italie est surnommée en France la (« Équipe bleue »), en référence à la couleur bleue de son maillot, et en Italie la (« Nationale ») ou (« les Bleus »).
Histoire Genèse thumb|left|Photo de la sélection avant son premier match en 1910.
Malgré la fondation de la Fédération italienne de football (, FIGC) dès 1898 et son affiliation à la Fédération internationale de football association (FIFA) en 1905, la sélection d'Italie ne fait ses débuts sur la scène internationale qu'en 1910, plusieurs années après plusieurs de ses voisins et près de après l'Angleterre et l’Écosse. La FIGC décide donc en janvier 1910 d'organiser un match. Umberto Meazza, membre du comité d'arbitrage italien, est désigné entraîneur. La sélection dispute son premier match le à l'Arena Civica de Milan face à la France. Les Italiens, qui jouent en blanc, l'emportent sur le score de 6-2. Le premier buteur de l'histoire de la sélection est Pietro Lana, qui réalise à cette occasion un triplé. Le , pour son , face à la Hongrie, l'Italie utilise pour la première fois un maillot bleu, la maglia azzurra, en hommage à la famille royale de Savoie.
Un an plus tard, les Italiens participent à leur premier tournoi officiel à l'occasion des Jeux olympiques d'été de 1912 à Stockholm, sous la direction de Vittorio Pozzo. Ils sont battus en match de préparation par la France, à domicile (3-4). Ils s'inclinent au premier tour contre la Finlande (2-3 ). Reversés dans le tournoi de consolation, ils battent la Suède (1-0) puis s'inclinent face à l'Autriche (5-1).
thumb|upright|Les internationaux Mario Magnozzi et Raimundo Orsi.
Après deux ans de matchs amicaux, la Première Guerre mondiale met un coup d'arrêt au développement du football. La sélection italienne se retrouve en , après cinq années d'interruption, en vue des Jeux olympiques de 1920, à Anvers. Les Italiens battent au premier tour l'Égypte (2-1), première sélection non-européenne à participer aux Jeux, mais s'incline en quart de finale face à la France (1-3), puis en demi-finale des repêchages face à l'Espagne (0-2). Quatre ans plus tard, les Transalpins sont de nouveau inscrits au tournoi olympique, à Paris. Organisé sous l'égide de la FIFA, le tournoi olympique de 1924 voit la participation de l'Équipe d'Uruguay de football, venue du continent sud-américain, et s'impose ainsi comme véritable compétition mondiale de football. Dirigée par Pozzo, de retour, l'Italie écarte l'Espagne (1-0) puis le Luxembourg (2-0) mais s'incline en quart de finale face à la Suisse de Teddy Duckworth. Cette dernière s'inclinera en finale face à l'Uruguay, qui a ébloui les observateurs.
En 1928, les Italiens obtiennent des résultats prometteurs aux Jeux olympiques d'Amsterdam : ils battent la France pour leur entrée en lice (4-3), et éliminent l'Espagne en quart de finale (1-1 a.p. puis 7-1). Malgré une belle résistance, l'aventure prend fin en demi-finale face à l'Uruguay (2-3), qui rajoutera une seconde médaille d'or à son palmarès. Les Italiens enlèvent finalement la médaille de bronze en écrasant l'Égypte (11-3) et terminent avec l'attaque la plus prolifique du tournoi. En parallèle l'Italie dispute avec l'Autriche, la Tchécoslovaquie, la Hongrie et la Suisse, la première édition de la Coupe internationale (appelée Coupe Antonín Švehla, du nom du premier ministre de la Tchécoslovaquie à l'origine du tournoi), organisée sous forme de championnat sur près de trois ans. Une écrasante victoire en Hongrie en (5-0) font des Italiens les vainqueurs de la compétition, avec cinq succès en huit matchs.
En 1930, la fédération italienne, un temps candidate à l'organisation de la première édition de la Coupe du monde de football, décline finalement l'invitation de la FIFA et n'envoie pas de sélection en Uruguay, comme d'autres pays européens touchés par la crise économique. En 1931-1932, l'Italie termine de la de la Coupe internationale derrière la Wunderteam autrichienne.
Triomphe de l'Italie de Vittorio Pozzo (années 30)
L'Italie, sous le joug fasciste de Mussolini depuis 1922, obtient l'organisation de la seconde édition de la Coupe du monde, en 1934. L'Uruguay, tenant du titre, boycotte le tournoi en représailles de l’attitude des Européens quatre ans plus tôt, tout comme l'Angleterre, l'inventeur du jeu, qui n'est toujours pas revenu dans le girons de la FIFA et persiste dans son isolement. L'entraîneur Vittorio Pozzo s'appuie sur neuf joueurs de la Juventus de Turin (on parle alors de la Nazio-Juve), dont les attaquants Giovanni Ferrari et Raimundo Orsi et le milieu Luis Monti, joueur naturalisé qui a disputé la première Coupe du monde avec l'Argentine. Pozzo fait également appel au buteur Giuseppe Meazza, sociétaire de l'Ambrosiana (futur Inter Milan) qui donnera plus tard son nom au stade de Milan.
thumb|left|Le but de Schiavio en finale de la Coupe du monde 1934.
Les Italiens écartent facilement les États-Unis en huitième de finale (7-1) puis peinent face à l'Espagne en quart de finale à Florence. La rencontre, marquée par de nombreux gestes de violence et un arbitrage clément, se solde par un match nul après prolongation (1-1). Le match doit être rejoué dès le lendemain, quatre Italiens et sept Espagnols sont incapables de tenir leur place. Meazza qualifie les siens en inscrivant le seul but de la rencontre. Enrique Guaita tient à son tour le rôle du héros en demi-finale, pour écarter l'Autriche de Matthias Sindelar. Les Italiens ont encore une fois bénéficié d'un arbitrage favorable. La finale se joue au Stadio Nazionale del P.N.F. face à la Tchécoslovaquie devant . Alors qu'il reste un quart d'heure à jouer, l'ailier tchécoslovaque Antonín Puč ouvre le score sur un corner. Quelques minutes plus tard, l'Argentin naturalisé Raimundo Orsi égalise. Au début de la prolongation, Meazza passe à Angelo Schiavio qui marque le but de la victoire. La Nazionale remporte la coupe du monde à domicile.
Le , le champion du monde italien va défier l'Angleterre sur son terrain. La rencontre est si violente qu'elle est surnommée la « Bataille de Highbury », elle est remportée par les Anglais (3-2) .
En 1935, les Italiens enlèvent la de la Coupe internationale, devant l'Autriche encore. L'année suivante, la Nazionale confirme sa suprématie mondiale en remportant la médaille d'or aux Jeux olympiques de Berlin. Après avoir passé le premier tour dans des circonstances qui prêtent à polémique - les Italiens empêchent physiquement l'arbitre d'expulser l'un des leurs - l'Italie retrouve en finale l'Autriche qu'elle domine grâce à un doublé de Annibale Frossi, déjà buteur décisif en demi-finale face à la Norvège.
Lors de la Coupe du monde de 1938 en France, l'Italie est logiquement favorite à sa propre succession, d'autant que l'Uruguay et l'Argentine persistent dans leur boycott des tournois organisés en Europe, que l'Espagne, en proie à une guerre civile, est empêchée et que l'Autriche a dû déclarer forfait à la suite de son annexion par l'Allemagne nazie. Outre l'entraîneur Pozzo, Giuseppe Meazza et Giovanni Ferrari sont toujours présents et forment avec l'attaquant de la Lazio Silvio Piola une ligne d'attaque redoutable. Après une entrée en matière difficile à Marseille contre la Norvège (victoire 2-1 après prolongation), les Italiens battent, tout de noir vêtu, la France à Colombes (3-1, avec un doublé de Piola). En demi-finale au Stade Vélodrome, ils s'imposent difficilement 2-1 face aux Brésiliens privés de leur vedette Leônidas, laissé au repos, puis remportent la finale à Colombes contre la Hongrie 4-2, grâce à deux doublés de Colaussi et Piola, le capitaine Meazza délivrant deux passes décisives.
En , alors que la Seconde Guerre mondiale est déclarée, l'Italie s'incline à Zurich face à la Suisse, mettant fin à une série de trente matchs sans défaite. La sélection est mise en sommeil en , alors que le régime de Mussolini se trouve en difficulté militaire.
Après-guerre, vingt années de disette (1945-1964)
La Nazionale est de nouveau réunie en . Vittorio Pozzo, toujours aux commandes, compose en avril et mai 1947 une sélection de joueurs venant exclusivement de deux clubs de Turin, la Juventus et le Torino, les deux principaux clubs nationaux du moment, une première dans l'histoire de la sélection italienne.
Après une interruption de plus de dix ans, la Coupe du monde reprend en 1950, au Brésil. La compétition se déroule un an après le drame de Superga, une des plus grandes tragédies dans l'histoire du sport italien au cours de laquelle disparaissent les joueurs du Grande Torino, vainqueur sans discontinuité du championnat italien de 1946 à 1949. Privée d'une partie de ses meilleurs joueurs, l'Italie ne peut aligner une équipe suffisamment compétitive. L'Italie termine tout de même deuxième de sa poule du premier tour du mondial 1950, mais est éliminée car seule la première place donne accès à la poule finale. L'Italie entre alors dans une longue période d'insuccès sur le plan international. Éliminée au premier tour en 1954, 1962 et 1966, l'Italie échoue même à se qualifier pour la Coupe du monde de 1958 après une défaite en Irlande du Nord. Cet échec en qualification ne se reproduira que plus tard avec la non-qualification à l'édition 2018. Entre 1948 et 1953 puis entre 1955 et 1960, les Italiens participent aussi aux deux dernières éditions de la Coupe internationale dont ils terminent à l'avant-dernière place. En 1958 et 1959, l'Italie aligne la pire série de son histoire, avec huit matchs sans victoire.
thumb|La « bataille de Santiago » en 1962.