Le bibliothécaire assume les tâches de gestion des collections documentaires et d'aide aux usagers dans une bibliothèque, mais aussi des fonctions d'administration générale (gestion du personnel, informatique, finances, action culturelle).

Le mot est plus particulièrement employé dans de nombreux pays pour désigner des personnes assurant des fonctions d'encadrement et la gestion du savoir au sein des bibliothèques, même si l'on emploie aussi dans d'autres le terme de conservateur pour désigner tout ou partie d'entre eux.

Il existe encore des bibliothécaires bénévoles (en particulier pour des bibliothèques rurales ou de quartier) ; c'est parfois un héritage des bibliothèques populaires créées à partir du . Toutefois, les bibliothécaires sont souvent des professionnels expressément formés pour ce métier. Dans la plupart des pays occidentaux, il faut acquérir un diplôme universitaire de deuxième cycle (maîtrise) en bibliothéconomie et sciences de l'information afin d'accéder à la profession. En France, les bibliothécaires et les conservateurs sont formés à l’École Nationale Supérieure des Sciences de l'Information et des Bibliothèques (Enssib).

Les bibliothécaires assurent la bonne marche en général de la bibliothèque, afin de répondre le plus adéquatement possible aux besoins d'information des usagers. Ils et elles occupent souvent des fonctions de gestion dans les domaines des ressources humaines, financières et documentaires et peuvent également être responsables du service de référence dans plusieurs institutions.

Les bibliothécaires dans l'Antiquité Le rôle de bibliothécaire émerge dès les premières civilisations lettrées. Ce rôle était principalement de conserver et d’organiser les textes. Les prêtres et les scribes sumériens, babyloniens et assyriens en Mésopotamie furent les premiers à exercer des fonctions semblables à celles d’un bibliothécaire. Ils s’assuraient de conserver dans les temples des tablettes d’argile remplies d’écritures cunéiformes. Au , à Ninive, ces érudits s’occupaient du classement et de la copie des textes techniques, religieux et littéraires. Ils occupaient un rôle essentiel à la fois d’archivistes, de copistes et d’interprètes de symboles. En Égypte, les prêtres tenaient le rôle de bibliothécaire. Ils s’occupaient des collections de rouleaux de Papyrus et leur rôle dépassait la simple garde des textes ils tenaient les catalogues et participaient à la transmission du savoir sacré. Dans le monde grec, au au fur et à mesure que les collections s’agrandissaient, les premières bibliothèques firent leur apparition entre autres celles de Samos ou d’Athènes. Le rôle du bibliothécaire prit toute son ampleur avec la bibliothèque d’Alexandrie, elle devient un véritable centre d’étude. Le bibliothécaire y était à la fois érudit, conservateur et enseignant. Callimaque, poète et érudit du , incarne la figure du bibliothécaire antique. Il a conçu un catalogue, la « Table des auteurs », premier outil de classification raisonnée. L’usage du parchemin, fit son apparition à Pergame au suite à la fin de l’exportation de Papyrus d’Égypte se nouveau support permettra, aux bibliothécaires de l’époque, le perfectionnement des techniques de conservation et l’organisation des collections. À Rome, le métier de bibliothécaire se développe davantage. Dans les grandes demeures comme celles de Cicéron ou de Varron, le bibliothécaire surveillait la disposition des rouleaux et en facilitait l’accès. Lorsque Rome se dota de bibliothèques publiques, à partir de celle d’Asinius Pollion (39 av. J.-C.), des bibliothécaires administraient les sections grecques et latines, géraient la consultation des œuvres et veillaient à leur préservation. Avec l’essor du christianisme au , les clercs et lettrés étaient chargés de rassembler, copier et classer les textes sacrés et théologiques. L’usage du codex facilita leur travail et transforma la manière de concevoir la collection. Dans les communautés chrétiennes et les églises, les bibliothécaires se firent gardiens de la connaissance religieuse, les commentaires liturgiques et les textes sacrés. Cette évolution marque le passage du bibliothécaire antique, au bibliothécaire clérical, médiateur entre le texte et la foi, annonçant la fonction savante et institutionnelle qu’il occupera au Moyen Âge.

Du gardien des livres au professionnel de l’information alt=Bibliothécaire ivoirien|vignette|Bibliothécaire ivoirien au travail. Depuis une trentaine d’années, la profession de bibliothécaire a connu une révolution majeure à la mesure du développement des nouvelles technologies de l’information et de la communication. La bibliothéconomie est un des domaines de l’activité humaine qui ont subi le plus de changements importants ces dernières années, en passant du fichier cartonné aux bases de données en hypertexte en quelques décennies : ainsi, la communauté universitaire a eu accès à une bibliothèque virtuelle dans le réseau Internet au cours des années 2000.

Les bibliothèques regroupent des informations à la fois textuelles, audiovisuelles et numériques. Des bibliothèques universitaires et de recherches proposent des abonnements pour accéder à distance à leurs collections.

Les transformations sur les plans organisationnel, informationnel et technologique entrainent une évolution du métier de bibliothécaire. L'impact des intelligences artificielles sur le métier est difficile à prévoir.

Dans ces conditions, certains pensent qu’il faut changer le titre de la profession — dont l’étymologie première provient du grec biblion (livre) et de thêkê (lieu de dépôt), soit gardien du dépôt des livres — pour « professionnel des sciences de l’information » ou autres termes synonymes, afin de tenir compte des évolutions récentes du métier. C’est ainsi, par exemple, que l’Association des documentalistes et bibliothécaires spécialisés (ADBS) est devenue l’Association des professionnels de l’information, sans pour autant changer de sigle, ou que l'École nationale supérieure des bibliothèques est devenue en 1991 l'École nationale supérieure des sciences de l'information et des bibliothèques.

Le personnel des bibliothèques en Belgique En Fédération Wallonie-Bruxelles, trois statuts de personnel existent dans les bibliothèques publiques. : le personnel dirigeant est chargé de la conception, de l'organisation et de l'administration ; le personnel technique est chargé des tâches administratives ; le personnel auxiliaire assiste le personnel technique.

Pour être reconnu par le service de la lecture publique, le personnel doit avoir suivi une formation supérieure de type long (master ou licencié en sciences et technologies de l’information et de la communication), ou de type court (bachelier ou gradué bibliothécaire-documentaliste) ou une formation de promotion sociale de type court (bibliothécaire breveté), ou disposé d'une expérience ou d'une formation reconnue équivalente..

Le personnel des bibliothèques en France L'appellation générique de « bibliothécaire » recouvre, en France, des grades et des statuts différents. On distingue quatre catégories de personnels dans les bibliothèques : les conservateurs (catégorie A+ de la fonction publique), les bibliothécaires (catégorie A de la fonction publique), les bibliothécaires assistants spécialisés (catégorie B de la fonction publique), et les magasiniers de bibliothèque (catégorie C de la fonction publique). D'autres noms étaient autrefois utilisés, comme « commis de bibliothèque », « assistant de bibliothèque », « bibliothécaire adjoint », « bibliothécaire associé », « adjoint du patrimoine » ou d'autres encore.

Le cadre d'emploi des bibliothécaires d’État en France, entendu au sens de catégorie, est défini par le décret du 9 janvier 1992. Selon l'article 2, les « bibliothécaires participent à la constitution, à l'organisation, à l'enrichissement, à l'évaluation, à l'exploitation et à la communication au public des collections de toute nature des bibliothèques. Ils concourent également aux tâches d'animation et de formation au sein des établissements où ils sont affectés et peuvent être appelés à assurer des tâches d'encadrement. Ils exercent leurs fonctions dans les services techniques et les bibliothèques relevant du ministère chargé de l'enseignement supérieur ou d'autres départements ministériels ».

Le cadre d'emploi des bibliothécaires territoriaux en France, entendu au sens de catégorie, est défini par le décret du 2 septembre 1991. Selon l'article 2, les "bibliothécaires territoriaux sont affectés, en fonction de leur formation, dans un service ou établissement correspondant à l'une des spécialités suivantes : 1. Bibliothèques ; 2. Documentation. Ils participent à la constitution, l'organisation, l'enrichissement, l'évaluation et l'exploitation des collections de toute nature des bibliothèques, à la communication de ces dernières au public ainsi qu'au développement de la lecture publique. Ils concourent également aux tâches d'animation au sein des établissements où ils sont affectés. Ils ont vocation à assurer la recherche, la constitution, le classement, la conservation, l'élaboration, l'exploitation et la diffusion de la documentation nécessaire aux missions des collectivités territoriales et de leurs établissements publics. Ils peuvent être nommés aux emplois de direction des services de documentation et des établissements contrôlés assurant les missions mentionnées aux deuxième et troisième alinéas du présent article. Dans les services ou établissements dirigés par un conservateur de bibliothèques, les bibliothécaires territoriaux ont vocation à remplir les fonctions d'adjoint du conservateur de bibliothèques ou à diriger l'un des secteurs d'activités de l'établissement".

Agents publics

Le personnel des bibliothèques est constitué en grande partie de fonctionnaires et d'agents contractuels de droit public. Selon l'Inspection générale des bibliothèques, la filière regroupait titulaires en 2012 : d'entre eux étaient issus de la fonction publique territoriale ; certifiés de documentation et enseignants documentalistes ; rattachées à la fonction publique d’ÉtatLes bibliothèques publiques face à leur avenir, Bruno Texier, archimag, , juin 2013, page 4..

Le personnel de la Bibliothèque nationale de France, de la Bibliothèque publique d'information, des bibliothèques d’enseignement supérieur et des autres bibliothèques des administrations d'État relève de la fonction publique d'État (FPE).

Celui des bibliothèques municipales ou intercommunales et des bibliothèques départementales relève de la fonction publique territoriale (FPT).

Celui de la Ville de Paris relève d'un statut spécifique.

Toutefois, en conséquence d'un processus de nationalisation lancé dans les années 1930, qui concernait les bibliothèques provinciales nées des confiscations révolutionnaires, des conservateurs des bibliothèques relevant de la fonction publique d'État et rémunérés par lui exercent dans les bibliothèques municipales et intercommunales classées, principe réaffirmé en dernier lieu par l'article de la loi 90-1067 du 28 novembre 1990.

Les corps (FPE) ou cadres d'emplois (FPT) sont les suivants :

Catégories Corps (fonction publique d'État) Cadres d'emplois (fonction publique territoriale) A(encadrement, conception, expertise) Conservateurs généraux des bibliothèques pas de cadre d'emplois correspondantÀ l'exception de la Ville de Paris Conservateurs des bibliothèques Conservateurs des bibliothèques Bibliothécaires Bibliothécaires B(tâches techniques) Bibliothécaires assistants spécialisés Assistants de conservation du patrimoine et des bibliothèques C(tâches d'exécution) Magasiniers des bibliothèques Adjoints du patrimoine

Des conservateurs de bibliothèque occupent d'autres postes, comme ceux de conseiller Livre et Lecture dans les Directions régionales des affaires culturelles, Directeur régional des affaires culturelles, etc.

La filière ITRF