thumb|350px|Un des défis de la santé environnementale est de mieux comprendre les relations systémiques et les effets synergiques et potentialisateurs des milliers de polluants présents dans l'environnement, entre eux et sur les différents organes.Certains effets sont différés (le cancer par exemple), ou sont possibles à de très faibles doses (perturbation endocrinienne), ou sont liés à des prédispositions génétiques.

L'expression « santé-environnement » (ou « santé environnementale ») comporte , selon la définition arrêtée lors de la conférence de l’Organisation mondiale de la santé à Francfort en 1989..

C’est la première fois qu’un organisme mondial reconnaît l’intérêt d’agir sur les facteurs environnementaux afin de prévenir, préserver et améliorer l’état de santé des populations. Une vraie politique de gestion des risques est alors amorcée.

Dans le même sens, l'Agenda 21 adopté en lors du Sommet de la Terre de Rio souligne que la santé publique est dépendante de la qualité de l'environnement biophysique et qu'il est donc nécessaire de lier santé et environnement humain.

En 1994, le bureau européen de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), à l'occasion de la conférence d’Helsinki précise que

Plus récemment, dans les années 2000, l’OMS propose une nouvelle définition de la santé, suivant le concept « One World One Health ». Ce concept a émergé dans un contexte où les experts en santé publique ont commencé à reconnaître que la santé humaine, animale et environnementale étaient interconnectés, nécessitant ainsi une approche globale et écologique de la santé afin de prévenir les maladies et promouvoir le bien-être.

Par ces définitions, on peut donc constater que la définition de la santé se rapproche de plus en plus des problématiques de l’environnement.

Toute la complexité demeure dans le champ, très vaste, de la santé environnementale. En effet, la santé environnementale comprend : les facteurs environnementaux c’est-à-dire les composés chimiques (pesticides, perturbateurs endocriniens, la pollution de l’air), l’environnement physique (radioactivité, bruits, ondes électromagnétiques), les infections… ; les habitudes de consommation ; le cadre de travail des salariés, incluant par exemple l’exposition professionnelle à des substances toxiques, le respect des distances de sécurité, la fatigue excessive ou encore des facteurs spécifiques de stress ; les changements globaux, comme le réchauffement climatique, la perte de biodiversité, ainsi que les réponses et adaptations à l’échelle mondiale face à ces enjeux.

Autrement dit, elle regroupe la notion d'exposome (introduit dans le Code de la Santé Publique à l’article par la loi de modernisation du ).

Histoire du concept thumb|Les hydrocarbures et les composés aromatiques polycycliques sont des sujets d'intérêts pour la santé environnementale, car l'homme y est constamment exposé, de manière chronique (dont via le tabagisme et la pollution automobile, ou ici de manière accidentelle (marée noire). thumb|En santé environnementale, l'accès à l'eau potable, le traitement des eaux usées et le recyclage et la gestion des déchets sont également importants, notamment pour les communautés pauvres, plus vulnérables. thumb|La mesure et le suivi de la pollution sont nécessaires à l'écoépidémiologie et à l'évaluation environnementale. vignette|La réhabilitation post-accident ou post-catastrophe est aussi une clé pour la résilience sanitaire. Ici des membres d'une équipe EPA/FEMA évacuent un stock de viande en putréfaction, dans le congélateur d'une école élémentaire tombé en panne à la suite du passage de l'ouragan Katrina. Dans ce cas, le risque est surtout bactériologique. Au cours du , avec l'apparition d'une médecine environnementale, les conditions environnementales ont pris une importance croissante comme facteur explicatif du domaine de la santé, avec notamment le développement de l'écotoxicologie et de l'écoépidémiologie. Dans le même temps l'empreinte écologique a fortement augmenté et l'environnement a continué à être dégradé par les activités humaines, avec souvent des impacts directs ou indirects, discrets ou plus évidents pour la santé humaine. Par exemple, dans des domaines tels que l'agriculture et l'industrie, l'emploi de substances chimiques qualifiées de perturbateurs endocriniens a des conséquences nuisibles pour l'environnement, la faune, les écosystèmes et la santé humaine.

La santé environnementale ayant été délaissée de nombreuses fois au cours des derniers siècles au profit du développement économique et industriel, des innovations, des changements technologiques et des progrès de la médecine, Le Printemps silencieux est considéré comme un moteur d'accélération des réglementations sur les pesticides, de la sensibilisation aux dangers sur la santé de l'utilisation massive de produits chimiques et du champ de recherche sur la santé environnementale. En effet, le « DDT » se verra interdit en 1972 par l’Agence américaine de protection de l’environnement..

En 1999, lors de la conférence ministérielle Santé et environnement, l’OMS déclare que . En effet, en 2012, l’organisation internationale estime que 23 % de la mortalité mondiale soit 12,6 millions de décès est liée à des facteurs environnementaux.. Elle ajoute que la pollution globale est le déterminant le plus important de mortalité au niveau mondial devant le tabagisme et les maladies infectieuses en 2015.

En , les Etats-membres de l’ONU ont fixé 17 objectifs de développement durable à atteindre d’ici 2030. Pratiquement tous ont une composante sanitaire ou ont pour but d’améliorer la santé mondiale.

Ainsi, depuis ces trois dernières décennies, nous assistons à une résurgence des préoccupations environnementales et de leurs conséquences sanitaires.

Dans ce contexte, la notion de « points noirs environnementaux » a émergé, notamment dans le cadre des Plans régionaux santé environnement II (PRSE II).

Elle désigne des zones où se concentrent des facteurs environnementaux défavorables ayant un impact marqué sur la santé. En croisant des données environnementales, sanitaires et sociales, ces zones sont identifiées et cartographiées pour permettre des actions ciblées, comme la dépollution ou la sensibilisation des populations, réduisant ainsi les inégalités en santé et améliorant la qualité de l’environnement.

Enjeux et facteurs déterminants de la santé environnementale La santé environnementale est influencée par de nombreux facteurs, liés à la fois à l’environnement naturel — comme les écosystèmes et les cycles naturels indispensables à la vie — et à l’environnement créé par l’homme, notamment l’urbanisation, les habitations, les pollutions, ainsi que les infrastructures industrielles, agricoles et de transport. Elle prend également en compte les conditions dans lesquelles les gens travaillent et se déplacent, le tout dans un contexte où la population mondiale continue de croître rapidement..

Les facteurs connus de santé environnementale sont notamment : la qualité de l'air (y compris de l'air intérieur, avec notamment : fumée de tabac, micro- et nanoparticules, pesticides et autres polluants ; la qualité de l'eau (cf. gestion de l'eau, accès à l'eau potable pour tous, prévention des maladies hydriques, y compris via les piscines et eaux de baignade ; la qualité des sols (teneurs en pathogènes et parasites, résidus de pesticides, radioactivité, polluants organiques et contaminants métalliques ou par métalloïdes non dégradables), en particulier en ville, autour et dans les zones industrielles, autour des infrastructures de transports ; la qualité du logement (incluant écoles, prisons, campings, hôtellerie, maisons de retraite) ; l'hygiène corporelle et exposition de l'organisme (éventuellement in utero) à différentes sources de stress (Microbes, éventuellement antibiorésistantsLévi Y (2006) Inquiétudes sur la présence d'antibiotiques et de bactéries antibiorésistantes dans les eaux. Environnement, Risques & Santé, 5(4), 261-265 (résumé) et autres pathogènes, conséquences de traumatismes (coups, tatouage, piercing) et certains cosmétiques…) ; C'est au qu'a lieu une . en matière d'hygiène, face aux infections : en 1854 à Londres, John Snow démontre que l'épidémie de choléra en cours est liée à l'eau de la Tamise. Puis le français Louis Pasteur et l'allemand Robert Koch créent la bactériologie, identifient plusieurs microbes pathogènes. Des règles d'hygiène simples (surtout à l'hôpital et les maternités pour limiter la mortalité), furent proposées tôt par Ignace Philippe Semmelweis mais rejetées par ses pairs : le lavage des mains (utile aussi avant la cuisine) et la qualité de l'eau potable, ont plus tard sauvé bien des vies. études d'impacts prenant ou non en compte les impacts sur la santé (théoriquement obligatoire depuis la loi sur l'air (loi Barnier) en France) ; santé au travail...

D’un point de vue juridique, la santé-environnement est également un véritable enjeu à prendre en compte. En effet, l’OMS a révélé que .. Cette statistique montre l’importance de prendre en considération l’environnement au regard de la santé sur un plan juridique. Cette protection de l’environnement aura pour effet d’améliorer la santé des êtres humains et de pouvoir bénéficier de dommages-intérêts si une personne se trouve confrontée à des difficultés d’ordre environnementales ayant des conséquences sur sa santé.

Pour faire brièvement l’historique de l’introduction du droit de l’environnement en France, il faut simplement revenir à la Charte de l’environnement de 2005. Effectivement, dès son premier article, il est écrit que « chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé ». Cette Charte a permis de mettre en lumière le droit de l’environnement comme un droit essentiel. Toutefois, il est à noter que cette reconnaissance intervient bien plus tard que d’autres pays, comme le Portugal qui a reconnu le droit de l’environnement dès 1976.

En outre, selon l’étude de Victoria Chiu portant sur « le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé et le droit à la santé : des contours figés ? », elle explique que la rédaction de l’article premier de ladite Charte est cohérente avec l’approche classique du droit français, c'est-à-dire, « d’appréhender la protection de l’environnement à travers l’être humain ».

Un des derniers exemples frappants qui a marqué ce rapport entre l’environnement et la santé est la crise de la Covid-19. En effet, les Nations unies ont développé un plan d’action basé sur leur approche dite « One Health » (Une seule santé en français) de 2022 à 2026. Ce plan est à l’initiative de quatre organisations internationales : l’OMS, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, l’Organisation mondiale de la santé animale et le Programme des Nations unies pour l’environnement. Ce plan d’action est ambitieux car il réunit plusieurs entités : les êtres humains, les animaux, les végétaux et l’environnement ; dans un but d’amélioration de la santé au prisme du développement durable. Ce mouvement a influencé la France. Effectivement, le Conseil économique, social et environnemental a rendu un avis en portant sur « une politique publique nationale de santé-environnement au cœur des territoires ».