La maison de Genève, ou Géroldiens (nom donné par certains généalogistes en raison de son premier ancêtre Gérold), est une puissante famille seigneuriale apparue vers le début du et détenant le titre comtal de Genève, . La famille, rivale de la maison de Savoie, domine le comté de Genève jusqu'à son extinction en ligne masculine en 1394.

Histoire Origines Les premières mentions du titre de comte de Genève remontent à 1001-1002Die Urkunden der Burgundischen Rudolfinger (), , .., avec la mention dans un acte d'un certain comte Manassès.. Cet officier du dernier roi de Bourgogne, Rodolphe III est mentionné et attesté dans sa titulature « » sur le comté de Genève.. Toutefois, si l'apparition, d'après les mentions, des comtes de Genève remonte à cette même périodeArticle de Laurent Ripart, « Du royaume aux principautés : Savoie-Dauphiné, », , paru dans Christian Guilleré, Jean-Marie Poisson, Laurent Ripart, Cyrille Ducourthial (dir.), Le royaume de Bourgogne autour de l’an mil, Chambéry, 2008, , ainsi que sa thèse « Les fondements idéologiques du pouvoir des comtes de la maison de Savoie (de la fin du au début du ) », Université de Nice, 1999, 3 volumes (sous la direction d'Henri Bresc), ., aucun lien de parenté n'est avancé avec la dynastie présentée..

Le premier membre de la famille reste un certain Gérold ou Giraud, vers le milieu du (1032Laurent Rippart, « La tradition d’Adélaïde dans la maison de Savoie », in Adélaïde de Bourgogne, genèse et représentations d’une sainteté impériale (Actes du colloque international du Centre d’études médiévales, Auxerre, 10-11 décembre 1999), a cura di P. Corbet - M. Goullet - D. Iogna-Prat, Dijon 2002, pp. 55-77 ( Lire en ligne).). Ce Gérold pourrait être un petit-neveu de Rodolphe III, dernier roi de Bourgogne, ou en tout cas un descendant des Rodolphiens par les femmes.. Le nom de son père reste inconnu. Cette dynsatie émerge au début de l'an mil quasiment au même moment que les autres grandes familles comtales, de ce que les historiens nomment le Rhône moyen, dans l'ancien royaume de Bourgogne, avec les Humbertiens futurs Savoie, les Guigonides ou d'Albon, qui prendront le titre de « Dauphin », les Valence ou encore les Forez.

La famille pourrait descendre de hauts fonctionnaires carolingiens, possédant des droits dans la cité de Genève et de part et d'autre du lac Léman. Leurs possessions s'étendent sur un territoire compris dans la partie sud du Rhône, entre Genève et la ville de Seyssel, située à l'Ouest. Il s'agit donc de la Semine, de l'Albanais, les rives du lac d'Annecy, de la vallée de Thônes (hautes vallées alpines de Manigod, Nom, Borne), la région de La Roche (plateau de la Borne ou des Bornes) et la vallée de Chamonix. Pour certains auteurs, la signature à Seyssel d'un traité en 1124 laisse supposer que les Genève disposent de droit sur le pays de Gex, dont les nobles seraient les vassaux. D'autres terres sont acquises au cours des siècles suivants. Le comte Gérold aurait pour frère Conon, évêque de Maurienne, et pourrait aussi être apparenté à l'évêque de Genève, Giraud ou Gérold ( 988)..

En 1032, le comte Gérold semble s'opposer à l'empereur Conrad II le Salique, lorsque ce dernier souhaite obtenir les droits du royaume de Bourgogne. Si l'Empereur est soutenu par une partie de la noblesse locale, le comte de Genève défend le parti adverse. L'Empereur obtient gain de cause et se fait couronner à Genève le . Le comte Giraud épouse Thetberge de Rheinfelden, veuve de Louis de Faucigny.

Relation avec la cité de Genève Le comte Aymon de Genève, petit-fils de Giraud, domine le comté de Genève durant son règne, toutefois son pouvoir sur la cité de Genève est remis en cause.. En effet, le pouvoir comtal à cette période rivalise avec les ecclésiastiques pour les nominations religieuses. Le comte de Genève doit alors s'opposer à l'évêques de la cité, Humbert de Grammont. Ce dernier finit par excommunier le comte et lui imposer le traité de Seyssel de 1124. Ce traité prévoit en effet l'abandon des prétentions temporelles du comte sur la ville de Genève au profit de l'évêque. Le comte ne garde plus que le château du Bourg-de-Four. Il obtient en contrepartie certains droits et biens de l'évêque dans le comté.

Rivalités avec la maison de Savoie

Disparition de la famille de Genève La famille de Genève s'éteint avec la mort de Robert, le , dernier comte et connu sous le nom papal de Clément VII. Entre 1401-1402 et 1424, le comte Amédée VIII de Savoie obtient le rachat des droits sur l'héritage des Genève à l'ensemble des prétendants. Le comté de Genève devient l'apanage pour les cadets de la maison de Savoie.

Héraldique

Filiation Filiation reposant en partie sur le tableau généalogique des Genève proposé dans le Régeste genevois (1866) et amendé par les publications plus récentes, notamment les travaux de Duparc (1955) ou encore l'article du Dictionnaire historique de la Suisse (2010).

Les comtes de Genève sont mis en gras. Les noms entre crochets ([…]) sont des suppositions.

Gérold ou Giraud (), fils de Berthe, princeps regionis civitatis genevensis. ∞ (1, ) Giséle [de Bourgogne. (1 ?) Jeanne, ∞ comte de Genève . ∞ (2, /61) Thetberge ou Thietburge [de Rheinfelden]. (1 ou 2) Conon (), comte. (2) Aymon (), comte de Genève, ∞ Ita/Ida [de Faucigny] ou [de Glâne]. Gérold (vivant ). (), comte de Genève, ∞ (1) Mathilde de Cuiseaux ou de Neuchâtel, ∞ (2, avant 1147) N. de Domène. (1) , comte de Genève, ∞ (1?) Agnès de Savoie, fille du comte , ∞ (2?) Béatrice, probable fille du seigneur . (1) Humbert (av 1174-), ∞ N.N. (Agnès de Savoie ?). Pierre, ∞ Mathilde/Mahaut de Lacy, établi en Angleterre. Ebal (), noble, établi en Angleterre. Alix/Alisia, ∞ Rodolphe de Grésier. (2) Aimon (-/95). (2) Marguerite [Béatrice/Béatrix, Nicole], ∞ (vers 1196) comte . (2) Guillaume (mentionné à partir de 1205), comte de Genève, ∞ (1) N.N., probable fille de , ∞ (2) Alice/Alix, [de La Tour du Pin] ou [de Faucigny]. (2) Raoul ou Rodolphe, comte de Genève, ∞ Marie de Coligny, dame de Varey. Aymon (), comte de Genève, ∞ (1, 1271) Agnès de Montfaucon-Montbéliard, ∞ (2, 1279) Constance de Moncade. (1) Jeanne, ∞ , seigneur de Pagny (1) Agathe ou Comtesson (), ∞ Jean de Vienne, sire de Roulans et Miribel. Guy (), religieux. Henri (), évêque de Valence, puis archevêque de Bordeaux. Amédée (), comte de Genève, ∞ (1285) Agnès de Chalon ou de Bourgogne Guillaume (v.1280-1320), comte de Genève, ∞ (1297) Agnès de Savoie. Amédée(1311-1367), comte de Genève, ∞ (1334) Mathilde d'Auvergne dite Mahaut d'Auvergne de Boulogne. Aymon († 1367), comte de Genève Amédée († 1368), comte de Genève Jean († 1370), comte de Genève Pierre († 1393), comte de Genève, ∞ Marguerite de Joinville, héritière du comté de Vaudémont. Robert (né vers 1342-† 1394), pape sous le nom , comte de Genève. Marie (), ∞ (fiancée, 1346) , seigneur de Piémont, ∞ (1, 1361) , ∞ (1, 1368) Humbert de Villars, héritier du titre et des terres de Genève, mais il meurt dès 1400, sans postérité. Blanche, dame de Frontenay (), ∞ (1363) , vicomte de Besançon (1362-1392), vicaire impérial (1364-1392), sans postérité. Héritiè§re du titre de comtesse de Genève en 1400 à la mort de son neveu Humbert de Villars. Jeanne (), ∞ (1358) , prince d'Orange. Yolande (), ∞ (v.1360) , vicomte de Narbonne, sans postérité. Catherine (), ∞ (1380) Amédée de Savoie-Achaïe, prince d'Achaïe, d'où postérité. Marguerite. Yolande, ∞ (1348) comte de Clermont. (avec Émeraude de La Frasse) Pierre, bâtard de Genève, chevalier, auteur des Genève-Lullin et Genève-Boringe, ∞ Catherine de Ternier. Amédée (né v. 1294), évêque de Toul. Hugues (), seigneur, ∞ (1, 1308) Isabelle d'Anthon, ∞ (1, 1351) Éléonore de Joinville. (1) Aimon/Aymon (), ∞ (1) Béatrix de Montbel, ∞ (2, 1361) Jeanne de Vergy, ses titres et terres passent à sa sœur. (1) , († ) (1) (?) Amédée de Saluces (), cardinal, parfois donné mais il semble être plu^tot son petit-fils. Jeanne (/09), ∞ (1300) , dit le Grand, seigneur de Beaujeu. Marie, ∞ . Jean (), prieur de Nantua, abbé de Saint-Seine, évêque de Valence. Marguerite (1266-), ∞ (1288) Aymar/Adhémar de Poitiers, comte de Valentinois. (2) Amédée (av 1234-), évêque de Die. (2) Aimon (), évêque de Viviers. (2) Henri, seigneur des châteaux de Terniers et du Vuache, ∞ N.N.. Béatrix. Eléonore, ∞ , prince d'Orange. (2) Robert (), évêque de Genève. (2) Guillaume. (2) Agathe, abbesse de Sainte-Catherine du Mont. (2 ?) Béatrice/Béatrix/Contesson, ∞ , seigneur de Mévouillon. Gui, Guy ou Guigues (), évêque de Langres. (2) Comtesson ou « la comtesse » (1155-?), ∞ Henri, seigneur de Faucigny. (2)Amédée (avt 1153-1210/11), auteur de la branche de Gex, ∞ Poncia de Thoire et Villars. Étienne, seigneur de Gex (1211-1227). , seigneur de Gex (1227-1247), ∞ Béatrice de Baugé. Léonor/Léonete/Léonette (), ∞ (1252) Simon de Joinville (), héritiers du titre de Gex. Isabelle. N. N. Marguerite, prieure de Mélan. (2) Béatrice (?), ∞ . Guillaume (). (?) Lecerina/Laure (1096 - 1140), ∞ .

Le généalogiste bugiste, Samuel Guichenon, a publié, dans son ouvrage Histoire généalogique de la royale maison de Savoie (1660), une table généalogique de la famille de Genève, mentionnant la généalogie suivanteSamuel Guichenon, Histoire généalogique de la Royale Maison de Savoie ou Histoire généalogique de la Royale Maison de Savoie justifiée par titres, fondations de monastères, manuscrits, anciens monuments, histoires, et autres preuves authentiques, chez Jean-Michel Briolo, 1660, « Table XVIII. Extraction de Béatrix de Genève, comtesse de Savoie », Lire en ligne., qui n'a à ce jour pas été attestée :

880 (?) : Ratbert (870/880 - † 901) ; 931 (?) : Albitius (900 - † 931/932), son fils, comte de Genève ; (?) : Conrad (930 - † vers 963), son fils, comte de Genève ; v. 963-974 (?) : Robert († 974), son fils, comte de Genève, mentionné comme bienfaiteur de l'église/du prieuré de Peillonnex, alors que la charte daterait de 1012Jean-Yves Mariotte « Du bon usage des faux » (), paru dans l'ouvrage de .. Aurait eu deux fils Conrad et Albert 974-1001 (?) : Albert de Genève, son fils, comte de Genève ∞ Eldegard 1004 (?) : Renaud, comte de Genève 1016 (?) : Aymon, comte de Genève, ∞ Berthe de Flandres, fille du comte Baudoin 1034 : Gérold, comte de Genève, ∞ Gisèle nièce du roi Rodolphe III de Bourgogne dont il a eu Robert, Jeanne et Gérold v. 1060 : Robert, comte de Genève, fils du précédent. Mort sans postérité v. 1080 : Gérold ou Gérard, comte de Genève, frère du précédent, ∞ N. de Thetberge

Personnalités comtes de Genève

Agathe, abbesse de Sainte-Catherine du Mont (1251—1279). Aimon (), évêque de Viviers (1255-1263). Amédée (), évêque de Die (1245-1276). Robert (), évêque de Genève (1276-1287). Henri (), évêque de Valence (1283), puis archevêque de Bordeaux (1289-1296). Marguerite, prieure de Mélan ((1288-1294, 1298-1318). Jean (), prieur de Nantua (1266-1283), abbé de Saint-Seine, évêque de Valence (1283 - 1297). Amédée (), évêque de Toul (1321-1330) Robert (), pape sous le nom , comte de Genève.

Branches Branches cadettes Famille de Gex, débute avec Amédée de Genève dit de Gex, fils cadet du comte Amédée I. Maison de Faucigny, cette famille a pu être considérée, par certains auteurs anciens, comme une branche cadette des Genève. Toutefois, les historiens contemporains récusent cette affirmation et ne retiennent que le lien de vassalité des Faucigny envers les Genève, comme Nicolas Carrier et Matthieu de La Corbière..

Branche Genève-Lullin Origines Pierre, fils fils illégitime, du comte , dit le bâtard de Genève, est à l'origine du rameau des Genève-Lullin, puis de la tige des Genève-Boringe et de Cursinges.