Jean-Baptiste Greuze, né le à Tournus et mort le à Paris, est un peintre et dessinateur français.

Biographie vignette|gauche|redresse|Maison natale à Tournus, au 5 de la rue Greuze.

Jean-BaptisteJean-Baptiste Greuze fut baptisé Jean, et non Jean-Baptiste : « Jean, fils légitime du sieur Jean-Louis Greuze, maître couvreur, demeurant au dit Tournus, et de Claudine Roch sa femme, est né le vingt et unième aout mil sept cent vingt cinq, a été baptisé le même jour par moi, vicaire, soussigné... ». Source : Jean-Louis Bourgeois, « Un peintre tournusien : Jean-Baptiste Greuze », revue Images de Saône-et-Loire, (novembre 1977), . Greuze est né le à TournusAu numéro 5 de l'actuelle rue Greuze. Une plaque commémorative y a été fixée : « Ici est né / Jean BTE Greuze / le XXI Août MDCCXXV ». en Saône-et-Loire. Fils d'un entrepreneur et architecte, Jean-Baptiste Greuze fut dès sa plus tendre enfance attiré par le dessin, malgré la volonté de son père qui le destinait au commerce. Il fut soutenu dans sa vocation par le peintre lyonnais Charles Grandon, dont il sera l'élève. Greuze suit son professeur à Paris où il s'installe en 1750. Il devient l'élève de Charles-Joseph Natoire à l'Académie royale de peinture et de sculpture, professeur avec lequel il eut des démêlés par la suite.

Ses débuts au Salon de 1755 furent un triomphe. Son Père de famille lisant la Bible à ses enfants connaît un grand succès. Il devient membre associé de l'Académie. Il part étudier à Rome de 1755 à 1757 et il y peint Les Œufs cassés peu de temps après son arrivée.

Aux couleurs claires et lumineuses, à l'attitude légère de la peinture du , Greuze ajoute un réalisme d'influence néerlandaise dans la peinture de genre et le portrait français. Par des expressions faciales vives et des gestes dramatiques, ses peintures moralisantes illustrent l'idée selon laquelle la peinture doit se rapporter à la vie. Il capture les détails des décors et des costumes, parle au cœur, éduque les observateurs et cherche à les rendre « vertueux ».

thumb|Madame Greuze, lavis d'encre de Chine, Rijksmuseum Amsterdam. Le , il épouse Anne-Gabrielle Babuty, fille d'un libraire du quai des Augustins, François Babuty, dont il expose le portrait en 1761. Cette même année, il suscite l'engouement du public et de la critique au Salon, avec son Accordée de village.

L'année suivante, le , à Paris, son épouse donne naissance à une première fille qu'ils prénomment Anna-Geneviève. Elle embrassa la carrière de son père qu'elle soutiendra jusqu'à sa mort.

Greuze demande le divorce qui est prononcé le , et il se venge de ses déboires matrimoniaux en exécutant un dessin au lavis intitulé La Femme en colère où Anne-Gabrielle a l'apparence d'une furie ; ce dessin est aujourd'hui la propriété du Metropolitan Museum of Art de New-York..

Ayant placé sa fortune en rentes sur l'Hôtel de Ville, il fut entièrement ruiné par la Révolution.

Mort en sa demeure sise rue des Fossés Saint Denis (qui longeait le boulevard de Bonne-Nouvelle), Greuze repose à Paris au cimetière de Montmartre.

Sépulture La tombe de Jean-Baptiste Greuze et de ses filles : Anna-Geneviève (décédée le ) et Louise Gabrielle Greuze (décédée le ), se trouve dans la division du cimetière de MontmartreCimetières de France et d'ailleurs à Paris.

On peut y lire (en majuscules) :RIVAL DE LA NATURE, ORGUEIL DE NOTRE FRANCE

IL GARDA TOUJOURS PUR L'HONNEUR DE SES PINCEAUX

IL PEIGNIT LA VERTU, L'AMITIE, L'INNOCENCE

ET SON AME RESPIRE A TRAVERS SES TABLEAUX

Souvenir thumb|upright|La statue de Greuze par Benoît Rougelet visible à Tournus, inaugurée le 30 août 1868. Depuis 1864, une rue Greuze, voie du de Paris, rend hommage à l'artiste.

Par ailleurs, on peut toujours voir sa maison natale à Tournus, ville qui érigea par souscription une statue en son honneur en 1868 (œuvre de Benoît Rougelet), visible place de l'Hôtel-de-VilleAlain Dessertenne, « Les statues publiques en Saône-et-Loire. partie : les statues aux illustres. », revue trimestrielle Images de Saône-et-Loire de mars 2021, ..

Les pendants de Greuze Une des œuvres les plus connues de Greuze, La Malédiction paternelle, est un diptyque : Le Fils ingrat et Le Fils puni. Greuze s'intéressait à ce type de composition, particulièrement propre à faire passer un message émotionnel et moral. Il avait même projeté une série de treize pendants, Basile et Thibaut ou les Deux Éducations, véritable vade-mecum destiné aux pères de famille, qu’il n’a cependant jamais réalisé. Son œuvre vignette|droite|La Petite Nanette, vers 170-1870.

Jeune fille à la poupée, (vers 1750), huile sur toile, Jeune fille à la poupée , Saint-Pétersbourg, musée de l'Ermitage Le Jeune Homme au chapeau (1750), huile sur toile, http://www.hermitagemuseum.org/wps/portal/hermitage/digital-collection/01.+Paintings/37559/?lng=en Portrait du comte Stroganov enfant] , Saint-Pétersbourg, musée de l'Ermitage

Après son Père de famille expliquant la Bible à ses enfants en 1755, sa popularité se confirme avec d'autres scènes de genre à visée morale, comme L'Accordée de village (Salon de 1761, Paris, musée du Louvre), La Piété filiale (Salon de 1763, acquis par Catherine II, Saint-Pétersbourg, musée de l'Ermitage), Le Fils ingrat, Le Fils puni (esquisses en 1765, Palais des beaux-arts de Lille, tableaux en 1778, musée du Louvre) ou La Mère bien aimée (Salon de 1769, Madrid, collection particulière).

Enfant endormi sur son livre, dit Le petit Paresseux, 1755, huile sur toile, Montpellier, musée Fabre La Lecture de la Bible ou Un Père de famille expliquant la Bible à ses enfants, 1755, huile sur toile, Guilaume Faroult, Un nouveau trésor national entre au Louvre in Grande Galerie -Le Journal du Louvre , juin/juillet/août 2016, , ., Paris, musée du Louvre Pendants italiens (salon de 1757) : Les Œufs cassés, 1756Les œufs cassés, New York, Metropolitan Museum of Art Le Geste napolitain, 1757Worcester Art Museum, Worcester Art Museum (pendant du précédent) Indolence (La Paresseuse Italienne), Wadsworth Atheneum, Hartford Le Guitariste ou Un oiseleur qui, au retour de la chasse, accorde sa guitare, Guitariste, Nantes, vers 1757, huile sur toile, , musée d'arts de Nantes (pendant du précédent) Pendants pour Madame de Pompadour : La Simplicité, 1759, musée d'Art Kimbell, Fort Worth, Texas Un berger qui tente le sort pour savoir s’il est aimé de sa bergère, 1761, Petit Palais, Paris Portrait de l'abbé Louis Gougenot, 1757, huile sur toile, Portrait de l'abbé Louis Gougenot, dans les collections du musée des beaux-arts de Dijon., musée des beaux-arts de Dijon L'Accordée de village, 1761, huile sur toileL'Accordée de village, Paris, musée du Louvre La Blanchisseuse, 1761, Los Angeles, Getty Center Étude pour le paralytique, 1763, huile sur toile, Montpellier, musée Fabre Portrait de la femme de l'artiste (Ritratto della moglie dell'artista) ou Portrait de jeune fille (Ritratto di giovane Donna), huile sur toile cm. 45 x 37, palazzo Barberini - Gallerie Nazionali d'Arte Antica à Rome, inventaire 2490. Non daté.

Diderot exprime son enthousiasme pour le Portrait de Wille présenté au salon de 1765.

Portrait du graveur Georges Wille, 1763, huile sur toile, , musée Jacquemart-André, ParisSite du Musée Jeune fille, vers 1765, huile sur toile, , Chantilly, musée Condé Une enfant jouant avec un chien, 1767, huile sur toile, Le Tendre désir, vers 1769, huile sur toile, , Chantilly, musée Condé

En 1769 il est élu à l'Académie comme peintre de genre, et non comme peintre d'histoire comme il l'espérait avec son Empereur Sévère. À partir de cette date, déçu, il ne participa plus aux Salons jusqu'en 1800.

L'Empereur Sévère reprochant à Caracalla, son fils, d'avoir voulu l'assassiner, 1769, huile sur toileGreuze a présenté ce tableau d'histoire pour sa réception à l'Académie royale de peinture en 1769. Le tableau fut mal reçu et donna lieu à une controverse. On reprochait à Greuze d'être sorti de la hiérarchie des genres admise à l'époque : peintre de genre reconnu, il n'aurait pas dû prétendre à la qualification plus prestigieuse de peintre d'histoire. C'est d'ailleurs comme peintre de genre qu'il fut admis à l'Académie. Cf. Daniel Arasse, « L'Échec du Caracalla, Greuze et “l'étiquette du regard” », Diderot et Greuze, , ., Paris, musée du Louvre La Jeune Fille au panierPanier, Montpellier, 1770-1780, huile sur toile, , Montpellier, musée Fabre La Dame de charité, (vers 1772-1775), huile sur toile, musée des beaux-arts de Lyon Le Gâteau des roisLe gâteau des rois, L'Histoire par l'Image, 1774, Montpellier, musée Fabre Portrait d'une petite fille regardant par-dessus son épaule, années 1770 (huile sur toile vendue aux enchères en 2014 à New-York)Florence Vidonne, Greuze, la fille du peintre : enquête et restauration, bulletin de la Société des amis des arts et des sciences de Tournus, tome CXVII, Tournus, 2018, . ; Jeune garçon, après 1775, huile sur toile, , Chantilly, musée Condé ; Le Prince Alexandre Stroganoff, 1777-1778, huile sur toile, , Musée des beaux-arts de Besançon ; La Malédiction paternelle, Paris, musée du Louvre : Le Fils ingrat, 1778, Paris, musée du Louvre ; Le Fils puni, 1778Le Fils puni, Paris, musée du Louvre (pendant du précédent) ; Portrait du comte Stroganov enfant (1778), huile sur toile, Portrait du comte Stroganov enfant , Saint-Pétersbourg, musée de l'Ermitage ; La Prière du matinPrière, Montpellier, vers 1780, huile sur panneau, Montpellier, musée Fabre ; Jeune filleJ. Fille, Montpellier, vers 1780, huile sur bois, , Montpellier, musée Fabre ; La Comtesse Chouvalova, vers 1780, huile sur toile, La comtesse Chouvalova , Saint-Pétersbourg, musée de l'Ermitage ; Jeune fille aux mains jointes Mains jointes, Montpellier, vers 1780, huile sur toile, , Montpellier, musée Fabre ; Le Petit MathématicienMathématicien, Montpellier, huile sur toile, 1780-1800, , Montpellier, musée Fabre ; La prière de la jeune fille, huile sur bois, , Gray (Haute-Saône), musée Baron-Martin. Personnage debout vu de face, sanguine sur papier beige. H. 0,559 ; L. . Beaux-Arts de Paris. Ce dessin représentant un personnage isolé à la sanguine est préparatoire à celui du mari situé à droite de la Réconciliation familiale, une composition d'une facture très achevée à la pierre noire, au lavis brun et lavis d'encre de Chine, conservée à l'Art Museum de Phoenix. Datée des alentours de 1785, elle met en scène le retour de l'époux volage vers sa femme éplorée. .

La Révolution de 1789 amena la vogue de l'antique et dévalorisa son œuvre, mais le perpétua la tradition de la peinture sentimentale.

Psyché couronnant l’amour, 1785-1790, huile sur toile, , Palais des beaux-arts de LillePsyché, Lille.

Après avoir exposé aux Salons de 1800, 1801 et 1804, le Salon en 1808 exposa Sainte-Marie l'Égyptienne trois ans après sa mort.

La Surprise, vers 1800, huile sur toile, , Chantilly, musée Condé ; Le Premier Sillon, musée Pouchkine, huile sur toile, (lire en ligne), après 1800 ; Portrait de Michel-Nicolas HussardHussard, Nantes, vers 1805, huile sur toile, , musée d'arts de Nantes.

Il a eu pour élèves, entre autres, Marie Renée Geneviève Brossard de Beaulieu, Jeanne-Philiberte Ledoux, Constance Mayer, Pierre Alexandre Wille, Charles-Henri Desfossez, Anna-Geneviève Greuze.

Galerie Scènes de genre

Portraits

Thème de la jeune fille

Dessins vignette|redresse|Façade du Petit Palais, à Paris, pendant l'exposition consacrée au peintre (2025). Étude pour Le Fils puni, pierre noire et lavis d'encre de Chine, H. 0,266 ; L. . Paris, Beaux-Arts de Paris<. Cette esquisse appartient à un petit ensemble de dessins préparatoires au Fils puni, toile ambitieuse qui fait pendant au Fils ingrat. La composition est dense, ramassée et encombrée de motifs pour donner à voir et à ressentir le drame qui se joue dans la chambre du mourant.