La place de la République est une place de . située à la limite des 3, 10 et 11 arrondissements de Paris. Situation et accès La place est desservie par sept grandes rues. Cinq lignes du métro de Paris s'y croisent, faisant de la station République (3, 5, 8, 9 et 11) un important nœud de correspondances.

Nœud de communications

Avec l’augmentation du trafic à la fin du , la place devient un nœud de communication important de Paris. Les divers moyens de locomotion d'alors se croisent autour d'une grande esplanade, comme le tramway funiculaire de Belleville (un tramway à câble reliant la place de la République à la colline de Belleville), les tramways de la Compagnie générale des omnibus, qui desservent Paris, ou ceux des Chemins de fer nogentais dont le réseau dessert la banlieue est. L'année 1904 voit la fin de la construction de la ligne 3 du métro et l'inauguration de la station de métro République sous la place. Les lignes 5, 8 et 9 seront par la suite construites et desserviront également la place. La dernière, la 11 est inaugurée en 1935. Jusqu'en 2011 et son réaménagement, 60 % de la place de la République est destinée à la circulation automobile.

Voies aboutissant sur la place de la République En tournant dans le sens des aiguilles d'une montre :

Origine du nom La place, précédemment appelée « place du Château-d'Eau », porte depuis 1879Arrêté du 4 mai 1879 « Place de la République », www.v2asp.paris.fr.. son nom actuel qui lui est donné dans le cadre du projet d'érection d'une statue de la République, en délibération depuis 1878 au conseil municipal de Paris. Le monument est commandé en 1879 aux frères Thiébaut et inauguré en 1883.

Historique Avant les années 1860 Dans les années 1670-1680, l'enceinte de Charles V., bâtie au , est rasée et remplacée par un cours, les futurs grands boulevards. Une petite place triangulaireCadastre de Paris par îlot (1810-1836), plan quartier « Saint-Martin-des-Champs », îlots , cote 1/750F/31/84/07. est aménagée à l'emplacement du bastion du Temple« Place de la République, étude DU sur l'histoire de la place », mairie de Paris, Direction de l'urbanisme, décembre 2009 (consulté le 2 mai 2010).. La place était située légèrement plus à l'ouest que la place actuelle, au-dessus de la rue des Fossés-Saint-Martin (renommée par la suite « rue de Bondy », puis « rue René-Boulanger »). Cette rue marque ainsi la limite nord-ouest de l'ancienne placeAnalyse diachronique de l'espace urbain parisien : approche géomatique (ALPAGE).. Ce n'est à l'origine qu'une partie du boulevard Saint-MartinFélix et Louis Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, 1844, ., mais elle au prend au le nom de « place du Château-d'Eau » en référence à une fontaine dite du « Château-d'Eau », dessinée par Girard, installée sur la place en 1811http://www.placedelarepublique.paris.fr, cherchez: Sommaire page 2« Place de la République », nomenclature des voies de Paris, www.v2asp.paris.fr..

Le réaménagement des années 1860 La place prend sa physionomie actuelle dans le cadre des transformations de Paris sous le Second Empire. En 1855 est déclarée d'utilité publique la construction d'une caserne en arrière du château d'eau.. La caserne du Prince-Eugène, plus tard nommée « caserne du Château-d'Eau », puis « caserne Vérines », est érigée par Degrove à l'emplacement de l'ancien Vauxhall d'été et du diorama de Louis Daguerre où Jacques Daguerre, l'un des inventeurs de la photographie, donnait ses représentations de quinze minutes. Prévue à l'origine pour , la caserne est alors l'équipement le plus vaste de la ville avec une superficie équivalente à celle de l'Hôtel de Ville. Elle est construite pour rassembler des troupes alors éparpillées dans Paris, mais aussi pour pouvoir, si nécessaire, rapidement encercler le faubourg Saint-Antoine. En 1856, un décret prévoit le réaménagement des abords de la caserne. Par la suite, plusieurs boulevards sont projetés : percement du boulevard du Prince-Eugène (actuel boulevard Voltaire) et de l'amorce de l'actuelle avenue de la République, déclarés d'utilité publique en 1857, et prolongement du boulevard du Nord (actuel boulevard de Magenta) entre la rue du Faubourg-Saint-Martin et le château d'eau, déclaré d'utilité publique en 1859. Le dégagement de la place est déclaré d'utilité publique en 1865. L'administration du baron Haussmann aménage une grande place rectangulaire de sur 120. La place absorbe une partie du boulevard du Temple et un tronçon de la rue des Fossés-du-Temple, actuelle rue Amelot, en bordure du quartier de la Nouvelle Ville d'Angoulême. Une grande partie des théâtres du boulevard du Temple sont alors rasés, notamment le Théâtre-Historique ou Théâtre-Lyrique, fondé par Alexandre Dumas le et disparu le . Un emplacement pour la construction d'un orphéon municipal est alors réservé, mais il ne verra jamais le jourCommentaire sonore sur l'histoire de la place par l'historienne Géraldine Texier sur le site , www.placedelarepublique.paris.fr.. En 1866, Gabriel Davioud, architecte de la Ville de Paris, construit sur tout le côté nord de la place les Magasins réunis. Il dresse aussi en 1867 une seconde fontaine, de de diamètre et ornée de huit lions de bronze ; celle de Girard ayant été jugée insuffisante est remontée dans la cour d'entrée du marché-abattoir de La Villette (actuelle place de la Fontaine-aux-Lions) pour servir d'abreuvoir pour le bétail« La Fontaine aux lions de Nubie », paris1900.lartnouveau.com..

Le réaménagement des années 1880

La place prend son nom actuel en 1879. La même année, le concours organisé pour l'installation d'un grand monument consacré à la République de nouveau proclamée est remporté par les frères Morice : Léopold pour la statuaire et Charles pour le soubassement. L'intégralité des fontes en bronze sont réalisées par la fonderie d'art Thiébaut et Fils en 1883. Deux cérémonies d'inauguration ont lieu, le avec le modèle en plâtre, le avec la version définitive en bronze. Le monument est constitué d'une statue colossale de Marianne en bronze de de haut. sur un soubassement en pierre de de haut où sont assises des allégories de la Liberté, de l'Égalité et de la Fraternité. La fontaine du Château-d'Eau de Davioud a, quant à elle, été réinstallée en 1880 place Daumesnil (actuelle place Félix-Éboué), dans le Le sculpteur Jules Dalou, qui concourait en 1879 et dont le projet ne fut pas retenu pour la place de la République, obtint cependant une commande pour son Triomphe de la République qui sera installé place de la Nation.. La place prend alors la configuration qu'elle aura jusque dans les années 2010 avec deux terre-pleins centraux.

Dans les années 1900 thumb|La place de la République en 1924. Le 7 mai 1904, M. Robillard est placé en garde à vue après un scandale nommé « incident au château d'eau ». Il a été condamné à un mois de prison pour avoir saisi par la bride le cheval du capitaine Loubet, adressé des injures à l’officier et essayé de le désarçonner. Le 23 mars 1918, durant la Première Guerre mondiale, un obus lancé par la Grosse Bertha explose place de la République.

Aménagements des années 2010 Une longue concertation s'est déroulée, à partir de , pour le réaménagement de la place de la République. Le lauréat du concours organisé par la Ville de Paris a été désigné le : l'équipe Trévélo & Viger-Kohler (TVK). a proposé, conformément à des suggestions faites au cours de la concertation., de reporter l'ensemble de la circulation, dans les deux sens, sur le seul côté ouest de la place et de créer un grand espace piétonnier au centre de celle-ci, englobant la statue et s'étendant aux bâtiments du côté est. Les de la rue sont, comme cette place, piétonnisés jusqu’au croisement du quai de Valmy et du boulevard Jules-Ferry. Cette proposition a donné lieu à de vives controverses et des prises de positions opposées, les unes pour s'en féliciter.., les autres pour craindre les effets sur la circulation parisienne., ou la destruction d'éléments patrimoniaux historiques comme les fontaines des Dauphins (dont les bronzes ont cependant été réinstallés dans les bassins du Petit et Grand Palais, jardins des Champs-Élysées.Adrien Goetz, « Les dauphins de la République nageront aux Champs », Le Figaro, encart « Culture », jeudi 7 novembre 2013, .), et l'adjonction d'un bassin moderne ceignant la base du monumentDidier Rykner, « La place de la République vandalisée par la Mairie de Paris », www.latribunedelart.com, 18 janvier 2012.. Après des travaux préparatoires qui ont débuté en , les travaux d'aménagement de la place ont commencé en et l'inauguration a eu lieu le . En , la mairie annonce que l'espace sera loué annuels à quelques commerces, notamment un restaurant« République, place citoyenne », www.lejdd.fr, 10 février 2013.. Une vaste structure en verre abrite un café (détruit depuis par un incendie) côté nord sur ce qui était un jardin avec plan d'eauAnne-Marie Fèvre, « Le café prend la République », Libération Next, 23 juillet 2013.. Le . sont inaugurées la terrasse Émilienne-Moreau-Évrard, l'esplanade André-Tollet, et la terrasse du Commandant-Jacques-Blasquez, en hommage à leurs actes de résistance durant la Seconde Guerre mondiale. Le sont installés des modules destinés à la pratique du skateboard qui s'intègrent à la place, pour une durée indéterminée. Ce projet est lancé par la marque Volcom..

vignette|Bancs en granit. En , la mairie de Paris réimplante 17 bancs Davioud, en remplacement des bancs Mikado dégradés et jugés peu esthétiques, sur la place de la République. Afin d'assurer la protection contre une attaque à la voiture-bélier, des blocs de granit ont été installés de part et d’autre de la place en remplacement des bancs Mikado... Activités et manifestations La place de la République est un des lieux de passage obligé de nombre de grands cortèges du Carnaval de Paris au . Par exemple, en , on lit dans le compte-rendu du défilé de la Mi-Carême paru dans le Journal des débats« La Mi-Carême sur les boulevards », Journal des débats, édition du matin, 22 mars 1895, , . :

À partir de 1926 et au moins jusqu'en 1937, la caserne de la garde est le lieu de départ chaque année, de la course de marche à pied de Paris à Strasbourg, qui réunissait parmi les meilleurs marcheurs de fond de l'époque. Sous l'Occupation, les Allemands ont utilisé la caserne pour loger leurs propres troupes. Lors des combats de la libération de Paris, elle est au soir du le dernier bastion allemand qui, à , se rend aux résistants et aux soldats de la DB qui en font le siège depuis le début de l'après-midi.. Parfois, en raison de son nom et de la symbolique qui lui est liée, mais surtout à cause de son accessibilité et de sa localisation au carrefour de grandes avenues, c'est un des lieux habituels des manifestations parisiennes, le plus souvent à l'initiative des organisations politiques de gauche ou des organisations syndicales. Mais la place de la République a aussi été le cadre choisi en 1958 par le général de Gaulle pour une manifestation, le ., en faveur du Oui au référendum instituant la Constitution de la Cinquième République ou, le , pour le départ de la marche républicaine destinée à rendre hommage aux victimes décédées dans les attentats et prises d'otages des jours précédents et à s'opposer au terrorisme. La place de la République redevient un lieu de recueillement, à la suite des attentats du 13 novembre 2015.. Le , un chêne chevelu est planté à l'angle du boulevard Magenta en mémoire des victimes des attentats terroristes de 2015..

À partir du , à la suite des manifestations de ce jour en opposition à la loi El Khomri, la place de la République devient le lieu de rendez-vous de manifestations quotidiennes régulières baptisées Nuit debout.

thumb|Mouvement anti-CPE place de la République en 2006 : un étudiant emporté par les CRS. À partir de , pendant le mouvement des Gilets jaunes, plusieurs rassemblements ont lieu sur la place..