(« Pays basque et liberté » en basque), plus connu sous son acronyme ETA, est une organisation basque indépendantiste d'inspiration marxiste-léniniste active du au . Plusieurs organisations ont porté ce nom depuis la création de la première ETA en raison de plusieurs scissions.
Fondée en 1959, l'organisation a évolué d'un groupe résistant au régime franquiste vers une organisation terroriste.
À partir de 1968, selon les chiffres officiels et les communiqués d'ETA, ETA a tué 829 personnes Dans les pages du Ministère de l'Intérieur espagnol; ETA a tué 823 personnes jusqu'en 08/19/08, fait des centaines de mutilés Article de Joshua Hammer Smithsonian magazine, January 2007, commis des dizaines d'enlèvements et de nombreuses extorsions de fonds.
ETA est une partie du mouvement nationaliste basque dénonçant la répression et les crimes imputés au régime franquiste. Selon la fondation Euskal Memoria, depuis 1960, 494 Liste des personnes tuées sur Euskal Memoria. Les personnes ont été enlevées et assassinées, dans les contrôles routiers, dans les incidents de rue, dans les mobilisations de rue, en prison, sous la torture, guerre sale, en déportation ou en exil (certains sont morts après leur retour en Euskal Herria), parents de prisonniers ou de réfugiés, militants. personnes ont été tuées, Liste des personnes incarcérées sur Euskal Memoria. personnes ont été incarcérées dont 9600 personnes auraient été torturées et 4774 personnes ont porté plainte. Liste des personnes torturées sur Euskal Memoria.Euskal Memoria recense 9600 cas de tortures en 50 ans au Pays basque sur le Journal du Pays Basque. ont porté plainte pour avoir été torturées. Néanmoins, l'avènement de la démocratie en Espagne en 1977 ne fera pas baisser le nombre des attentats. Au contraire, le bilan de ceux-ci, les séquestrations d'entrepreneurs et de personnalités publiques augmenteront fortement les années suivantes.
Le groupe est proscrit comme organisation criminelle par les autorités espagnoles.. Il est placé sur la liste officielle des organisations terroristes du Canada, des États-Unis, de la FranceFrench list of terrorist organizations, in the annex of Chapitre XIV et du Royaume-Uni et l'était jusqu'en 2009 sur celle de l'Union européennehttp://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:L:2009:023:0025:0029:FR:PDF mais n'apparaît plus en 2010.. En , encore 281 prisonniersEtxerat : https://etxerat.eus/index.php/fr/prisonniers sont incarcérés dans des prisons en Espagne (228), en France (52) et au Portugal (1).. Parmi eux, 3 sont incarcérés au Pays basque.
La plupart des revendications d'ETA portent sur l'indépendance du Pays basque ou Euskal Herria BBC NEWS World Europe Who are ETA ? et ce, dans un courant marxiste-léniniste "What is the MNLV (4)". La devise d'ETA est « Bietan jarrai » et signifie « continuer dans les deux voies ». Elle se rapporte aux deux figures du symbole, un serpent (représentant la sagesse, et par extension la politique) enroulé autour d'une hache (représentant la force, et par extension la lutte armée) Article en espagnol décrivant la signification de la hache et du serpent.
Le , l'ETA annonce un cessez-le-feu dans une vidéo remise à la chaine d'information anglaise BBC. Le , ETA annonce un cessez-le-feu , ce qui correspond à l'appel dit , signée par différentes organisations internationales, et à l', signé par les principales forces de la gauche abertzale, qui appelaient ETA à franchir ce pas. Dans ce communiqué, l'organisation se donne pour objectif d'obtenir la au Pays basque. Le , l'organisation indépendantiste basque annonce « la fin définitive de son action armée ». Le , l'organisation écrit une lettre annonçant sa dissolution, et sa publication dans la presse internet espagnole le signale la dissolution du groupe.
Histoire Antécédents Immédiatement après la guerre, des membres démobilisés d'Eusko Gudarostea furent formés militairement par les États-Unis pour maintenir l'ordre public dans le Pays basque dans le cas hypothétique d'un renversement de Franco par les alliés. Certains formeront par la suite les instructeurs de l'ETA El caso de los comandos vascos, par Mikel Rodríguez.
Dans les années 1950, la dictature franquiste commence à obtenir une certaine reconnaissance internationale. Ainsi, le Parti nationaliste basque (PNV) est privé de son siège à Paris en 1951 et Franco signe un Concordat avec l'Église catholique en 1953, faisant échouer la stratégie occidentaliste et diplomatique développée par le PNV.
Pendant l'année universitaire 1951-1952, de jeunes intellectuels décident de fonder le groupe d'études sur le nationalisme basque Ekin (« entreprendre ») à Bilbao. Dans un premier temps, ce groupe organise des débats et des cours clandestins sur l'euskera et l'histoire. À partir de 1953, Ekin se rapproche des militants du mouvement EGI (Euzko Gaztedi Indarra), issu du Parti nationaliste basque (PNV). Les deux mouvements fusionnent en 1956 et rédigent une motion commune pour le premier Congrès mondial basque organisé à Paris la même année dans laquelle ils promeuvent un renouvellement générationnel au sein du PNV. Mais rapidement des désaccords éclatent entre les membres plus modérés d'EGI, défendant un nationalisme non violent proche de la démocratie chrétienne et atlantiste et les militants d'Ekin beaucoup plus radicaux. Fin 1958, ces derniers décident de créer une nouvelle organisationArnaud Imatz, « L'ETA: du nationalisme au marxisme », La Nouvelle Revue d'histoire, Hors-Série, n°13H, Automne-Hiver 2016, ..
Création et décennies de lutte armée
thumb|300px|gauche|Logo d'ETA à Altsasu (création de Félix Likiniano). La création d'ETA remonte au . Presque immédiatement, ses militants affirment leur volonté d'obtenir par « la lutte armée » l'indépendance du Pays basque. Des tracts sont distribués mais les militants veulent passer à l'action révolutionnaire. En , les premières charges explosives sont placées dans les commissariats de police et des casernes de la garde civile. Dans l'été 1960, plusieurs bombes éclatent dans les gares du Pays basque. Le premier mort est un bébé de 22 mois qui succombe de ses blessures à la suite de l'explosion d'une bombe dans la gare d'Amara de Saint-Sébastien. La responsabilité de l'attentat non revendiqué ne sera connue que plusieurs décennies après.
L'organisation jouit à ses débuts d'une grande popularité, en particulier dans les milieux de gauche, non seulement au Pays basque, mais aussi dans le reste de l'Espagne pour son opposition frontale au régime dictatorial du général Franco. Les Basques considéraient les etarras comme étant de vrais gudaris (défenseurs du gouvernement et du peuple basques pendant la guerre civile).
L'organisation bénéficie également à ses débuts du soutien du clergé basque. Nombre de militants du mouvement se réclament, en effet, de la doctrine sociale de l'Église. La date du n'a d'ailleurs pas été choisie au hasard : elle correspond tout à la fois à la date de fondation du PNV, mais aussi à celle de la mort d'Ignace de Loyola, une indication que l'organisation omet après avoir opéré son virage vers le marxisme. Elle bénéficie également d'une grande partie des infrastructures du PNV et ce jusqu'en 1962-64, date de la rupture avec le vieux parti nationaliste.
En 1961, ETA attaque un convoi d'anciens soldats franquistes qui célébraient les vingt-cinq ans du début de la guerre civile espagnole.
En 1962 a lieu sa première assemblée, dans laquelle elle est définie comme une « organisation clandestine révolutionnaire ». Elle exige la reconnaissance du basque comme seule langue officielle. En 1964, sous l'influence des membres maoïstes, les militants adoptent les principes de la « guerre révolutionnaire ». L'ETA rompt tous ses liens avec le PNV, qualifié de « bourgeois capitaliste ». Ce discours rejoint celui de l'agitateur politique et écrivain Federico Krutwig qui affirme la nécessité de lier la lutte nationaliste pour la libération du Pays basque et la lutte des classes en faveur du « prolétariat international ».
Le , le policier José Pardines Arcay est abattu. L'auteur, chef de l'ETA, Txabi Etxebarrieta, est abattu par la police. Le , en représailles, le commissaire Melitón Manzanas est abattu par ETA. Pour la première fois, l'organisation fait la une des journaux.
En , le procès de Burgos où 16 indépendantistes sont jugés connaît un large écho international soulevant des mouvements de protestation dans plusieurs pays. En 1973, l'organisation assassine Luis Carrero Blanco, chef du gouvernement et présenté comme le successeur probable de Franco. Cette action entraîne une large couverture médiatique.
Néanmoins, l'attentat de Madrid du qui occasionne la mort de 12 civils fait perdre au mouvement une partie de ses soutiens dans la presse.
Divisions internes À partir de 1974, l'accroissement des attentats aboutit à la scission d'ETA en deux branches. L'une est « ETA militaire » ou ETA(m), composée en grande partie d'exilés vivant au Pays basque français qui considèrent qu'ETA doit être une organisation armée, subordonnée à la direction idéologique de KAS. L'autre est « ETA politico-militaire » ou ETA(p-m), composée principalement de militants vivant au Pays basque espagnol et qui considèrent que la lutte politique et la lutte armée doivent être le fait d'une seule et même organisation. Différents groupuscules marxistes, tiers-mondistes, guévaristes ou autres s'affrontent au sein du mouvement.
Paradoxalement, l'avènement de la démocratie en Espagne en 1977 n'a pas pour conséquence de faire baisser le nombre des attentats. Au contraire, le bilan de ceux-ci et des séquestrations d'entrepreneurs et de personnalités publiques s'alourdit fortement. Ainsi, entre 1960 et 1975, le nombre des victimes de l'ETA est de 44 personnes. En 1980, il est de 118 victimes, en faisant l'année la plus sanglante.
En 2005, le Parti communiste des terres basques, assimilé par les autorités à une branche politique de l'ETA et interdit en conséquence, obtient plus de 12 % des voix aux élections parlementaires basques.
Manifestations De nombreuses manifestations, pouvant rassembler des dizaines de milliers de sympathisants, visent à dénoncer les mesures d'exception contre les détenus et réclament un aménagement de peines. Les plus massives se déroulent chaque année à Bilbao, rassemblant environ 100 000 personnes début janvier.
Extinction de l'action d'ETA
Le , l'ETA annonce l'arrêt définitif de ses activités armées.
Dans la nuit du 6 au l'organisation séparatiste annonce son désarmement total. Le la justice française met la main sur l'arsenal d'ETA (3,5 tonnes d'armes et explosifs) grâce à une liste de 8 planques fournies par l'organisation aux autorités. Ces planques sont situées dans le Sud-Ouest de la France, longtemps base arrière du groupe. Il ne reste qu'une vingtaine de membres dans le mouvement indépendantiste..
En février-, à la suite d'un débat interne, la direction appelle ses membres à voter la dissolution de l'organisation indépendantiste.. Cette dissolution est annoncée le . et voté à 93 % par ses membres le lendemain..
Médiation et processus de paix par l’Église catholique