Genappe (en néerlandais Genepiën, en wallon Djinape) est une ville francophone de Belgique située en Région wallonne dans la province du Brabant wallon.

Au , la population totale de cette commune est de https://view.officeapps.live.com/op/view.aspx?src=https%3A%2F%2Fstatbel.fgov.be%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2Ffiles%2Fdocuments%2Fbevolking%2F5.1%2520Structuur%2520van%2520de%2520bevolking%2FPopulation_par_commune.xlsx&wdOrigin=BROWSELINK.

Toponymie La plus ancienne mention du nom de Genappe remonte à 1067, sous la forme Genape.. Albert Carnoy pense qu’il faut voir dans le nom de Genappe la contraction des mots germaniques gaman- (« saut, joie ») et -apa (« eau »). Genappe signifierait donc « l’eau joyeuse » ou « l’eau sautillante »Albert Carnoy – Origine des Noms de Lieux des environs de Bruxelles – Bruxelles, A. Bieleveld, s.d., p. 98.. Plus récemment, on a associé le celtique gena (« bouche ») à la terminaison -aba (« eau ») ce qui voudrait alors dire « l’eau à l’embouchure »Brabant wallon au fil des jours, p. 75.. Le terme pourrait également venir du germanique gan-apja, formé du préfixe germanique gan- « concourant », du suffixe hydronymique -apo et du locatif -ja.

Géographie

Situation

Communes limitrophes

Sections de la commune # Nom Superf.(km²). Habitants(2025) Habitantspar km² Code INS 1 Genappe 0,65 1.950 3.023 25031A 2 Baisy-Thy 26,99 3.177 118 25031B 3 Loupoigne 6,91 1.723 249 25031C 4 Houtain-le-Val 10,52 949 90 25031D 5 Vieux-Genappe 18,57 2.074 112 25031E 6 Glabais 7,48 777 104 25031F 7 Ways 7,50 1.221 163 25031G 8 Bousval 11,72 3.689 315 25031H

L'entité de Genappe compte aussi de nombreux hameaux tels que Bruyère-Madame, Chênemont, Dernier Patard, Fonteny, Forriest, Fosty, Hattain, Houtain-le-Mont, La Bruyère, La Falise, La Hutte, La Motte, Le Chantelet, Le Roy, Les Flamandes, Loncée, Noirhat, Pallandt, Promelles, Quatre-Bras, Ry-d'Hez, Sclage, Thy et Trou-du-Bois. Avant la fusion des communes de 1977, Genappe, avec ses 57 hectares, était considérée comme la plus petite commune de Belgique.

Oro-hydrographie Le terrain de Genappe est relativement peu accidenté : au nord, il s’incline doucement vers la Dyle, dont il occupe la rive gauche ; au sud, aux Prés des Bois, il est encore moins incliné. Le point culminant se situe près du vieux cimetière. Genappe est en grande partie recouvert par le limon bayen du système diluvien, reposant sur des systèmes bruxelliens et gédinniens, qui affleurent en plusieurs endroits et particulièrement sur la rive droite de la Dyle.

Tout le territoire de Genappe appartient au bassin de l’Escaut. Les cours d’eau qui arrosent la commune sont la Dyle, le ri des Prés du Roi et ri de la Crawanne.

La Dyle vient de Loupoigne et se rend à Ways : elle coule d’abord du sud au nord, puis de l’ouest à l’est, sur une longueur de mètres. Jadis, la Dyle activait le moulin Camusel et le grand moulin.

En 1434, une dérivation de la Dyle fut pratiquée, dans l’intérêt d’une meilleure défense du château de Genappe. Cette « neuve rivière » côtoyait le grand vivier, commençait aux pâturages de l’abbaye d’Afflighem, « derrière l’Hôtellerie », et finissait au « courtil de Gaspar de Passavant ». Sa longueur totale était de 120 verges (110 m), sa largeur de 14 à 18 pieds (4,3 à 5,5 m), et sa profondeur de 2 à 3 pieds (60 à 90 cm). Entre cette dérivation et le grand vivier se trouvait un étang dont on haussa le fond tandis qu’on approfondit le grand vivier. Plus en aval, on creusa encore une « nouvelle rivière », longue de 14 verges (13 m) et à laquelle on donna en quelques endroits une profondeur de 8 pieds (2,4 m). Ce second travail coûta au trésor ducal la somme de 12 livres 6 sous 6 deniers ; le premier 10 livres 12 sous et 6 deniers.

Le ri des Prés du Roi prend sa source dans les Prés du Roi et se réunit à la Dyle, près de l’intersection du chemin de fer et de la route de Bruxelles à Charleroi ; il coule du sud-ouest au nord-est, sur une longueur de 850 mètres.

Le ri de la Crawanne prend sa source aux confins des anciennes communes de Genappe et Vieux-Genappe, au pré de la Posterie ; il se réunit à la Dyle sous le moulin Camusel ; il coule du nord au sud sur une longueur de 550 mètres.

Jadis, outre celle des puits, on n’utilisait guère que l’eau de la « Fontaine al Saulx ». Plus loin encore, on citait la « Fontaine à Plomco » et la « Fontaine Chanton » qui furent remplacées par des pompes.

Près du château, il y avait autrefois, trois beaux étangs dits le « Grand Vivier », le « Vivier des marais » et le « Vivier du Stordoir »..

Principaux accès routiers La nationale 5 Bruxelles-Rocroi, La nationale 25 Nivelles-Louvain, La nationale 93 Namur-Nivelles, La nationale 237 Nivelles-Ottignies.

Démographie

Démographie : avant la fusion des communes

Source : DGS, recensements population.

Démographie : commune fusionnée

En tenant compte des anciennes communes entraînées dans la fusion de communes de 1977, on peut dresser l'évolution suivante :

Les chiffres des années 1831 à 1970 tiennent compte des chiffres des anciennes communes fusionnées. Source : DGS, de 1831 à 1981 = recensements population ; à partir de 1990 = nombre d'habitants chaque .

+ Évolution démographiqueAnnéePopulationÉvolution 1992=index 1001992100,01993101,11994102,61995103,21996104,11997104,51998104,81999105,32000106,12001107,02002107,62003108,42004108,72005108,42006109,02007110,12008111,12009112,12010113,32011114,92012116,72013116,92014117,52015118,12016118,02017118,22018118,42019119,02020120,02021120,52022120,42023122,72024123,92025124,62026125,7

Histoire

L’histoire de Genappe est indissociable de celle de sa voisine, Vieux-Genappe. En effet, avant la fondation de la ville de Genappe, le village de Vieux-Genappe portait lui-même le nom de Genappe.

Moyen Âge Tout au début du , les villages de Genappe, Baisy, Lillois et Maransart constituaient un alleu, franc de toute sujétion féodale, qui appartenait aux comtes de Boulogne. Une des filles d'Eustache de Boulogne, Gerberge l’apporta en dot à son époux, Frédéric d’Ardenne, duc de Basse-Lotharingie. À la mort de son épouse, le duc voulut faire don de ce territoire à l’abbaye de Stavelot. Une charte écrite en 1067 et conservée aux archives de l'État à Düsseldorf contient la première citation de GenappeHALKIN & ROLAND, Recueil des chartes de Stavelot-Malmedy, Tome 1, Kiessling, Bruxelles, 1909, p114. L'abbaye de Stavelot y tentait de finaliser cette donation. Le projet échoua, l'alleu fit son retour à la maison de Boulogne.

Eustache avait laissé trois fils : Eustache II, Godefroid, évêque de Paris et Lambert, comte de Lens. Eustache II épousa Ide ou Ida, la fille de Godefroid le Barbu, duc de Lotharingie.

Ide de Boulogne donna le jour à trois fils : Eustache III, qui hérita du comté, Godefroid, que nous connaissons sous le nom de Godefroid de Bouillon, et Baudouin qui succéda à son frère sur le trône de Jérusalem. Ide de Boulogne hérita de l'alleu de Genappe à la mort de son mari. En 1096, au lendemain de l'appel du pape Urbain II pour la première croisade, elle démantela et vendit l'alleu pour payer l'expédition de ses fils vers la terre sainte. Ainsi le territoire passa à l'abbaye de Nivelles, la paroisse de (Vieux-)Genappe fut cédée à l'Abbaye d'Affligem et la paroisse de Baisy à l'abbaye de Saint-Hubert.

La première charte, et très probablement la charte fondatrice de la franchise de Genappe date de 1211DESPY(Georges) & ZYLBERGELD(L ?), Jodoigne ou Genappe ? Sur une charte de franchise d’Henri de Brabant (1211), dans Annales de la Société d’Archéologie d’histoire et de folklore de Nivelles et du Brabant Wallon, TXX, Nivelles, 1968, p7-31.. Son contenu mélange diverse clauses juridiques, la clause la plus détaillée est celle relative à l’impôt sur le marché (le tonlieu) où se vendait en plus du bétail, des produits de teinture et d’armurerie.

Il est, par contre, impossible de déterminer avec certitude l’époque à laquelle fut créé le château de Genappe. Ce qui est certain, c’est que le château existait en 1227, puisque, lors de la trêve signée à Huy entre le duc de Brabant et le comte de Flandre, sous l’égide des évêques de Liège et de Cambrai, il est expressément mentionné comme gage d’une grosse somme d’argent que l’un devait payer à l’autrePONCELET (Edouard), Actes des Princes Évêques de Lièges : Hughes de Pierrepont(1200-1229). Palais des Académies, Bruxelles, 1941, p236.. Dès cette époque, le château de Genappe était à la fois résidence, forteresse et prison ducale. La ville que l’on appellera désormais Genappe, alors que l’ancien village ne se retrouve plus que sous le nom de Vieux-Genappe, devint le siège d’une mairie. Un officier, bailli ou maire, était chargé par le duc de rendre sa justice dans la plus grande partie des villages du Roman Païs de Brabant, situés dans le sud-ouest du duché.

En 1302, le duc Jean II de Brabant accorda une charte de franchises aux bourgeois de Genappe. On retrouve le sceau de la franchise de Genappe sur plusieurs documents importants concernant le duché et notamment la célèbre charte de Kortenberg en 1312.

C’est sous le règne du duc Jean II que se situe un événement peu connu mais digne d’être relaté. En 1308, il se créa un mouvement populaire spontané de très grande ampleur dans le but d’aller délivrer la Terre Sainte qui venait de retomber sous la domination des Sarrasins. Cette foule, sans chef, sans organisation, se répandit partout et se signala surtout en massacrant les Juifs qu’elle rencontrait sur son chemin. Le duc Jean II, pour éviter ces excès, ouvrit le château de Genappe aux Israélites afin qu’ils y trouvent un abri sûr. Les prétendus croisés se portèrent en masse à Genappe et mirent le siège devant le château. Le duc leur intima l’ordre de lever le siège, mais ils n’en tinrent aucun compte. Jean II se mit en route avec son armée et, après une dernière sommation, mit les assiégeants en déroute, délivrant ainsi les malheureux Juifs qui croyaient leur dernière heure arrivée.

Séjour du futur Louis XI Il serait difficile de relater en détail les divers événements qui ont ponctué l’histoire du château de Genappe : ce serait vouloir écrire toute l’histoire du Brabant. Il faut, cependant, obligatoirement faire mention du séjour que fit à Genappe, le dauphin de France, futur Louis XI, en révolte ouverte contre son père Charles VII. Le dauphin, qui ne s'entendait pas avec son père, avait précédemment passé dix années dans son apanage du Dauphiné, et pris la fuite lorsque son père fit envahir la province le , pour le contraindre à revenir à la Cour.

Sous le prétexte d'une partie de chasse, activité dont il était friand, Louis, accompagné d'une petite escorte, mit le cap sur Chalon en terre bourguignonne puis, à travers la Lorraine, sur Bruxelles où il parvint le de cette même année. Le dauphin Louis espérait bien trouver refuge auprès de son « bon oncle », le duc Philippe III de Bourgogne, et celui-ci le reçut avec tous les honneurs dus à son rang, lui octroyant le château de Genappe comme résidence, ainsi qu'une pension annuelle de .