La République fédérale d'Allemagne (RFA, en allemand : ou Le sigle est parfois décliné à tort en « République fédérale allemande ». Voir : ce texte officiel en français comporte en première page les deux traductions, et .) existe depuis l'effondrement du III Reich en 1945.

Le nom d'usage Allemagne de l'Ouest (), est la partie de l’État couvrant le secteur occidental de l'Allemagne (hormis le Land de la Sarre sous protectorat français et l'Alsace annexée), entre 1949 et 1990. La capitale politique de la république fédérale est alors installée à Bonn., sur les bords du Rhin, tandis que le secteur Berlin-Ouest de l'ancienne capitale du Reich bénéficie d’un statut politique spécial, et peut de facto être considéré comme faisant partie de l’Allemagne de l’Ouest, notamment à propos de la circulation des personnes.

La dénomination « Allemagne de l’Ouest » permettait de la distinguer de la République démocratique allemande, abrégée en « RDA » (en ou ), appelée de façon usuelle « Allemagne de l'Est ».

Après sa totale désintégration de 1945 (qui suit celle de 1918 avec le même taux de pertes humaines et une inflation du même ordre), l' Allemagne recomposée issue de la réunification de 1990, est le résultat de l’absorption des territoires de l'Allemagne de l'Est par l'Allemagne de l'Ouest. avec la même monnaie, le Deutsche Mark. Elle repose donc sur la même constitution que la RFA d'avant 1990, porte le nom d'usage désormais simplement d'« Allemagne » et se sert des emblèmes de l'Allemagne de l'Ouest dans la continuité dont l'hymne. Seuls la superficie totale et le nombre de Länders de la république fédérale ont changé.

Historique

Création gauche|vignette|redresse=.7|1945-1948 : l'Allemagne occupée, répartie entre les vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale. gauche|vignette|Depuis le : La RFA en , la Sarre en (sous protectorat français), Berlin-Ouest en et la RDA en .

Cette division résulte de l'occupation de l'Allemagne après la Seconde Guerre mondiale par les Alliés et les Soviétiques et de la guerre froide qui a suivi cependant que la guerre se poursuit contre le Japon. Par les Déclarations alliées de Berlin alors que les Soviétiques occupent l'Est de l'Allemagne, les Alliés, c'est-à-dire les Britanniques, les Américains et les Français, se partagent selon leur vues le gouvernement provisoire des territoires Ouest de l'Allemagne comportant l'administration de la population avec son alimentation et son logement, ainsi que l'organisation de l'économie avec le travail de la population et les moyens de production. En , à la suite du blocage par les Soviétiques des produits agricoles de leur zone vers les zones de l'Ouest, les Anglais et les Américains fusionnent leurs zones respectives pour constituer la BizoneSerge Bernstein, Pierre Milza (dir.) 1998, p. 49, où ils instaurent une nouvelle monnaie, le Deutsche Mark en . Les Soviétiques réagissent aussi en mettant en place l'Ostmark (qui devient la monnaie de l'Allemagne de l'Est). En , la France donne son accord pour fusionner son territoire à la Bizone : c'est la création de la Trizone. La RFA est créée par l'adoption de la Loi fondamentale le . Blocus de Berlin Staline, inquiet de la réforme monétaire et de la reconstitution d'une Allemagne hostile (et hors son influence), organise en le blocus de Berlin. Les Occidentaux répondent par un pont aérien de très grande ampleur et ininterrompu en direction de Berlin, notamment par l'aéroport de Tempelhof. Les Soviétiques doivent finalement mettre fin au blocus de Berlin en , après 11 mois.

Loi fondamentale

Après la fin du blocus de Berlin, les Occidentaux créent la République fédérale d'Allemagne (RFA) à partir de la Trizone (zones d'occupation américaine, britannique et française), sur la base de la Loi fondamentale du adoptée le précédent par le Conseil parlementaire réuni à Bonn.

Il s'agit d'une nouvelle Constitution pour l'Allemagne de l'Ouest, initialement destinée à jeter les bases du droit en RFA, et à disparaître ou à servir de base lorsque les deux Allemagne seront réunies. Finalement, la Loi fondamentale est conservée (mais modifiée) après 1990, et devient la Constitution de toute l'Allemagne.

À la suite de l'adoption de la Loi fondamentale, le Conseil parlementaire est invité à désigner le pour ne pas parler de capitale, ce terme étant réservé à Berlin. Alors qu'une majorité de représentants semble favorable à la nomination de Francfort-sur-le-Main à ce poste, c'est finalement Bonn qui est retenue lors du vote du 1949. Cette décision est confirmée le par le Bundestag, qui réaffirme l'objectif de rapatrier à Berlin les institutions fédérales dès que des élections libres auront eu lieu en .

L'article 23 de Loi fondamentale fait du Grand-Berlin un Land fédéral. Néanmoins, la Constitution n'y fut appliquée unilatéralement que partiellement à Berlin-Ouest, où les premières élections législatives eurent lieu le . Ce même article donnait également la possibilité aux Länders allemands n'ayant pas pu participer à l'élaboration de ladite Loi fondamentale, de pouvoir y adhérer ultérieurement à titre individuel. Cette disposition visait particulièrement les zones sous occupation soviétique qui furent privées d'élections libres, et constituèrent de leur côté la République démocratique allemande (RDA), le .

La reconstruction et le développement de l'Allemagne de l'Ouest furent supervisés par les alliés occidentaux au sein d'une Haute commission alliée.

Échanges économico-politiques entre la RFA et la RDA

Parce-que l'Allemagne de l'Est comporte une capacité agricole importante (céréales, maraîchage, élevage) des biens sont échangés contre des machines venant de l'Ouest soutenu par le plan Marshall (monnaies différentes sur les deux territoires et flux de trésorerie en réalité permanent pour les contrats passés années après années par les deux gouvernements), des prisonniers politiques (dénazification plus poussée-aboutie à l'Est) sont rachetés.

Redressement économique et politique de rapprochement avec la France vignette|gauche|redresse|Konrad Adenauer au Bundestag en 1955. Le , la révision du statut d'occupation permet à l'Allemagne d'établir de nouveau des relations diplomatiques et de créer ainsi un Office des Affaires étrangères en Allemagne (équivalent à un ministère).

Le , Konrad Adenauer, ancien maire de Cologne et résistant au nazisme, est élu premier chancelier fédéral de l'Allemagne de l'Ouest. Tout en redressant économiquement le pays (grâce notamment au plan Marshall), il poursuit une politique portant essentiellement sur le regain de la souveraineté allemande. S'éloignant des Soviétiques, il recherche par ailleurs la protection militaire des États-Unis (qui installent leurs bases aériennes en Europe) et intègre la République fédérale d'Allemagne dans le bloc de l'Ouest. Parallèlement, il désire aussi se rapprocher de la France où se sont succédé les deux opinions concernant l'Allemagne en tant que voisin : domination-exploitation pour réparations puis coopération-intégration ( Communauté européenne du charbon et de l'acier ). Dont le chef du gouvernement, à partir de 1958, est Charles de Gaulle. Une amitié unit les deux hommes, ce qui facilite le rapprochement franco-allemand. De Gaulle comme Adenauer avaient comme objectif de mettre fin à l'hostilité qui divisait les deux pays depuis 1870 et de permettre, à travers une entente franco-allemande, l'édification d'une Europe unie (appel à la« jeunesse »). Malgré certaines divergences politiques (de Gaulle, au contraire d'Adenauer, voulait se séparer des États-Unis afin de mettre en œuvre la troisième voie), les deux hommes d'État signent le traité de l'Élysée, au palais de l'Élysée, le , qui devait sceller la réconciliation entre les deux pays.

Sur le plan militaire, la France fait partie du Traité de Bruxelles (1948) avec le Royaume-Uni, la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg. Modifié il permet de réorganiser l'armée ouest-allemande fondée en 1955, la Bundeswehr, contrôlée par le parlement. Elle devient pour le nombre de soldats, la plus importante composante des forces armées de l'OTAN en Europe. La RFA retrouve de plus sa souveraineté le , dans le cadre de la convention avec les Trois puissances . (dite aussi convention de Bonn) qui signe la fin de son occupation par les Alliés. Malgré ces succès diplomatiques, militaires et économiques, Adenauer est obligé de démissionner en sous les pressions de son propre camp.

Le , la RFA connaîtra son premier agrandissement territorial par l'intégration de la Sarre qui, jusqu'alors, constituait un État indépendant et souverain, sous protectorat français.

Guerre froide et relations est-ouest allemandes

vignette|Willy Brandt (assis à droite, au centre) en conférence de presse le à l'occasion de la coalition SPD-FDP. Devenu un membre important de l'OTAN après son adhésion en 1955, cet État et la RDA (membre, de son côté, du pacte de Varsovie) furent l'un des points de cristallisation de la confrontation Est/Ouest, appelée « guerre froide ». L'Allemagne de l'Ouest, membre du bloc de l'Ouest et alliée aux États-Unis, s'opposait à l'Allemagne de l'Est, soumise, elle, à l'influence de l'empire soviétique et membre du bloc de l'Est. Cette confrontation et ces désaccords idéologiques s'inscrivaient plus généralement dans la lutte d'influence qui divisait depuis 1945 les États-Unis et l'Union soviétique.

Toutefois, sous le gouvernement du chancelier ouest-allemand Willy Brandt, la RFA organise une politique de rapprochement avec la RDA au début des années 1970. C'est lOstpolitik mise en place par Willy Brandt, qui aboutit à plusieurs accords amicaux entre les deux Allemagnes et entre la RFA et la Pologne ( : traité de Varsovie). L'Allemagne de l'Ouest et la RDA se reconnaissent mutuellement en 1972 en signant le traité fondamental en décembre de la même année (Grundlagenvertrag, entré en vigueur en ), tout en devenant membres de l'ONU peu après.

Grâce notamment au soutien par le plan Marshall, destiné à aider à la reconstruction de l'Europe après la Seconde Guerre mondiale, la croissance économique de l'Allemagne de l'Ouest, appelée Wirtschaftswunder (le « miracle économique »), fit qu'elle devînt rapidement la troisième puissance économique mondiale, après les États-Unis et le Japon. De plus, la RFA, bien qu'au niveau de l'accroissement démographique assez faible, fut l'objet d'une forte immigration en provenance de la RDA, les Allemands de l'Est fuyant le régime socialiste de la RDA et partant s'établir à l'ouest (plus de trois millions d'immigrants entre 1953 et 1961). La construction du mur de Berlin, en , et donc l'interdiction des Allemands de l'Est d'émigrer à l'Ouest, entrava ce mouvement migratoire, mais la RFA favorisa ensuite l'installation d'immigrants turcs, puis, après la chute du bloc de l'Est, des russes, des polonais, ukrainiens et tchèques -anciennement dans le bloc de l'Est-, attirés par la prospérité économique de l'État.

Réunification

vignette|gauche|Leipzig, , lors d'une manifestation du lundi.