, prince de Condé, est né le en l'hôtel de Condé et mort le au palais Bourbon. Prince du sang, il succèdera à son père, , duc de Bourbon, comme le huitième prince de Condé, à sa mort en . Le prince prend part à la guerre de Sept Ans et il devient colonel général de l'infanterie dès . Aux prémices de la Révolution française, le prince prend le chemin de l'émigration, et il commandera l'armée des émigrés. Il est contraint de s'exiler en Angleterre en avant de retourner en France afin d'aider le roi à assoir son pouvoir. Pour ce faire, il intrigue lors des Cent-Jours.

Biographie

Enfance Louis-Joseph de Bourbon-Condé est né le à l'hôtel de Condé. Il est fils de , septième prince de Condé, et de Caroline de Hesse-Rheinfels-Rotenbourg, une princesse allemande. Il descend du roi du fait que son grand-père, , a épousé Louise-Françoise de Bourbon, une fille légitimée de ce dernier. Lorsque son père est encore en vie, il porte le titre de duc d'Enghien. Son père meurt en , alors qu'il n'est âgé que de quatre ans. Sa mère meurt à son tour l'année suivante, le laissant orphelin. Il se voit alors confié à son oncle paternel, Louis de Bourbon-Condé, qui fait son éducation.

La mort de son père fait ainsi de lui le huitième prince de Condé. Le jeune prince fut élevé jusqu'à ses huit ans aux côtés du marquis de Sade, dont il est l'aîné de quatre ans, né lui aussi à l'hôtel de Condé et fils d'une parente et d'une dame d'honneur de sa mère. Le père de l'écrivain, le comte de Sade, était l'amant de sa mère et il peut être considéré comme le possible père adultérin du prince. Ce dernier sera ainsi le parrain du premier enfant du marquis et qui sera baptisé dans la chapelle privée du château de Chantilly. Âgé de quinze ans, le jeune prince est nommé gouverneur de Bourgogne et reçoit la charge de grand maître de France, qu'il hérite de son père.

Caractère La marquise Marie-Thérèse de La Ferté-Imbault raconte au cours de ses Mémoires avoir rencontré le jeune prince de Condé lorsqu'il avait seize ans, et qu'il se montrait d'une très grande timidité, se tenant toujours à l'écart, . Elle prit alors le prince sous son aile, qui en sera touché. Il restera ainsi toute sa vie très attaché à la marquise, cherchant toujours auprès d'elle des conseils, secours et consolations. La marquise dépeindra le prince comme . Elle écrira ainsi, arrivée au seuil de la vieillesse : .

Mariage Le , Louis-Joseph de Bourbon-Condé, alors âgé de dix-sept ans, épouse Charlotte de Rohan-Soubise au château de Versailles. Elle est la fille de Charles de Rohan-Soubise, prince de Soubise et ami intime du roi , et de Anne-Marie-Louise de La Tour d'Auvergne. Le prince et la princesse eurent alors trois enfants :

Marie de Bourbon-Condé, dite Mademoiselle de Bourbon ( - ) ; , futur prince de Condé. Il épouse Bathilde d'Orléans, fille de Louis-Philippe d'Orléans, duc d'Orléans, sœur de Louis-Philippe d'Orléans qui se fera appeler « Philippe Égalité » ; Louise-Adélaïde de Bourbon-Condé, dite Mademoiselle de Condé. Elle sera abbesse de Remiremont puis fonde les Bénédictines de la rue Monsieur.

La princesse de Condé meurt en , laissant ainsi au prince le champ libre pour entamer une relation avec Marie-Catherine Brignole, une aristocrate italienne ayant épousé , devenant ainsi princesse de Monaco. En , Marie-Catherine s'installe à l'hôtel de Lassay, une annexe du palais Bourbon, la résidence principale du prince de Condé. En , le prince de Monaco fait fermer les frontières afin de maintenir son épouse sur ses terres. Elle réussit à s'échapper, trouva refuge au sein d'un couvent de Le Mans puis regagne Paris. En , les amants firent élever l'hôtel de Monaco, qui est destiné à être la résidence principale de la princesse.

La construction de l'hôtel fut achevée en . Par la suite, le prince de Monaco fait adresser à son épouse une lettre dans laquelle il explique avoir compris leur relation terminée et lui dit désormais se consacrer à ses propres amours. Une séparation de corps est officiellement prononcée le . Dès lors, Marie-Catherine vient rejoindre le prince de Condé à Paris et à Chantilly, près duquel elle achète en 1780 la seigneurie de Betz. À la cour, elle est tenue à l'écart par la jeune Marie-Antoinette d'Autriche en raison de son statut. Cela contrariera le prince de Condé.

Ancien Régime Durant la guerre de Sept Ans, le prince sert avec une certaine distinction aux côtés de son beau-père, le maréchal de France et prince de Soubise. Il est alors nommé lieutenant général des armées du roi en et remporte quelques-unes des rares victoires françaises, notamment les batailles de Grünberg et Nauheim. À la suite de cela, il se consacre surtout à l'administration de la Bourgogne. Il est également intéressé par le bâtiment et fait ainsi embellir ses propriétés grâce à l'important legs de sa tante paternelle Élisabeth-Alexandrine de Bourbon-Condé, qu'elle avait elle-même hérité de sa cousine, Louise-Françoise de Bourbon, en . La même année, il achète au roi le palais Bourbon, autrefois propriété de la grand-mère du prince, afin d'en faire un palais monumental dans un nouveau style néo-classique. Le Carpentier sera chargé du chantier. vignette|Portrait de Louis-Joseph de Bourbon en uniforme de colonel général de l'infanterie, avec le cordon du Saint-Esprit par peintre anonyme, après 1762. Il achète également l'hôtel de Lassay voisin en dans le but de faire les deux bâtiments se rejoindre. Cependant, le palais ne fut achevé qu'à la fin des années , alors à la veille de la Révolution française. Le prince entreprit également de quitter l'hôtel de Condé, qui l'avait alors vu naître, pour le vendre au roi , en . Il est démoli au profit du théâtre de l'Odéon. Au château de Chantilly, la demeure ancestrale de la maison de Bourbon-Condé, le prince fait également de nombreux travaux d'embellissement. Il fait ainsi construire le château d'Enghien afin de loger ses invités dès , les travaux confiés à Jean-François Leroy. Il fait également aménager un parc à l'anglaise, puis un hameau. Ce dernier inspirera le hameau de la Reine.

En , le prince marie son fils avec Bathilde d'Orléans, fille du duc d'Orléans et la sœur du duc de Chartres, Louis-Philippe d'Orléans. Cette union est ainsi censée resserrer les liens entre la maison de Condé et la maison d'Orléans. Par l'ordonnance royale du , le grade de colonel général de l'infanterie est alors recrée à son intention par le roi Recueil général des anciennes lois françaises: depuis l'an 420, volume 26, Jourdan, Decrusy, M. Isambert (François André) . Durant les États généraux, le prince de Condé participe et s'oppose au doublement du nombre de députés du Tiers état, mais cela sera finalement accepté après négociations.

Révolution française

Départ pour Turin vignette|Louis-Joseph de Bourbon, prince de Condé par Alexandre-François Caminade, 1841. Le prince de Condé quitte le royaume le , trois jours après la prise de la Bastille. Il est l'un des premiers à partir. Il se dirige vers Valenciennes afin de gagner Bruxelles, à l'époque capitale des Pays-Bas autrichiens. Il fait un voyage le long du Rhin, puis en Suisse. Il est accompagné par son fils, son petit-fils et sa maîtresse. En septembre , il rejoint le comte d'Artois et réside dans la famille de la comtesse d'Artois au palais royal de Turin, où il reste jusqu'en . Dès lors, le comte et lui songent déjà à mettre une contre-révolution en marche avec l'aide de partisans royalistes.

L'armée des Princes Au printemps , alors que les deux frères du roi établissent leur quartier général en la ville de Coblence, le prince met en place une armée à Worms. Soucieux de contrôler étroitement les mouvements des émigrés, les Autrichiens et les Prussiens le tiennent à l'écart des opérations militaires en et le subordonnent à un général autrichien en . Stationné à proximité des bords du Rhin en et en , l'armée du prince de Condé passe sous un contrôle de la Grande-Bretagne puis de l'Autriche qui veillent alors à assurer successivement son entretien. En , après le traité de Campo-Formio, l'armée des Princes passe auprès du tsar, . L'armée est ensuite encore engagée dans des batailles contre la République qui s'acharne sur sa famille restée en France : le Roi, sa sœur, Madame Élisabeth, la Reine, Louis XVII, le duc d'Orléans "Phlippe Égalité", frère de la belle-fille du Prince meurent tous. vignette|Combat de Quiberon en 1795 par Jean Sorieul, 1850. Ainsi, l'armée des Princes est engagée dans des batailles contre la République française comme celles de Wissembourg, de Haguenau et de Bentheim. En , du fait du traité de Lunéville, le prince est contraint de se retirer en Angleterre avec sa famille. L'armée des Princes est dissoute et les émigrés qui y servent se dispersent .

Séjour en Angleterre Le prince de Condé et son fils sont ainsi logés à Wanstead House, servis par des domestiques dont les gages ne sont payés qu'irrégulièrement tout en continuant, autant que possible, à exercer le cérémonial de l'Ancien Régime. Ils reçoivent du roi une pension de six-cent-quarante-sept livres à eux deux.

Marie-Catherine de Brignole étant devenue veuve en 1795, le prince de Condé l'épouse à Londres, en la chapelle Notre-Dame de l'Annonciation, le , avec l'assentiment de Louis XVIII. La cérémonie est célébrée par Mgr de Béthisy de Mézières, qui a refusé de renoncer à son évêché d'Uzès.

Il adressa depuis Londres à son petit-fils, le jeune duc d'Enghien, des instructions belliqueuses, sans comprendre que la situation avait changé. Celui-ci sera enlevé, condamné à mort et puis exécuté sur les ordres de Napoléon Ier, en . Les Condés songent à rentrer en France.

Restauration vignette|Louis XVIII, roi de France et de Navarre par Antoine-Jean Gros, 1817. En , après la défaite de Napoléon Ier, le prince de Condé et son fils reviennent en France accompagnés du roi . Il retrouve, et ce malgré son âge avancé, sa charge de grand maître de France, ce qui lui vaut d'être assidu à la cour établie au palais des Tuileries, que son fils déserte complètement. Pendant les Cents-Jours, il tente d'organiser la résistance à l'ouest du pays puisse passe en Angleterre et revient à Paris après la bataille de Waterloo en . Il parvient à récupérer une partie de ses biens spoliés durant la Révolution et découvre l'état du château ancestral de Chantilly. Le château a d'abord servi de prison politique avant d'être, en même temps que le parc, morcelé puis vendu. Il ne restait ainsi plus que la structure basse.

Décès Louis-Joseph de Bourbon-Condé meurt le au palais Bourbon. Il est alors âgé de quatre-vingt-un ans. Il est inhumée en la nécropole royale de la basilique de Saint-Denis. Son fils, , sera le dernier prince de Condé. Louis-Joseph est celui des princes de Condé ayant le plus longtemps porté le titre, durant soixante-douze ans. Il nous est possible de consulter la correspondance qui est échangée entre le prince de Condé et son fils, le duc de Bourbon, qui est conservée aux Archives nationales sous la cote 34APArchives nationales.

Titulature — : « Son Altesse Sérénissime Louis-Joseph de Bourbon, Duc d'Enghien, Prince du Sang de France » ; — : « Son Altesse Sérénissime Louis-Joseph de Bourbon, Prince de Condé, Grand Maître de France, Prince du Sang de France ».

Décorations 50px|Ordre du Saint-Esprit Chevalier des ordres du roi () 50px|Ordre national de la Légion d'honneur Grand-croix de l’ordre royal de la Légion d'honneur () 50px|Ordre royal et militaire de Saint-Louis Grand-croix de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis ()

Ascendance

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie Christophe Levadoux : "Le Petit Château de Chantilly avant le duc d’Aumale", Carnet parodien d'histoire de l'art et d'archéologie, . Christophe Levadoux : "Bibliophilie et numismatie chez les Condé au XVIIIe siècle", Mémoires de la Société historique du Val-d’Oise et du Vexin, t. XLIII, 2021, p. 23-64.