vignette|Saut sur un obstacle de cross fixe, une haie.

Le concours complet d'équitation (souvent abrégé en complet ou CCE) est un sport équestre qui regroupe en une seule discipline trois épreuves bien distinctes : une épreuve de saut d'obstacles, une épreuve de dressage et une épreuve spécifique : le cross ou cross-country. Créée à l'origine pour tester les capacités des chevaux destinés aux forces armées, cette épreuve a évolué peu à peu pour devenir une discipline équestre à part entière. Souvent qualifié de triathlon équestre, le CCE demande, contrairement à d'autres disciplines, une polyvalence de la part du cheval comme de son cavalier.

Le concours complet est l’une des sept disciplines équestres mondiales agréées par la fédération équestre internationale et discipline olympique depuis les Jeux olympiques de Stockholm de 1912. Les différents niveaux d’épreuves, qui sont fonction de la hauteur des obstacles et de la difficulté des tracés des parcours et reprises, permettent la progression des couples pratiquant la discipline en compétition.

Histoire thumb|Militaire effectuant un saut (photo datant de 1903).

Origine

Le concours complet tire ses origines d'épreuves militaires.. À l'époque où le cheval est le moyen de transport principal des armées, il est important pour celles-ci de se doter d'animaux endurants et forts, mais aussi ayant un dressage suffisant pour pouvoir rester fiables en toutes circonstances. Pour tester les chevaux, des épreuves ont donc vu le jour qui consistent en une épreuve d'endurance et de franchissement d'obstacles sur des distances de 30 à . La dénomination de cette épreuve est alors concours du cheval d'armes en France, et les pays du Nord et de l'Est de l'Europe l'appellent encore military. L'épreuve de cross, qui fait la spécificité du concours complet, présente des similitudes avec le steeple-chase, une course hippique d'obstacles. Plusieurs obstacles sont très similaires comme les haies, gués (appelés rivières en courses hippiques), contrebas et contre-haut. Ces courses préexistent au concours complet. Les principales différences sont que pour celles-là, les chevaux et leurs jockeys prennent le départ et courent en même temps, par ailleurs, il n'y a pas de décompte de pénalités et c'est uniquement le rang d'arrivée qui est visé, tandis qu'en cross de concours complet, chaque couple cavalier/cheval court seul, est chronométré et doit dépasser aussi peu que possible un temps défini pour le parcours ; une vitesse plus importante que celle demandée n'apporte pas d'avantage au concurrent. Au contraire cela apportera des points de pénalités.

Développement en Grande-Bretagne

La discipline est introduite aux Jeux olympiques de Stockholm en 1912. Jusqu'aux Jeux olympiques de Londres de 1948, les anglo-saxons ne pratiquent pas, ou peu cette discipline mais leur culture équestre en extérieur issue notamment de la chasse les y dispose. À partir de ces Jeux olympiques, le CCE connait un grand essor en Grande-Bretagne et se développe de manière à rendre cette discipline plus accessible aux civils, alors qu'elle a longtemps été pratiquée de manière quasi-exclusive par les militaires. Le terme anglais pour désigner le concours complet est Horse Trial ou three day event. Depuis 1999, la dénomination officielle anglo-saxonne est eventing. Ce pays organise deux des six concours complets internationaux cinq étoiles.., le plus haut niveau possible pour un CCE, reconnus par la Fédération équestre internationale (FEI).

Développement en France

En France, ces épreuves ont été mises en place au , mais celles dont la philosophie se rapproche du concours complet moderne sont nées au . Il s'agit du championnat d'arme qui regroupe des épreuves de dressage, de steeple-chase, de randonnée et de saut d'obstacles. Jusqu'au milieu de , le concours complet est surtout pratiqué par les militaires. Ce n'est que dans les années 1980 que la discipline se développe au sein des clubs équestres et se pratique auprès d'un panel plus large de cavaliers.

Avenir de la discipline

Face à la médiatisation croissante, la FEI souhaite réformer la discipline pour la rendre plus attractive. Des réformes sont décidés pour s'appliquer aux Jeux olympiques de 2020. Ils sont votés en lors du congrès de la FEI à Tokyo.

Afin d'attirer l'attention et d'être plus compréhensible, la FEI envisage de renommer le concours complet. Les nouveaux noms envisagés seraient Equestrian Triathlon, Equi-triathlon, Equestrio et Triquestrian.. L'équipe d'équitation sera réduite à pour les épreuves par équipe, comme pour le dressage et le saut d'obstacles, ce qui permet d'accroître le nombre de nations participantes sans toucher au quota des 200 athlètes pour l'équitation aux Jeux olympiques. Le concours complet sera réduit à trois jours au lieu de quatre : l'épreuve du dressage ne prendra plus qu'un seul jour.. Pour l'épreuve du saut d'obstacles, par équipe, les trois membres de l'équipe concourront consécutivement.

Épreuves Des trois épreuves qui composent le concours complet, deux sont des disciplines à part entière : le dressage et le saut d'obstacles. Néanmoins, si le format est équivalent, les qualités demandées sont bien différentes. L'ordre traditionnel de ces épreuves est le suivant : dressage, cross-country, puis saut d'obstacles. Cet ordre n'est pas dû au hasard : il est fait pour tester la soumission et le dressage du cheval avec la première épreuve, sa force et son endurance avec le cross, puis son état de fraîcheur avec le saut d'obstacles, appelé plus couramment dans ce contexte . Plus récemment, l'ordre dressage, saut d'obstacles puis cross est apparu dans tous les niveaux de la compétition. Sauf lors d'un championnat, un cavalier peut prendre part à un concours complet international avec plusieurs chevaux et dans les limites posées par le comité d'organisation de l'épreuve. Aucun concurrent ne peut néanmoins monter plus de quatre chevaux par jour pour le cross. Dans une épreuve par équipe, le cavalier ne peut monter qu'un cheval et ce dernier ne peut se trouver dans deux équipes différentes..

Dressage

thumb|Cavalier de concours complet sur son tour de dressage.

Le couple évolue sur un terrain rectangulaire de sur (ou par dans certaines épreuves poney) et exécute une série d'une vingtaine de figures appartenant à un programme appelé reprise. Le jury, composé de deux à cinq juges, évalue l'aisance et la fluidité dans les mouvements du couple. Chaque figure est notée de zéro (figure non exécutée) à dix (exécution excellente). Le jury attribue aussi des notes d'ensemble permettant de juger un certain nombre de paramètres dépendant du niveau technique de l'épreuve, tels que la précision de l'exécution, la soumission du cheval, la qualité des allures, l'impulsion, la position du cavalier, l'harmonie dans le couple cavalier / cheval etc.

Si l'épreuve de dressage du concours complet reprend la majorité des règles et principes du concours de dressage traditionnel, il s'en écarte sur quelques points : le couple ne sera jugé que sur une seule reprise, imposée selon le niveau de l'épreuve ; et le dressage demandé est d'un niveau moindre et diffère en plusieurs points dans l'attitude du cheval (notamment, les changements de pied ne sont pas demandés en série. Le piaffer et le passage ne sont pas demandés de manière générale).

Cross

thumb|Contrebas avec entrée dans le gué.

Le cross ou cross-country, épreuve spécifique du complet, est une discipline qui ne se pratique que dans le cadre d'un concours complet. Sa particularité est de se passer sur des terrains naturels (plaine, bois, gué, buttes, pont, fossés) et de comporter des obstacles fixes, contrairement au saut d'obstacles où les barres sont mobiles. Le train (vitesse) demandé est plus élevé qu'en saut d'obstacles. Celui-ci varie en fonction du niveau, allant de 500 à (30 à Les vitesses sont usuellement données en mètres par minute, unité plus adaptée aux distance et durées rencontrées des parcours.), contre (environ ) en moyenne pour le saut d'obstacles. L'alliance d'obstacles fixes et d'une vitesse élevée garantit une épreuve spectaculaire mais difficile et comportant des risques pour le cavalier comme pour le cheval.

Déroulement La première épreuve est obligatoirement celle du dressage. Ensuite viens la reconnaissance du cross et ensuite le concours se termine par l'hippique (le saut d'obstacles).

Reconnaissance Quelques heures avant le tour ou la veille, les cavaliers sont invités à la reconnaissance de parcours. Il s'agit d'effectuer l'ensemble du tour à pied pour reconnaître le trajet à suivre, les obstacles, choisir ses trajectoires, relever les difficultés, échanger des ressentis avec les entraîneurs ou avec les autres participants. Il est formellement interdit de faire cette reconnaissance à cheval, ceux-ci devant impérativement ne pas connaître les obstacles avant le passage sur le cross.

La reconnaissance est effectuée une première fois par le chef de piste, puis une seconde fois si ce dernier le désire. Cette seconde reconnaissance, dite technique, est plus lente et le chef de piste explique aux personnes présentes les profils des obstacles et les difficultés qu'il y voit. Les cavaliers ont néanmoins le droit de reconnaître le parcours quand ils le veulent et autant de fois qu'ils le souhaitent.

Tour left|thumb|Cheval quittant la boîte de départ. thumb|upright=0.5|Poteau indiquant la première minute d'un tour.

L'épreuve peut se dérouler soit dans l'ordre du listing de départ lorsque les épreuves se déroulent sur une journée, soit dans l'ordre inverse du classement provisoire. Les cavaliers s'échauffent sur un terrain placé non loin du départ du cross (paddock) et se présentent à l'appel du chef de paddock à la boîte de départ. Cette zone d'une vingtaine de mètres carrés délimitée par des poteaux est l'endroit d'où les couples s'élancent sur le cross. Au signal du starter, le cavalier enclenche son chronomètre et peut partir à son tour. L'objectif pour le cavalier est alors de franchir la totalité des obstacles du tour, dans l'ordre et en approchant le plus possible le temps idéal, sans toutefois le dépasser. Pour l'aider dans la gestion du temps, des panneaux indiquant les minutes sont disposés à distances régulières en fonction de la vitesse demandée. Par exemple, pour un tour devant s'effectuer à , un petit panneau reconnaissable est disposé tous les et indique au cavalier le temps qui aurait dû passer à cet endroit depuis le début de parcours (les cavaliers sont souvent équipés de chronomètres sonnant les minutes). Le cavalier doit donc gérer l'état de fraîcheur de son cheval, éventuellement faire des choix de trajectoire différents en fonction des différents paramètres et savoir anticiper les difficultés en fonction du comportement du cheval sur les obstacles précédents.

Comme il peut y avoir une centaine de partants et qu'un tour de cross dure plusieurs minutes, il y a en permanence de deux à quatre chevaux sur le tour simultanément. Il est assez rare qu'un couple en rattrape un autre, mais lorsque cela arrive, les juges aux obstacles doivent prévenir le concurrent rattrapé pour lui signaler de s'écarter afin de ne pas gêner le cavalier suivant.

Obstacles thumb|Obstacle de cross, fanion rouge à droite, blanc à gauche.

Les obstacles sont construits avec des matériaux naturels, majoritairement en bois, et sont faits pour imiter des obstacles naturels.. À l'instar du CSO, les obstacles du cross sont encadrés par deux fanions, un rouge à droite et un blanc à gauche. Les obstacles sont numérotés en partant de un, jusqu'au dernier portant donc comme numéro le nombre total d'obstacles.

La hauteur maximale d'un obstacle est de mais la façon dont il est placé dans le parcours peut augmenter considérablement la difficulté à le passer. On peut les séparer en deux grandes parties : les obstacles isolés et les combinaisons. Ceux-ci sont composés d'éléments aux profils divers.