, né le à Bourges et mort le au château de Plessis-lèz-Tours, est roi de France de à sa mort, sixième roi de la branche dite de Valois (Valois directs) de la dynastie capétienne.

Son règne voit le rattachement de plusieurs grandes principautés mouvantes, fiefs et arrière-fiefs vassaux au domaine royal par des moyens parfois violents : territoires mouvants du duché de Bretagne (, traité de Senlis), des ducs de Bourgogne (, confirmé en par le traité d'Arras avec de Habsbourg), Maine, Anjou, Provence et Forcalquier en , par la mort sans héritier de , et une partie des domaines de la maison d'Armagnac qui, brisée par l'affrontement avec le pouvoir royal, s'éteint peu après.

Selon Didier Le Fur, la ligne directrice de sa politique a été constituée par le renforcement de l'autorité royale contre les grands feudataires, appuyée sur l'alliance avec le petit peuple, ce qui fait de lui un des pères de la centralisation française..

Premières années Naissance et éducation thumb|left|upright|Statue de Louis XI à Bourges, sa ville natale. gauche|vignette|redresse|Le Dauphin Louis. Portrait à la sanguine et pierre noire de Jacques Le Boucq, Recueil d'Arras, , , Bibliothèque municipale d'Arras. vignette|upright=1.5|alt=Carte figurant avec de nombreuses couleurs le découpage politique du royaume|Carte des fiefs du royaume de France en 1477.

Fils de et de Marie d'Anjou, il fut baptisé en la cathédrale Saint-Étienne de Bourges. Durant son enfance, il fut élevé par Catherine de l'Isle-Bouchard, sa marraine, son parrain étant le duc ..

À sa naissance, la situation politique et militaire de son père est si précaire qu'on l'envoie au château de Loches, une forteresse. À partir de 1429, année du sacre de son père à Reims, grâce à l'aide de Jeanne d'Arc, une éducation de très bonne qualité lui est dispensée. Il commence en effet, dès l'âge de , à apprendre le latin, l'histoire et les mathématiques, sous les directives de Jean de Gerson, ancien chancelier de l'université de Paris, et de Jean Majoris, licencié en droit et théologien, qui fut un bon précepteur pour le futur souverain, ainsi que : à Loches, ... Par conséquent, le dauphin, devenu roi, avait des bases solides en droit et en théologie tandis qu'il maîtrisait l'art de convaincre et d'ordonner.

En 1433, alors qu'il a dix ans, il est autorisé à rejoindre ses sœurs et sa mère au château d'Amboise.

Premier mariage Le , il épouse Marguerite d'Écosse, fille de , au château de Tours. Le futur a , elle 11 ans, et ils étaient déjà prédestinés à se marier depuis 8 ans. Il la rendra tellement malheureuseJean Favier, , Fayard 2001, réed. Tallandier 2012, . que, mourant très jeune, à , la dauphine soupira ces ultimes paroles : . À l'occasion de ce mariage, le roi lui montre son indifférence en venant en habit de cheval sans même avoir quitté les éperons. Louis, de son côté, a du mal à cacher .

Débuts politiques Dès l'époque de son mariage, il commence à jouer un rôle politique. Ainsi, il se déplace à Lyon et Vienne pour recevoir les serments de fidélité de leurs habitants. Durant l'été 1437, il mène l'assaut contre Château-Landon. Son succès incite son père à l'action. Père et fils prennent Montereau et entrent dans Paris ensemble, ville récemment conquise par le connétable de Richemont.

Dauphin de France gauche|vignette|Les trois ordres dans L'arbre des batailles de Honorat Bovet. Au centre de la miniature, le roi entouré du Dauphin Louis et du connétable Arthur de Richemont. Paris, BnF, Bibliothèque de l'Arsenal, ms. 2695 , .

Première mission en Languedoc et participation à la Praguerie Au , et son fils, le futur , sont au Puy, où l'assemblée de la province leur octroie et leur demande de les débarrasser des Écorcheurs. , prétendant avoir des affaires urgentes à régler au nord, confie cette tâche à son fils, qu'il nomme en Languedoc. Si le roi ne lui accorde ni argent ni hommes, il lui permet néanmoins de choisir lui-même ses conseillersSous son règne, la proportion de conseillers roturiers (comme Olivier Le Daim qu'il anoblit par la suite) passe de 37 à 47 % mais les nobles gardent les postes les plus importants.. C'est ainsi que Jean de Pardiac, son gouverneur, préside le Conseil.

Usant de diplomatie, le dauphin Louis obtient des états généraux et des nobles l'argent nécessaire pour négocier le départ des Écorcheurs. À l'annonce de ses succès, dès , le roi le rappelle à la Cour, où aucune tâche ne lui est confiée. En décembre de la même année, il est nommé en Poitou, cette fois sans vrai pouvoir de décision. En , après une entrevue avec , il rejoint la Praguerie, révolte de grands seigneurs mécontents, comprenant d'Alençon, , Jean de Dunois, le maréchal de La Fayette ou encore Georges de la Trémoille. Les frondeurs voient vite leur exigence comblée, à l'exception du Dauphin, qui doit offrir sa soumission à Cusset, mais obtient néanmoins le gouvernement partiel du Dauphiné et d'autres garanties.

Succès militaires et expulsion des Écorcheurs vignette|Le dauphin Louis et son armée d'écorcheurs entrent en Allemagne pour combattre les Suisses (août 1444). Enluminure du manuscrit de Martial d'Auvergne, Les Vigiles de , BnF, département des manuscrits, ms. Français 5054, , vers 1484. En , il participe au siège de Pontoise du au . Cette ville est alors considérée comme étant la porte de la Normandie. Début , il secourt Dieppe, ville assiégée par les Anglais de Talbot. Après avoir rendu grâce à la Vierge pour sa victoire, il fait montre de générosité envers les combattants et ceux qui ont secouru les blessés. Immédiatement après, à la tête de nombreux soldats et assisté de bons capitaines, dont Antoine de Chabannes, il fait campagne contre , grand vassal insoumis. Il obtient peu après sa capitulation à Rodez et la soumission à l'Isle-Jourdain du comte d'Armagnac. Il l'emprisonne à Carcassonne tandis qu'il s'adjoint ses meilleurs capitaines : Jean de Salazar et Jean, le jeune Bâtard d'Armagnac.

En , le futur rejoint la cour à Tours. La perspective du mariage entre et Marguerite d'Anjou, fille du Roi René, fait espérer une trêve. Le problème est alors de trouver une occupation aux Écorcheurs. Comme l'empereur d'Allemagne et le duc d'Autriche ont demandé des troupes à la France pour combattre les Suisses, le Dauphin est chargé d'employer ces hommes à cette tâche. Il réunit, le , écorcheurs à Langres.

En , le Dauphin Louis conduit une armée d'Écorcheurs hors du royaume pour affronter les Suisses, à la demande du duc Sigismond d'Autriche, allié du roi. Son armée traverse la Bourgogne et la haute Alsace sans autorisation, et les Écorcheurs pillent, violent et crucifient les populations civiles traversées. Le , ils arrivèrent à Montbéliard. Entre-temps, les Suisses posaient le siège devant Zurich et Farnsburg. Le Dauphin fixa avec ses capitaines l'objectif de Bâle, qui n'était à l'époque pas membre de la Confédération. C'est pour des raisons stratégiques que les Français souhaitèrent en prendre le contrôle, la ville constituant une voie d'accès vers le Rhin, cela pour faciliter les affaires des marchands dauphinois. Cependant, la ville ne fut pas conquise.

Le , il remporte la victoire de Pratteln (Bataille de la Birse). À la suite de cette bataille, le futur put mesurer la valeur des Suisses, ainsi que l'innovation de leur technique militaire, à laquelle il vouera une franche admiration. Les Confédérés vaincus par le Dauphin levèrent le siège de Zurich, ce qui était l'objectif de . Après la bataille, Louis se dirigea vers Bâle, où se tint un concile autour de l’antipape . Louis est nommé gonfalonier, c’est-à-dire protecteur de l’Église, par le pape . Fin août, le Dauphin se rendit compte qu'il attirait les foudres de tous les belligérants. Bâle se rapprocha de la Confédération tandis que le roi des Romains souhaitait que le dauphin se retire d'Allemagne au plus vite suite aux horribles crimes perpétrés par les Écorcheurs. n'avait plus besoin des Français et voulait négocier avec les Suisses. Or, ce n'était pas l'objectif des Valois ; le , Louis mettait à jour les ambitions du royaume de France dans la région du Rhin face aux ambassadeurs de , ambitions partagées par .

Pour Louis et son père, il fallait recouvrer certaines terres autrefois soumises au royaume de France. Le , il s'établit à Ensisheim, d’où il ouvrit des négociations avec les Suisses. Le Dauphin avait compris qu'une alliance avec la Confédération suisse serait d'un plus grand profit que celle avec les Habsbourg. Le , il devança en négociant une trêve avec Bâle, Berne et Soleure et en même temps il réprima les villes de Haute-Alsace qui avaient soutenu la rébellion contre les Habsbourg. Il occupa et contrôla peu à peu la Haute-Alsace, ce qui inquiéta beaucoup l'empereur.

Le , alors qu'il assiégeait Dambach, il fut blessé par une flèche au genou et regagna Ensisheim. C'est là qu'il signa le traité d’Ensisheim, conduisant à la paix, le , pacte qui avait une clause de protection des échanges commerciaux. La paix ne fut même pas soumise au roi et son nom ne fut pas cité. Le Dauphin se proposait de jouer le médiateur entre Suisses et Habsbourg tout en étant allié avec les Cantons. Interloqué par la situation, rappela son fils à Nancy en . Le roi avait imposé la paix à la ville de Metz et lui avait soutiré . Les Écorcheurs restèrent en majorité en Alsace, l'objectif de débarrasser la France de ces soudards fut un succès, néanmoins les conséquences politiques furent grandes et les exactions des Français indignèrent tout le Saint-Empire romain germanique. Pour ne pas risquer une guerre à l'est, abandonna les citadelles prises par Louis et rappela ses troupes fin février-début . Sur le chemin du retour, quelques bandes d'écorcheurs isolées furent massacrées par des paysans alsaciens excédés par leurs crimes. La campagne raviva les tensions entre et le duc de Bourgogne Philippe le Bon, la violation de son territoire fut inacceptable. Pour éviter une nouvelle alliance anglo-bourguignonne, le roi négocia en à Châlons-sur-Marne. Le roi exigea que son fils signât à son tour le Traité d'Arras de 1435. En récompense de ses victoires, il fut nommé protecteur du Comtat Venaissin le par le pape.

Parallèlement, Louis consacre ses importants revenus à se constituer une clientèle. Depuis , en effet, il reçoit une pension royale de . Il faut y ajouter les subsides et primes, accordés par les États qu’il débarrassait des routiers. Cependant, il restait insatisfait de sa situation. Il était frustré de n’avoir retiré que le Dauphiné de la Praguerie.

Maître du Dauphiné

gauche|vignette|Représentation héraldique du dauphin Louis, futur , armorial Hyghalmen, vers 1450.