thumb|Le pays du Pont.
L’expression génocide grec pontique.. (en , et en ) est utilisée pour définir l’histoire des Grecs pontiques pendant et après la Première Guerre mondiale. Le fait qu’il y ait eu ou non génocide est encore débattu entre la Turquie et la Grèce ; l'ONU n'a pas tranché. On fait aussi allusion à la Tragédie pontique., l’Extermination pontique Kostas Photiades, Kostas, The Annihilation of the Greeks in Pontos by the Turks, Université de Tübingen, Allemagne, 1987. et aux Atrocités commises par les Turcs dans le Pont et l’Asie mineure.. Ces termes se réfèrent aux persécutions, aux massacres, aux expulsions ainsi qu’aux migrations forcées infligées par le gouvernement jeune-turc aux Grecs pontiques au début du ; ces massacres, suivant ceux des Arméniens et des Assyriens, répondent à la définition de génocide proposée par le juriste Raphael Lemkin en 1943G.W. Rendel, Mémoire Du Bureau des Affaires Étrangères sur les Massacres et les Persécutions commises par les Turcs sur les Minorités depuis l’Armistice, 20 mars 1922, (a) Paragraphe 7, (b) Paragraphe 35, (c) Paragraphe 24, (d) Paragraphe 1, (e) Paragraphe 2. Taner Akcam, From Empire to Republic, Turkish Nationalism and the Armenian Genocide, 4 septembre 2004, Zed Books, pages (a) 240, (b) 145. Mark Levene, Creating a Modern "Zone of Genocide": The Impact of Nation- and State-Formation on Eastern Anatolia, 1878–1923, Université de Warwick, © United States Holocaust Memorial Museum 1998..
La Grèce, la république de ChypreCyprus Press Office, New York City et l'Arménie. ont officiellement reconnu le génocide en 1994 et ont déclaré le comme date commémorative. Les États américains de la Caroline du Sud Reconnaissance du génocide par la Caroline du Sud, du New Jersey Reconnaissance du génocide par le New Jersey, de Floride Reconnaissance du génocide par la Floride : HR 9161 – le génocide des Pontiques 1914-1922, du Massachusetts Reconnaissance du génocide par le Massachusetts, de Pennsylvanie Reconnaissance du génocide par la Pennsylvanie et de l’Illinois Reconnaissance du génocide par l’Illinois ont aussi voté des résolutions reconnaissant le génocide. Cependant, les États des États-Unis n’ayant pas de prérogatives en matière de politique extérieure, ces résolutions ne sont pas reconnues au niveau fédéral. L’Arménie a reconnu officiellement le le génocide grec pontique et le génocide assyrien Conseil de l’Europe , Charte Européenne pour les Langues Régionales ou Minoritaires, The First Report of the Republic of Armenia According to Paragraph 1 of Article 15 of European Charter for Regional or Minority Languages, Strasbourg, 3 septembre 2003, ...
Le gouvernement turc rejette le terme de génocide. Le choix du pour la commémoration de cet événement est perçu comme une provocation, car c’est un jour de fête nationale en Turquie Erdoğan fait pression sur Karamanlis à propos de la commémoration du Génocide Pontique Turkish Weekly.
Contexte thumb|La une du New York Times informant que la population chrétienne de Trabzon a été « éradiquée »Les autres informations sur cet événement rapportées par le New York Times peuvent être trouvées ici.. thumb|left|Article publié par le journal The Scotsman le .
Selon la Ligue Internationale pour les Droits et la Libération des Peuples, entre 1916 et 1923, près de originaires du Pont furent massacrés document des Nations Unies, rechercher « Pontian Genocide » si le lien ne fonctionne pas.. Merrill D. Peterson indique Merrill D. Peterson, Starving Armenians: America and the Armenian Genocide, 1915-1930 and After. Selon G.K. Valavanis, « la perte de vies humaines parmi les Grecs Pontiques, depuis la Grande Guerre jusqu’à peut être évaluée à à la suite des meurtres et des pendaisons, ainsi que de la famine et des maladies » G.K. Valavanis, Contemporary General History of Pontos, 1925, édition. Le journaliste et historien grec Tassos Kostopoulos a démontré que ce nombre était le résultat de l'addition arbitraire de à un nombre de , présenté dans un pamphlet grec de 1922 destiné à sensibiliser l'opinion commune concernant la persécution des Grecs d'Asie Mineure. Le pamphlet parlait de , mais Valavanis les a faussement représentés comme des personnes exterminées. Le nombre de , établi par Valavanis déjà en 1925, a été reproduit par des activistes grecs Pontiques nombreux et a acquis un statut officiel, étant mentionné dans presque toutes les cérémonies commémoratives. Kostopoulos estime le nombre des Grecs de Pontus exterminés de 1912 jusqu'à 1924 à environ -. Selon un conseiller auprès de l’armée allemande, Ismail Enver, le ministre turc de la défense aurait déclaré en 1915 qu’il voulait « résoudre le problème grec… de la même façon qu’il pensait avoir résolu le problème arménien ».
Les survivants se réfugièrent principalement en Russie impériale (qui devint par la suite l’Union soviétique) et dans une moindre mesure en Dobrogée roumaine Neal Ascherson, Black Sea, page 185. Les Grecs pontiques restés dans la région ottomane du Pont jusqu’à la fin de la guerre gréco-turque (1919-1922) furent expulsés vers la Grèce dans le cadre de l’échange forcé de populations entre la Grèce et la Turquie en 1922-1923, à l’exception d’une minorité qui se convertit à l’islam et se déclara turqueMichel Bruneau (directeur), Les Grecs pontiques, diaspora, identité, territoires Éditions du C.N.R.S., Paris 1998.
Une des méthodes employées dans l’élimination systématique des Grecs fut la mise en place d’un service de travail obligatoire (Amele Taburları en turc, Τάγματα Εργασίας Tagmata Ergasias en grec). Parmi ceux-là, beaucoup de jeunes et de personnes en bonne santé furent réquisitionnés pour des travaux forcés de terrassement pour l’administration ottomane pendant la Première Guerre mondiale, puis pour le gouvernement turc après la création de la république de Turquie. Le célèbre écrivain Elias Venezis a fait une description de la situation dans son livre Le nombre 31328 (Το Νούμερο 31328). Une recherche universitaire sur ces travaux forcés réalisée par le professeur de l’, basée sur les journaux de Yaşar Paker, un juif de Turquie enrôlé de force lui aussi, n’indique pas de véritable volonté de génocide Strong as Steel, Fragile as a Rose: A Turkish Jewish Witness to the Twentieth Century : l’article de Leyla Neyzi basé sur le journal de Yaşar Paker's – Automne 2005 : en fait, les autorités turques ont exploité les populations indésirables sans égard pour leur survie, leur disparition n’étant ni planifiée, ni évitée.
Une autre variante de cette politique est celle de la marche forcée jusqu’à la mort des personnes âgées, des handicapés, des femmes et des enfants.
L’expression « massacres blancs » a été utilisée pour dénommer tous ces moyens indirects d’infliger la mort (famine, déportation, camp de concentration, etc.).
Conséquences 250px|left|thumb|La répartition passée et présente des Grecs pontiques. 250px|left|thumb|Conséquences démographiques du traité de Lausanne.
La migration forcée consécutive au traité de Lausanne a mené à une élimination presque totale de la présence de la population grecque d’Anatolie, et à une diminution importante de la présence turque en Grèce, notamment dans la région de Thessalonique. Il est impossible de déterminer combien de Grecs pontiques, ioniens ou autres moururent entre 1916 et 1923, et combien furent expulsés vers la Grèce ou d’autres pays, d’autant que certains ont transité par la Bulgarie ou la Roumanie à bord des bateaux du SMR ou bien par l’URSS ()Maksim Kissilier, Language and Ethno-Cultural Situation in Greek Villages of Azov Region, St. Petersburg State University 2009, .. D’après G.W. Rendel, . Edward Hale Bierstadt indique que Bierstadt, Edward Hale. The great betrayal; a survey of the near East problem. New York: R. M. McBride & company, 1924. Selon Manus I. Mildrasky dans son livre The Killing Trap, l’estimation des Grecs d’Anatolie qui furent tués s’élève à approximativement The Killing Trap, et 377.. Il faut enfin remarquer qu’un nombre non négligeable de Pontiques se sont convertis à l’islam et ont déclaré être Turcs pour survivre et garder leurs biens, sans compter les enfants de familles pontiques tuées, qui ont été adoptés et élevés par des TurcsSur les Turcs d'origine pontique, le film de Yeşim Ustaoğlu : En attendant les nuages (2005), tourné près de Trabzon, évoque ce sujet « tabou ». Scénario : dans les années 1970, une Turque d'origine pontique, adoptée enfant par une famille turque, retrouve ses racines à la suite de la rencontre fortuite d'un Pontique émigré en visite, désireux de revoir sa terre natale. Elle découvre qu'elle a un frère émigré à Salonique et court l'y retrouver, alors qu'elle a oublié le grec. Tout en nuances, le film dépasse les clichés nationalistes et lève un coin de voile sur un passé violemment nié par les autorités turques (le film n'a pas été distribué dans les cinémas turcs et les médias se sont déchaînés contre l'auteur, accusé de trahison comme avant lui Ömer Asan qui avait levé le même « lièvre »)..
Horton fait remarquer que . Sur ce, il indique que . En tant que témoin, il salue les Grecs pour leur ce qui, selon lui, est The Blight of Asia, par George Horton, Bobbs-Merrill Company, Indianapolis, 1926..
Reconnaissance Grèce et Chypre 250px|left|thumb|Population grecque en Anatolie en 1910 ; en jaune les locuteurs du grec moderne ; en orange les grecs pontiques ; en vert les grecs cappadociens.
C’est depuis 1994 que le Parlement hellénique emploie officiellement le mot génocide pour décrire ces événements et que la commémoration se fait le . Cette décision a été prise à l’initiative de Michalis Charalambidis, ancien membre du PASOK (il est reconnu par certains comme étant Portail Web des Pontiques Helléniques). En 1998, la Ligue Internationale pour les Droits et la Libération des Peuples avait déposé une requête au Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme pour cette même reconnaissanceLettre de la Ligue à l’ONU..
Turquie La Turquie maintient que les événements ayant eu lieu à cette période ne peuvent être considérés comme étant un génocide. Ankara a déclaré que . Le est une fête nationale en Turquie, en souvenir du jour où Mustafa Kemal Paşa a déclaré vouloir mener sa guerre d’indépendance à Samsun. Le ministre des Affaires étrangères a déclaré qu’il . Bureau du Premier Ministre, Direction générale de la presse et de l’information : La Turquie s’indigne de la résolution de la Grèce sur le génocide. La commémoration du génocide le est perçue en Turquie comme une provocation de la part des hommes politiques grecs. En 2006, à la suite de l’inauguration de deux monuments commémoratifs à Thessalonique, , le maire social-démocrate d’Izmir, a annulé la signature d’un accord de jumelage prévu entre İzmir et Thessalonique İzmir ve Selanik niye kardeş olmadı? (Pourquoi İzmir et Thessalonique n’ont pu se jumeler ?)..
, quant à lui, affirme que la Turquie dénie ces génocides afin de réaliser un rêve national :
International George E. Pataki, gouverneur de l’État de New York a instauré le Pontian Greek Genocide Remembrance Day le Proclamation de Pataki.
L’Arménie parle d’un « génocide des Grecs » dans son premier rapport pour la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires du Conseil de l'Europe. Cette reconnaissance a été confirmée le par un vote d’une résolution du parlement arménien à l’unanimité reconnaissant et condamnant le génocide des Grecs et des Assyriens dans l’Empire ottoman entre 1915 et 1923.
En Australie, le problème a été soulevé le par la sénatrice ***Speech of Victorian Member of Parliament regarding Armenian, Assyrian and Pontian Genocide…*** *PIC*Le parlement de Victoria soulève le problème du génocide des Grecs.
En , Stephen Pound, membre de la chambre des communes britannique, a fait un lien entre le génocide arménien et celui des Grecs pontiquesArchives du Parlement du Royaume-Uni.