La bourse des valeurs est le lieu où s'échangent les valeurs mobilières, c'est-à-dire des titres financiers négociables, interchangeables et fongibles : actions, obligations, titres de créances négociables, parts d'OPCVM (sicav et FCP), bons de souscription, certificats d'investissement, warrants, options et stocks optionsDéfinition Vernimmen. Les devises s'échangent sur le marché des changes et les matières premières dans les bourses de commerce. Ces dernières ont souvent été le premier lieu d'accueil de ces trois types de marché.
Valeurs inscrites sur ces bourses Le marché de valeurs mobilières comprend le marché primaire où les nouvelles valeurs mobilières sont proposées à la souscription, dès leur émission : par exemple, pour les actions, lors de la création de l'entreprise ou au cours de sa vie, en raison d'une opération dite d'introduction en bourse (IPO en anglais), et le marché secondaire, autrement dit portant sur des titres déjà émis, déjà acquis par d'autres acteurs souhaitant les négocier. La bourse incarne le marché secondaire, très réglementé par rapport au marché de gré à gré. En effet, ce dernier est organisé par l'ensemble des sociétés de bourse (aujourd'hui des prestataires en services d'investissement) qui organisent, chacune pour sa part, des transactions sur les ordres d'achat et de vente qu'elle reçoit. Une entreprise – l'émetteur – peut choisir d'introduire ses titres en bourse à l'effet de bénéficier de ses avantages. Pour cela, elle doit répondre à un certain nombre de conditions qui ne sont pas exigées lors de l'émission. À partir du moment de son introduction en bourse, les transactions sur le titre d'une entreprise étaient interdites sur le marché de gré à gré jusqu'à la directive MIF de 2007, qui a supprimé l'obligation de concentration des ordres. La bourse permettait ainsi de fixer pour le titre un prix unique et connu par tous les opérateurs du marché financier.
La procédure d'introduction en bourse consiste donc pour une entreprise à faire le choix d'admettre ses titres (actions, obligations ou titres hybrides) à la cotation au sein de la bourse, en contrepartie de paiement d'une commission d'introduction pour la société de gestion de la bourse.
Une bourse propose plusieurs types de sociétés à la cote. Ces sociétés sont classées en compartiments en fonction de la liquidité de leurs titres : par exemple pour la Bourse de Paris, le compartiment « star » est le CAC 40, mais il y a aussi un compartiment pour les PME-PMI, pour les sociétés récentes à forte croissance, pour le marché à terme (SRD)
Enfin, la bourse permet de négocier les titres immédiatement sur le marché au comptant: la transaction est accompagnée de la livraison du titre et de son paiement ou à terme (marché à terme ou service de règlement différé à Paris) : la transaction donne le droit aux parties d'obtenir le titre ainsi que son paiement dans le futur.
Les différentes valeurs mobilières Les actions sont des parts de sociétés anonymes, les obligations des parts de dette émis par des sociétés ou l'État (comme les OAT de l'État français).
Rôle économique de la bourse de valeur Les bourses de valeur ont pour rôle de faciliter le financement de l'économie, par deux moyens : en concentrant l'offre et la demande de capitaux : c'est une alternative aux échanges de gré à gré, qu'ils se fassent sur des marchés dédiés, ou via le bouche à oreille. en assurant la négociabilité des titres financiers, et donc la liquidité : un titre financier coté en bourse est plus facilement revendable. Cela permet à l'investisseur de financer des titres à durée de vie longue sans pour autant l'obliger à immobiliser ses capitaux sur la durée de vie prévue du titre. Ces deux fonctions ont été les deux moteurs à l'origine de la création des bourses de valeurs.
La bourse est un marché réglementé. Pour éviter que certains actionnaires, en particulier les dirigeants, ne profitent d'informations privilégiées, les entreprises doivent rendre public tout ce qui permet de comprendre leur activité. La loi impose le recours à la procédure de l'OPA, ou OPE en cas de rachat ou fusion d'entreprises.
Pour permettre à leurs clients d'investir en bourse, les banques ont créé des organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM) : les sociétés d'investissement à capital variable (sicav) et les fonds communs de placement (FCP). Chaque sicav ou FCP peut regrouper l'épargne de plusieurs milliers de personnes, confiée à un gérant professionnel. C'est la gestion collective.
Liquidité, profondeur et flottant Le flottant est la part du capital qui est en bourse et la profondeur du marché le nombre d'investisseurs susceptible de s'y intéresser. La liquidité du marché est la part du capital réellement échangée, en moyenne, à chaque instant. En moyenne, moins d'un millième du flottant change de mains chaque heure à la Bourse de Paris. Les cours fluctuent selon la loi de l'offre et de la demande : si la demande est plus forte que l'offre, les prix montent et inversement. Les investisseurs font parfois preuve de mimétisme, selon la finance comportementale.
Lorsque la présence des acheteurs est trop irrégulière, les vendeurs risquent de céder leurs actions avec une ristourne. De même, il faut une présence minimum des vendeurs. Sinon, les acheteurs doivent momentanément payer des cours surévalués. Lorsque la « liquidité du marché » est insuffisante, il faut plus de profondeur du marché : la société doit fournir des informations fiables, précises, permettant à un nombre minimum d'investisseurs de comprendre son activité. Il faut aussi un « flottant » minimum : une société familiale qui place 40 % de son capital en bourse aura une plus grande profondeur du marché et donc une meilleure liquidité du marché pour son action que si le flottant est seulement de 20 %.
Ordres de bourse et le règlement différé À la Bourse de Paris, il est possible de négocier les titres en prévoyant la livraison et le paiement un mois après, via le service de règlement différé. Les ordres de bourse sont regroupés en amont par les banques puis transmis à des courtiers, qui les exécutent via un système informatique, selon le mode choisi par le client : à cours limité ; à seuil de déclenchement (ordre stop) ; à la meilleure limite ; au marché.
Histoire
L'histoire boursière s'est faite par étapes. Dans la République romaine, qui a existé pendant des siècles avant la fondation de l'Empire, il existait des « societates publicanorum », des organisations d'entrepreneurs ou de locataires qui assuraient la construction de temples et d'autres services pour le gouvernement. L'un de ces services consistait à nourrir les oies sur la Colline du Capitole, en guise de récompense pour les oiseaux dont le cri avait prévenu d'une invasion gauloise en 390 av. J.-C. Les participants à ces organisations avaient des « partes » ou des parts, un concept mentionné à plusieurs reprises par l'homme d'État et orateur Cicéron. Dans un discours, Cicéron mentionne des « actions qui avaient un prix très élevé à l'époque ». Selon l'économiste Ulrike Malmendier de l'université de Californie à Berkeley, ces éléments indiquent que ces instruments étaient négociables et que leur valeur fluctuait en fonction du succès de l'organisation. Les « societas » sont tombées dans l'oubli à l'époque des empereurs, la plupart de leurs services ayant été repris par des agents directs de l'État.
Au Moyen Âge, les premières sociétés par actions, comme la Société de moulins de Bazacle de Toulouse en 1250, puis connexions entre places internationales se développent. L'accumulation du capital passe par la dette publique, le négoce de matières premières, de grands projets d'infrastructures pilotés par l'État et spéculations successives sur des marchés en émergence ou des technologies : épices des Indes, commerce dans le Pacifique, Mississippi, mines en profondeur, chemin de fer, électricité, télécoms, informatique.
Au Moyen Âge aussi, le premier marché vénitien aux parts de navire a lieuDoris Stöckly, Le Système de l'Incanto des galées du marché à Venise(fin -milieu , Brill, 1995, 434 p., Google Books, dans le quartier du Rialto. Dans les années 1300, les prêteurs vénitiens portaient des ardoises contenant des informations sur les différents produits à vendre et faisaient que les clients se rencontrassent, un peu comme le fait un courtier aujourd'hui. Les marchands vénitiens ont introduit le principe de l'échange de dettes entre prêteurs : un prêteur cherchant à se débarrasser d'un prêt à haut risque et à fort taux d'intérêt pouvait l'échanger contre un autre prêt auprès d'un autre prêteur. Ces prêteurs achètent également des titres de la dette publique.
Au à Bruges, le négoce européen prit l'habitude de se réunir à l'hôtel de la famille Van der Buersecf. . D'autres berceaux de la bourse également cités sont le Portugal, l'Italie et l'Espagne). Quand le port de Bruges s'ensabla, la rivale Anvers prit le relais. Les guerres de religion décimant Anvers, les protestants fuirent à Amsterdam. La Compagnie néerlandaise des Indes orientales y réalise dès 1602, une énorme augmentation de capital apportant des capitaux propres dix fois supérieurs à ceux de la Compagnie anglaise des Indes orientales, fondée en 1600.
Dans le cadre de l'évolution naturelle de leurs activités, les prêteurs ont commencé à vendre des titres de créance aux premiers investisseurs individuels. Les Vénitiens étaient les leaders dans ce domaine et les premiers à commencer à négocier des titres d'autres gouvernements, mais ils ne se sont pas lancés dans le commerce privé avec l'Inde. Les Italiens n'ont pas non plus établi de liaison terrestre avec la Route de la soie chinoise. Tout le long de la route commerciale terrestre potentielle, l'empereur Habsbourg Frédéric II d'Autriche a repoussé les avancées du mongol Batu Khan (de la Horde d'or) en 1241"Letter of Güyük Khan to Pope Innocent IV". Vatican Secret Archives, Vatican City, Inv. No. A. A. (Arm. I-XVIII). 1245..
Les spécialistes ne s'accordent guère sur la date à laquelle les actions d'entreprises ont été négociées pour la première fois. Certains considèrent que l'événement clé est la création de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales en 1602, tandis que d'autres évoquent des développements bien plus anciens (Bruges, Anvers en 1531 et Lyon en 1548). Le premier livre de l'histoire des échanges de titres, Confusión de confusionesDe la Vega, Joseph, Confusion de Confusiones (1688), Portions Descriptive of the Amsterdam Stock Exchange, introduction by Hermann Kellenbenz, Baker Library, Harvard Graduate School of Business Administration (1957), a été écrit par le négociant juif néerlandais Joseph de la Vega, et la Bourse d'Amsterdam est souvent considérée comme le plus ancien marché de titres « moderne » au monde.
Les obligations négociables, en tant que type de garantie couramment utilisé, sont une innovation plus récente, lancée par les cités-États italiennes de la fin du Moyen Âge et du début de la Renaissance.
La Bourse de Lyon, apparue vers 1540 pour les effets de commerce, accueille en 1555 le Grand Parti de Lyon, premier emprunt royal international et à long terme, de deux millions d'écus sur . Au Royal Exchange de Londres, Thomas Gresham réalise au contraire une nationalisation de dette royale et reproduit le fonctionnement de la Bourse d'Anvers vers 1575.
En Angleterre, le roi Guillaume III cherchait à moderniser les finances du royaume pour financer ses guerres. Les premières obligations d'État furent émises en 1693 et la Banque d'Angleterre fut créée l'année suivante. Peu après, les sociétés anonymes commencèrent à être cotées en bourse.