Roger Marie Félix Langeron, né le à Brest et mort le à Garches, est un haut fonctionnaire et historien français.

Biographie Fils d'historien, il mène d'abord une carrière politique. Il est au cabinet de Georges Clemenceau, que dirige Georges Mandel en 1917. Il est préfet des Côtes-du-Nord de 1922 à 1924, préfet de la Marne de 1924 à 1929 et préfet du Nord de 1929 à 1934. Il est nommé préfet de police de Paris en mars 1934Henri Amouroux, Paris sous l'Occupation..

Durant l'hiver 1939-1940, il fait mettre en place les organes spécifiques de la lutte anticommuniste auprès de la police militaire et des renseignements généraux : les brigades spéciales. Lors de la bataille de France, il fait évacuer les archives du service des Étrangers et des Renseignements généraux par péniches à vapeur. L'une d'elles se retrouve bloquée, lors des derniers jours de la retraite française devant l'avance allemande, à Roanne ; l'autre est sabordée dans le LoingGérard Delahaye, « Les archives de la Préfecture de Police », Arts et métiers du livre, , mars-avril 2015, ISSN 0758-413X, 38..

Maintenu dans ses fonctions par l'État français après l'armistice, ses relations avec l'occupant ne sont pas au beau fixe. Pour avoir protesté contre la déportation de sept commissaires de police par les Allemands, en violation des accords d'armistice, il reçoit la visite de trois officiers supérieurs allemands le qui lui annoncent qu'il est remplacé par Jean Chiappe, président du conseil municipal de Paris et pro-allemand (il est possible que ce dernier ait joué un rôle dans l'affaire aussi, depuis qu'il avait lui-même été destitué de ses fonctions de préfet de police en amont de la crise du ). Il garde la jouissance de ses appartements et est rétabli dans ses fonctions dès le sur intervention de l'ambassadeur Léon Noël, alors membre de la délégation française à la convention d'armistice. Durant cet été 1940, Langeron lutte contre les manifestations anti-juives, provoquées par les gardes françaises, et contre lesquelles les autorités allemandes lui offrent leur soutien, ou au contraire l'empêchent de sévir.

Arrêté par les Allemands le , il est destitué par le gouvernement de Vichy le , avec d'autres préfets qualifiés de républicains Le commissaire Hénoque et les redoutables enquêtes de la BS-2, partie I. Il est traité de collaborateur par , notamment à cause de la création par lui d'un groupe de policiers chargé de traquer les gaullistes et de ses actes de répression contre les premiers résistants de la Préfecture de Police, appartenant au groupe du « Coq Gaulois », livrés par lui aux Allemands en , et contre le Parti communiste. Il est qualifié de résistant « républicain » par , son rôle pendant les premiers mois de l'Occupation faisant encore l'objet de controversesAndré Mahé, « La Police parisienne sous l'occupation allemande » in Le Veilleur, et 84 de juillet et septembre 1995... Selon Henri , il a involontairement sauvé la réputation du parti communiste et son futur revirement de , en arrêtant ses dirigeants qui tentaient de reprendre leurs activités décrétées illégales en 1939 à cause du pacte germano-soviétique (les communistes, alliés aux Allemands à l'est, voulaient profiter de l'occupation allemande pour sortir de la clandestinité et faire reparaître l'Humanité, notamment).

Devenu par la suite historien de la Restauration, il est élu membre de l'Académie des sciences morales et politiques en 1960.

Distinctions ()

sans_cadre|50x50px Médaille d'honneur de la mutualité (Or) sans_cadre|50x50px Medaille d'honneur des assurances sociales (Or)

Publications Politique d'abord : Souvenirs et anticipations (1943) Paris, juin 40. Journal du préfet de police à Paris du au (1946) Un conseiller secret de Louis XVIII : Royer-Collard (1956) - Prix Eugène-Carrière de l’Académie française Autour de trois rois, 1814-1848 (1957) Madame Royale, la fille de Marie-Antoinette (1958) Decazes, ministre du roi (1960)

Notes et références

Liens externes

Notice biographique sur le site de la Société française d'histoire de la police

Catégorie:Préfet de police de Paris Catégorie:Historien français du XXe siècle Catégorie:Membre de l'Académie des sciences morales et politiques Catégorie:Préfet des Côtes-d'Armor Catégorie:Préfet de la Marne Catégorie:Préfet du Nord Catégorie:Préfet du régime de Vichy Catégorie:Officier du Mérite agricole Catégorie:Officier de l'Instruction publique Catégorie:Naissance en mai 1882 Catégorie:Décès en janvier 1966 Catégorie:Décès à 83 ans