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La cité-jardin est un concept théorisé par l'urbaniste britannique Ebenezer Howard en 1898, dans son livre To-morrow : A peaceful path to real reform. C'est une manière de penser la ville qui s'oppose à la ville industrielle polluée et dont on ne contrôle plus le développement pendant la révolution industrielle et qui s'oppose également à la campagne (considérée comme trop loin des villes). Son concept est mis en application par Raymond Unwin dans la réalisation des villes de Letchworth Garden City et de Welwyn Garden City, au nord de Londres, ainsi que d'une « banlieue-jardin » immédiatement au nord du quartier londonien de Hampstead, baptisée Hampstead Garden Suburb. Puis le modèle se répand un peu partout dans le monde.

Le concept initial En 1898, Ebenezer Howard fait paraître son ouvrage (Demain, une vraie réforme par une voie pacifique) dans lequel il décrit son concept de cité-jardin. Son projet est une critique directe de la concentration du système capitaliste anglais. Il s'inspire pour cela d'expériences urbanistiques patronales anglaises réalisées par des industriels novateurs, tels que William Lever, créateur de Port Sunlight fondée en 1888 à proximité de Liverpool ou George Cadbury, créateur de Bournville, dans la banlieue de Birmingham, dans les années 1890. vignette|redresse=1.5|Diagramme des trois aimants d'Ebenezer Howard qui représente comment la cité-jardin associe les avantages de la ville et de la campagne sans les désagréments des deux. La cité-jardin de Howard est définie par les principaux points suivants : une maîtrise publique du foncier (ce dernier appartient à la municipalité afin d'éviter la spéculation financière sur la terre) ; la présence d'une ceinture agricole autour de la ville (pour l'alimenter en denrées) ; une densité relativement faible du bâti (environ 30 logements à l'hectare, bien que ce point ne soit jamais mentionné, mais seulement déduit) ; la présence d'équipements publics situés au centre de la ville (parcs, galeries de commerces, lieux culturels) ; la maîtrise des actions des entrepreneurs économiques sur l'espace urbain : Howard est un partisan de la liberté d'entreprendre tant que l'activité ne nuit pas à l'intérêt collectif. L'installation d'une entreprise est soumise à la validation des habitants.

À terme, la cité-jardin ne devait pas rester un élément solitaire, mais devait faire partie d'un réseau plus large constitué de cités-jardins identiques de sur 2400 hectares, elles-mêmes situées autour d'une cité-jardin plus grande d'environ . L'ensemble étant relié par un réseau ferré dense.

Dès 1903, Howard cherche à mettre en application ses principes urbanistiques, en réalisant la cité-jardin de Letchworth Garden City, à 60 km au nord de Londres, ville dont les plans seront réalisés par Barry Parker et Raymond Unwin. En 1919, il renouvelle l'expérience et crée Welwyn Garden City, d'après les plans de Louis de Soissons.

L'idée de décentralisation sera reprise au cours des années d'après-guerre comme base théorique du plan de développement du Grand Londres. De même, la réalisation des villes nouvelles autour de Paris ou de Lille sera fondée sur ce principe.

En dehors des réalisations effectuées en Angleterre, aucune autre ne reprendra le concept dans son intégralité. C'est ainsi que l'on qualifiera, par erreur, de cité-jardin, toutes les réalisations urbaines mariant construction et nature.

Les cités-jardins en France vignette| vignette|La cité-jardin de Drancy. vignette|La cité-jardin des Grésillons à Asnières-sur-Seine. vignette|Immeubles de la cité-jardin de Suresnes dans les années 1930.

En France, une cité-jardin est selon le Service de l'Inventaire général du patrimoine culturel, un Thésaurus de la base Mérimée du Service de l'Inventaire général du patrimoine.. Elle désigne un ensemble de logements sociaux individuels ou collectifs locatifs avec aménagement paysager et jardin autour de l'habitat. Elle comprend, dans la plupart des cas, des équipements collectifs (école, crèche, commerce, maison commune voire église), ce qui la distingue d'un simple lotissement concerté ou d'un ensemble de logements sociaux classique..

Georges Benoit-Lévy (1880-1970), juriste et journaliste de métier, à la suite d'un séjour en Angleterre à la demande du Musée social, publie son ouvrage fondateur La Cité-jardin, en 1904, préfacé par le théoricien du coopératisme Charles GideVoir aussi Georges Benoît-Lévy, "La Cité-jardin", dans La Gazette des Beaux-Arts, janvier-juin 1910, pp. 157-168, à lire sur Gallica. Il fonde la même année l'Association des cités-jardins, à laquelle adhèrent notamment l'architecte Henri Sauvage ou l'homme politique Jules Siegfried. Il contribue par ses écrits à la diffusion de ce modèle d'urbanisme en France, et y voit une solution aux problèmes chroniques de logements que connaît le pays.

Dans le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, la Cité Bruno à DourgesCité Bruno à Dourges est peut-être la première cité jardin construite en France en 1904. Les corons en sont la préfiguration dès la seconde moitié du , et probablement avant PDF - L'habitat minier en région Nord - Pas-de-Calais - Histoire et évolution 1825-1970. --JluK ch'ti photographe 2 mars 2013 à 11:00 (CET). Après que ces cités minières du Nord-Pas de Calais aient été inscrites au patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO, dans le cadre de l'ERBM, plusieurs communes du Bassin Minier (Raismes, Dourges, Vieux-Condé, Noyelles-Godault) ont créé en 2022 l'« Association des cités-jardins du Bassin Minier du Nord Pas de Calais », avec la Mission Bassin Minier, le bailleur Maisons & Cités, l'association des communes minières (ACM), l'Association Régionale des cités-jardins d'Ile de France et les CAUE du Nord et du Pas-de-Calais..

Les cités-jardins de l'Office HBM de la Seine

Les plus célèbres cités-jardins de la région parisienne sont celles réalisées à l'initiative de l'Office public d'habitations à bon marché (HBM) de la Seine, entre les Première et Seconde Guerres mondiales à l'extérieur de Paris. L'objectif était « d'édifier des agglomérations propres à assurer le décongestionnement de Paris et de ses faubourgs » selon le président de cet OPHBM, l'emblématique Henri Sellier. Une quinzaine de cités sont ainsi construites autour de Paris.

Parmi ces cités-jardins toujours existantes, on compte : La cité-jardin de l'Aqueduc à Arcueil-Cachan (aujourd'hui située à Arcueil) (1921-1923) : 228 logements sous la forme de pavillons regroupés de 2 à 6 construits par l'architecte Maurice Payret-Dortail. Le projet comporte alors par ailleurs un groupe scolaire, une coopérative d'alimentation et un stade. Il subsiste encore 43 pavillons d'origine. La cité-jardin, rue de la République à Drancy (1921-1929) : 210 logements individuels et des logements collectifs par les architectes Joseph Bassompierre et de Paul de Rutte. La cité-jardin de Stains (1921-1933) : logements (491 individuels et collectifs) par les architectes Eugène Gonnot et Georges AlbenqueVoir L'exposition virtuelle de la ville de Stains sur l'histoire de cette cité. La cité-jardin de Suresnes (1921-1939) : construite par les architectes Alexandre Maistrasse, Julien Quoniam, Félix Dumail et Louis Bazin, Henri Sellier étant maire de Suresnes. La cité comprend, en plus des logements collectifs et individuels (au nombre de avant-guerre, dont collectifs), un dispensaire, une crèche, des groupes scolaires, des équipements sportifs, des lieux de culte catholique et protestant, un théâtre, un magasin coopératif, un foyer pour célibataires et une maison pour personnes âgées. La cité comprend des commerces, une crèche, une école maternelle et une maison pour tous. Dumail puis Bazin reconstruisent des logements et agrandissent la cité (de plus de 500 logements) après la Seconde Guerre mondiale La cité-jardin d'Asnières-sur-Seine, située 100 avenue des Grésillons, est composée de 719 logements. Ce sont des immeubles en brique rouge, séparés d'espaces verts et construits sur les anciens champs d'épandage. L'église Saint-Jean-des-Grésillons de Gennevilliers y a été construite en 1960. Cette cité était gérée par la ville de Paris, avant son acquisition en 2020 par l'organisme de gestion Hauts-de-Seine Habitat. Ce dernier prévoit de rénover l'ensemble immobilier à partir de 2021. Les travaux devraient durer entre 5 et 6 ans, pour un budget total de 75 millions d'euros.. La cité-jardin de Gennevilliers (1923-1934) : 237 pavillons individuels et 186 logements en immeubles construits par les architectes Ernest-Michel Ebrard et Félix Dumail. La cité-jardin du Plessis-Robinson (1924-1939) : construite par les architectes Maurice Payret-Dortail, Jean Demay, et Jean Festoc, comprenant logements individuels et collectifs (241 à la fin des années 1930), ainsi que des commerces. Une partie de la cité a été détruiteUn nouveau quartier de style néo-régionaliste appelé "nouvelle cité-jardins" (sic), inauguré le 15 mai 2008, se veut une prolongation de l'ancienne cité-jardin avec promenades, rivières et espaces verts. Cependant, on est loin de la cité des années 1920 puisque moins de 20 % des logements sont des logements sociaux. Cf. Journal de la cité-jardin. La cité-jardin du Pré-Saint-Gervais - Pantin - Les Lilas (1927-1933 puis 1947-1952) : construite par l'architecte Félix Dumail, constituée de collectifs et de 56 pavillons individuels (contre 243 prévus à l'origine), essentiellement situés sur les communes de Pantin et du Pré-Saint-Gervais, entre l'avenue Jean-Jaurès et l'avenue Édouard-Vaillant. Une partie de la cité est construite à Pantin après la Seconde Guerre mondiale mais dans un style très différent, partie appelée de nos jours "cité des auteurs" (228 logements). La cité comporte comme équipements collectifs des boutiques, une école (actuelle école Jean Jaurès) et un stade. Mais le projet d'édifier en plus une maison des services sociaux, un dispensaire et un théâtre de plein air ne sera pas réalisé. La cité est partiellement protégée au titre des sites. La cité-jardin de Champigny-sur-Marne (1931-1933) par les architectes Pelletier et Tesseire comprenant un théâtre et une école. vignette|Cité-jardin de la Butte-Rouge à Châtenay-Malabry. La cité-jardin de la Butte-Rouge à Châtenay-Malabry (1931-1939 puis 1949-1965) : construite par les architectes Joseph Bassompierre-Sewrin, Paul Sirvin, Paul de Rutte et André Arfvidson, sur 74 hectares, en 7 tranches successives. Plus on avance dans le temps, plus les immeubles construits s'agrandissent et leur construction se préfabrique. logements sont construits à la fin des années 1930. La cité-jardin de Vitry-sur-Seine (1935-1936), dite « cité-jardins du Petit-Vitry » : construite par les architectes Eugène Gonnot et Georges Albenque, se situe 176-186 avenue Rouget-de-l'Isle et 1-19 et 2-20 avenue Albert-Thomas. Morphologiquement, il s'agit plus d'un ensemble d'immeubles assez dense, desservi par une voie à l'origine fermée.

D'autres cités ont été construites par l'OPHBM de la Seine mais sont aujourd'hui détruites, car dès cette époque considérées comme provisoires. Elles étaient situées à Bagnolet (détruite dans les années 1930), Dugny (détruite pendant la Seconde Guerre mondiale), Les Lilas (détruite dans les années 1970)…

La tendance est alors à l'industrialisation des modes de construction de ces cités, et à l'évolution vers l'habitat tout collectif, dans un but de réduction des coûts. Les équipements collectifs sont de plus en plus réduits et les espaces verts rares ou inexistants. C'est le cas des réalisations de l'OPHBM à Boulogne-Billancourt, Vanves, Maisons-Alfort… L'une des dernières "cités-jardins" lancées par l'OPHBM de la Seine est la cité de la Muette à Drancy (construite par Eugène Beaudouin, Marcel Lods et Jean Prouvé entre 1931 et 1934), qui constitue en réalité une transition vers les grands ensembles, dont c'est le premier exemple en région parisienne.