Jacques de Morgan, né le à Huisseau-sur-Cosson et mort à Marseille le , est un préhistorien, archéologue, égyptologue et iranologue français. Sa formation d'ingénieur civil de l’École des mines de Paris et ses fonctions professionnelles d'ingénieur des mines lui ont donné l'occasion d'explorer et de fouiller ses premiers sites archéologiques en Orient. Investi par la suite de fonctions archéologiques officielles en Égypte et en Iran, il a publié de nombreux comptes-rendus de ses recherches et des analyses plus générales. Il est notamment le découvreur du code de Hammurabi en 1901 en Iran, et l'inventeur du Capsien en 1909 en Tunisie.
Biographie Jacques Jean Marie de Morgan, issu d'une famille d'origine galloise, implantée à Amiens au et au début du , est le fils d'Eugène de Morgan et de Louise Marie Caroline Henriette de Calonne, filleule du comte et de la comtesse de Chambord. Il nait au château de Bion, à Huisseau-sur-Cosson, la demeure de son grand-père maternel, le comte Adrien de Calonne, gouverneur du domaine et du château de Chambord .
Il fait ses études secondaires au lycée de Lons-le-Saunier.. Initié très tôt à l'archéologie par son père, Eugène de Morgan, il développe par la suite un intérêt particulier pour la géologie, la botanique et la paléontologie.. Cela le pousse à devenir ingénieur et il finit donc diplômé de l'École des mines de Paris (promotion 1879) en 1882.. Au cours de ses études il rédige un journal de voyage consacré à la géologie de la Bohème (1881).
En tant qu'ingénieur, il travaille sur les mines de Belgique, de Suède, de Transylvanie., d'Arménie orientale, d'Inde, de Malaisie, du Caucase et de Perse.
Mariages et descendance Marié deux fois, il épouse, à Paris le (divorce le 31 mars 1920), Noémie de Saint-Martin (Paris , 13 octobre 1865 - Amiens, 14 juin 1948), fille du comte Anatole de Saint-Martin et de Marie Guérard.
De cette union nait une fille : Yvonne de Morgan (Paris , 12 novembre 1883 - Bayeux, 30 août 1955), mariée à Amiens le 8 juillet 1912 avec Wilfrid de Léonard de Juvigny (1880-1955), dont deux filles :
Nicole de Léonard de Juvigny (1913 - 1997) ; Marie Anne de Léonard de Juvigny (1920 - 1976).
Il se remarie à Fontainebleau le 7 août 1920 avec Marie Léontine Autissier, dont il a : Jacqueline de Morgan, morte à Marseille le 27 septembre 1929, sans postérité.
Fonctions professionnelles Malaisie En Malaisie (1884-1885), il s'occupe de l'exploitation de mines d'étain de la région du Pérak. Il est également chargé par le gouverneur britannique de cartographier la région, ce qui l'amène ainsi à entrer en contact avec les populations locales et à mener des recherches ethnographiques.. Il rassemble aussi des collections de papillons, mollusques et plantes. Il publie largement ses découvertes. et devient officier des Palmes académiques..
Arménie De 1886 à 1889, il est à Akhtala (Arménie) avec Maurice Chaper pour exploiter une mine de cuivre pour le compte d'investisseurs français. Démissionnant en 1888, il obtient du ministère de l'Instruction publique une mission scientifique officielle de 1888 à 1889. Il mène des fouilles archéologiques dans la région du Lori sur les sites d'Akhtala, de Mouçi Yéri, d'Alaverdi ou encore de Cheitan-Thagh.. Il rentre ensuite en France et publie largement ses découvertes. Il est le premier en 1891 à signaler la présence de pétrole dans les régions qu'il a visitéesJules Rouch, « Époque contemporaine », tome de Histoire Universelle des Explorations publiée sous la direction de L.-H. Parias, Paris, Nouvelle Librairie de France, 1957, .
Familiarisé avec l'histoire de l'Arménie lors de ce séjour, trente ans plus tard, il réagira vigoureusement au génocide perpétré par le gouvernement ottoman de 1915 à 1917.
Égypte vignette|redresse=1.2|Large collier de Sathathorméryt découvert par Jacques de Morgan à Dahchour. Avant d'être délégué général du ministère de l'Instruction publique en Perse, il est désigné pour succéder à Eugène Grébaut à la direction du Service des antiquités de l'Égypte, poste qu'il occupe six ans (1892-1897).. Fouillant complètement la nécropole de Dahchour, il a la chance de mettre la main en 1894 sur le trésor des princesses dans les galeries des reines de la pyramide de Sésostris ..
Parallèlement, il s'intéresse à des outils préhistoriques en pierre qu'il trouve lors de ses prospections. Cela le mène à publier en 1896 Recherches sur les origines de l'Égypte. dans lequel il s'intéresse à la préhistoire égyptienne, alors sujet de débats au sein du milieu savant. On considère aujourd'hui que cette date correspond à la naissance de la préhistoire égyptienne en tant que discipline.. Dans le même temps, lors de ses fouilles à Nagada, Jacques de Morgan met au jour un tombeau royal de la .. Un sujet lui tenait à cœur, les probabilités de l’origine asiatique de la civilisation égyptienne qu'il cherchera ensuite en Iran à Suse.
Iran Il est nommé en 1897 en Perse, par le ministère de l'Instruction publique, en tant que délégué général et se voit confier des fouilles sur le territoire iranienLe Musée du Louvre a fait l'acquisition en 2013 d'un sceau intitulé Sceau de Jacques de Morgan, (1901-1902, Iran, bronze ciselé, argent et turquoise, ) qui a pu être offert en cadeau à de Morgan par les autorités iraniennes ; l'inscription indique en persan « Jacques de Morgan, représentant général et officier spécial du ministère de l'Instruction publique du gouvernement de la France, 1319 » (source : Béatrice André-Salvini et Yannick Lintz, « Le sceau persan d'un grand archéologue », dans Grande Galerie - Le Journal du Louvre, décembre 2013/janvier/février 2014, ).. Il fouille principalement à Suse selon des méthodes « industrielles » en creusant de larges tranchées destinées à atteindre les niveaux anciens.. Il découvre ainsi des objets fondamentaux pour notre connaissance de l'Orient ancien : l'obélisque de Manishtusu, la stèle de Narâm Sin, la statue de Napirasu, et le code d'Hammurabi en 1901.
Il explore également des dolmens dans le Talyche, une région située au sud-ouest de la mer Caspienne, et rapportera en France du mobilier archéologique, des fossiles, des insectes et des mollusques pour qu'ils soient étudiés. Il démissionne de son poste de directeur de la Délégation archéologique française en Perse en 1912 déçu de ses résultats et fragilisé par des scandales financiers.. La fouille de Suse est alors reprise par son collaborateur Roland de Mecquenem.
Critiques En dépit de ses succès, sa méthode de fouille est jugée, de nos jours, trop centrée sur la recherche d’objets, au détriment des bâtiments et niveaux stratigraphiques qu’il fait détruire et creuser sans ménagement pour atteindre le sol initial, les strates protohistoriques étant ainsi perdues à jamais. Par exemple il n'a pas hésité à construire un imposant fort d'architecture française à proximité du site millénaire de Suse en réutilisant des pierres issues des monuments antiques (Citadelle de Suse).
Legs scientifique On lui doit l'invention du terme Capsien en 1909., et la définition du terme Mésolithique la même année..
Le Musée d'Archéologie nationale à Saint-Germain-en-Laye est dépositaire du legs de de Jacques de Morgan..
Décorations () () () Un hommage lui est rendu à l'École des mines de Paris, en , sous la forme de conférences et d'une table ronde.
Publications Note sur la géologie et sur l'industrie minière du royaume de Pérak et des pays voisins (presqu'île de Malacca), Annales des Mines, série 8, volume 9 (), 1886, (lire en ligne) Mission scientifique au Caucase, tome 1, Les premiers âges des métaux dans l'Arménie russe, tome 2, Recherches sur les origines des peuples du Caucase, Paris, Ernest Leroux, 1889 Le trésor de Dahchour : liste sommaire des bijoux de la découverts dans la pyramide de briques de Dahchour, les 7 et , 1895, (lire en ligne) Mission scientifique en Perse, Paléontologie tome 3, Études géologiques, Partie 1, tome 3, Études géologiques, partie 2, partie 3 et partie 4, tome 5, Études linguistiques, Partie 1, tome 5, Études linguistiques, Partie 2, Paris, Ernest Leroux, 1895 Recherches sur les origines de l'Égypte. L'âge de la pierre et les métaux, Ernest Leroux, Paris, 1896 (lire en ligne) Recherches sur les origines de l'Égypte. Ethnographie préhistorique et tombeau royal de Négadah, Ernest Leroux, Paris, 1897 (lire en ligne) La délégation en Perse du ministère de l'Instruction publique, 1897 à 1902, Ernest Leroux, Paris, 1902 (lire en ligne) Histoire et travaux de la délégation en Perse du ministère de l'Instruction publique, 1897-1905, Ernest Leroux, Paris, 1905 (lire en ligne) Essai sur les nationalités, Berger-Levrault, 1917 Essai sur les nationalités, Académie de Marseille, 1982 Histoire moderne des Arméniens depuis la chute du royaume jusqu'à nos jours (1375-1916) (préfacier), Paris, J. Gamber, 1917 Contre les barbares de l'Orient, études sur la Turquie, ses félonies et ses crimes, Berger-Levrault, 1918, (lire en ligne) Histoire du peuple arménien, Berger-Levrault, 1919 Histoire du peuple armémien, Académie de Marseille, 1981 Histoire du peuple arménien, Catholicossat arménien de Cilicie, 2004 La préhistoire orientale, ouvrage posthume publié par Louis Germain, tome 1, Généralités, Paris, Librairie orientaliste Paul Geuthner, 1925, (lire en ligne) La préhistoire orientale, ouvrage posthume publié par Louis Germain, tome 2, L'Égypte et l'Afrique du Nord, Paris, Librairie orientaliste Paul Geuthner, 1926, (lire en ligne) La préhistoire orientale, ouvrage posthume publié par Louis Germain, tome 3, L'Asie antérieure, Paris, Librairie orientaliste Paul Geuthner, 1927, (lire en ligne)
Notes et références
Bibliographie François Djindjian, Christine Lorre, Lydie Touret, Caucase, Égypte et Perse : Jacques de Morgan (1857-1924), pionnier de l’aventure archéologique, actes du colloque « Jacques de Morgan » en l’honneur du de sa naissance (École nationale supérieure des mines de Paris, ), Saint-Germain-en-Laye, Musée d’archéologie nationale, 2009. . . . .
Voir aussi Liens externes
Archéologie culture - Patrimoine du Proche Orient : Jacques de Morgan Annales des Mines : Biographie de Jacques de Morgan Institut national d'histoire de l'art : Morgan (Jacques de) Commémorations nationales 2007 : Jacques de Morgan
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