Google Livres, ou Google Books en anglais (anciennement Google Print), est un service en ligne de numérisation et de mise en ligne de livres fourni par Google. Lancé en , il dispose de moyens financiers et techniques considérables, et a vu son champ d'activité s'élargir progressivement. En 2017, c'est à la fois un outil de recherche intra-texte, de consultation de livres en ligne, de constitution de collections personnelles, et de téléchargement d'ouvrages libres de droits. C'est aussi une librairie en ligne via la boutique Google Play, un outil permettant de trouver où emprunter un exemplaire de livre en bibliothèque, et un fournisseur d'informations complémentaires (métadonnées) sur les œuvres.

Le nom du programme Google Books désigne communément plusieurs éléments distincts : le service de recherche « Google Book Search », le « Google Book Partner Program » qui permet aux éditeurs d'inclure ou non leurs ouvrages dans la base de données de Google, et le « Google Books Library Project » qui regroupe les partenariats avec les bibliothèques. En , la bibliothèque virtuelle Books comptait plus de sept millions de livresRobert Darnton, « Google and the Future of Books », The New York Review of Books, vol. 56, , février 2009., contre en 2010, dont une partie seulement est consultable directement depuis le site ( aux États-Unis)« Les bibliothèques sont l'avenir du livre », in Le Monde magazine, janvier 2011.. En 2019, Google Books compte plus de de volumes.

En 2009, il s'agit du plus grand corpus textuel au monde « La bibliothèque universelle, de Voltaire à Google » - Robert Darnton, openedition Press., dont l'histoire mouvementée a donné lieu à d'importantes batailles judiciaires qui ont marqué le monde de l'édition et façonné le paysage du livre numérique, en France et aux États-Unis notamment.

Chronologie

Origines

Comme l'indique son historique officiel ()« History of Google Books » - Google Books., le projet fait partie intégrante de l'« ADN » de Google car il est presque à l'origine de la création de l'entreprise. En 1996, les deux cofondateurs de l'entreprise (Sergey Brin et Larry Page) travaillent sur un projet de recherche soutenu par le Stanford Digital Library Technologies Project (projet sur les technologies de bibliothèque numérique), avec comme objectif de pouvoir à terme construire une bibliothèque numérique. Leur projet se base sur le concept d'un « crawler », un robot à même d'indexer le contenu des livres et d'analyser les connexions entre eux, en déterminant la pertinence d'un ouvrage et son niveau d'utilité à partir des citations d'autres ouvrages renvoyant à lui.

Celui qu'ils mettent au point (baptisé BackRub) sert de base à l'algorithme PageRank qui fait fonctionner le moteur de recherche« De BackRub à Google » - Journal du Net..

2002/3 : Naissance du projet

En 2002 (soit à peine après la création de l'entreprise), le projet « Livres » naît à l'initiative d'un petit groupe de personnes, dont Larry Page et Marissa Mayer (une des premières product manager de Google). Ils s'inspirent largement des projets de numérisation préexistants dans le monde, auxquels ils rendent visite : entre autres le projet de mémoire de la Bibliothèque du Congrès, le projet Gutenberg, le et la Bibliothèque Universelle. Larry Page passe également par l'Université du Michigan, où sont nés JSTOR et (MoA). Son premier objectif, au vu des progrès réalisés alors, est de réduire drastiquement le temps nécessaire à la numérisation : lorsqu'il aborde la question avec la présidente de la bibliothèque Mary Sue Coleman, celle-ci estime qu'il faudra un millier d'années pour numériser ses de volumes. Larry Page se fixe comme objectif de le faire en .

En 2003, les équipes de Google mettent au point un ensemble de techniques pour scanner les livres sans détériorer leur qualité, à un rythme beaucoup plus soutenu qu'auparavant. Parallèlement, des ingénieurs de Google planchent sur un moyen de prendre en compte les diverses tailles, polices de caractères et imperfections que présentent les livres imprimés, et ce, dans différentes.

2004 : « Project Ocean » et Google Print Les premières rumeurs sur une percée du moteur de recherche dans le domaine des livres sont notamment rapportées par le New York Times en . Le journal évoque les efforts de Google pour « trouver de nouvelles sources d'information à indexer, au-delà des documents déjà stockés sous un format numérique » John Markoff, The Coming Search Wars, The New York Times, .. En , des expérimentations auraient ainsi déjà été menées avec des éditeurs pour indexer des parties d'ouvrages, des critiques et d'autres informations bibliographiques afin de les rendre accessibles via un navigateur.

Le projet secret est évoqué sous le nom de code « Project Ocean », dont la dénomination laissera longtemps croire à une extension des fonctionnalités offertes par Google Earth What is Google's other "Ocean" project?, Venture Beat. (celle-ci aura finalement bien lieu, mais sous le nom de code « Google Ocean »). C'est Wayne Rosing, vice-présidente en ingénierie chez Google, qui aurait mené des tractations à travers le monde, se concentrant dans un premier temps sur douze pays. Mais c'est surtout la bibliothèque de l'université Stanford, détentrice d'un fonds de plusieurs millions d'ouvrages libres de droits, qui est évoquée comme première institution partenaire du projet.

Le , Google annonce le lancement d'une initiative baptisée « Google Print » à la Foire du livre de Francfort. Au moment du lancement, les éditeurs américains et britanniques qui rejoignent le programme sont : Blackwell, Cambridge University Press, University of Chicago Press, Houghton Mifflin, Hyperion, McGraw-Hill, Oxford University Press, Pearson, Penguin Books, Perseus, Princeton University Press, Springer, Taylor & Francis, Thomson Delmar, Warner Books. L'initiative s'inscrit dans le contexte plus général du but que s'est fixé Google d'

Le , Google annonce alors plusieurs partenariats pour scanner le contenu de collections issues des universités du Michigan, d'Harvard, de Stanford, Oxford, et de la New York Public Library. Ce partenariat inédit est baptisé « Google Print Library », et se fixe pour objectif de numériser quinze millions de livres en dix ans, pour un total de de pages et un coût estimé entre 150 et de dollars. Au moment de l'annonce, les éditeurs contactés par Google lui permettent déjà d’indexer (contre à la même date pour Amazon.com) ; aucune information n'est communiqués sur le détail des opérations de numérisation. L'annonce ne concerne initialement que des ouvrages libres de droit d'auteur (publiés avant 1923) et choisis par les bibliothèques elles-mêmes.

Fin 2004 est également lancé Google Scholar, qui permet d'effectuer des recherches sur des articles scientifiques, des thèses universitaires, des citations ou des livres scientifiques. Si Google Books rassemble une quantité bien plus imposante de revues, ses scans n'incluent pas les métadonnées suffisantes pour trouver les articles traitant de sujets spécifiques. Les créateurs de Scholar ont donc développé leur propre programme de numérisation des articles (en accord avec les éditeurs)..

2005 : Google Book Search En , Google change le nom de son service et opte pour « ». Les partenariats avec les bibliothèques se font sous le nom de .

En septembre de la même année, Google étend son programme aux éditeurs françaisGoogle étend son programme Google Print aux éditeurs français, Zoorgloob.. Dans un communiqué de presse, l'entreprise affirme qu'elle « respecte les droits d’auteur et collabore avec les éditeurs pour garantir la protection de leurs ouvrages ». Les éditeurs choisissent d'eux-mêmes les parties consultables par les utilisateurs (qui peuvent varier entre 20 et 100 %) et gèrent leur contenu, suivent leurs revenus publicitaires et prennent connaissance de leurs performances via leur compte Google Print, sans frais additionnels. Pour les livres entrant dans l’index via le programme Bibliothèques et pour lesquels des droits d’auteurs sont encore applicables, seuls trois courts extraits contenant quelques citations sont disponibles. Google annonce enfin :

En octobre, le service se décline en plusieurs versions locales pour l'Europe : sont concernés la France, l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, l'Espagne, les Pays-Bas et l'Italie The European Google Print, Zorgloob..

L'année 2005 est aussi marquée par le début d'une poursuite en justice de Google Books par un groupement d'éditeurs et auteurs américains (voir : « Actions en justice »).

2006 : Partenariats Plusieurs partenariats avec des universités sont annoncés : en août avec la University of California System (pour de volumes parmi les cent bibliothèques qu'elle gère) UC libraries partner with Google to digitize books, université de Californie. ; en septembre avec l'Université complutense de Madrid (première bibliothèque en langue espagnole à rejoindre le programme) ; en octobre avec l'Université du Wisconsin-Madison ainsi que la Wisconsin Historical Society Library (ensemble s d'ouvrages) UW-Madison Joins Google's Worldwide Book Digitization Project, University of Wisconsin-Madison News. ; en décembre avec l'Université de Virginie (plus de de volumes, et plus de de manuscrits, livres rares et archives) et l'Université de Princeton ()Google Books Library Project, Princeton University Library. ; en outre, des négociations sont engagées avec la BNF dans le but d'établir un partenariat de numérisation (le revirement de la bibliothèque s'explique principalement par les coûts importants engendrés par l'opération). Le , Le Devoir rapporte que Google a contacté des éditeurs québécois, dont le Groupe Ville-Marie, pour un éventuel partenariat.

2007 : Extension et évolution du service

Une nouvelle vague de partenariats universitaires est annoncée : En janvier, avec l'Université du Texas à Austin (plus d'un million d'ouvrages depuis 13 sites) et la Bibliothèque de Catalogne. (ainsi que 4 bibliothèques affiliées) En mars, avec la Bayerische Staatsbibliothek (plus d'un million d'ouvrages dans le domaine public ou non édités, en allemand, français, italien, latin et espagnol)« Bavarian library joins Google book search project » - Cnet news En mai, avec la bibliothèque de l'Université de Lausanne ( ouvrages libres de droit du ), première bibliothèque de langue française à rejoindre le projet En mai également, avec la bibliothèque Boekentoren (pour des ouvrages du , en français et en néerlandais)« Google Project » - Universiteitsbibliotheek Gent En juin, avec les bibliothèques partenaires du ( d'ouvrages en )« Google Book Search Project - Introduction » - CIC ainsi qu'avec la Bibliothèque de Gand« La bibliothèque universitaire de Gand intègre Google Book » - Les infostratèges ( ouvrages) En juillet avec l'Université de Keio (première bibliothèque partenaire au Japon, pour un fonds d'au moins tombées dans le domaine public)« Keio University Joins Google's Library Project » - Google Book Search En août, avec la bibliothèque de l'Université Cornell (pour , du domaine public et soumises au copyright)« Cornell University Library becomes newest partner in Google Book Search Library Project » - Cornell University Library En décembre, avec l'université Columbia« Columbia University joins the Google Book Search Library Project » - Google Books Search » (œuvres du domaine public uniquement), pour un contrat de .

Le fonctionnement est le même dans presque tous les cas de figure : la numérisation est opérée par Google sans frais pour la bibliothèque concernée, puis une copie est remise à cette dernière. Enfin l'ouvrage est mis à la disposition du public, par accès payant ou gratuit selon le droit d'auteur applicable, et intégré au système de recherche interne à la bibliothèque.

En parallèle, de nouvelles fonctionnalités sont ajoutées au service, dont l'interface est revue (notamment la page d'accueil, qui offre des conseils de lecture) :