Le wolof est une langue parlée au Sénégal, en Gambie et en Mauritanie. C'est une langue sénégambienne appartenant à la branche des langues atlantiques. Le wolof, langue issue de l’ethnie wolof, est la plus parlée au Sénégal, avec près de 80% de la population l’utilisant . Les Wolofs représentent environ 43% de la population sénégalaise .

Distribution vignette|États de l'Empire wolof, sur la carte de l'actuel Sénégal. Le wolof possède le statut de langue nationale au Sénégal, en Mauritanie et en Gambie. Il est compris par près de 90 % de la population du Sénégal alors que les Wolofs représentent moins de la moitié des habitants du pays. Il joue ainsi un rôle de langue véhiculaire interethnique. 13 % des locuteurs parlent cette langue en Gambie, . Il est estimé qu'il y a environ 22 % de locuteurs en Mauritanie, principalement à Nouakchott et dans la région du fleuve Sénégal. Des communautés wolofones sont établies dans d'autres pays d'Afrique occidentale comme la Guinée et le Mali. En outre, le wolof sert de langue de communication dans la diaspora en Europe et aux États-Unis. Une étude statistique de 1975 montrait que la grande majorité de la population la parlait comme première, deuxième ou troisième langueJ. Blondé (dir.), Résultats d'un sondage sociologique en milieu analphabète, CLAD, Dakar, 1975, cité dans le chapitre d'Ismahan Diop consacré au Sénégal dans l'ouvrage dirigé par Yolande Govindama, Temps et rites de passage, Karthala, 2011. Lire en ligne.

Les variétés dialectales du Sénégal correspondent en partie à la localisation d'anciens royaumes, ne posent pas de problèmes d'intercompréhension, à l'exception du parler lébou.

Histoire de l'étude du wolof Les premiers ouvrages écrits de grammaire et de lexicologie du wolof sont élaborés au début du par des colons. L'instituteur français Jean Dard publie le premier dictionnaire français-wolof en 1825 puis une grammaire l'année suivanteRobert Cornevin, « L'œuvre de Bourguignons (Les Javouhey et Jean Dard) au Sénégal et à la Réunion », Revue française d'histoire d'outre-mer, tome 54, , 1967, pp. 227-246, p. 237, Lire en ligne. Son but est essentiellement pédagogique et destiné à faciliter l’écriture, alors que la grammaire du gouverneur Jacques François Roger, parue en 1859, vise à saisir la logique profonde de cette langue. Ces deux travaux initient l'étude systématique de la grammaire wolofEmilio Bonvini, « Les deux premières grammaires françaises du Wolof (Sénégal) : une systématisation contrastée, Histoire Épistémologie Langage, tome 23, fascicule 2, 2001,. pp. 101-116, p.103-104, Lire en ligne. Toutefois, il existe des compilations lexicales antérieures, comme celles du missionnaire écossais John Hill, présent à Gorée en 1807 et auteur de quatre vocabulaires, qui n'offrent cependant aucune explication de la syntaxePatricia Mirrlees, « John Hill and the Early Attempt to Study a West African langage », dans Sowing the Word: The Cultural Impact of the British and Foreign Bible Society, 1804–2004, Sheffield Phoenix, 2004. xii + 381 pp., p. 115, Lire en ligne

Six ans après son installation en France en 1858, David Boilat, prêtre catholique franco-sénégalais, auteur de nombreux ouvrages illustrés sur les cultures du Sénégal, publie une Grammaire de la langue woloffe qui reçoit le prix Volney de l'Institut de FranceBernard Mouralis, « Les Esquisses sénégalaises de l'abbé Boilat, ou le nationalisme sans la négritude », Cahiers d'études africaines, vol. 35, , 1995, pp. 819-837, p. 821, Lire en ligne. Arrivé au Sénégal en 1852, le militaire et homme politique français Louis Faidherbe publie un lexique français d'environ en 1864, avec leur traduction en wolof, en soninké et en peul. Il note l’« impureté » du wolof parlé à Saint-Louis, mâtiné de nombreux emprunts à la langue françaiseFiona Mc Laughlin, « Tracing Language Movement in Africa », dans Ericka A. Albaugh et Kathryn M. de Luna (dir.), Tracing Language Movement in Africa, Oxford University Press, 2017, pp. 213-232, p. 221, Lire en ligne. En 1943, l'homme politique sénégalais Armand-Pierre Angrand publie un manuel français-wolof, qui ne prétend pas être un travail de linguiste mais une introduction à la langue.

Description Le wolof a longtemps été écrit avec un alphabet arabe complété appelé wolofal. Cette écriture reste parfois utilisée par des textes religieux, mais le wolof utilise désormais l'alphabet latin avec des conventions particulières pour respecter les sons particuliers du wolof.

Système de numération Le système de numération wolof est décimal mais utilise un système quinaire auxiliaire. Par exemple, vingt-six s'écrit en wolof (« deux [fois] dix et cinq [et] un » : (2×10) + 5 + 1 = 26).

Juroom (5), juroom been (6=5+1), juroom ñaar (7=5+2), juroom ñet (8=5+3), juroom ñeent (5+4)

Alphabet et prononciation

Alphabet latin de wolof vignette|Une locutrice du wolof enregistrée à Taïwan. Lettres de l’alphabet latin de wolof A B C D E Ë F G I J K L M N Ñ Ŋ O P Q R S T U W X Y a b c d e ë f g i j k l m n ñ ŋ o p q r s t u w x y

Contrairement à la plupart des langues africaines mais à l'image du peul, le wolof n'est pas une langue à tons.

Dans l'orthographe du wolof, une suite de deux voyelles identiques correspond à une voyelle longue. Le à correspond à un aa (a long) devant une prénasalisée ou une géminée.

Alphabet wolofal

L'alphabet wolofal a été standardisé en 1990 dans une directive de la Direction de la promotion des langues nationales (DLPN), dans le contexte des efforts du ministère sénégalais de l'Éducation. Environ 20 000 personnes, pour la plupart des enseignants et des élèves des écoles islamiques, ont appris cet alphabet.

L'alphabet wolof est composé de 23 lettres. Les lettres comme "ص" et "ث" qui sont utilisées en arabe, n'existent pas en langue wolof. Dans cet alphabet, il y a aussi des digrammes avec le meem "م" et noon "ن" pour montrer les consonnes pré-nasales (comme "مبـ" (mb-), "نجـ" (nj-)).

L'alphabet wolof comprend également 9 signes diacritiques pour représenter les voyelles (alors que l'arabe et le persan n'ont que 3 signes diacritiques). Les voyelles peuvent aussi être courtes ou longues. Les voyelles longues sont écrites avec une combinaison de neuf signes diacritiques et l'une des lettres alif (ا), waw (و) ou yeh (ي).

Dans l'écriture vélophale, il est obligatoire de montrer tous les signes diacritiques, y compris les signes diacritiques de voyelle nulle (◌ْ) et de gémination (tachdid) (◌ّ). La signification des mots peut être modifiée par signes diacritiques de voyelle nulle ou de gémination. Par exemple, le mot "دَگْ" (en latin dag) signifie serviteur royal, et le mot "دَگّ" (en latin dagg) signifie couper.

+Les letters de l'alphabet wolofalCurrah, Galien (26 August 2015) ORTHOGRAPHE WOLOFAL. Link (Archive)NomFormesSon représentéÉquivalent en latinExampleRemarquesIsoléeFinaleMédialeInitialeWolofalLatinalif[a] - / a itamgaalLe alif a deux fonctions : la première est de servir comme un porteur des signes diacritiques de voyelle au début des mots, et la deuxième est d'indiquer la voyelle longue "-aa".beh[b] b baax peh[p] p pepp Lettre non trouvée en arabe. Alternatives obsolètes : teh[teh] t taar ceh[c] c caabi Lettre non trouvée en arabe. Alternatives obsolètes : jeem[dʒ] j jaay xah[x] x xam dal[d] d daanu reh[r] r raas seen[s] s sant ayn - - Israeldëel Lettre ayn sert à écrire de séquences de voyelles et de syllabes commençant par des voyelles au milieu d'un mot. La lettre aussi sert à indiquer la voyelle longue "ëe", où "ayn" est écrit avec la voyelle diacritique .ŋoon[ŋ] ŋ ŋaam Lettre non trouvée en arabe. Alternatives obsolètes : feh [ɸ] f faar qaf [q] q naqar kaf [k] k kaani geh[g] g gaal Lettre non trouvée en arabe. Alternatives obsolètes : lam[l] l lajj meem[m] m maammbaar La lettre est utilisée soit comme sa propre consonne indépendante, soit comme l'une des lettres composantes d'un digramme en consonnes prénasalisées.noon[n] n naannjool La lettre est utilisée soit comme sa propre consonne indépendante, soit comme l'une des lettres composantes d'un digramme en consonnes prénasalisées.ñoon[ɲ] ñ ñaan Lettre non trouvée en arabe. Alternatives obsolètes : waw[w] w waawbuur Le waw a deux fonctions : la première est de servir comme sa propre consonne ayant le son [w], et la deuxième est d'indiquer les voyelles longues "-oo" "-óó", et "uu".heh[h] h ahakaay yeh[j] y yaaynjiit Le yeh a deux fonctions : la première est de servir comme sa propre consonne ayant le son [j], et la deuxième est d'indiquer les voyelles longues "-ee" "-éé", et "ii".

+Les voyelles de l'alphabet wolofal Voyelles courtes en début de mots A À Ë E É I O Ó U Diacritiques des voyelles courtes a à ë e é i o ó u Voyelles longues en début de mots Aa - Ëe Ee Ée Ii Oo Óo U - Diacritiques et lettres des voyelles longues aa - ëe ee ée ii oo óo u -

Consonnes  BilabialeLabio-dentaleLabio-vélaireAlvéolairePalataleVélaireUvulaire Occlusive p (p) b (b)     t (t) d (d) c (c) ɟ (j) k (k) g (g) q (q) Nasale m (m)     n (n) ɲ (ñ) ŋ (ŋ)   Prénasalisées m̩b (mb)     n̩t (nt) n̩d (nd) ɲc (nc) ɲɟ (nj) ŋ̍k (nk) ŋ̍g (ng) ɴq (nq) Roulée       r (r)       Fricative   f (f)   s (s)   x~χ (x)   Spirante     w (w)   j (y)     Latérale       l (l)      

Dans l'orthographe du wolof, une suite de deux consonnes identiques correspond à une géminée. Toutes les occlusives, nasales et latérales peuvent être géminées. Il faut cependant noter que le q est toujours géminé bien que noté comme une consonne simple.

Voyelles  AntérieureCentralePostérieure Fermée i (i)   u (u) Mi-fermée e (é)   o (ó) Moyenne   ə (ë)   Mi-ouverte ɛ (e)   ɔ (o) Ouverte   a (a)  

Exemples thumb|Pays d'Europe en wolof Pour écouter la prononciation des mots wolof cliquez ici Mot Traduction Prononciation standard (en API) sable suuf su:f ciel asamaan asama:n eau ndox n͜dɔx feu safara safara homme gόor go:r femme jigéen ɟige:n manger lekk lɛkk pain mburu m͜buru coureur de jupon say-say sajsaj boire naan na:n grand mag mak petit tuuti tu:ti toilettes wanag wanak nuit guddi guddi jour (nombre) ou (durée) bes / bəccək