vignette|Aire de répartition du parler lyonnais.
Le parler lyonnais actuel est un dialecte du francoprovençal (ou arpitan) qui a fortement été influencée par le français, et était autrefois parlée dans le pays Lyonnais.
Phonologie L'accent lyonnais traditionnel, encore actuel, se remarque sur la prononciation des voyelles /o/~/ɔ/ « o » et /ø/~/œ/ « eu » de façon très fermée : ainsi, jeune (/ʒœn/ en français standard) se prononce pratiquement comme /ʒøn/ jeûne.
La différence /o/~/ɔ/ doit être clairement marquée, comme dans « gone du Rhône » ou dans « pomme » par rapport à « paume ». Également, le e caduc est très souvent omis.
Les phrases sont prononcées en trainant légèrement sur les finales. Diction traditionnelle que l'on peut entendre dans les spectacles de marionnettes pour les voix de Gnafron et de Guignol..
Dans les noms propres (personnes, lieux), les consonnes finales ne sont généralement pas prononcées : Limonest : Limonè Chaponost : Chhponô Brindas : Brindâ Saint-Fons : Saint-Fon Saint-Just : Saint-Ju Bibost : Bibô Et certaines voyelles sont éludées: Vaulx-en-Velin : Vo-en-V'lin Villefranche : Vill'franche
Morphologie et syntaxe y équivaut à un pronom impersonnel inanimé : « j'y sais, j'vais y fair' ! » pour « Je [le] sais, je vais le faire ! ». Distinction entre : « Je vais y voir. ». en parlant d'un objet ou d'un indéfini, (« Je vais voir ça ») et « Je vais le voir. » en parlant d'une personne de sexe masculin (= « Je vais voir cet homme. »).
Noter un emploi fréquent du passé surcomposé : « Il me l'a eu dit. », « Je l'ai eu su. »
L'impératif négatif dans le langage courant. En français, le pronom se met avant le verbe à l'impératif négatif. Dans le parler lyonnais, le pronom reste après le verbe (comme dans l'impératif positif), exemple : « Ne me donne pas ça. » ou plus couramment « Me donne pas ça. », devient à Lyon « Donne-moi pas ça » ou en version purement lyonnaise : « M'y donne pas » ou « Donnes-y-moi pas ». Cette particularité grammaticale est très répandue dans la région de Lyon et dans toute la zone linguistique historique du franco-provençal, jusqu'en Auvergne, indépendamment de l'âge ou de la classe sociale du locuteur. Le français québécois possède aussi ce trait caractéristique de laisser le pronom après le verbe à l'impératif négatif.
quand La préposition « quand » est utilisée pour signifier « en même temps que ». Exemple : « En me dépêchant, j'arriverai quand vous. »
Quelques expressions courantes thumb|368px|Le francoprovençal est la principale source d'influence du parler lyonnais. En voie de disparition, il est encore parlé dans trois pays.
On retrouve ces expressions à Lyon et dans le Lyonnais, mais aussi en pré-Dauphiné, en Bresse, dans le Bugey, dans la Savoie, à Saint-Étienne, à Saint-Chamond, dans le Haut-Jura et le Jura sud, et dans une partie de la Suisse romande.
Voici une liste de quelques mots et expressions :
Mot ou expression Sens à quelque part Quelque part. « Il doit bien être quelque part » = « Il doit bien être à quelque part. » une allée une entrée d'immeuble les auto-tamponnantes les auto-tamponneuses (à la vogue)agottiaux brasse les âniers les éboueursaboucher (verbe) mettre à l'envers la bouche en bas. → à bouchon (adj.) « Cette grande ébravagée mettait son petit gone à bouchon dans le bardanier. »baigner dans la bennene pas être très clair, être fou une bambane un traîne savate / un paresseux / un homme lent, indolentJean-Baptiste Onofrio : Essai d'un glossaire des patois de Lyonnais, Forez et Beaujolais, Lyon 1864 un baraban un pissenlit. Une salade de barabanMadeleine Miège : Le français dialectical de Lyon, Laffitte, 1981 bardanier (n. m.) (bardane = punaise) un lit bichette (n. f. mais utilisé sans distinction faite en fonction du genre de la personne "visée" par cette interjection.) Expression utilisée pour marquer la compassion, la pitié, parfois la commisération [...]. Équivalent au peuchère provençal. un bistanclaque ou bistanclaque-pan un métier à tisser (mot provenant d'une onomatopée) Annie Charvier : Lyon, 1900-1920, Éditions de Borée, 2007, un bocon mauvaise odeur, poison. Par extension, maladie (rhume), virus. « Il m'a refilé le bocon. » un bouchon [lyonnais] un petit restaurant de spécialités lyonnaises, ou le nom du repas qu'on y prend (le soir, par opposition au mâchon du matin) être dans les brouillards du Rhône ne pas encore être né hypothéqué sur les brouillards du Rhône ne pas avoir de valeur, ne pas être certain (en parlant d'une information) une bugne beignet confectionné pour Mardi gras et découpé dans la pâte avec une roulette ou éperonGilbert-Lucien Salmon : Dictionnaire du français régional du Lyonnais, 1995/ un idiotNizier du Puitspelu : Les vieilleries lyonnaises, 1891 / un coup de poing / vieux chapeau (si un bugne) bugner, embugner, poquer heurterAndré Thibault, Pierre Knecht : Dictionnaire suisse romandparticularités lexicales du français contemporain 2004 , cabosser, frapper à cacaboson / cacasson /à crapotons accroupi un caillon ou cayon un cochon canant(e) agréable (adjectif). Peut désigner une femme charmante. un canut, une canuse un tisseur de soie lyonnais et sa femme une carotte rouge une betterave. Les carottes, à Lyon, sont parfois nommées les racines (jaunes). un caton un grumeau, une saleté (moins courant) à cha un, à cha peu un par un / petit à petit - il a mis de côté ses argents à cha peu colère (être) être en colère (« Je suis vraiment colère maintenant ! ») coquelle Marmite coquetier Crémier La corgnole, le corgnolon Le gosier - Se ramoner le corgnolon cornet Tuyau un cuchon un tas dégraissage nettoyeur (magasin) - « Porter des habits au dégraissage. » dérambouler glisser sur une rampe pour descendre des escaliers. Particulièrement utilisé pour les gones dans les pentes de la Croix-Rousse débarouler dégringoler, faire une chute, par exemple dans un escalier : Elle a fait une galavanchée, et elle a débaroulé les escayers d'la Grand'Côte doucette mâche une échiffre une écharde emboconner répandre une mauvaise odeur les équevilles les ordures ménagères, les restes (d'un repas…) une flûte Désigne le pain de 400g (environ le double d'une baguette). s'en voir avoir du mal à faire quelque chose. Il s'en est vu une fenotte une femmeNizier du Puitspelu : Littré de la Grand'Côte, 1894. la ficelle funiculaire lyonnais, reliant la ville aux collines environnantes (Fourvière et Croix-Rousse). Il y eut cinq lignes de funiculaire à Lyon, il n'en reste que deux aujourd'hui, montant à Fourvière et à Saint-Just, tous depuis la station Saint-Jean. Le métro montant à la Croix-Rousse, quant à lui, emprunte sur une portion le tunnel de l'ancienne ficelle, mais utilise désormais une crémaillère sur cette pente. La ficelle désigne également le pain très fin de 125g. frouiller tricher. Un frouilleur à la belote, un frouillon. une gâche une place - Son travail, c'est une bonne gâche, se dit aussi pour une place de parking / stationnement. un gadin une pierre, un caillou, une chuteun ganais un idiotun gandousier un vidangeur gnaquer / avoir la gnaque mordre violemment (souvent en parlant d'un chien) / en vouloir (« y » arriver) gnolu bête et méchant (rendu fou par la gnôle) un gone un enfant un gognand ou gognant un garçon un peu niais gognandise bêtise une guenille un vêtement, souvent sale, mal porté ou déchiré.Un cache-guenilles désigne un vêtement enfilé par-dessus.Par extension, l'expression désigne également une personne qui traine les bars et autres endroits marginalisésClair Tisseur (Nizier du Puitspelu) : Dictionnaire étymologique du patois lyonnais. grignet (grignette) se dit d'un enfant élancé, voire dégingandé (se) lantibardaner se balader, flâner : lantibardane ou lantibardane pas, t'arriveras toujours quand toi au cimetière Anne-Marie Vurpas et Jean-Baptiste Martin : Le parler lyonnais loquetière passe-partout Henri Béraud :Vous ne connaissez pas mon pays un mâchon copieux repas traditionnel du matin (entre 10h et midi, ce qui correspondrait au brunch américain), encore servi le week-end dans certains bouchons. un miron un chat une panosse, panosser une serpillère, passer la serpillère la panure la chapelure une patte un chiffon, un morceau de linge. Souvent dans l'expression coup de patte : passer un coup de patte sur la table, se donner un coup de patte (faire une toilette rapide). petafiné abîmé, détérioré, gâché ... (voir Pétafine) pot C'est une bouteille ou l'on met du vin, de 46cl avec un fond épais de 3 ou 4 cm pour que ça tienne bien debout et que les gens saouls ne les renversent pas en bougeant les tables dans les bouchons. Par analogie, il peut également désigner également les contenants carafes ou récipients de 50cl dans les restaurants ou bars. plan (adverbe) lentement. Va plan, gone ! ; Aller plan plan ; Qui va plan va loin (proverbe). se faire péter la miaille s'embrasser, se faire la bisePieds humidespetits débits de boissons en plein air, installées sur les marchés, les places, au parc de la Tête d’Or et aux arrêts de bus. pignocher Faire une chose avec lenteur et minutie. Au figuré, manger lentement, sans appétit, voire avec dégoût. Souvent reproché aux enfants : Mange ton plat et arrête de pignocher !. pique-feu Tisonnier poutrône poupée - femme de mauvaise réputation : Regarde-moi celle-ci, c'est ben une vraie poutrône !Gilbert-Lucien Salmon : Dictionnaire du français régional du Lyonnais prendre du souci s'inquiéter de quelque chose ; « on va y aller » = « on va prendre du souci » (pour prendre congé, dire qu'on s'en va). « Il va falloir penser à y aller » = « Va falloir prendre du souci ». quand vous, quand eux, quand nous, quand toi, quand moi La conjonction « quand » est utilisée pour signifier « en même temps que ». En me dépêchant, j'arriverai quand vous. Je prendrai mon temps et j'arriverai quand moi. être (tout) trempe être trempé une traboule passage typiquement lyonnais à travers des cours d'immeuble qui permet de se rendre d'une rue à une autre rue parallèle. Je prends la traboule des Voraces. Le verbe trabouler est également utilisé pour désigner un déplacement. Vient du latin transambulare qui signifie littéralement « se déplacer à travers ». Les traboules sont signalées par une lanterne au-dessus de la porte. une/la vogue une fête foraine (notamment la célèbre vogue des marrons chaque automne sur le boulevard de la Croix-Rousse). (faut) y (faire) (ou avec tous autres verbes), Y vont y faire (Ils vont le faire) le « y » remplace un pronom « le » impersonnel. Peut également remplacer « il » ou « ils ».C'est quelle heure ? Quelle heure est-il ?
Bibliographie
Il y a aussi des dictionnaires plus récents :
Dico illustré des Gones, Félix Benoît, Édition des Traboules, 1994, . Dictionnaire du français régional du Lyonnais, Gilbert Salmon, 1995. Le Littré du Gourguillon, Chaon Grattepierre, 2003, Éditions Lyonnaises d'Art et d'Histoire. Dictionnaire du français régional du Lyonnais, Gilbert Salmon, 2003, Christine Bonneton Éditeur. Le lyonnais de poche, Assimil, , ISBN F015814114
Notes et références
Articles connexes linguistique liste de langues langues par famille langues indo-européennes langues romanes langues gallo-romanes langues d'oïl français francoprovençal dialecte lyonnais
Liens externes
Le parler lyonnais (sur le site de la Société des amis de Guignol) Dictionnaire du parler lyonnais Dictionnaire par thème
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