La liste des races chevalines de France recense l'ensemble des races de chevaux présentes sur le territoire français, qu'elles soient autochtones ou d'origine étrangère. La France en compte un assez grand nombre, élevées et sélectionnées selon les besoins de chaque époque. Les premières races reconnues en France sont le Pur-sang et l'Arabe, d'origine étrangère. L'Anglo-arabe, issu du croisement des deux, est une création française, reconnue comme les deux précédentes en 1833. Peu réputée jusqu'au pour ses chevaux de selle et ses poneys, la France compte en revanche des chevaux de trait largement exportés, dont le Percheron. Neuf races de trait perdurent, constituant un patrimoine unique au monde. Le Trotteur français est, au début du , la principale race nationale, une spécificité liée aux courses de trot.
La France perd la plupart de ses poneys aux . La montée en puissance des sports équestres pousse à fusionner tous les chevaux régionaux issus du Pur-sang (dits « de demi-sang ») dans le Selle français en 1958, devenu depuis lors la principale race de sport avec l'Anglo-arabe. Une décennie plus tard, le succès de l'équitation sur poney entraîne la reconnaissance des premières races de poneys étrangères, puis la création du poney français de selle. Depuis les années 1970, des initiatives publiques ou privées permettent de sauvegarder les races locales, menacées de disparition.
Races d'origine française subsistantes La France est riche en races de chevaux, grâce à sa position géographique en Europe et à son climat tempéré favorisant les migrations animales et les déplacements de populations ou d'envahisseurs accompagnés d'équidés. Lorsque les races de chevaux sont caractérisées au , elles le sont généralement par le nom de leur région historique d'élevage. Il existe diverses manières de classer les races de chevaux, par exemple par l'opposition entre cheval lourd et cheval léger, entre race dite et race dite , ou encore entre cheval à sang chaud et cheval à sang froid.
Le cheval ibérique et l'Arabe ont particulièrement influencé le cheptel national. L'ibérique est considéré comme améliorateur universel des chevaux d'élevage du jusqu'à la fin du , époque où prédomine la doctrine du croisement. Selon l'historien Bernard Denis, les premières véritables races de chevaux françaises, définies par une unité de modèle, de lieu d'élevage et de caractère, remontent à cette époque, bien que le mot « race » ne soit pas encore employé. Un débat oppose les partisans du croisement des chevaux à ceux de l'amélioration des populations chevalines par elles-mêmes durant tout ce siècle.
L'enregistrement des généalogies est l'un des critères permettant de définir une race. C'est l'organisation des courses de chevaux qui motive la tenue des premiers registres généalogiques () par décret en 1825. Après de premières importations d'Arabe syrien sous Colbert, l'élevage de l'Arabe se développe au , donnant une nouvelle vague de croisements avec le cheptel français. L'anglomanie succède ensuite à l'arabomanie équestre et avec elle les croisements de Pur-sang, qui donnent notamment l'Anglo-normand, race souche du Trotteur français.
Durant la seconde moitié du , les effectifs de chevaux en France régressent d'environ , plaçant un grand nombre de ces races, particulièrement les chevaux de trait, en danger d'extinction, que ce soit en résultante de cessation de l'élevage, ou par croisement d'absorption avec des types de chevaux considérés comme plus performants.
vignette|center|upright=3|Carte des races de chevaux françaises de trait et de territoire.
En 2021, selon l'Institut français du cheval et de l'équitation (IFCE) la France reconnaît au total 54 races d'équidés (dont les ânes), soit 25 chevaux de sang, 11 poneys et 10 chevaux de trait. Seules deux races de poneys sont d'origine française, le Pottok et le Landais. Les races de chevaux de trait françaises sont au nombre de neuf.
Chevaux de sang
La notion de « cheval de sang » est utilisée par l'IFCE ; elle regroupe aussi bien des races de sport, comme le Selle français, que les races de territoire rustiques, telles que le Camargue.
Chevaux de sport et de course La notion de s'applique aux animaux qui participent à des compétitions de sports équestres (dressage, saut d'obstacles, concours complet), et celle de cheval de course aux animaux du sport hippique. Très similaires, ces races partagent un même ancêtre commun, le Pur-sang, et notamment l'étalon Eclipse. Cette notion de reste relative, et fortement liée aux sports équestres pratiqués dans le monde occidental.
Visuel Nom Officialisationdu Effectif Région d'élevage Taille Robe Usages 150px|Anglo-arabe français Anglo-arabe françaisRace issue du croisement entre deux races étrangères, Arabe et Pur-sang, mais créée en France. 1833 (2021). Surtout Sud-Ouest Surtout bai, bai-brun, alezan ou gris ; marques blanches fréquentes Concours complet, courses de galop, saut d'obstacles, dressage 150px|Anglo-normand Cheval de sport anglo-normand 1950-1958, rouvert en 2015 (2021). Normandie — Généralement alezan, également bai, bai-brun, noir ou gris Saut d'obstacles, concours complet 150px|Illustration manquante Cheval de dressage français 2020. Pas de données. — — Bai, bai-brun, noir, alezan ou gris Dressage 150px|Selle français Selle français 1958 (2021). Toute la France Surtout bai, bai-brun, alezan, noir ou gris Saut d'obstacles, concours complet, instruction 150px|Trotteur français Trotteur français 1922 (2021). Principalement Normandie Surtout bai-brun, bai, alezan ou noir Courses de trot
Chevaux de territoire La Société française des équidés de travail (SFET) définit un groupe de neuf « chevaux et poneys de territoire » : ce groupe inclut l'Auvergne, le Camargue, le Castillonnais, le Corse, le Henson, le Mérens et le cheval du Vercors de Barraquand, ainsi que les deux races de poneys de territoire, le Landais et le Pottok.. Cette notion est reprise par l'IFCE.
Visuel Nom Officialisationdu Effectif Région d'élevage Taille Robe Usages 150px|Cheval d'Auvergne Cheval d'Auvergne 2012 (2021). Massif central Bai ou bai-brun Randonnée, attelage, instruction 150px|Camargue Camargue 1978 (2021). Principalement Camargue Gris Équitation Camargue, randonnée 150px|Castillonnais Castillonnais 1996 603 (2021). Quasi-exclusivement Ariège Bai ou bai-brun, avec nez de renard Randonnée, attelage 150px|Cheval corse Cheval corse / Cavallu Corsu 2012 293 (2021). Corse Bai, bai-brun ou noir, sans marques blanches Randonnée, endurance 150px|Henson Henson 2003 (2021). Quart Nord-Ouest, dont baie de Somme Toujours isabelle Randonnée, attelage, horse-ball, écopâturage 150px|Mérens Mérens 1947 (2021). Principalement Pyrénées Toujours noir, sans marques blanches Randonnée, attelage 150px|Cheval du Vercors de Barraquand Cheval du Vercors de Barraquand 2017. (2021). Vercors ~ Bai ou bai-brun, sans marques blanches Randonnée, attelage, loisirs
Chevaux de trait
La France est l'un des pays qui a le mieux conservé ses races nationales de chevaux de trait, bien qu'elles restent fortement menacées d'extinction. Les neuf races qui perdurent sont toutes originaires de la moitié nord de la France, en raison de la demande des grandes plaines céréalières. Elles constituent un patrimoine unique au monde, proposé sur la liste du patrimoine mondial de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) en 2008..
Le Percheron est le fleuron des races de trait françaises, largement exporté notamment vers les États-Unis.. En 2002, l'Auxois était la seule race de trait d'origine française qui ne soit pas du tout exportée. Après avoir connu ses heures de gloire au grâce au mareyage, le Boulonnais est placé en conservation prioritaire durant les années 1990 en raison de son importante consanguinité.
Visuel Nom Officialisationdu Effectif Région d'élevage Taille Robe 150px|Ardennais Ardennais 1908 / 1923 (2021). Surtout Grand Est français ~ Surtout bai ou rouan 150px|Auxois Auxois 1913 (2021). Bourgogne / Surtout bai ou rouan 150px|Boulonnais Boulonnais 1886, restructuration 1902 (2021). Surtout Pas-de-Calais, Nord et Somme Généralement gris 150px|Breton Breton 1909 (2021). Bretagne historique, Massif central et Pyrénées ~ Généralement alezan 150px|Cob normand Cob normand 1950 (2021). Normandie et près de La Roche-sur-Yon Surtout bai, alezan ou bai-brun 150px|Comtois Comtois 1919 (2021). Franche-Comté, Massif central, Pyrénées et Alpes Bai silver 150px|Percheron Percheron 1883 (2021). Toute la France Gris ou noir 150px|Poitevin mulassier Poitevin mulassier 1884 (2021). Poitou et Rhône-Alpes Toutes possibles, dont souris ou isabelle, sauf pie 150px|Trait du Nord Trait du Nord 1903 (2021). Hauts-de-France / Surtout bai ou rouan
Poneys et chevaux miniatures
Les races de poneys françaises descendent des rares bidets qui ont survécu jusqu'au ; le terme « poney » a supplanté celui de « bidet » (qui désigne un cheval de paysans) sous l'impulsion des classes sociales aisées, qui ont imposé ce mot afin d'en dissocier l'animal sur lequel leurs enfants apprennent à monter. Il n'existe que deux races véritablement autochtones, le Landais et le Pottok.. Les poneys français ont été croisés avec des chevaux de trait pour la boucherie, ou bien affinés pour les sports équestres d'équitation sur poney dès les années 1970, ce qui induit une distinction entre des , devenus rares, et les poneys de sport. De plus, la classification est arbitraire : le poney français de selle est souvent plus grand et moins rustique que le Camargue, classé par l'IFCE et par ses éleveurs, qui refusent de l'appeler un .
Les chevaux miniatures proviennent d'un élevage sélectif à partir du Shetland.
Visuel Nom Officialisationdu Effectif Région d'élevage Taille Robe Usages 150px|Poney français de selle Poney français de selle 1969 (2021). Normandie, Bretagne et Mayenne Toutes robes admises Instruction, sports équestres à poney, attelage 150px|Landais Landais 1971 (2021). Landes, Île-de-France et Pays de la Loire Bai, bai-brun, alezan ou noir Sports équestres à poney 150px|Illustration manquante Cheval miniature français 2014 (2021). Toute la France < Toutes robes admises Animal de compagnie, travail à pied, équithérapie 150px|Pottok Pottok 1972 (2021). Pays basque Noir, bai, alezan ou pie Instruction, sports équestres à poney
Populations de chevaux non reconnues comme races Certaines populations de chevaux du territoire français (métropolitain ou d'outre-mer) ne sont pas reconnues officiellement comme des races par le ministère de l'Agriculture ; en attendant une éventuelle reconnaissance, elles sont gérées par des associations..
Visuel Nom Effectif estimé Région d'élevage TailleRobe Usages 150px|Illustration manquante Arabo-boulonnais « Confidentiel ». Hauts-de-France Généralement gris Selle, attelage 150px|Cheval de Megève Cheval de Megève ~ 150 (2017) Haute-Savoie Bai ou alezan Attelage, randonnée, débardage 150px|Cheval de Miquelon Cheval de Miquelon 168 (2007) Saint-Pierre-et-Miquelon ~ Bai, bai-brun, alezan ou gris Randonnée 150px|Cheval des Marquises Cheval des Marquises ~ (2014) Ua Huka, Nuku Hiva,Ua Pou, Hiva Oa, Fatu Hiva Souvent bai, alezan ou isabelle Selle
Races et populations de chevaux françaises disparues De nombreuses races disparaissent au , en particulier les bidets.
Bidets
L'historien Jacques Mulliez rappelle que bidet et poney sont le même animal, c'est-à-dire un cheval de petite taille ; un aspect péjoratif s'attache cependant au mot bidet, fréquemment décrit comme « vilain » ou « de petite race ». Ces bidets se trouvent dans toutes les régions de France, notamment dans les montagnes, les Landes de Gascogne, et dans l'Est. Ils sont réputés pour leur endurance et leur résistance.