Le Maghreb, en , est une zone géographique située en Afrique du Nord à l'Ouest de l'Égypte. Le terme tire son origine du point de vue des Arabes au qui voient cette région comme la partie occidentale du monde géographiquement connu. Le califat omeyyade regroupe alors ses possessions nord-africaines à l'ouest de l'Égypte sous une même province (wilāya).

Sous l’influence du nationalisme arabe moderne (), l’expression « Maghreb arabe » apparaît officiellement pour la première fois en 1948, lors de la création du « Comité de libération du Maghreb arabe ». En réalité, cette appellation idéologique, qui, contrairement au Machrek, éprouve le besoin de préciser le caractère ethnique, dissimule une arabisation tardive et partielle, ainsi que l’existence d’un fond de peuplement berbère et de vastes zones demeurées berbérophones. Le Maghreb est également un découpage de l'espace nord-africain et une construction historiographique héritée de la période coloniale. Il permet ainsi une délimitation essentiellement centrée sur la sphère d'influence française autour du Maroc, de l'Algérie et de la Tunisie.

À l'ouest du golfe de Syrte pendant la colonisation française, le terme Maghreb au sens strict désignait l'Afrique française du Nord (AFN) qui englobait l'Algérie, le Maroc et la Tunisie. Apparue dans les années 1950., la notion de « Grand Maghreb » se réfère à un espace qui inclut également la Libye et la Mauritanie, ainsi que le territoire contesté du Sahara occidental. Elle fait référence à un espace géographique, mais ce concept reste peu utilisé. Le territoire de l'Azawad (partie nord du Mali) et l'Ouest du Niger, sont culturellement proches du reste du Maghreb. La limite orientale, elle, est plus floue : la Cyrénaïque, en Libye, reste fortement influencée par le Machrek., tandis que Siwa, Qara et sont des oasis berbérophones en territoire égyptien. Les îles Canaries, à l'ouest du Maroc, font partie de l'aire historico-culturelle berbère mais n'ont jamais été arabisées ni islamisées, et ne font pas partie du Maghreb.

Le Maghreb occupe une superficie d'environ cinq millions de km partagés entre le bassin méditerranéen et le désert du Sahara, qui recouvre la majeure partie de son territoire : la population, d'environ d’habitants, est de ce fait très inégalement répartie, et concentrée principalement sur les plaines littorales.

Le Maghreb, situé à la croisée du monde arabe et des civilisations méditerranéenne et africaine, forme depuis plus d’un millénaire une unité géographique caractérisée culturellement par la fusion d'éléments arabo-berbères.. Ses habitants, appelés Maghrébins, descendent essentiellement de son peuplement berbère autochtone. Au cours de l'Histoire se sont agrégées différentes vagues (Phéniciens, Vandales, Romains...), avant l'arrivée des Arabes au . Il s'ensuit un large mouvement, quasiment complet, d'islamisation des populations, mais également un autre plus progressif et incomplet d'arabisation : le tamazight (berbère) comporte encore des millions de locuteurs au Maghreb. La majorité de la population est arabophone, mais l'essentiel du peuplement maghrébin est composé de Berbères arabisés. Bien qu'éloignés l'un de l'autre par divers aspects, le Maghreb et le Machrek sont néanmoins liés par la langue arabe et la culture islamique. L'histoire contemporaine du Maghreb est marquée par la présence ottomane et les colonisations française, espagnole, portugaise et italienne, mais aussi par sa proximité avec l'Europe de l'Ouest. Depuis 1989, une tentative de rapprochement politique et économique a été initiée avec la création de l'Union du Maghreb arabe.

Étymologie et dénominations Le terme Maghreb provient de l'arabe Maghrib, qui désigne le couchant, l'ouest, l'occident, en opposition au Mashriq, le Levant., c'est-à-dire « l'Orient », qui s'étend de l'Égypte à l'Irak et à la péninsule arabique...

Les différentes dénominations utilisées pour désigner le Maghreb en arabe sont : Al-Maghrib (المغرب) « le Couchant, l'Occident », al-Maghrib al-Arabi (المغرب العربي) « l'Occident arabe », ou Al-Maghrib al-Kabir (المغرب الكبير) « le grand Maghreb ». Le Maghreb est aussi parfois surnommé lOccident musulman..

Les géographes arabes délimitaient trois zones au Maghreb : Al-Maghrib al-Aqsa (Extrême-Maghreb ou Maghreb occidental, actuel Maroc), Al-Maghrib al-Awsat (Maghreb central, actuelle Algérie) et Al-Maghrib al-Adna (Proche-Maghreb ou Maghreb oriental, actuelle Tunisie, et incluant parfois la Libye).

Les Arabes utilisèrent d'abord le nom de Jezirat Al-Maghrib, qui signifie « Île de l'Occident », mettant alors en avant la situation de la région apparemment isolée entre une mer et un désert. De nos jours, Al-Maghrib en arabe désigne aussi le Maroc ; toutefois, la langue distingue le terme Al-Maghrib Al-Araby (littéralement « Le Couchant arabe » mais souvent traduit par « Maghreb arabe ») de Al-Maghrib Al-Aqsa, qui signifie, pour désigner le Maroc, « l'Occident lointain ».

Des activistes berbères utilisent le néologisme de Tamazgha ( en tifinagh), contestant l'appellation « Maghreb », au motif qu'elle n'est pas le nom originel de la région mais un terme employé dans l'historiographie arabo-musulmane, mais certains Maghrébins rejettent le mot Tamazgha qu'ils estiment être un néologisme qui n'a aucune historicité d'usage. Toutefois, ce terme dénote une certaine variété d'appréciation selon les tendances de ces activistes qui dépasse parfois le cadre géographique. ; ils ne l'appellent pas non plus Barbarie, terme qui vient de sa désignation, à l'époque de la Renaissance, par les Italiens, les Français et les Espagnols.

Par le passé, cette région était connue sous le nom de « Libye », que l'on appelle aujourd'hui la Libye antique, ou encore Ifriqiya, qui a donné son nom à l'Afrique.

Au Moyen Âge, le terme Maghreb désigne une partie de l'actuel Maghreb et comprend aussi le Maghreb al-AqsaSelon la table géographique de Slane, Histoire des Berbères, Berti, 2003, Alger, .. Le traducteur d'Ibn Khaldoun dit que le Maghreb al-Aqsa est l'actuel Maroc. Le Maghreb al-Awsat serait l'actuelle Algérie (provinces d'Alger et d'Oran) et le Maghreb al-Adna correspondait à l'Ifriqiya (Tunisie actuelle, ainsi qu'une partie de la Libye qui comprend Tripoli ; sous les Hafsides, s'ajoutaient également les provinces des Zibans, de Constantine, de Béjaïa). Ibn Khaldoun remplace parfois Maghreb al-Aqsa par Maghreb. Il donne ainsi Asfi (Safi) comme limite occidentale, et borne ce territoire par la chaîne de l'Atlas jusqu'à Agadir, situé entre la Moulouya, la mer, l'Atlas et la province de Souss.

Bien que la plupart des chroniqueurs et géographes de cette période fassent correspondre l'ensemble maghrébin à l'Afrique septentrionale, comprenant parfois la Cyrénaïque, l'Égypte jusqu'à la mer Rouge, le géographe arabe médiéval Al-Maqdisi comprend par Maghreb, l'Afrique du Nord, l'Espagne et la Sicile..

La dimension géopolitique du terme et ses représentations amènent, elles, une approche différente du terme. Ainsi, le terme « Maghreb », en désignant le territoire composé de l'Algérie, le Maroc et la Tunisie, est entendu dans une « acception restreinte », voire une « acception française », selon la géographe Karine Bennafla. Celle-ci relève par ailleurs, comme d'autres auteurs, que son usage est le fait des nationalistes arabes dans le but de promouvoir cet ensemble géographique, alors que les « autorités coloniales parlaient [elles] d'Afrique du Nord » pour le désigner. On trouve aussi d'autres usages au cours de la période coloniale, avec « Afrique septentrionale, Berbérie », ce qui permettait de distinguer cet ensemble du monde arabo-musulman, pour mieux l'assimiler. Cet usage se fait à partir de 1956, dans le contexte de la crise de Suez..

Selon Rabah Kahlouche, de l'université de Tizi Ouzou, l'usage de l'épithète « arabe » dans le syntagme « Maghreb arabe » n'est popularisé largement, qu'à partir de la fin des années 1940, : ainsi en 1947, au Caire, est fondé notamment le « Comité de Libération du Maghreb Arabe », à partir de sept partis nationalistes originaires des trois pays d'Afrique du Nord.. Ainsi sous l’influence du nationalisme arabe moderne, l’expression « Maghreb arabe » n'apparaît officiellement pour la première fois en 1948, lors de la création du « Comité de libération du Maghreb arabe » .

Historiquement, l’expression « Maghreb arabe » implique que le Maghreb serait arabe au même titre que le Machrek, une assimilation qui ne s’impose pourtant pas d’elle-même. En réalité, le Maghreb s’en distingue par une arabisation tardive et encore incomplète, laquelle a permis le maintien de vastes espaces berbérophones, aussi bien dans les zones montagneuses — Aurès, Kabylie, Atlas, Rif et Hoggar — que dans les oasis sahariennes, de Siwa en Égypte jusqu’au Mzab en Algérie, en passant par le Djébel Nefoussa en Libye. L’idéologie arabo-islamique ne nie pas totalement cette situation, mais tend à en atténuer la portée, notamment en s’appuyant sur des prétentions qui présentent les Berbères comme des cousins des Arabes originaires du Yémen. Cette démarche n’empêche toutefois pas la négation de l’existence de la ou des langues berbères, au profit de l’affirmation de l’arabe comme unique langue écrite légitime. Par ailleurs, certains auteurs arabo-musulmans manifestent une propension marquée à reléguer l’ensemble du passé antérieur à la conquête arabo-musulmane dans l’obscurité de la « jahiliya » (ignorance avant l'avenement de l'islam dans l'historiographie arabo-islamique).

Il réapparaît de manière plus affirmée en 1989, avec la création de l'organisation régionale Union du Maghreb arabe (UMA), qui réunit les trois pays de l'Afrique du Nord ainsi que la Libye et la Mauritanie. Rabah Kahlouche parle ainsi de redondance dans l'emploi de ce terme , et l'analyse comme un « besoin de réaffirmer et d'insister sur l'identité arabe du nord de l'Afrique [...] chez les dirigeants maghrébins ». Cette insistance pourrait ainsi être considérée comme une réponse à l'ancienne qualification coloniale, mais aussi au régionalisme berbère.

Histoire

Préhistoire L’inclination de la terre a changé générant une désertification rapide du Sahara environ 3 500 avant l'ère chrétienne (5500 avant le présent) Sahara's Abrupt Desertification Started by Changes in Earth's Orbit, Accelerated by Atmospheric and Vegetation Feedbacks, Science Daily.. Cela conduisit à une barrière qui limitait le contact entre le Maghreb et l'Afrique subsaharienne.

Cette région qu'est l'Afrique du Nord est peuplée dès la Préhistoire par plusieurs peuples :

Les Ibéromaurusiens (proto-berbères) entre à , les plus anciens habitants de la région, et considérés comme indigènes à l'Afrique du nord. Les fermiers anatoliens à partir de - avant notre ère, les Ibéromaurusiens vont être confrontés à une vague d'immigration de fermiers anatoliens immigrés d'Europe. Ces fermiers anatoliens vont entrer en conflit partiel avec les proto-berbères jusqu'à même changer la démographie de l'époque. Les Capsiens vers 7500 à 4000 avant notre ère, présents principalement dans l'actuelle Tunisie et l'est algérien : ils sont très différents des Ibéromaurusiens(berbères), et montrent des similitudes avec le Natoufien, l'ancêtre préhistorique des Arabes et Égyptiens (l'ADN natoufien étant majoritairement séquencé dans la péninsule arabique). Les Arabes d'Arabie montrent un lien dans leur séquençage autosomal avec le Capsien.

Antiquité