Robert Koch (en allemand : Prononciation en allemand standard retranscrite selon la norme API. , né le à Clausthal (Royaume de Hanovre) et mort le à Baden-Baden (Empire allemand), est un médecin allemand connu pour sa découverte de la bactérie responsable de la tuberculose qui porte aujourd'hui son nom : « bacille de Koch ». Les travaux qu'il mène pour la découvrir lui valent le prix Nobel de physiologie ou médecine de 1905. C'est l'un des fondateurs de la bactériologie.

Biographie Fils d'un ingénieur dans l'industrie minière, Hermann Koch, qui est intendant des mines Clausthal-Zellerfeld, et de Mathilde Juliette Henriette Biewend, fille d'un inspecteur des mines de fer, Robert est le troisième enfant, traduit d'un article publié le dans Die Welt à Berlin. d'une famille qui en comptera treize (dont deux mourant en bas âge). Avec deux vieilles tantes, un oncle et la domesticité, la maisonnée pourra compter jusqu'à dix-neuf personnes. À l'âge de quatre ans, il apprend seul à déchiffrer quelques mots dans les journaux ; à cinq ans, il entre à l'école primaire. En 1851, à l'âge de huit ans, il intègre le Gymnasium.

L'oncle maternel, Eduard Biewend, emmène le jeune Robert en excursion observer la nature ; il l'initie également à la photographie (à une époque où chaque photographe doit préparer ses solutions et ses plaques). Au lycée, Koch est un élève studieux, avec des facilités en mathématiques et en sciences naturelles. En 1862, il passe son Abitur. Tandis que son père le verrait bien émigrer aux États-Unis comme ses deux frères ainés, le jeune Robert, épris d'Emmy Adolfine Josephine Fraatz, la fille d'un pasteur de l’Église évangélique de Clausthal, se rend la même année à Göttingen, dans l'intention de s'y former rapidement au métier de professeur. Au cours de son second semestre d'étude, il réoriente sa formation vers celle de médecin. Dans cette université renommée, Koch étudie l'anatomie avec Jakob Henle, défenseur depuis 1840 de la théorie microbienne des maladies contagieuses. Il étudie également la clinique avec , la psychologie avec Rudolf Hermann Lotze, la physique avec Wilhelm Eduard Weber et la chimie avec Friedrich Wöhler. Le physiologiste l'initie à l'expérimentation animale. Après son diplôme de médecin en , Koch part trois mois à Berlin assister aux conférences de Virchow. Le , il obtient sa licence de médecin à Hanovre. En 1867, après un poste de médecin adjoint à l'hôpital de Hambourg, Koch trouve un poste à Langenhagen, dans une institution accueillant des enfants retardés mentaux. Dans cette même ville, il ouvre un cabinet de généraliste. Le , il se marie avec Emmy Fraatz. À Langenhagen, Koch commence ses travaux de microscopie et ses études naturalistes ; sa femme, Emmy, l'aide dans le classement des échantillons prélevés. Deux ans après s'être installé à Langenhagen, à la suite d'une réorganisation administrative de l'institution, Koch doit chercher un nouvel emploi. En , il tente d'ouvrir un cabinet à Braetz puis il tente de s'installer à Niemegk, près de Potsdam, où sa femme et leur toute jeune fille Gertrud (née le ) le rejoignent. Sa situation professionnelle et financière est difficile.

vignette|gauche|250px|Statue de Robert Koch devant l'Hôpital de la Charité à Berlin (œuvre de Louis Tuaillon). Enfin, Koch déménage à Rakwitz dans l'arrondissement de Bomst de la province de Posnanie, où il réussit à se constituer une clientèle fidèle. Quand la guerre de 1870 éclate, Koch, myope, est dispensé de service actif ; il se porte toutefois volontaire pour le service de santé de l'armée. Il sera affecté à Neufchâteau et à Orléans, où il aura notamment à traiter de la fièvre typhoïde et des blessures de guerre. Démobilisé avant la fin des hostilités, Koch revient à Rakwitz. En , il réussit l'examen de (médecin cantonal). Un poste se libérant à Wollstein en Grande-Pologne, il y emménage en . Koch réside à Wollstein jusqu'en 1880 ; il y est responsable de la santé publique au niveau local ; c'est là qu'il fait les premières découvertes qui le rendront célèbre, sur la maladie du charbon.

La lecture du rapport de Coze et Feltz sur le streptocoque incite Koch à entreprendre ses recherches bactériologiques sur les maladies contagieusesHenri Monteil, « Coze, Feltz et le streptocoque », dans : Histoire des sciences médicales, 34, , 2000, ..

En 1876, Ferdinand Julius Cohn publie les travaux de Koch, ce qui vaut immédiatement à ce dernier une grande renommée.

En 1877, Koch publie un texte sur la microphotographie.

En 1880, il est nommé professeur au (« Office impérial de la Santé ») de Berlin.

Entre 1884 et 1885, Koch est commissaire à ce même office. C'est précisément en 1884 qu'il redécouvre la bactérie vibrio cholerae découverte par l’anatomiste italien Filippo Pacini en 1854, mais qui avait été peu remarquée.

En 1885, il obtient la chaire d’hygiène à l’université Frédéric-Guillaume de Berlin.

En 1891 est créé pour lui l'Institut prussien des maladies infectieuses, dont il prend la direction. Il recrute Richard Pfeiffer, directeur scientifique de l'Hôpital de la Charité.

En 1892, il divorce d'Emmy et se remarie quelques mois plus tard avec Hedwig Freiberg, une étudiante et actrice amateure âgée de .

En 1905, Koch reçoit le prix Nobel de physiologie ou médecine .. Il devient membre étranger de la Royal Society le .

Robert Koch meurt le d'une crise cardiaque lors d'une cure à Baden-Baden. Il est incinéré, selon ses volontés, et ses cendres sont transportées à Berlin.

Fondateur de la bactériologie gauche|vignette|upright=0.5| Le bacille du charbon Bacillus anthracis, planche extraite de Die Aetiologie der Milzbrand-Krankheit, begründet auf die Entwicklungsgeschichte des Bacillus Anthracis, 1876.

Koch s'intéresse principalement à la maladie du charbon (mouton), à la peste bovine et équine, aux intoxications par le plomb et aussi au paludisme, à la piroplasmose et à la maladie du sommeil. Il possède une ouverture d'esprit assez importante puisqu'il s'intéresse aussi à l'archéologie, à l'anthropologie et à la parasitologie.

Découverte du cycle du bacille du charbon Koch commence ses observations microscopiques sur la maladie du charbon en 1873, examinant alors le sang de moutons charbonneux. Il y voit les mêmes organismes en forme de bâtonnets que Casimir Davaine avait nommés « bactéridies » en 1863. En 1874, il découvre la phase sporulée de la bactérie..

Il est le premier en 1876 à réussir la culture du bacille du charbon, découvert en 1850 par les Français Pierre Rayer et Casimir Davaine. Il développe à cette occasion plusieurs techniques nouvelles de coloration, de mise en culture et d'identification des germes.

En 1876 paraît son article intitulé / L'étiologie du charbon, fondée sur le cycle de vie du Bacillus anthracis dans les de Ferdinand Cohn.

Il n'a pas utilisé de colorant pour mettre en évidence ce bacille.

Travaux sur les blessures Il a appliqué dans ce travail les techniques de colorations développées par Carl Weigert. En 1878 il publie un mémoire intitulé Recherche concernant l'étiologie des plaies infectées.

Découverte de la bactérie responsable de la tuberculose vignette|Cellules géantes entourées de nombreux bacilles de la tuberculose, , extrait de Die Ätiologie der Tuberkulose, dans Gesammelte Werke von Robert Koch, , Texte intégral Koch présente sa découverte du bacille à l'Institut de physiologie d'Emil du Bois-Reymond le . À l'issue de la présentation, les scientifiques, stupéfaits, n'émettent aucune question ; Virchow, connu pour son opposition à la théorie des germes, quitte la salle sans mot dire. Le soir même, le télégraphe porte la nouvelle dans le monde entier. Cette présentation, qui donne lieu à publication le suivant« Die Ätiologie der Tuberkulose », dans Berliner klinische Wochenschrift, 1882, ., est suivie de trois articles : (à l'été 1882, au Congrès de médecine interne de Wiesbaden), en 1883, et enfin en 1884 le monumental qui offre une présentation détaillée de ses travaux.

Ayant adopté une compréhension de la maladie semblable à celle développée précédemment par Laennec, Bayle, Villemin et , Koch et l'équipe qu'il dirige au isolent le bacille en seulement huit mois. Du fait de sa petite taille et de l'inaptitude du bleu de méthylène à le colorer, le bacille a jusqu'alors échappé à l'attention des chercheurs (le bacille est observable toutefois à l'état frais ; Ehrlich qui a déjà observé ces bâtonnets, croit reconnaître des cristaux : grâce à la technique de double coloration qu'il met au point, Koch arrive à l'identifier. Procédant comme Albert Neisser l'a fait dès 1879 pour le bacille de la lèpre, Koch laisse d'abord les lames de frottis dans le bleu de méthylène alcalinisé par la potasse puis les traite à la vésuvine : les bacilles sont bleus sur un fond d'éléments cellulaires et de microbes brunsHenri Boisvert, « La découverte du bacille de la tuberculose par Robert Koch », dans Histoire des sciences médicales, 1982. (au même moment, voire un peu avant, Paul Baumgarten identifie lui aussi la bactérie« Tuberkelbakterien », dans Centralblatt fur die medizinischen Wissenschaften, 1882.). En retrouvant le bacille dans des formes cliniques considérées alors comme des entités nosographiques distinctes, Koch contribue à unifier le concept de tuberculose (Koch n'arrive toutefois pas à prouver la nature tuberculeuse des scrofules). Alors même qu'il a signalé, dans des travaux précédents, l'importance de la publication de microphotographies, supposées plus objectives et impartiales que les dessins, Koch ne publie pas de photographies du bacille mais simplement des dessins. Dans son article de 1884, Koch mentionne la présence de spores dans les bacilleshttps://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC1044696/pdf/medhist00012-0007.pdf..

Alors qu'en 1882 Koch évitait d'exprimer une opinion trop tranchée quant au poids respectif du bacille et de l'hérédité, en 1884, il se montre plus catégorique, qualifiant l'hérédité de facteur marginal.

Koch utilisa la méthode d'inoculation à l'iris de lapin publiée en 1879 par et ..

En 1882, il isole le bacille de la tuberculose, en mettant au point une méthode de culture in vitro et en reproduisant la maladie chez les animaux avec la souche cultivée, prouvant que le germe est bien responsable de la maladie et invalidant la théorie cellulaire de Virchow. Ce germe lui doit son nom, bacille de Koch. Son nom scientifique est Mycobacterium tuberculosis. Cette découverte entraîne l'utilisation de mesures d'hygiène pour lutter contre la transmission de la maladie. Parce que la tuberculose n'est pas immunisante notamment, Koch ne croit pas en la possibilité d'un vaccin ; il cherche donc un traitement qu'il croit trouver dans un produit extrait du bacille qu'il met au point, la tuberculine, ce qu'il annonce en 1890 : c'est un échec. Il persévère, présentant en 1897 une deuxième version de la tuberculine, qui s'avèrera aussi inefficace et dangereuse, voire fatale, que la première.. La tuberculine servira toutefois ensuite au diagnostic de la maladie.

Identification du bacille du choléra En 1883, au cours d'une expédition en Égypte, il isole avec l'aide de et de l'agent microbien du choléra (Vibrio cholerae). En fait, cette découverte a déjà été publiée par Filippo Pacini en 1854. Il prouve peu après le rôle de l'eau dans la transmission de la maladie, rôle déjà mis en évidence en 1855 par John Snow.

Travaux sur les maladies tropicales À partir de 1896, Koch étudie les maladies tropicales, notamment le paludisme dans sa forme maligne, la surra forme de trypanosomiase animale, la peste en Inde et en Afrique du Sud. En 1904, il se rend en Afrique de l'Est pour étudier la theilériose bovine, la babesiose, la maladie à tique.

Postulats de Koch