LOb ou Obi (en ) est un fleuve de Russie (dont le bassin versant, d'une superficie presque égale à , est le plus grand d'Asie et s'étend également sur les territoires du Kazakhstan, de la Mongolie et de la Chine). Il est le plus occidental des trois grands cours d'eau de Sibérie. À l'instar de l'Ienisseï et de la Léna, l'Ob, né dans l'Altaï et se jetant par un vaste estuaire, le golfe de l'Ob, dans la mer de Kara, s'écoule vers l'océan Arctique et arrose des espaces majoritairement caractérisés par les faibles altitudes, notamment lors de son passage dans la péninsule de Yamal. Avec son long affluent, l'Irtych, le cours d'eau sibérien constitue une des plus longues artères fluviales du monde offrant un parcours de plus de . L'Ob et ses principaux tributaires, offrant des possibilités de navigation saisonnière, représentent une voie de communication majeure pour un espace au fort potentiel de développement mais, également, un axe de peuplement dominé par quelques grandes villes comme Novossibirsk, Iekaterinbourg et Omsk, puissants centres industriels. Le bassin du grand fleuve est, au cours des dernières décennies, devenu le principal lieu d'extraction d'hydrocarbures de la fédération de Russie. L'Ob transporte aussi les déchets de nombreuses industries chimiques situées sur son parcours, et plusieurs alertes à l'empoisonnement ont été déclenchées par le passé, notamment chez les populations nomades et autochtones de la péninsule de Yamal. Ces activités humaines, sources de richesse mais aussi de pollution, menacent des milieux naturels riches et variés, déjà fragilisés par le réchauffement climatique.

Géographie Cours du fleuve thumb|right|upright=2|Bassin fluvial de l'Ob L'Ob se présente comme un des plus longs cours d'eau du continent asiatique et du monde, toutefois les données statistiques concernant sa longueur totale peuvent fortement varier en fonction de la source considérée. Le cours principal de l'Ob, mesuré en aval de Biïsk sur le piémont des monts Altaï au confluent des rivières Katoun et Biia jusqu'à la tête de son estuaire en aval de Salekhard, atteint auquel il convient d'ajouter les de son estuaire, soit . Si, en revanche, la source de son principal affluent, l'Irtych, est considérée comme le point de départ d'une artère fluviale Ob-Irtych, la longueur totale atteint ( avec l'estuaire)Synthèses des articles sur l'Ob de l'Encyclopædia Britannica, de l'Encyclopædia Universalis et de Jean Radvanyi, L'Ob in Dictionnaire illustré des merveilles naturelles du monde, Sélection du Reader Digest, 1977..

L'Ob supérieur La partie supérieure du cours principal du fleuve s'étend du confluent de la Katoun et de la Biia jusqu'à la rencontre de l'Ob et de son affluent, le Tom, à une cinquantaine de kilomètres au nord-ouest de Tomsk Entrée « Ob River » de l'Encyclopædia Britannica, ..

La rencontre de deux rivières originaires des monts Altaï, la Katoun (aux eaux issues de la fonte des neiges des hauts sommets), à l'ouest, et la Biia (émissaire du lac Teletskoïe), à l'est, donnent naissance à l'Ob, en aval de Biïsk. Ces deux cours d'eau, d'une longueur respectives de , au débit soutenu, apportent /s au fleuve naissant S.A Sukhenko, Relation between mercury concentration and water discharge in the Katun River, Siberia, International Association for sediment Water Sciences. International symposium , Santa Barbara, 1995, vol. 46, , .. L'Ob adopte, dans la première partie de son cours, une direction occidentale, et reçoit, en rive gauche, de nombreux affluents de faible longueur (comparativement à ceux de l'aval) parmi lesquels la Peschanaya, l'Anuy et la Charysh. Le fleuve présente encore une pente moyenne relativement forte de , mais son lit est déjà encombré de bancs de sable et d'îles. Après sa rencontre avec la rivière CharyshInformations sur la Charysh, site de l'Unesco., il s'oriente vers le nord, prenant la direction de Barnaoul, la vallée ainsi que le lit mineur s'élargissent, l'Ob prenant définitivement son aspect de cours d'eau de plaine, après avoir reçu l'apport de l'Aleï, tributaire de rive gauche. À Barnaoul, l'Ob reprend une orientation occidentale, sa vallée s'élargit encore, mesurant entre 5 et 10 kilomètres de large avec une rive gauche plus escarpée que celle de droite ; son lit se complexifie (nombreux bras, présence de lacs) tandis que sa profondeur moyenne augmente. Le fleuve change à nouveau de direction à Kamen-na-Obi, reprenant une course orientée au nord-est, la vallée se rétrécit ne mesurant plus que de large avant que le cours d'eau n'entre dans l'immense réservoir de Novossibirsk. À partir de cette dernière ville, filant toujours vers l'Arctique, l'Ob entre dans une région forestière où dominent les bouleaux et les trembles, sa vitesse d'écoulement ralentit, sa vallée mesure près de de large en moyenne. Son cours supérieur s'achève lorsque le fleuve rencontre son puissant affluent de rive droite le Tom près de la ville de Tomsk.

L'Ob moyen Cette partie du fleuve s'étend du confluent avec le Tom jusqu'à celui avec le principal affluent qu'est l'Irtych au cours de laquelle l'Ob coule selon une direction nord-ouest, puis franchement occidentale.

Au-delà de l'apport du Tom, le cours d'eau sibérien passe d'une direction nord-est à une orientation nord-ouest et reçoit toute une série d'affluents. Sur la rive gauche, les tributaires apparaissent de faible longueur (Chaya, Parabel), à l'exception du Vassiougan, en raison de la présence méridionale de la zone de drainage de l'Irtych. En rive droite, au contraire, les cours d'eau ont la possibilité de développer de plus importants bassins hydrographiques, l'Ob reçoit successivement les apports du Tchoulym, de la Ket, du Tym, de la Vakh et de l'Agan ; le premier de ceux-ci développant un cours de et apportant près de /s au fleuveJean Radvanyi, L'Ob in Dictionnaire illustré des merveilles naturelles du monde, Sélection du Reader Digest, 1977, .. À partir de sa rencontre avec l'Agan, le fleuve adopte une direction occidentale, reçoit de nombreux affluents de longueur moyenne : en rive droite, le Tromégan, le Liamine et le Nazym, en rive gauche, la Grande Iougan et le Grand Salym avant de confluer avec son principal tributaire, l'Irtych près de Khanty-Mansiïsk. Ce dernier, né dans les montagnes de Mongolie, présente une longueur largement supérieure à l'Ob avec ses mais en raison de la faiblesse des précipitations tombant sur son bassin hydrographique, se caractérise par un débit faible (moins de ).

À partir de sa rencontre avec le Vassiougan, l'Ob entre dans le domaine de l'immense taïga sibérienne. Sa pente devient très faible et sa vallée s'élargit une nouvelle fois pour atteindre de 30 à 50 kilomètres alors que le lit principal du fleuve large d'un kilomètre lors des étiages peut atteindre trois kilomètres lors de la période des hautes eaux. La profondeur du lit ne descend guère à moins de 4 à durant les basses eaux. En période de crue, l'Ob sort de son lit mineur et inonde la vallée sur plusieurs dizaines de kilomètres pendant deux à trois mois.

L'Ob inférieur thumb|left|Image satellite du delta de l'Ob. Cette dernière partie du cours commence après le confluent avec l'Irtych, l'Ob quittant sa direction occidentale pour s'orienter nord-nord-est jusqu'à Peregrebnoye avant d'adopter, après cette ville, une orientation franchement septentrionale. Le fleuve franchit durant sa course la limite nord de la taïga avant de pénétrer dans le milieu de la toundra au niveau de son delta. Dans une vallée large de 30 kilomètres, dominée par des hauteurs de médiocre altitude sur la rive droite, le cours d'eau s'écoule lentement se divisant, peu avant Peregrebnoye en deux bras : le grand (BolchaïaAu féminin en russe.) Ob à droite, le petit (Malaïa) Ob à gauche. Chacun de ses bras reçoit des affluents, la Kounovat et le Kazym pour le premier nommé, la Synia et la Sosva du Nord pour le second. Avant d'arriver à Chourychkary, le fleuve retrouve un lit unique large de et profond de . Après le confluent, au-delà de Salekhard, avec le Poluy, l'Ob se divise à nouveau en deux bras, le Khamanelsk Ob (gauche) et le Nadym Ob (droit) pour former un delta.

Ce delta s'ouvre sur le golfe de l'Ob (en russe Obskaïa Gouba), qualifié aussi d'estuaireL'ambiguïté sur cet espace et sur le terme à employer pour le désigner conduit à son exclusion, dans presque toutes les sources, dans le calcul de la longueur du fleuve., long de et large de qui possède sa propre zone de captage, couvrant une superficie de , avant sa rencontre avec la mer de Kara. Sur la côte orientale, s'ouvre un diverticule, le golfe du Taz, embouchure du cours d'eau éponyme, qui draine le district autonome de Iamalo-Nénétsie et possède un bassin versant de pour une longueur supérieure à Mark B. Allen, Clare E. Davies, Unstable Asia : active deformation of Siberia revealed by drainage shifts, Department of Earth Sciences, University of Durham, Durham, 2007.. Le golfe (ou estuaire) de l'Ob, peu profond (de 10 à ), entaille les péninsules de Yamal et de Gyda; le littoral oriental est fortement escarpé tandis que celui de l'occident est bas et marécageux.

Hydrographie

thumb|right|L'Ob gelé à Novossibirsk. Le bassin versant de l'Ob couvre au total une superficie d'environ ; cette aire inclut une zone steppique de si peu arrosée qu'elle ne donne lieu à aucun écoulement superficiel et donc ne vient pas renforcer le débit du fleuveArticle sur l'Ob de l'Encyclopædia Universalis.. En fonction de la prise en compte ou de l'exclusion de cet espace, ce bassin est le cinquième ou le sixième au monde par l'étendue, après ceux de l'Amazone, du Congo, du Mississippi, du Nil et avant ou après celui de l'IenisseïJacques Béthemont, Les Grands Fleuves, .. Le bassin est réparti sur le territoire de quatre États : la Russie (73,77 %) et le Kazakhstan (24,71 %) se partageant la quasi-totalité de sa superficie, la Chine (1,51 %) et la Mongolie (0,01 %) n'intervenant que de façon marginale Transboundary rivers flowing through EECCA countries and discharging into the Arctic Ocean and their major transboundary tributaries, Nations unies, Lire en ligne.. Il est, en majeure partie (85 %), constitué par la plaine de Sibérie occidentale où les interfluves dominent les vallées des différents cours d'eau seulement de quelques dizaines de mètres (40 à en moyenne). Les seuls reliefs présents sont de petites collines, appelées « grivy », orientées sud-ouest - nord-est. Cette plaine est une zone d'ennoyage ; les sédiments se sont accumulés sur plus de mètres d'épaisseur au-dessus des couches de terrains de l'ère secondaireJean Radvanyi, L'Ob in Dictionnaire illustré des merveilles naturelles du monde, Sélection du Reader Digest, 1977, .. Ces vastes horizons portent l'empreinte des grandes glaciations avec la présence de nombreuses traînées morainiques et de terrasses fluvio-glaciaires. L'Ob doit d'ailleurs, à ces glaciations, son estuaire au fond duquel il construit un delta, cet estuaire est le témoin d'une côte jadis immergée, lorsque le continent était enfoncé par le poids des glaces s'étendant jusqu'à 110° de longitude est.

Jusqu'à son confluent avec l'Irtych, l'Ob emprunte un ancien chenal glaciaire autrefois occupé par un cours d'eau s'écoulant vers la dépression aralo-caspienne. Le relèvement de la partie sud de la Sibérie a orienté le réseau hydrographique vers le nord. Cette partie méridionale est constituée par les montagnes de l'Altaï et leur avant-pays qui correspondent au « château d'eau » du fleuve même si elles ne représentent guère plus de 10 % de l'aire totale du bassin.