Le col de l'Iseran est un col de France situé en Savoie, à d'altitude. Premier col routier des Alpes françaises par son altitude, c'est même le plus haut col de montagne routier de toutes les Alpes. La route qui le traverse, reliant les vallées de la Maurienne et de la Tarentaise, est fermée l'hiver et imbriquée durant cette saison au milieu des pistes de ski de Val-d'Isère. Construite durant l'entre-deux-guerres, elle est devenue un haut lieu du Tour de France. Le col de l'Iseran se situe aux portes du parc national de la Vanoise et il est inclus dans l'arrêté préfectoral de protection de biotope « Col de l'Iseran ».
Toponymie Ce col est attesté sous les formes Mont Isere en 1572 et Mont Iseran en 1652. Son nom doit probablement être mis en relation avec l'étymologie de l'Isère, qui naît à environ six kilomètres du col. Selon le linguiste Jacques Lacroix, cette dernière tire son nom d'un composé celtique Isarā, désignant une « Eau du Bas » (d'un territoire). L'Isère et le col de l'Iseran occupaient vraisemblablement une position excentrée au sud-est des possessions des Ceutrons : tous deux étaient situés au bas du territoire de ce peuple gaulois.
Géographie Le col est signalé par la voirie à d'altitude mais est indiqué, suivant les cartes, à . Il s'agit du plus haut col de montagne routier des Alpes et de France. Ce n'est pas la plus haute route des Alpes car celle de la cime de la Bonette atteint les d'altitude, mais il ne s'agit cependant pas d'une route de col. La en Autriche atteint d'altitude.
Il est situé en Savoie dans le parc national de la Vanoise, entre le massif de la Vanoise et les Alpes grées. Il relie les vallées de l'Arc (Maurienne) et de l'Isère (Tarentaise, pour la partie amont). Le col est dominé par la pointe des Leissières ().
Histoire de la construction de la route Il s'agissait au d'un sentier muletier servant notamment à apporter les fromages du Beaufortain sur les marchés du Piémont en empruntant ensuite le col du Mont-Cenis. C'est en 1912 que la décision fut prise d'inclure cet itinéraire dans la route des Grandes Alpes. En 1929, les travaux de ce tracé routier d'une longueur de nécessitèrent l'emploi de . Le président de la République Albert Lebrun inaugura cette route le et cette même année, la Poste française émit un timbre pour cette ouvertureTimbre : ROUTE DU COL DE L'ISERAN (SAVOIE) ALT. 2769 m..
Une chapelle dédiée à Notre-Dame-de-Toute-Prudence est édifiée en 1939, selon les plans de l'architecte savoyard Maurice NovarinaArticle de Christian Sorrel, « Une nouvelle montagne sacrée ? Catholicisme, tourisme et sports d'hiver en Savoie », p. 374, paru dans .. Celle-ci est labellisée « Patrimoine du ».
Activités Protection environnementale Le col de l'Iseran a été inclus dans le parc national de la Vanoise dès sa création en 1963. La réserve naturelle de l'Iseran, d'une surface de , créée par la même occasion, fut déclassée en 2000Les revendications de liaison et "l’intangibilité" des limites d’un Parc National - Journée d'étude des Jeunes Chercheurs ICoTEM - Partage de l'espace, espaces partagés après des discussions entre l'État et les acteurs locaux en échange de la création de la réserve naturelle de la Bailletaz ()Les réserves naturelles du parc national de la Vanoise et de la signature d'un arrêté préfectoral de protection de biotope concernant autour du col.
Sports d'hiver La route d'accès est fermée pendant la saison hivernale. Le site est alors utilisé comme partie intégrante du domaine skiable de Val-d'Isère. Du col, on accède notamment aux remontées mécaniques du glacier du Grand Pisaillas, au plus haut du domaine de la station avalline, à plus de d'altitude. En redescendant vers la vallée, la piste rouge Germain Mattis emprunte sur une partie de son tracé la route enneigée en direction du village du Laisinant à Val-d'Isère.
Cyclisme Tour de France thumb|right|Restaurant du col. thumb|right|Vue depuis le col sur l'ultime kilomètre du versant sud avec des remontées mécaniques au second plan ; en arrière-plan, le col Pers () au centre gauche puis la pointe Pers () et l'aiguille Pers () à droite.
Dès l'année qui a suivi son inauguration, le Tour de France passa par le col de l'Iseran, puis encore l'année suivante, en 1939, dans un contre-la-montreJean-Julien Ezvan, « L’Iseran, toit d’un Tour 2019 qui donne le vertige », le figaro.fr, 24 octobre 2018.. Au total, le Tour l'a franchi à , dont 6 depuis 1947, seulement deux fois par la Maurienne (1963 et 2019), versant sud, considéré comme le plus difficile. Le directeur du tour, Christian Prudhomme, compare la fin de la montée, à partir de Bonneval-sur-Arc, à la montée de l'Alpe d'Huez avec pratiquement les mêmes pentes et la même distance (), sauf qu'elle débute à une altitude de . Le col est classé hors catégorie depuis 1992. Parmi les moments marquants de l'histoire de ce col sur la Grande Boucle figurent l'abandon de Louison Bobet pour son dernier Tour de France en 1959 après avoir franchi le sommet« Col de l’Iseran. L’empreinte de Bobet », magazine Le Cycle , juillet 2005, , la longue chevauchée victorieuse de Claudio Chiappucci jusqu'à Sestrières lors du Tour 1992La Grande Boucle – du Tour de France 1992, l'annulation de ce col et l'étape raccourcie en raison de la neige Le dico du Tour - Le col de l'Iseran dans le Tour de France depuis 1947 sur le Tour de France 1996, puis la neutralisation de la fin de l'étape devant mener à Tignes après le passage du col avec temps pris au sommet pour le général et l'absence de vainqueur d'étape en 2019, en raison d'un orage de grêle et d'une coulée de boue rendant la route impraticable entre Val-d'Isère et le lac du Chevril. Voici les coureurs qui ont franchi les premiers le col Mémoire du cyclisme - Le col de l'Iseran : 1938 : Félicien Vervaecke 1939 : Sylvère Maes (contre-la-montre) 1949 : Pierre Tacca 1959 : Adolf Christian 1963 : Fernando Manzaneque 1992 : Claudio Chiappucci 2007 : Yaroslav Popovych 2019 : Egan Bernal
Tour de l'Avenir L'ascension du col de l'Iseran, au départ de Val-d'Isère, fut effectuée au début de la du Tour de l'Avenir 2016. La même ascension fut au programme du début de la du Tour de l'Avenir 2018 ; cependant les organisateurs annulèrent le passage au col de l'Iseran en raison de verglas sur la route du col. L'étape fut amputée de et le départ déplacé à Bessans. En 2026, le Finlandais Kasper Borremans s'y impose au terme de la .
Profil de l'ascension
Avec depuis le dernier rond-point de Bourg-Saint-Maurice (), le col de l’Iseran est sur son versant nord le plus long col de France. Mais les 9 premiers km jusqu’à Viclaire sont assez faciles, si ce n’est une petite montée de plus de pour parvenir à Séez. Ensuite, la route s’élève avec quelques lacets en passant par Sainte-Foy-Tarentaise et jusqu’à la sortie de la Thuile, avec des pourcentages de 6 à 8 %Cyclings Cols – Col de l’Iseran. Suivent plutôt roulants avant que reviennent des pentes à 7 % sur les qui précèdent le barrage du Chevril. On accède au lac du Chevril () après plus de d’ascension. On trouve ensuite une portion presque plane entre le barrage du Chevril et Val-d'Isère mais qui peut être rendue pénible par une succession de paravalanches et tunnels ainsi qu’une forte circulation automobile« La Grande Traversée des Alpes, le guide », supplément du magazine Top Vélo n°172, p. 12-13.
C’est pourquoi nombre de cyclistes préfèrent démarrer de Val-d'Isère où à partir du rond-point face à l'office de tourisme (), il reste à 5,8 %. Si les deux premiers kilomètres qui débutent ne sont pas difficilesClub des 100 cols – Versant nord du col de l’Iseran, une portion à 7 % commence juste avant le hameau du Fornet et son téléphérique ()Géoportail - Téléphérique du Fornet, suivie par un peu plus d’un kilomètre à près de 6 %, alors que cette portion est exposée au vent et souvent de face lorsque c’est le casFrédéric Millet, « Col de l’Iseran. Un toit mythique », magazine Le Cycle , septembre 2016, . Cependant un bon replat précède le pont Saint-Charles () au km 4,9 mais les pourcentages sont plus réguliers par la suite, et les lacets se succèdent, permettant de surplomber Val-d'Isère. Les deux kilomètres qui suivent le pont Saint-Charles grimpent à plus de 7 % avant que la déclivité ne baisse légèrement, avec une pente de près de 5,5 %. Toutefois, si le vent a été de face durant les cinq premiers kilomètres, là il sera majoritairement de dos. Juste après avoir passé sous la gare du Signal (), appelée aussi chalet du Molard, au km 8,8, une borne indique un pourcentage de 4 % mais ceci est trompeur : il y a une courte descente suivie presque immédiatement d'un court passage à 10 %Alpes4Ever – Col de l’Iseran, l’un des plus raides de l’ascension. Mieux vaut donc ne pas mettre de grand braquet pour ne pas se laisser surprendre. La route grimpe à nouveau dans des pentes avoisinant les 6 et 7 % par la suite avec plusieurs remontées mécaniques. De là commence une série d’épingles, sous la tête du Solaise () et la crête de Lessières, série qui permet de voir plus bas le lac du Chevril et le mont Pourri () plus loin que Val-d'Isère et ces lacets aboutissent au belvédère de la Tête de l’Arollay (, que l'on nomme aussi belvédère de la Tarentaise) et ses trois tables d’orientation à côté de la route, au km 12,6. De là, on aperçoit le col encore distant de . L’oxygène se raréfie et l’ultime kilomètre, juste après avoir franchi un petit lac, affiche 8 % de moyenne ; ce qui n’est pas tout à fait exact sachant que les bornes ont été calculées pour une altitude de alors que l’altitude officielle du col est de .
Le versant sud a un total de de longueur depuis le carrefour de la D902 et de la D1006 à Lanslebourg-Mont-Cenis ()Géoportail - Lanslebourg-Mont-Cenis en passant par Lanslevillard, avec quelques bons pourcentages dans le col de la Madeleine (), montée irrégulière mais avec une courte portion à 10,5 %F. Besses, « Col de l’Iseran. Le retour du géant », magazine Le Cycle , février 2019, , et homonyme d’un autre géant routier des Alpes souvent emprunté par le Tour de France. Mais comme une fois parvenue sur le plateau de Bessans, la route qui précède Bonneval-sur-Arc est quasiment plate sur près de , on considère Bonneval-sur-Arc (), classé parmi les plus beaux villages de France, comme le vrai départ de l'ascension. À partir de là, il reste sur ce versant pittoresque« Le col de l’Iseran (2770m). Dans la roue de Louison Bobet », magazine Le Cycle hors-série spécial cols , avril 2013, et plus pentu que le versant nord. Une grande partie de l’ascension s’effectue au milieu des alpages. La route de la montée apparaît d’entrée sur la montagne à gauche. Les quatre premiers kilomètres s’effectuent sur des pentes rectilignes entrecoupées d’un lacet permettant rapidement de dominer Bonneval-sur-Arc, dans des pourcentages compris entre 7 et 9 %. Après cette entame, un replat à 3 % pendant un kilomètre environ permet de rejoindre la chapelle Saint-Barthélemy et un pont ()Géoportail – Vallon de la Lenta enjambant le torrent de la Lenta, après Bonneval-sur-Arc. Cette courte portion plus facile est rapidement suivie par l’un des passages les plus raides de la montée : une ligne droite à plus de 9 % après avoir dépassé un lacet et une ancienne maison communale au lieu-dit Pied Montet () au km 6,9. Elle est suivie par un autre kilomètre à 8 % avant que la route devienne à nouveau plus roulante, avec une portion à 4 % passant notamment par le pont de l'Oulietta ()Géoportail – Ponts de l’Oulietta et de la Neige et un court tunnel et permettant d’accéder au pont de la Neige () après d'ascension. Mais à partir de là, la difficulté se corse à nouveau et les deux derniers kilomètres affichent respectivement 10 puis 8 %. Comme pour le versant précédent, ce dernier pourcentage doit être relativisé vu la différence entre l'altitude du panneau au sommet et celle officielle de l'IGN.