Dergneau est une section de la commune belge de Frasnes-lez-Anvaing, située en Région wallonne dans la province de Hainaut. Petit village niché au cœur du pays des Collines, Dergneau contient à l'heure actuelle plus de 900 habitantsCommune de Frasnes-lez-anvaing. Cette ancienne commune indépendante a été fusionnée avec Frasnes-lez-Anvaing et ses 12 autres villages en 1977 lors de la grande réforme des structures communales.
Étymologie Les plus anciennes mentions écrites du village ne remontent pas au-delà de 1186 : Bergniau (ms de t), Dergniau (ms de p et v), Ergniau ou Erniaul (ms de p et v). La forme Dereniau (1169) est également citée. Elle ne semble pas se rapporter à Dergneau mais plutôt au fief des Reignau, situé près de la porte de Saint-Sauveur à Lille. Philippes de Diergnaus (1198-1220) qui participa à la et Philippi de Dergneau (1204), témoin dans la passation d'un acte de l'abbaye de Marchiennes, appartenaient de toute évidence à ce dernier fief. Parmi les autres mentions de Dergneau, notons : Dergnau (1201,1222), Derniau (1223), Dieregnau (1265), Diergneau (1285), Dyergnau (1294)... Aux siècles suivants, on trouve encore Derneau, Dierrgnault, Diergnault... Les étymologistes ne sont pas d'accord sur la signification de ce toponyme. Géographie Dergneau est située près de la frontière linguistique se trouvant au nord du village et qui sépare la Région wallonne de la Région flamande.
Localités limitrophes : vignette|L'église de Dergneau vers 1900. Wattripont (Frasnes-lez-Anvaing) ; Saint-Sauveur (Frasnes-lez-Anvaing) ; Renaix (Flandre-Orientale) ; Anvaing (Frasnes-lez-Anvaing) ; Ainières (Frasnes-lez-Anvaing).
Le village s'étend sur mais le centre (s'il est symbolisé par l'église) est situé à l'extrémité sud-ouest. À l'ouest, il est délimité par la Rhosnes (un affluent de l’Escaut qui prend sa source près de Frasnes), au nord par la frontière linguistique, au sud par Anvaing et Ainières et à l'est par Saint-Sauveur. Il est traversé par la N60 et par la ligne de chemin de fer Renaix-Blaton. Le territoire est généralement inégal et montueux, mais les pentes restent douces, ce qui caractérise le pays des collines.
Localités limitrophes
Hydrographie Dergneau possède une station de pompage le long de la Rhosnes ; elle alimente Dergneau, les villages alentour et une partie de la ville de Renaix. Le village ne possède aucune source d'eau connue.
Le village comptait aussi dans le passé nombre de marécages, aujourd'hui asséchés mais toujours humides
Les anciens lieux-dits anciens Hameaux. Hameau du corps de garde, Hameau de Beauvolers, Hameau du Quenoi, Hameau de l'Ableau, Hameau du Maret vincette, Hameau Maret Delrue, Hameau frenne haut.
Démographie
Évolution démographique de 1831 à 1976
Sources : INS, Rem. : 1831 jusqu'en 1970 = recensements, 1976 = nombre d'habitants au 31 décembre.
Évolution de la population de Dergneau (du au ) Années Feux Habitants 1365 27 +/- 135 1406 20? +/-100 1427 27? +/-125 1469 63 +/-315 1531 36? +/-180 1540 45+15 pauvres +/-300 1560 45+17 pauvres +/-310...1744 285 communiants +/-430 1786 100 +/-710 1788 503 com-219 n.c +/-722 1795 477 de + de 10. 601? 1810 305 700
Surfaces occupées (anciens temps) Exploitants de: 1780 1846 Moins de 50 a 12 64 50 à 1 ha 15 6 1ha à 2 ha 19 17 2ha à 5ha 27 28 5ha à 10ha 12 14 10ha à 15ha 2 5 15ha à 20ha 5 1 20ha à 25 ha - 1 25ha à 30 ha 1 1 30ha à 35 ha 2 ---- Histoire
Moyen Âge Dès les , Dergneau était intégré à une importante seigneurie comprenant aussi Frasnes et Saint-Sauveur. Comme partout dans nos régions, les habitants (manants) qui y vivaient, étaient soumis à diverses obligations, plus ou moins contraignantes selon qu'ils étaient serfs ou hommes libres. Parmi les principales, on peut citer l'ost et la chevauchéeDroit ancien. Obligation pour le vassal d'accompagner le suzerain dans de courtes expéditions militaires., la taille (imposition qui devint fonction de la richesse de l'assujetti), la mainmorte ou le meilleur cattel (droits de succession)… Le seigneur disposait, par ailleurs, dans sa juridiction, du droit de ban (qui lui permettait de lever des taxes, d'ériger des moulins, de fixer des dates des récoltes…) et de justice (basse, moyenne ou haute, selon la gravité des faits).
Les terres de la seigneurie pouvaient avoir trois destinations : Le seigneur en gardait la propriété complète et les donnait en location à des Censeurs. Il pouvait en détacher des parcelles ou héritages qu'il attribuait à titre perpétuel à des héritiers, moyennant le paiement annuel d'un cens, d'une rente (argent ou nature) ou d'un terrage (toujours en nature et proportionnel à la récolte) par lequel ces derniers reconnaissaient l'autorité seigneuriale. Il pouvait enfin donner certaines parties en fief. Dans ce cas, les vassaux étaient tenus, notamment, de rendre certains services (ost et chevauchée, participation aux cours féodales, activités d'homme de fief…) et d'acquitter des droits de relief lorsque le fief changeait de main. Les fiefs étaient soit fonciers, soit seigneuriaux. Pour ces derniers, selon les cas, les droits banaux et de justice du vassal étaient plus ou moins limités.
Traces du passé On n'a découvert sur le passé le plus ancien de Dergneau que quelques pierres préhistoriques le long du cours d'eau « la Rosne », à l'ouest du village. Les premières mentions dans les actes apparaissent au . Dans un compte de mortemain de 1438 environ, il est spécifié que Dergneau formait avec Frasnes-lez-Buissenal et Ellignies-lez-Frasnes une seule « mairie et poosté ». Elle appartint à Guillaume d'Qisy (1410), Gérard d'Oisy ou de Cuinghem (1438), puis aux familles de Marchenelles et de Saint-Genois de Grandbreucq. On y trouvait aussi une seigneurie de la baronnie de Leuze, le fief de Beauvolers (40 à 45 bonniers) successivement dans les mains des familles d'Oisy de Samberghe, du Chasteler, d'Anvaing et du Chastel. Le fief de la Croix ou du Quesnoit était tenu de Lahamaide. L'abbaye de Saint-Denis-en-Broqueroie, le chapitre Notre-Dame de Tournai et les pauvres de Sainte-Catherine de Tournai y tenaient des seigneuries foncières. L'abbaye de Cambron y acquit divers biens.
La procession La paroisse de Dergneau fut démembrée de celle de Saint-Sauveur en 1550 à cause de l'importance du pèlerinage en l'honneur de saint Servais, patron de l'église locale. Cette scission se fit contre la volonté de l'abbaye de Saint-Denis-en-Broqueroie, collateur de la cure depuis 1233. L'abbaye de Cambron y possédait une partie des dîmes, qui lui avaient été données en 1201 par le comte de Hainaut et de Flandre Baudouin de Constantinople. Saint Servais y est vénéré en mai, pendant l'octave de sa fête. Il est invoqué, comme à Stambruges, pour la guérison des rhumatismes et la protection du bétail.
Anciens métiers : Textile & Agriculture Les habitants de Dergneau se sont toujours consacrés à l'agriculture en ordre principal. Ils cultivaient des céréales, des plantes fourragères, du colza, du lin, des pommes de terre, des légumes et des fruits. On y trouvait diverses plantes médicinales, qui n'ont pas fait l'objet d'une production systématique. Vers Renaix, Wattripont, le long du Rhosnes et du rieu du Moulin, les prés fournissaient à l'élevage de gras pâturages. Les surplus agricoles étaient vendus au marché de Renaix.
Du au , la draperie rurale y a connu quelque prospérité. Un dénombrement de 1560 permet de relever, à côté du censier de Beauvolers, 9 laboureurs (dont l'un est en même temps drapier et l'autre sergent du bailliage de Hainaut), 8 manouvriers, 6 drapiers (dont l'un est aussi greffier), 4 tisserands de drap, 3 foulons (dont l'un est en plus fileur de laine), des fileuses filles de veuves, 1 couvreur de chaume, 1 brasseur, 1 marchand de cervoise, 1 messier, 1 sergent local, 2 aides de justice, des pauvres et des mendiants.
La toilerie y a toujours été pratiquée jusqu'au milieu du . Vers 1830, on y a noté 40 métiers à tisser la toile, deux moulins à vent, trois maréchaux-ferrants, un charron. Des menuisiers et des maçons travaillaient au dehors. Nombre d'ouvriers et d'ouvrières œuvraient dans les usines de Renaix. En 1970, une entreprise d'électricité occupait encore six personnes. Une partie de l'emploi était toujours à chercher au-dehors.
Époque contemporaine
Crash d'un avion américain en 1945 Le matin du , alors que les élèves du village étaient dans la cour de l'école, un bruit étourdissant se fit entendre à travers l'épais brouillard matinal.
Une élève, Liliane Turck, âgée de 12 ans, qui fréquente l'école primaire au couvent des Sœurs de Saint Vincent de Paul (Ancienne école du verger), raconte:
Il s'agissait d'un bombardier américain baptisé Pale-Ale.
Fiche technique de l'appareil Type: B24H 20-CF
N° de série : 42-50336
Unité : Groupe de Bombardement de la Armée de l'air américaine, escadrille.
Immatriculation: U8-G (une barre horizontale au-dessus du G)3
Surnom : « Pale Ale »
Il fonça droit vers le Hameau de Beauvolers où ils trouvèrent d'ailleurs la mort après l'impacte de l'engin encore chargé entièrement de munitions (ils avaient en effet annulé la mission vers l'Allemagne, ils faisaient marche arrière vers leur base…).
La ferme située en face a été soufflée et il y eut des dégâts dans les environs.
L'équipage vignette|Chaque année,le 11 novembre une grande cérémonie et organisée dans le village : Messe, recueillement devant le monument aux morts des résistants, hommage au crash de Beauvolers. Lt. Robert G. Gordon, pilote. Lt. Jack D. Campbell, copilote. Lt. Ferdinand M. Kjar, navigateur Lt.Henry Wynia, bombardier. Richard R. Prybylski, mitrailleur. Sam Kessler, opérateur radio. Barney B. Fisher, mécanicien Sgt.Harold Hendrickson, mitrailleur de nez. Harvey R. Stamper, mitrailleur Aloysius W. McCloskey, mitrailleur.
La mission en détail Le voyait se dérouler la mission 8AF 836 à laquelle participait la Division de bombardement dont faisait partie le Groupe. Ce groupe perdit un avion qui s'écrasa en Belgique. L'objectif était Nürnberg en Allemagne. En raison du mauvais temps, la mission fut rappelée alors que les formations survolaient la Belgique, en route vers l'objectif.
Causes et description précise du crash "Le Lt. Robert G. GORDON, pilote de l'équipage volait sur l'avion 336 (Pale Ale)….la formation était au-dessus de la Belgique lorsque les câbles de commande se rompirent. Il s'ensuivit une vrille verticale vers le bas. Le Lt. GORDON sachant que l'avion ne pouvait être sauvé fit retentir la sonnerie d'alarme signalant à l'équipage de sauter. Alors, lui et son copilote le Lt. Jack D. CAMPBELL se dirigèrent vers la soute à bombe pour sauter. Alors qu'ils allaient ouvrir la soute, le Lt. GORDON se rendit compte que deux hommes étaient encore dans le nez de l'appareil. Il s'agissait du Lt. Ferdinand M.KJAR et du Sgt.
Harold H.HENDRICKSON. Gordon fit alors signe à CAMPBELL de sauter et retourna aux commandes dans un effort courageux mais vain pour sauver ses hommes. Quelques secondes plus tard un fermier belge a vu l'avion tomber brutalement, percuter le sol et exploser. Ainsi moururent trois hommes. Le cas du bombardier, le Lt. Henry WYNIA tient du miracle.Il se trouvait dans le nez de l'avion avec KJAR et HENDRICKSON lorsque le signal d'abandon retentit Voici son histoire.
"Lorsque nous avons senti que l'avion n'était plus sous contrôle, nous avons essayé d'ouvrir les trappes du logement de la roue avant qui était notre point d'évacuation. Cependant, les trappes étaient bloquées et la force centrifuge due à la plongée de l'avion nous empêchait de ramper jusqu'à la soute à bombe. Soudain, alors que je m'épuisais avec les trappes, l'avion passa dans un trou d'air et le choc me propulsa dans la soute à bombes, et directement à l'extérieur. Une fois à l'extérieur de l'avion, j'ai ouvert mon parachute et je suis descendu en douceur." Barney B. FISHER, le mécanicien de l'équipage 682 ajoute quelques détails.