Quatre mois, trois semaines, deux jours () est un film belgo-roumain réalisé par Cristian Mungiu, sorti en 2007. Il reçoit la Palme d'or au festival de Cannes.
Synopsis
En Roumanie, lors des dernières années du pouvoir du président Nicolae Ceaușescu, une étudiante tente de se faire avorter avec l'aide de sa colocataire.
Fiche technique Titre : Quatre mois, trois semaines, deux jours ou 4 mois, 3 semaines et 2 jours Titre original : ou 4 luni, 3 săptămâni și 2 zile Réalisation : Cristian Mungiu Scénario : Cristian Mungiu Photographie : Oleg Mutu Montage : Dana Bunescu Mixage : Cristinel Sirli Décors : Mihaela Poenaru Costumes : Dana Istrate Production : Cristian Mungiu, Oleg Mutu, Philippe Avril Société de production : Mobra Films Productions, Unlimited Société de distribution : BAC Films Pays de production : Langue originale : roumain Métrage : Format : Couleur — 35 mm — 2,35:1 — Son : Dolby Digital Genre : Film dramatique Durée : (1 h 53) Dates de sortie : France : (Festival de Cannes) ; (Festival de La Rochelle) ; (Paris Cinéma) ; (sortie nationale) Roumanie : (Festival international du film de Transylvanie) ; (sortie nationale) Belgique :
Distribution Anamaria Marinca : Otilia Laura Vasiliu : Găbița Vlad Ivanov : Domnu' Bebe Alex Potocean : Adi Luminița Gheorghiu : Doamna Radu Adi Carauleanu : Radu, le père de Adi Liliana Mocanu : réceptionniste de l'hôtel Unireal Tania Popa : réceptionniste de nuit Teodor Corban : réceptionniste de l'hôtel Unireal Cerasela Iosifescu : réceptionniste Tineretului Doru Ana : Benzanirul Eugenia Bosânceanu : la mère du bébé Domnu Ion Sapdaru : Rusu Cristina Burbuz : Marie-Jeanne Rusu Marioara Sterian : Adela Racoviceanu Emil Coseru : Racoviceanu Georgeta Păduraru Burdujan : Mrs. Aldea Geo Dobre : Aldea Mădălina Ghițescu : Dora Cătălina Harabagiu : Mihaela Sânziana Târța : Carmen Mihaela Alexandru : Daniela Hazim E'Layan : Ahmed
Accueil Polémiques et controverses Le sujet délicat du film (l'avortement rendu illégal par un décret inique, mais aussi l'existence de dictatures totalitaires en Europe centrale et de l'Est jusque dans la dernière décennie du ) et la manière de traiter ce thème ont engendré plusieurs polémiques et controverses.
En France, des associations anti-avortement, et certaines personnes comme la ministre Christine Boutin, ont voulu interdire le DVD pédagogique promis par le Prix de l'Éducation nationale que le film avait reçu lors du Festival de CannesVoir par exemple sur Commeaucinema.com. Les contestations face à l'éventualité de cette censureVoir par exemple la déclaration du syndicat FSU, largement relayée par les médias, ont néanmoins conduit le ministre de l'éducation, Xavier Darcos, à autoriser ce DVDVoir par exemple l'article « Collégiens et lycéens verront la palme d’or » dans Libération du mardi 10 juillet 2007 (accessible en ligne). La controverse était d'autant plus étonnante que le film adopte une position neutre vis-à-vis de l'avortement, ce que confirma l'actrice Anamaria Marinca lors d'une interview en présence du réalisateur : 20 minutes, mercredi 29 août 2007, .. D'autre part, le film a finalement été classé « tout public » en France par la commission de classification, assorti d'un bandeau d'avertissement pour les spectateurs sensibles, ce qui a facilité la décision du ministre de diffuser le DVD.
Lors de la sortie du film, le Vatican a fait part de son indignation : Propos cités par Allocine
Distinctions Palme d'or et prix FIPRESCI au Festival de Cannes 2007 Grand prix au Festival international du film de Stockholm 2007 Prix de l'Éducation nationale et Prix FIPRESCI au Festival de Cannes European Award du meilleur film et du meilleur réalisateur 2007 Goya du meilleur film européen 2009
Analyse Le film montre les conditions de vie difficiles sous le régime communiste de Roumanie, l'importance du marché noir pour s'alimenter ou se soigner, le retard de versement des salaires, le contrôle du parti communiste roumain sur la société, les effets délétères du décret 770 réglementant l'avortement en Roumanie et les mille manières d'y échapper et de survivre. C'est un film sur le besoin de reprendre le contrôle de sa féminité et de son corps, de les soustraire à la coercition de l'État totalitaire, en dépit des dangers d'arrestations inhérents à cette démarche.
Le film surprend le spectateur à plusieurs niveaux : le « faiseur d'anges » est un homme, l'héroïne n'est pas la femme enceinte, l'absence de rebondissements spectaculaires, un déroulement de l'action en moins de vingt-quatre heures.
Au-delà de la question éthique, le réalisateur fait de l'avortement un acte de résistance contre la dictature en place. Dans l'atmosphère oppressante de l'époque (la chambre universitaire ressemble à une prison, les passagers de la voiture semblent coincés, les longs couloirs sombres, etc.) où l'on sent le poids du contrôle de la société et de l'État sur les individus, la transgression reste la seule issue pour ouvrir de petits espaces de liberté.
Le film aborde enfin le thème du don de soi, du sacrifice muet et insensé consenti pour autrui. En effet, l'avorteur, qui risque la prison, demande comme seul paiement de ses services une relation sexuelle avec la colocataire de la femme enceinte. Le film est donc une interrogation sur le prix exorbitant, qu'elle est prête ou non à payer, dans sa propre chair, pour tirer d'affaire son amie. C'est le nœud gordien de l'intrigue : que ce soit dans un avortement ou un droit de cuissage, la dictature nous oblige à payer ce coût non seulement dans nos trajectoires de vies mais aussi et surtout dans nos corps mêmes.
Notes et références
Liens externes
Site officiel francophone (Bac Films) Site officiel anglophone
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